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Par nadejda, le 08/08/2012
Vivre à Madère de
Jacques Chardonne
Un instant, je voudrais retrouver la joie de la vie. Je ne veux pas mourir de mauvaise humeur...
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Par cathcor, le 15/02/2013
Lettres à Roger Nimier de
Jacques Chardonne
Le poète, c'est l'homme attentif à des riens.
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Par nadejda, le 08/08/2012
Vivre à Madère de
Jacques Chardonne
Cintra surtout, où je reviens toujours avec la même surprise, Cintra, ses jardins et ses fontaines qui ont pour moi quelque chose de religieux, ses châteaux rococo, sublimes dans l’excès et la vétusté de leurs ornements, et les arbres autour qui participent à ce délire du tarabiscoté par leurs feuillages contournés, avec des fraîcheurs de sources, un silence auguste, qui est une voix comme un chant d’orgue.
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Par lecassin, le 13/01/2012
femmes de
Jacques Chardonne
La solitude chez soi, c'est le drame de la vie, pour beaucoup ; pourtant les êtres les plus heureux que j'ai vus, c'était des solitaires.
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Par nadejda, le 08/08/2012
Vivre à Madère de
Jacques Chardonne
Le sentiment que nous avons de la douleur d’autrui dans une circonstance tragique se traduit souvent par une froideur qui est de la timidité. L’attitude réservée d’Angèle vient de son être même, politesse suprême où je la reconnais bien : nous ne devons troubler personne avec nos émotions intimes.
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Par stcyr04, le 24/04/2012
Les Destinées sentimentales de
Jacques Chardonne
"Le solitaire est un dieu", se dit Jean qui tâtait ses poches, craignant d'avoir laissé comme la veille un de ses paquets chez Ségur.
Par sa nature l'homme est abstrait. Il est à son aise dans la métaphysique et dans l'absolu. Il est fait pour produire des lois, annoncer l'avenir, créer des paradis; mais il n'a pas conscience de ses propres gestes, il ne voit pas les formes et les couleurs, l'endroit où il se trouve, les gens qu'il rencontre; il vit parmi de fantômes et ses sensations mêmes sont incertaines, car la plupart viennent de la mode.
Ces réflexions voulaient dire : "une femme que l'on aime et qui partage votre maison introduit le réel dans l'existence. Pauline s'impose à moi comme une individualité indépendante que je ne puis ignorer. Elle m'a révélé la complexité du vivant".
Il voit toujours en Pauline, comme par transparence, la jeune fille de Barbazac, qu'il repoussait de son cœur et n'osait pas regarder, l'image proscrite, à jamais insérée en lui, émouvante et gracieuse. Cependant, celle qu'il nomme Pauline lui paraît aujourd'hui bien différente de cette première vision qui reste à la fois trompeuse et vraie, vague, démentie, persistante. Il n'a pas prévu cette Pauline actuelle, un peu silencieuse, parfois inquiète. Mais les traits nouveaux ne forment pas un être précis, ils changent suivant l'éclairage intérieur et composent la réalité indéterminée, la perpétuelle création de la vie et de l'amour.
Et, sur la route, tandis qu'il se hâte vers la maison, vers l'instant prochain si nécessaire, vers la femme qu'il veut toujours revoir, il s'aperçoit de cette presse et il admire le but limité, fragile, jamais atteint, l'audace de l'homme qui a fait son idole d'une créature imparfaite.
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Par nadejda, le 08/08/2012
Vivre à Madère de
Jacques Chardonne
Sur la route abrupte, incrustée de cailloux bruns, parfois un portail béant laisse voir, comme une grenade ouverte, le scintillement rose d’une profusion de bégonias qui ont ici de légères aigrettes corallines ; la masse floconneuse d’une glycine azurée ; quelque brasier velouté fait de roses, et bien d’autres vivantes illuminations ; ou encore, par une échappée sous le déploiement des sombres branches d’un cèdre, apparaît un pan de l’île, ses vallonnements, ses petits amas de toits rouges, sa frange d’océan bleu.
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Par lecassin, le 06/01/2012
Claire de
Jacques Chardonne
Vivre trop vieux, c'est perdre jusqu'à ses souvenirs.
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Par Trissotin, le 30/05/2011
Le Ciel dans la fenêtre de
Jacques Chardonne
C'est une forêt de pins, pleine d'aromes; les branchages un peu convulsés sous une aigrette font une voûte ajourée et l'on voit au travers, dans les beaux jours, les nuages pareils à des amas de neige glisser sur un ciel d'azur frais; il y a des éclats dorés comme des taches de miel dans les sous-bois et ses feuillages légers, acacias, genêts qui recouvrent les dunes durcies sous les aiguilles de pin.
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Par stcyr04, le 25/04/2012
Les Destinées sentimentales de
Jacques Chardonne
"Aimer une femme c'est le bonheur", se disait Jean. Par une femme, seulement, on adhère à la vie, on saisit un objet réel, on connaît la beauté, on a une raison d'être. Mais cet amour suppose un cœur apte à le recevoir et une complète soumission, afin que la femme domine par sa douceur même. Pauline n'aura jamais tort, elle ne sera jamais vieille, elle sera toujours la plus charmante, la plus sage, la plus noble. Elle n'impose rien. Son pouvoir vient de Jean; elle n'existe que par lui. Cette abdication, cette création, c'est l'amour.
Elle règne dans la maison, compétente et divinatrice. Mais l'homme ne disparait pas entièrement. Dans cet amour où il semble aveuglé, réduit, satisfait, il ne cesse d'exister; il cherche encore; il n'est pas sûr d'aimer ou d'être aimé; il doute s'il est heureux; un dialogue sans issue commence où chacun parle pour soi, reconnait sa propre faiblesse dans l'autre, l'effrayante complexion humaine, l'abîme des êtres, l'impossibilité d'aimer sans exigences terribles.
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