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Par brigetoun, le 22/12/2009
Artisans de
Jacques Serena
Et ils faisaient bien, d’après moi, les artisans, et pas encore assez, d’après moi, non, parce que, comment plaindre ces tarés qui venaient baguenauder par là avec leur caméra, leur portable, leur gourmette, allez, enlève-moi ça. De ces niais qui appelaient marginal un artisan, drogué un fumeur d'herbe, comment les encadrer, comme ces bonnes âmes qui venaient pour donner la parole, tendaient un micro, et repartaient vite, sans le micro, mais ayant au moins appris que le monde n'était pas leur salon, même pas pour les bonnes âmes, surtout pas pour les bonnes âmes.
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Par brigetoun, le 12/04/2011
Elles en premier toujours de
Jacques Serena
Leur attente exténuée, leur constance, patience. Un homme assis sur le perron se met de dos pour allumer sa cigarette, et quand il se retourne tout redevient comme avant. Sauf sa cigarette qui lentement fume. Mais son regard, sa pensée, comme chacun des autres, chacun pour soi, revenu regarder, vers plus rien, la route. Et rien au bout de la route, rien à attendre. Mais quand même l’attente.
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Par brigetoun, le 08/12/2009
Elles en premier toujours de
Jacques Serena
Et encore et toujours au fond de leurs yeux, après ce vieux réflexe mal exhumé, cet équilibre revenu. Stable. De croire encore, et déjà plus. D'être encore là, et si loin déjà. Déjà autre chose, et encore ça. Ni paraître, ni disparaître.
Avec cette patience séculaire redécouverte.
Cette virginité aussi, oui, je ne vois pas d'autre mot, cette virginité retrouvée.
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Par brigetoun, le 08/12/2009
Elles en premier toujours de
Jacques Serena
Cherchant depuis leurs rêves et leurs espoirs ensevelis, à penser à autre chose, ou ailleurs, sans plus trop y arriver. Se demandant ce qu'elles font là. Du reste n'y faisant rien ou presque. Dans ce temps mort ou presque. Assises sur ces grabats comme immuables, ces planches et couvertures, sus depuis toujours.
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Par brigetoun, le 08/04/2011
Wagon de
Jacques Serena
Et peut-être que, comme on les a radiées, déclarées en fin de droits, elles, elles sont peut être en train de se dire qu’elles n’ont plus rien à perdre. Que, quand on n’a plus aucun droit, en fait, on les a tous. Y compris celui de ne plus très bien distinguer qui d’entre vous était le plus mauvais ou le moins pire, ...
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Par brigetoun, le 08/04/2011
Wagon de
Jacques Serena
Mais la gêne de quoi, comment la dire, la sorte de gêne que c’est. La gêne peut-être parce qu’on sent qu’elles sont trop accessibles. Accessibles à quel point de vue. À tout point de vue. Leurs corps, déjà, ça se voit. Aussi accessibles que des corps morts, leurs corps. Morts de n’avoir pas été assez regardés
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Par brigetoun, le 08/04/2011
Wagon de
Jacques Serena
Tu as approuvé les stages obligatoires, celles-là, juste là, que tu ne veux pas regarder, tu as voulu qu’elles soient toutes obligées d’aller sonner aux portes des immeubles pour proposer de l’électroménager lourd et cher et se faire jeter, tu as voulu que pour elles ce soit ça ou être radiées.
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Par brigetoun, le 05/02/2012
La sortante de
Jacques Serena
Ça fait drôle à entendre, ça charme, bien sûr, et évidemment ça agace, la dose de niaiserie qu’il faut pour encore aller rêver des bons vieux escaliers, et pour venir s’en vanter, on l’envie d’être comme ça, et on lui en veut, d’avoir pu, elle, le rester.
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Par brigetoun, le 12/04/2011
Elles en premier toujours de
Jacques Serena
Tristes, on les attendait tristes, on aurait sans doute voulu, et non, ce n’est pas ça. Et c’est encore plus triste, quand elles ne le sont pas, même pas. Mais simplement perdues, fatiguées, décontenancées, à l’abandon. Dans leur bout de monde abandonné.
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Par brigetoun, le 08/04/2011
Wagon de
Jacques Serena
Le père qui, pour sa gamine, de la tendresse, en a vraiment beaucoup, mais que de l’argent il n’en a pas beaucoup. Et que ça tombe mal, vu que, de partout, les affiches répètent que la tendresse ça va avec acheter, tu sais, bien sûr tu sais.