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Par Shan_Ze, le 11/06/2013
La décision de
Isabelle Pandazopoulos
Comme si c'était trop dur d'admettre que la vie n'est qu'affaire de hasard.
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La décision de
Isabelle Pandazopoulos
Ils exigeaient des justifications, des vraies, des tangibles, des explications limpides sur ces mois d'attente où je n'avais rien attendu. Je devais malgré tout en savoir quelque chose, malgré tout, j'avais du sentir, percevoir, deviner et je l'avais caché, enfoui, dissimulé, sans le vouloir, certes, mais il y avait forcément eu des signes que j'avais étouffés, des signes de cette vie qui grandissait en moi, car enfin sinon... J'avais des comptes à rendre, des mots à fournir parce que tout de même...
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On s'est juste embrassés de
Isabelle Pandazopoulos
Parfois quand il se mettait à pleuvoir je me réfugiais dans la bibliothèque, à Saint Blaise. La dame me connaissait, je venais depuis toujours, même si je n’avais jamais pris de carte. Ma mère détestait me voir lire, alors j’évitais qu’elle le sache. C’était comme une maladie honteuse, comme le plaisir que l’on se donne à soi même, ou les larmes, je faisais ça en cachette.
Je lis comme ça, tout ce qui me tombe sous la main, je ne pourrais même pas dire comment les livres et moi on se rencontre. Le plus souvent c’est affaire de hasard.
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On s'est juste embrassés de
Isabelle Pandazopoulos
L'air froid dehors te saisit, tu te raidis, tu cours un peu, riant, tu entends ta voix, tu arrêtes de courir, essoufflée, tu te retrouve sur un pont, a regarder les lignes de chemin de fer, tu peux partir ou rester là, tu as le choix, c'est ta vie, tu te dis, je suis libre, je suis là, je suis vivante. Et tu recommences a marcher. Ta vie commence dans cette certitude là.
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On s'est juste embrassés de
Isabelle Pandazopoulos
Elle a hurlé :
- T'es qu'une pute Aïcha, t'es qu'une sale pute !
Et elle m'a craché dessus. J'avais plus le choix. "Pute", c'est la pire des humiliations. Mon arrêt de mort dans la cité. Et la cité, ça comptait plus que tout. Ca venait avant ma mère. Ou juste après.
Je l'ai poussée en arrière. Elle a crié, surprise, elle n'avais pas vu le coup venir, elle est revenue à la charge et on a commencé à se battre, collées l'une contre l'autre, à taper, taper, taper pour se faire mal...
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On s'est juste embrassés de
Isabelle Pandazopoulos
J'ai gardé un souvenir très confus de toute cette période. Comme une douleur diffuse et continue. Il me semble que tout est arrivé en même temps, dans la même journée. Il me semble aussi parfois que ça dure encore aujourd'hui. Comme si le temps n'avait pas passé. Comme si j'avais grandi avec cette peur-là qui ne me quittera jamais.
Parce que c'est arrivé. En vrai. Je ne l'ai pas rêvé.
On m'a abandonnée.
J'ai failli en crever.
Ca a été aussi soudain qu'une bombe. J'ai perdu Sabrina et j'ai perdu ma mère. D'un coup. Comme j'avais perdu mon père quelques années plus tôt.
Autour de moi, il n'y a plus eu personne.
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Par zazimuth, le 01/10/2010
On s'est juste embrassés de
Isabelle Pandazopoulos
J'ai à nouveau posé mes yeux sur le livre et j'ai senti ce truc étrange, la certitude qu'aucune rencontre, jamais, ne vaudrait celle des livres, ces voix qui murmurent et coulent à l'intérieur de moi. (p.65)
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On s'est juste embrassés de
Isabelle Pandazopoulos
J'en étais sûre, ce serait bientôt écrit sur les murs de l'école, tagué en noir et rouge, et gravé sur les tables, dans les classes, sur les portes des toilettes. Mon nom à côté de celui de Nafi la salope, du CPE qu'on déteste, de tous ceux dont on se moque, mon nom comme une pancarte dans le dos.
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Par c.brijs, le 10/04/2013
La décision de
Isabelle Pandazopoulos
A quoi ça sert la vérité si la vérité fait si mal ?
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On s'est juste embrassés de
Isabelle Pandazopoulos
Sabrina, ma chère Sabrina
Je
froissais les pages blanches avec la même rage que j’écartais les souvenirs, comment peux-tu croire, pourquoi crois tu ton frère, pourquoi tu ne m’as pas dit… ?
Est-ce que je t’ai trahie?
Les mots dansent devant mes yeux, je n’écris rien, comme si les mots risquaient de salir la page
blanche. »
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