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Vivants de
Isaac Marion
Ma mélancolie, mon vague désir, mes rares étincelles de joie, tous se rassemblent au centre de ma poitrine et filtrent à partir de là, dilués, légers, mais bien réels.
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Par Crunches, le 08/05/2012
Vivants de
Isaac Marion
- De toute façon, ça n'a aucune importance, dis-je d'une voix rauque, fuyant ses yeux. On s'en fout. Ils sont morts. Ça c'est la réalité, et c'est tout ce qui compte.
Nous ne parlons pas pendant quelques minutes. Le vent frais nous donne la chair de poule. Des feuilles aux couleurs vives se fraient un passage depuis les forêts de l'extérieur, tourbillonnant à l'intérieur du stade par sa vaste bouche et atterrissant sur le toit.
- Tu sais, Perry, dit Julie, d'une voix rendue tremblante par des peines connues d'elle seule. Tout finit par mourir. On sait tous ça. Les gens, les villes, des civilisations entières. Rien ne dure. Alors si l'existence était simplement binaire, mort ou vivant, présent ou absent, rien n'aurait de sens, tu ne crois pas ? (Elle lève les yeux vers quelques feuilles qui tombent et tend la main pour en attraper une, une feuille d'érable d'un rouge flamboyant.) Ma mère disait toujours que c'était pour ça qu'on était dotés de mémoire. Et du contraire de la mémoire : l'espoir. Ainsi, les choses qui ont disparu peuvent continuer de compter pour nous. Et nous pouvons ensuite construire un avenir en nous fondant sur notre passé. (Elle fait tournoyer la feuille devant son visage.) Maman disait que la vis n'a de sens que si on est capable de voir le temps à la manière de Dieu. Passé, présent et futur en même temps.
Je me tourne vers Julie, qui, voyant mes larmes, essaie d'en essuyer une.
- Alors, c'est quoi le futur ? je demande, ne me dérobant pas au contact de ses doigts qui effleurent mon oeil. Le passé et le présent sont clairs pour moi, mais que réserve le futur ?
- Eh bien..., dit-elle, avec un rire un peu forcé. C'est là que ça devient délicat. Le passé est constitué de faits et d'histoire... Je suppose que le futur repose sur l'espoir.
- Ou la peur.
- Non. (Elle secoue la tête avec fermeté et plante la feuille dans mes cheveux.) L'espoir.
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Par TwiTwi, le 19/11/2011
Vivants de
Isaac Marion
Selon moi, grosso modo, c'est la fin du monde : les villes que nous traversons sont aussi pourries que nous le sommes. Les immeubles se sont écroulés. Des voitures rouillées encombrent les rues. Il ne reste presque aucune vitre intacte, et le vent qui s’engouffrer dans les gratte-ciel vides gémit comme un animal mortellement blessé.
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Par evenusia, le 10/12/2011
Vivants de
Isaac Marion
Je la serre contre moi. Je veux faire partie d'elle. Pas seulement être en elle, mais tout autour d'elle. Je veux que nos cages thoraciques s'ouvrent et que nos coeurs migrent et se fondent l'un dans l'autre. Je veux que nos cellules s'entrelacent.
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Par Skritt, le 01/10/2011
Vivants de
Isaac Marion
Je tressaille à son usage du mot "humain". Je n'ai jamais aimé cette différenciation. Elle est Vivante et je suis Mort, mais je préfère penser que nous sommes tous deux humains.
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Par TwiTwi, le 19/11/2011
Vivants de
Isaac Marion
Je suis mort, mais ce n'est pas si mal. J'ai appris à vivre avec.
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Vivants de
Isaac Marion
Tu n'as tout de même pas envie de rester mort toute ta vie ?
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Par TwiTwi, le 16/12/2011
Vivants de
Isaac Marion
Je traverse la pièce d'un bond et j'attrape les bottes du garçon. Il perd l'équilibre et se fracasse la tête sur le bord du bureau. Sans hésitation, je lui saute dessus et je lui déchire la gorge. Puis j'enfonce mes doigts dans la fêlure de son crâne et je lui ouvre la tête comme une coquille d'oeuf. Son cerveau palpite à l'intérieur, chaud et rose. J'y mords à belles dents et ...
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Par Kenehan, le 02/01/2012
Vivants de
Isaac Marion
Dans ma tête, je suis éloquent ; je grimpe des échafaudages complexes de mots afin d'atteindre le plafond des cathédrales les plus hautes et y peindre mes pensées. Mais quand j'ouvre ma bouche, tout s'écroule. A ce jour, mon record s'établit à quatre syllabes avant que...quelque chose...coince. Et il se pourrait bien que je sois le zombie le plus bavard de cet aéroport.
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Par evenusia, le 10/12/2011
Vivants de
Isaac Marion
Savoir c'est souffrir, et je veux ressentir cette souffrance, je veux mieux les connaître et, par extension mieux ME connaître. Savoir qui et ce que je suis vraiment. Peut-être qu'à l'aide de ce scalpel, chauffé au rouge et stérilisé dans les larmes, je peux commencer à gratter la pourriture en moi.