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De nouveau au tribunal de mon père de
Isaac Bashevis Singer
Mon père m'envoya chercher le mari et je partis, dévoré de curiosité. Je montais un escalier très raide et trouvai la porte ouverte. Plusieurs enfants jouaient en criant; sur un canapé à moitié défoncé, un gros homme mal rasé était étendu. Il avait une épaisse moustache jaunâtre et portai une chemise à col boutonné, ainsi que des bottes à haute tige, comme le voyous et les petits truands. Tête nue, il avait des cheveux jaunâtres, eux aussi, coupés très court. Il paraissait ivre, furieux et plutôt endormi. "qu'est-ce que tu veux ?'
- Votre femme vous convoque chez le rabbin.
- Chez le rabbin, hein ?
- Oui.
- Très bien. Je ne l'en empêcherai pas.'
Il se mit debout et dit à l'aînée des filles de surveiller les plus petits. Quelques minutes après, il se retrouvait au tribunal de mon père. Sa femme l'accueillit par des injures, des cris et lui montra le poing.
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Par mariech, le 31/03/2012
Les aventures d'un idéaliste: et autres nouvelles inédites de
Isaac Bashevis Singer
Hier encore , tu m'as juré que tu avais été fidèle , dit-il .
Comparée à toi , j'ai été la fidélité incarnée !
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Au tribunal de mon père de
Isaac Bashevis Singer
Vêtus de leurs habits du shabbat, les hommes buvaient du thé au citron et discutaient d'affaires hassidiques, ainsi que des évènements survenus dans le monde. La maison était imprégnée de l'odeur de la cire chaude, des épices bénies par mon père, ainsi que d'une atmosphère d'émerveillement et de miracle. Mon père, qui était un grand fumeur, attendait calmement, mais ardemment quand même, depuis le début du shabbat, le moment où il pourrait allumer une cigarette ou sa pipe. Ce soir-là, de la neige fraîche était tombée et le sol dehors paraissait anormalement brillant. Sur les vitres s'épanouissaient des fleurs et des palmes de givre qui me faisaient penser à la terre d'Israël. (Extrait de "Une histoire macabre).
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Par line70, le 27/03/2011
Gimpel le naïf de
Isaac Bashevis Singer
Si vous n'êtes pas heureux, comportez-vous comme si vous l'étiez. Le bonheur viendra plus tard.
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Au tribunal de mon père de
Isaac Bashevis Singer
En dépit de notre misère à la maison et de l'insécurité de la situation de mon père, les choses n'allaient pas mal pour moi. La jeune rebbetzin me donnait tout le temps des cadeaux. Je jouais dans la cour de notre maison et dans le verger tout proche, au milieu des groseilliers, des framboisiers et des cerisiers. De là, je contemplais l'horizon. Était-ce la fin du monde? Que s'y passait-il et qu'y avait-il au-delà? Qu'étaient donc le jour et la nuit? Pourquoi les oiseaux volaient-ils tandis que les vers rampaient? Je tourmentais ma mère avec mes questions. Mon père répondait toujours:
"C'est comme ça que Dieu l'a fait.
- Où est-il?
- Au ciel.
- Montre-le-moi.
- Ne sois pas stupide. Personne ne peut voir Dieu. " (Extrait de "De Radzymin à Varsovie).
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Au tribunal de mon père de
Isaac Bashevis Singer
Le samedi soir était toujours empreint chez nous d'une atmosphère de fête, surtout en hiver. (...) Toute sa vie mon père s'était efforcé d'être un vrai rabbin hassidique, et, maintenant, il prêchait pour ses adeptes. Il se déchaînait avec véhémence contre les plaisirs de ce monde. Mais il vantait ardemment les joies que connaissaient au ciel les hommes pieux, assis sur des chaises dorées, une couronne sur la tête, tandis que leur sont révélés les mystères de la Torah. Ses paroles sur l'âme et le Trône de la Gloire sont toujours restées associées pour moi avec le scintillement des étoiles, la face de la lune et la forme des nuages. (Extrait de "Une histoire macabre").
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Au tribunal de mon père de
Isaac Bashevis Singer
Les manières de l'"intelligentsia" me devenait de plus en plus familières. Je voyais que ces gens ne priaient pas, n'étudiaient pas dans des livres sacrés et ne récitaient pas les bénédictions. Ils mangeaient et de la viande et des plats au lait à un même repas et commettaient toutes sortes d'autres transgressions. Les filles posaient nues sans plus de gêne que si elles se déshabillaient dans leur chambre. En fait, cet atelier, c'était le jardin d'Eden, avant qu'Adam et Ève aient goûté au fruit défendu.
Cela représentait pour moi une immense différence avec le bureau de mon père. Dans mes livres, il n'y a qu'un pas à franchir entre la maison d'étude et la sexualité, et vice versa. Ces deux phases de l'existence humaine n'ont jamais cessé de m'intéresser. (Extrait de "L'atelier")
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Au tribunal de mon père de
Isaac Bashevis Singer
Dans un grand hurlement de sifflet, le train s'ébranla. C'était passionnant de contempler le monde, les maisons, les arbres, les wagons, des rues entières, et de les voir filer à reculons comme si la terre était un énorme manège. Des immeubles vibraient, des cheminées semblaient surgir de terre, toutes encapuchonnées de fumée. Les coupoles de la Sobol, la célèbre église orthodoxe russe, dominaient tout le paysage, luisantes comme de l'or sous le soleil. Tel un roi ou un grand sage, je parcourais le monde sans plus avoir à craindre aucun soldat, aucun policier, aucun goy, aucun clochard. Oubliées la guerre, la faim, la maladie (...)! J'étais dans un paradis sur roues. Si seulement le voyage pouvait durer toujours! (Extrait de "Le voyage").
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Au tribunal de mon père de
Isaac Bashevis Singer
Tout le monde était si gentil. Les hommes me pinçaient la joue. Les femmes me bénissaient, m'offraient des petits gâteaux, des fruits, des bonbons. On me disait que mon père était un homme de Dieu, un saint. Je n'arrêtais pas de grimper des escaliers, de frapper à des portes. Cette rue Krochmalna que je croyais si bien connaître, je la voyais maintenant de l'intérieur. J'entrai chez des tailleurs, des fourreurs, des cordonniers, des fabricants de brosses, des artisans de toutes sortes. Dans un appartement, des jeunes filles faisaient des colliers de corail et des tas de perles colorées brillaient sur les tables, les chaises, les lits. Je me crus dans un palais enchanté. (Extrait de "Je deviens encaisseur").
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Au tribunal de mon père de
Isaac Bashevis Singer
La nuit, le froid était épouvantable. Nous n'étions jamais assez couverts. Le vent qui sifflait à travers l'appartement me faisait penser à des lutins malfaisants. Blotti dans mon lit, j'essayais d'imaginer des trésors, des incantations, de la magie noire, qui m'aurait permis d'aider mes parents et tous ceux qui souffraient tant. Je m'imaginais devenant le prophète Elie, le Messie, que sais-je encore. Tel Joseph, je remplissais le grenier de provisions que je distribuais pendant les sept années de famine. (Extrait de "La faim")