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Par FRANGA, le 28/07/2012
Et Nietzsche a pleuré de
Irvin D. Yalom
Malgré mes belles paroles, malgré ma posture de philosophe posthume, malgré la certitude que mon heure viendra, malgré enfin ma théorie de l'éternel retour, j'ai une peur terrible de mourir seul. Savez-vous ce que c'est de savoir qu'une fois mort, on ne découvrira pas votre corps avant des jours, des semaines peut-être, jusqu'à ce que l'odeur intrigue enfin quelque étranger de passage ? J'essaie de me rassurer. Souvent, au plus fort de mon isolement, je me mets à parler tout seul. Pas trop fort, cependant, car j'ai peur de mon propre écho caverneux.
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Et Nietzsche a pleuré de
Irvin D. Yalom
- Malgré tout, Josef, vous fuyez ma question. Avez-vous vécu votre vie ? Ou bien est-ce votre vie qui vous a vécu ? L’avez-vous choisie ? Ou avez-vous été choisi par elle ? L’avez-vous aimée ? Ou la regrettez-vous ? Voilà ce que j’entends lorsque je vous demande si vous avez vécu jusqu’au bout. […]
« Ces questions… Mais vous en connaissez la réponse ! Non, je n’ai pas choisi ! Non, je n’ai pas vécu la vie que j’ai voulue ! J’ai vécu celle que l’on m’a donnée. J’ai été, moi, le vrai moi… j’ai été enfermé dans ma propre vie.
- Et c’est là, Josef, j’en suis persuadé, la cause première de votre angoisse. Cette pression précordiale que vous ressentez est tout simplement due au fait que vous débordez d’une vie non vécue. Et votre cœur bat à l’unisson du temps qui passe, de ce temps qui ne cesse d’être vorace, qui engloutit, mais ne rend jamais rien. Qu’il est terrible de vous entendre dire que vous avez vécu la vie qu’on vous a donnée ! De vous voir affronter la mort sans avoir jamais réclamé votre liberté, si dangereuse fût-elle ! »
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Par FRANGA, le 21/07/2012
Et Nietzsche a pleuré de
Irvin D. Yalom
Depuis tout petit, j'ai toujours pensé que la vie était une étincelle entre deux néants identiques, les ténèbres qui précèdent la naissance et celles qui suivent la mort.
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Par FRANGA, le 27/07/2012
Et Nietzsche a pleuré de
Irvin D. Yalom
Un être profond a besoin d'amis, commença-t-il, comme s'il s'adressait plus à lui-même qu'à Breuer. Quand tout s'écroule autour de lui, il lui reste encore ses dieux. Or je n'ai ni dieux ni amis. Comme vous j'ai des désirs, et ce que je désire le plus c'est l'amitié parfaite, l'amitié inter pares, entre égaux. Quels mots entêtants : inter pares... chargés de tant d'espoir, de réconfort pour un homme comme moi, un homme qui toujours fut seul, et qui aura toujours cherché, sans jamais le rencontrer, un être qui pût lui correspondre exactement.
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Par Cath36, le 02/10/2012
Le problème Spinoza de
Irvin D. Yalom
J'use du terme Nature" dans un sens particulier. Je ne désigne pas par ce mot les arbres ou les forêts, l'herbe ou l'océan, ni tout ce qui n'est pas produit par la main de l'homme. Je désigne par ce mot tout ce qui existe : le nécessaire absolu, l'unité parfaite. Par "Nature", je fais référence à ce qui est infini, unifié, parfait, rationnel et logique. C'est la cause immanente de toutes choses. Et tout ce qui existe, sans exception, se conforme aux lois de la Nature. Donc quand je parle de l'amour de la Nature, je ne parle pas de l'amour que vous portez à votre femme ou à votre enfant. Je parle d'une autre sorte d'amour, d'un amour intellectuel. En latin, je l'appelle Amor dei intellectualis.
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Par caro64, le 04/07/2010
Et Nietzsche a pleuré de
Irvin D. Yalom
- Mais je vous donne ma parole que je ne vous ai rien dissimulé de votre état de santé. Et vous ? Je vous rappelle que nous avons scellé un pacte d'honnêteté mutuelle. Dites-moi : que me cachez-vous ?
- Certainement rien de mon état de santé, répondit Nietzsche. Mais je cache le plus grand nombre possible de mes pensées que je ne veux pas voir partagées ! Vous parliez d'une conversation où rien ne serait caché : cela s'appelle l'enfer, si je ne m'abuse. Se dévoiler devant quelqu'un est le prélude à la trahison, et la trahison engendre la maladie, n'est-ce pas ?
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Par caro64, le 04/07/2010
Et Nietzsche a pleuré de
Irvin D. Yalom
Niezsche parcourut de nouveau ses notes et lut à voix haute : "Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse".
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Et Nietzsche a pleuré de
Irvin D. Yalom
« […] depuis tout petit, j’ai toujours pensé que la vie était une étincelle entre deux néants identiques, les ténèbres qui précèdent la naissance et celles qui suivent la mort.
- Une étincelle entre deux néants… Belle image, Josef. Et ne trouvez-vous pas étrange que nous nous préoccupions tant du second néant sans jamais nous soucier du premier ? »
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Par Eric75019, le 06/08/2012
Mensonges sur le divan de
Irvin D. Yalom
- Il avait appris ça du vieux Jung, c'est sûr.
- Très certainement. Jung n'avait aucun scrupule à sauter sur ses patientes. Presque tous ces grands patriarches de la psychanalyse étaient des cavaleurs invétérés : Otto Rank sautait Anaïs Nin, Jung se tapait Sabina Spielrein et Toni Wolff, et Ernest Jones tringlait à peu près tout le monde, au point de devoir quitter au moins deux villes après des scandales sexuels. Sans parler de Ferenczi, qui avait vraiment beaucoup de mal à ne pas poser les mains sur ses patientes. Freud fut à peu près le seul à ne pas se laisser aller à ce genre de choses.
- Peut-être parce qu'il était trop occupé à enfiler sa belle-sœur Minna.
- Non, je ne crois pas. Il n'y a pas de preuve indiscutable là-dessus. Je pense que Freud est arrivé très vite dans le fameux royaume de la sérénité testiculaire.
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Par caro64, le 02/07/2010
Et Nietzsche a pleuré de
Irvin D. Yalom
On ne choisit pas, à proprement parlé, une maladie ; en revanche on choisit bel et bien l’angoisse, et c’est l’angoisse qui se charge de choisir la maladie !