-
Par pyrouette, le 07/10/2010
J'ai nom sans bruit de
Isabelle Jarry
"J'habitais dans la rue, certes, mais je restais la même femme. Je n'étais pas folle, ni mal élevée,j'avais un peu de culture et je savais réfléchir,j'étais capable d'échanger des idées, à plus forte raison de banalités. Mais non, personne ne désirait bavarder avec moi. Etait-ce parce quej'étais sale ? Mal habillée ? De quoi avaient peur ceux qui se détournaient, vaguement offusqués ? Ils vivaient dans un monde etj'en étais exclue, [... ]"
"Il me restait du vocabulaire, tout de même, les mots n'avaient pas tous disparu. J'ai continué, mais en réalité je tournais en rond. J'écrivais toujours les mêmes choses, je répétais ce que je savais encore dire, m'accrochant à cet exercice sans m'apercevoir que je n'avançais pas dans le reconquête de mon vocabulaire, bien au contraire."
-
Par saphoo, le 13/05/2011
La voix des êtres aimés de
Isabelle Jarry
mais Paul traînait son corps vers le bord de l’étang, il n’écoutait pas ce qui le martyrisait , il ne ressentait plus avec ses sens, il n’était plus qu’une ligne tendue vers la berge, un fil d’araignée, le plus solide qui soit, un trait tiré entre sa mort et la vie qui l’attendait, courte sans doute, douloureuse et décourageante, mais aussi intense que le regard de Céleste posé sur lui, aussi douce que sa peau, aussi enivrante que son sourire d’amoureuse.
-
Par saphoo, le 13/05/2011
La voix des êtres aimés de
Isabelle Jarry
il n’avait plus besoin de se ménager, il n’était plus dans ce temps où l’on peut préférer le non ou oui, le rien à quelque chose. Il voulait entendre ce récit, quelle que fût la morsure qu’il pourrait lui infliger. D’ailleurs qu’avait-il à craindre ? Céleste lui parlerait d’elle et donc de lui, par ricochet.