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Un été chez Voltaire de
Jacques-Pierre Amette
« - Vous m’enchantez, Pors-Even ! Exterminons donc les philosophes ! Passons-les à la broche ! Il prit un couteau et le glissa vers Pors-Even. - Allez-y, percez-moi le coeur ! Tout est permis contre moi, puisque je dénonce les terribles crimes de la religion musulmane. Et ces pauvres diables de voyageurs qui ont les têtes fichées sur des piques devant les portes des villes arabes, vous y songez ? Tuez-moi ! Je veux bien ! Traitez-moi comme un ennemi de la religion, excitez les magistrats, ce n’est pas difficile, ils le sont par nature, et s’ils ne le sont pas, les circonstances les y poussent. »
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Un été chez Voltaire de
Jacques-Pierre Amette
"Notre Voltaire condamne les sottises des fanatismes, mais il aime Dieu. Il pense également que si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer." (p. 60)
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Un été chez Voltaire de
Jacques-Pierre Amette
« Un curieux événement eut lieu très tôt un matin de juillet, dans la chambre de Gabriella. La délicatesse des draps, la suggestion lascive de ses derniers songes firent que l’Italienne rêva de morsures passionnées. La douceur, les soupirs, les pâmoisons des hommes accompagnaient d’ordinaire ses réveils pour former un étrange mélange de confusion sensuelle et de désir de brutalité. Ses pieds eurent beaucoup de grâce à traverser le couloir. Elle pénétra en somnambule dans la chambre du comte. Dans la semi-obscurité, elle aperçut une assiette de fruits, une couronne de laurier, un uniforme vert foncé galonné de blanc. Le comte dormait perpendiculairement aux draps. Elle approcha de la bouche ouverte, du corps presque nu, grave et blanc. Sa respiration était si profonde, si régulière qu’elle pensa à un mécanisme d’horlogerie. Elle se dit : il dort en paix, de la même façon qu’il doit aimer. »
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Par aleatoire, le 27/07/2011
L'Homme du silence de
Jacques-Pierre Amette
Tu étais calme, serein, complet, assis dans la pénombre du confessionnal ; tu écoutais la détresse de cet homme, les folies de la vie urbaine glissaient autour de l'église ; mais toi, tu étais assis dans cette déchirure d'ombre et tu écoutais un homme.
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Un été chez Voltaire de
Jacques-Pierre Amette
« Mais le plus intéressant flottait, tiédissait, plus sauvage encore : une barque vide, plate. Ses rames, parmi des frissons de reflets, dégageaient une odeur exaltante de résine. On la croyait immobile, mais elle dérivait sur les dessins secrets, fugaces de la surface. Elle tournait insensiblement de l’ombre au soleil. Elle baignait parfois dans le vide énigmatique du ciel, parfois grinçait et pivotait sur un impalpable reflet. Elle pénétrait dans l’obscurité. Elle tournait sur les ondes, perdue dans les zones troubles d’un étang formant miroir. Zanetta suivait cette barque, ses déplacements infimes. Il y avait un secret ici. »
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Par Lea25, le 26/04/2013
Le Lac d'or de
Jacques-Pierre Amette
Je ressortis de la rue Clisson. Chiens errants, jeunes Noirs qui jouaient au foot. Bizarre sentiment d'être au fond d'un cercueil, à jamais enfermé, errent dans les ondes d'une histoire qui ne brillait que pour moi.
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Par cjacomino, le 25/02/2008
Confessions d'un enfant gâté de
Jacques-Pierre Amette
De ce temps, nous nous sommes mis à aimer le rien, l'inutile, l'au-delà, l'exotique, le rétro. Nous marchions d'un lit sur l'autre pour regarder les nuits froides au carreau, les arbres fruitiers enrobés de linge, la lune et les ruelles du quartier.
Nous nous sommes mis à vadrouiller derrière les hangars, vous savez ces coins pleins d'orties, ces voitures à l'abandon avec des herbes qui sortent des portières, ces vaches qui ruminent au soleil, fainéantes et humides, pleines de mouches, le poil rêche.
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Par aleatoire, le 27/07/2011
La peau du monde de
Jacques-Pierre Amette
Henry termine sa tasse et laisse au fond une traînée caramélisée. Les grandes lignes nuageuses apparaissent derrière les pins, c'est simple, un flottement entre les vides, le ciel s'élargit en fleuve calme. Quelque chose rend muet. L'intuition d'un royaume, là, si haut, si vaste, qu'il en émane une volupté sommaire.
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Un été chez Voltaire de
Jacques-Pierre Amette
« - Regardez ce paysage parfait, ces pâturages paisibles, regardez ce jour d’été si charmant, ces coteaux et ces fertiles vallées ; il faudrait s’abandonner aux sages principes de la nature qui inspirent douceur, humanité, paix. »
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Un été chez Voltaire de
Jacques-Pierre Amette
« Malgré les arrivées, les voitures, les baisemains, les révérences, les domestiques empressés, ce jour de juillet 1761 fut si orageux au château de Ferney que l’air brumeux enrobait tout de somnolence. »