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Par brigetoun, le 26/04/2010
Fuji San de
Jacques Roubaud
Fuji n'existe pas, ou plus; qu'il s'est peut-être
Volcan inverse, renfoui en terre tant
Ce monde l'a blessé qu'il ne veut plus connaître
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Par Orphea, le 13/04/2012
Quelque chose noir de
Jacques Roubaud
Affirmation de conformité
Il n'y a pas d'images que déclaratives, assertives, finies,
Hors temps, hors personne, hors circonstances, vérités proférées comme telles,
Propositions sentencieuses,
Ainsi, insupportables, dans mes mains,
Brûlent de leur valeur de vérité,
Arguments d'autorité du temps,
Le soleil qui rebondit de tes seins,
La lumière qui s'implique à ta peau,
Et mon esprit compte, et refuse
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Ciel et terre et ciel et terre, et ciel de
Jacques Roubaud
Peu à peu, par pans entiers, les images de son passé qui s’étaient refusées à lui obstinément, par vagues successives l’envahirent. Il revit la garrigue et ses nuages, il revit l’écluse du canal, il revit la maison où il était resté des semaines attendant le départ pour l’Espagne
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Par mercure, le 17/10/2009
Parc sauvage de
Jacques Roubaud
sur le livre :
Les circonstances de la lecture font partie de la lecture : aussi bien le livre concret que son apparence, son format, son poids, sa typographie, que le volume d'espace réel au sein duquel nous l'avons lu : un train, un lit, une herbe. Le livre, l'œuvre, est cela pour nous. Il est tout autant que la lettre exacte de son texte, vérifiable en le rouvrant ( et pas toujours compatible avec notre souvenir!), ce que nous en avons retenu (les « circonstances » en font partie). Tout autant que l'immobilité stable de ses mots, dans ses pages, l'allure de nos yeux sur ses lignes, l'intensité variable de notre regard. Mais les livres que nous avons lus « colorent » en retour, d'une manière au moins aussi forte, les lieux et les circonstances dans lesquels nous les avons ouverts.
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Ciel et terre et ciel et terre, et ciel de
Jacques Roubaud
Les nuages
Il pouvait reconnaître en eux à volonté, des navires, des barques, des goélettes, des steamers, des yachts, des pirogues, des radeaux, des îles.
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Par brigetoun, le 26/04/2010
Fuji San de
Jacques Roubaud
Résumons
i - L’être-même du Fuji est son haecceitas, son ‘être-ainsi’. Il est inaccessible. On ne peut qu’aller vers lui, par approximations successives.
ii – Or le Fuji offre des témoignages réels, perceptibles, de son haecceitas, des ‘realitates’, des ‘petites réalités’ perceptibles. Ce sont les inscapes.
iii – Pour toute chose il y a une infinité d’inscapes. La poésie en choisit plusieurs : ainsi, pour le Fuji, sa lumière
Montagne, Lumière
un point, le Fuji
⊗ l’oscillant
la lumière-née
un point, la lumière
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Par brigetoun, le 26/04/2010
Fuji San de
Jacques Roubaud
Et le résultat de tout ça : SATURATION
Bashô
dans la pluie brumeuse
⊗ on ne voit
pas le Fuji : joie
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Par brigetoun, le 26/04/2010
Fuji San de
Jacques Roubaud
Sans joie aucune. J’avouai ma peine
*
j’aurais tant voulu
⊗ moi aussi,
te dire : ‘aa’, ‘hare’
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Par Orphea, le 20/03/2012
Le Chevalier Silence . Une aventure des temps aventureux de
Jacques Roubaud
Silence et Walllwein furent donc élevés ensemble, comme frère et sœur, comme sœur et frère, comme frère et frère, comme sœur et sœur. En fait, ils employaient indifféremment ces deux termes ; et pourquoi ? c'est qu'ils ne se voyaient entre eux deux aucune différence, sinon que Silence était Silence, et Walllwein Walllwein.
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Par Orphea, le 20/03/2012
Le Chevalier Silence . Une aventure des temps aventureux de
Jacques Roubaud
Nature, notre bonne déesse, au moment de prendre en main la fabrication du bébé, n'a pas hésité une seconde à le (la) vouer aux Aventures. Pétrir une telle matière humaine comme un grand et pur porridge, lui donner les qualités physiques, intellectuelles et morales indispensables afin de faciliter les efforts subséquents de sa collègue et rivale Nourreture (que vous appelez, vous, Culture) pour faire de leur ouvrage commun le sujet d'un conte aussi exceptionnel que le mien fut pour elle une joie, et elle apporta à cette tâche tous ses soins.
Mais elle pensa, à juste titre, qu'il serait dommage de s'être ainsi longuement concentrée sur le choix des ingrédients pour envoyer (comme son suzerain, Là-Haut-Là-Haut, lui avait enjoint de le faire) un garçon passer sur terre les seize premières années de son existence sans la moindre chance d'y accomplir un destin héroïque. Elle fabriqua donc, contrairement à ses instructions, une fille ; et elle fut assez content de sa décision, ayant toujours considéré les filles comme un matériau plus intéressant, varié et subtil que les garçons.
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Par Grapheus, le 27/04/2009
Graal fiction de
Jacques Roubaud
Quelques jours avant de disparaître, Merlin vint faire ses adieux à Blaise. Ayant réglé quelques affaires en suspens avec le pape, il quitta Rome pour la Nortombrelande qu'il atteignit en moins d'une journée. Il dit alors à Blaise qu'il le voyait pour la dernière fois, qu'il s'en allait séjourner auprès de son amie et qu'il ne serait plus jamais en son pouvoir de la quitter et de se déplacer à son aise. « S'il en doit être ainsi, pourquoi y vas-tu donc ? » dit Blaise douloureusement. Mais si Merlin ajouta quelque chose, nous ne sommes pas près de le savoir.