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Le Baron perché de
Italo Calvino
Les exploits que forment une obstination intérieure doivent rester secrets; pour peu qu'on les proclame ou qu'on s'en glorifie, ils semblent vains, privés de sens, deviennent mesquins.
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Par gwenlaot, le 18/08/2010
Le Baron perché de
Italo Calvino
Côme monta jusqu'à la fourche d'une grosse branche, où il pouvait s'installer commodément, et s'assit là, les jambes pendantes, les mains sous les aisselles, la tête rentrée dans le cou, son tricorne enfoncé sur le front.
Notre père se pencha par la fenêtre:
- Quand tu seras fatigué de rester là, tu changeras d'idée! cria-t-il.
- Je ne changerai jamais d'idée, répondit mon frère, du haut de sa branche.
- Je te ferai voir, moi, quand tu descendras!
- Oui, mais moi, je ne descendrai pas.
Et il tint parole.
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Par Heureuse, le 24/09/2010
Le Baron perché de
Italo Calvino
Il mourut sans jamais avoir compris, après une vie toute entière consacrée à la foi, en quoi au juste il pouvait croire - mais s'efforçant d'y croire fermement, jusqu'à la fin.
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
"C'est le propre de l'homme que d'attendre. De l'homme juste d'attendre avec confiance ; de l'injuste, avec crainte."
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
"L'avantage d'être pourfendu est de comprendre dans chaque tête et dans toute chose la peine de chaque être d'être incomplet. J'étais entier, je ne comprenais pas. J'évoluais sourd et incommunicable parmi les douleurs et les blessures semées partout, là même où un être entier ne saurait l'imaginer. Ce n'est pas moi seul qui suis écartelé et pourfendu mais toi aussi, nous tous.
Et maintenant je sens une fraternité qu'avant, lorsque j'étais entier, je ne connaissais pas. Une fraternité que me lie à toutes les mutilations, toutes les carences du monde. Si tu viens avec moi, tu apprendras à souffrir des maux de tous et à soigner les tiens en soignant les leurs."
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Par Poiesis, le 06/01/2012
Pourquoi lire les classiques ? de
Italo Calvino
On ne lit pas les classiques par devoir ou par respect, mais seulement par amour.
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Par ballad, le 13/10/2011
Si par une nuit d'hiver un voyageur de
Italo Calvino
« Chaque fois que je cherche à revivre l’émotion d’une lecture précédente, j’éprouve des impressions nouvelles et inattendues, et je ne retrouve pas celles d’avant. »
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Pourquoi lire les classiques ? de
Italo Calvino
Un classique est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire
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Par zazimuth, le 27/08/2010
Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Si jamais tu deviens la moitié de toi-même et je te le souhaite, enfant, tu comprendras des choses qui dépassent l'intelligence courante des cerveaux entiers. Tu auras perdu la moitié de toi et du monde, mais ton autre moitié sera mille fois plus profonde et plus précieuse. (p.60)
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Par sultanne, le 10/01/2012
Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Non, ne vous souillez pas d'autre sang ; il y en a déjà eu trop de répandu. Quel bien pourrait faire une seigneurie née d'un crime ?
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Par gwenlaot, le 18/08/2010
Le Baron perché de
Italo Calvino
A vrai dire, on nous avait déjà interdit de nous laisser glisser sur les rampes de marbre de l'escalier. Non de peur que nous nous cassions jambes ou bras - nos parents ne se soucièrent jamais de cela, si bien qu'effectivement nous ne nous cassâmes jamais rien - mais parce que, croissant en taille et en poids, nous risquions de renverser les statues d'ancêtres que notre père avait fait placer sur de petites colonnes surmontant les balustres, à chacun des paliers. Côme avait déjà fait dégringoler une fois un trisaïeul évêque, avec sa mitre et tout. Puni, il avait appris à freiner son élan un instant avant d'arriver au palier et à sauter en bas au moment précis où il allait cogner la statue.
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
"Si chacun pouvait sortir de son obtuse et de son ignare intégrité ! J'étais entier, et toutes les choses étaient pour moi naturelles et confuses, stupides comme l'air ; je croyais que l'écorce. Si jamais tu deviens la moitié de toi-même et je le souhaite, enfant, tu comprendras des choses qui dépassent l'intelligence courante des cerveaux entiers. Tu auras perdu la moitié de toi et du monde, mais ton autre moitié sera mille fois plus profonde et plus précieuse. Et toi aussi, tu voudras que tout soit pourfendu et déchiqueté à ton image parce que la beauté, la sagesse et la justice n'existent que dans ce qui est mis en pièces."
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Il n'avait dans le cœur ni nostalgie ni doute ni appréhension. Pour lui, les choses étaient encore intactes, indiscutables, et lui-même était tel. S'il eût pu prévoir le terrible sort qui l'attendait, peut-être l'eût-il trouvé lui aussi naturel et parfait malgré toute sa douleur.
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Pourquoi lire les classiques ? de
Italo Calvino
Les classiques sont des livres qui, quand ils nous parviennent, portent en eux la trace des lectures qui ont précédé la nôtre et traînent derrière eux la trace qu'ils ont laissée dans la ou les cultures qu'ils ont traversées.
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Par zazimuth, le 27/08/2010
Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
C'est ainsi que mon oncle Médard redevint un homme entier, ni méchant ni bon, mélangé de bonté et de méchanceté, c'est-à-dire un être ne différant pas, en apparence, de ce qu'il avait été avant d'être pourfendu. mais il avait l'expérience de l'une et de l'autre moitié ressoudées : ainsi devait-il être sage. (p.121)
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Si par une nuit d'hiver un voyageur de
Italo Calvino
- Lire, dit-il, c'est cela toujours : une chose est là, une chose faite d'écriture, un objet solide, matériel, qu'on ne peut pas changer; et à travers cette chose on entre en contact avec quelque chose d'autre, qui n'est pas présent, quelque chose qui fait partie du monde immatériel, invisible, parce qu'elle est seulement pensable, ou imaginable, ou parce qu'elle a été et n'existe plus, parce qu'elle est passée, disparue, inaccessible, perdue au royeume des morts...
- Ou bien parce qu'elle n'existe pas encore, quelque chose qui fait l'objet d'un désir, d'une crainte, possible ou impossible (c'est Ludmilla qui parle) : lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister mais dont personne ne sait encore ce qu'ell sera...
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Nos sentiments devenaient incolores et obtus parce que nous nous sentions comme perdus entre une vertu et une perversité également inhumaines.
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Le Vicomte pourfendu de
Italo Calvino
Mon oncle était alors dans sa première jeunesse, âge où les sentiments n'ont qu'un élan confus dans lequel le bien et le mal ne sont point encore distincts, âge où l'amour de la vie rend chaude et trépidante toute expérience nouvelle, même inhumaine et macabre.
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Par Rhl, le 27/10/2011
Marcovaldo de
Italo Calvino
Déblayer la neige n'est pas un jeu d'enfant, surtout quand on a l'estomac presque vide, mais pour Marcovaldo, la neige était comme une amie, comme un élément qui annulait les murs qui emprisonnaient sa vie.
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Par zazimuth, le 03/02/2011
Italo Calvino
Lire c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister.