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Par lonesloane, le 30/11/2011
O Dingos, O Chateaux
de
Jacques Tardi
Michel Hartog est un architecte pour le moins original, tant de par ses créations aussi novatrices que farfelues, que dans sa façon de vivre décalée et un tantinet philanthropique. Il faut dire que depuis la mort accidentelle de son frère et de sa belle sœur quelques années auparavant, il est devenu le richissime héritier d’un empire financier aussi important qu’improbable. Comme pour mieux illustrer son besoin de faire le bien autour de lui, il ne s’entoure que de gens à la dérive dans la société, estropiés et marginaux de tous poils. C’est donc tout naturellement qu’il va recruter Julie, qui vient de passer cinq longues années en asile psychiatrique, pour s’occuper de Peter, le neveu dont il est devenu le représentant légal.
Mais très rapidement les évènements vont tourner à la catastrophe. Julie et Peter sont enlevés par une bande de malfrats dont le chef semble être un certain Thompson, tueur à gages à la réputation sulfureuse, lui même aux ordres d’un mystérieux commanditaire. On pensera d’abord à un rapt « classique » visant à obtenir un rançon tout en cherchant à faire porter le chapeau à Julie (quoi de plus facile que de « charger » une jeune femme au passé si fragile), mais cette dernière comprendra vite que Peter et elle sont au cœur d’une affaire bien plus sordide, et que c’est leur mort qui est programmée. Au prix d’une lute acharnée, et de quelques dommages collatéraux, elle parviendra à s’échapper avec son jeune protégé à travers les campagnes françaises. La vie mouvementée de Julie lui a appris à ne pas faire confiance aux flics, elle décide donc de fuir seule avec le petit pour tenter de rejoindre Hartog dans sa résidence « la tour Maure » isolée en plein cœur du Vercors.
C’est alors un hallucinant « road movie » qui s’engage avec pour décor la campagne française dans toute sa splendeur. Une course poursuite infernale dans un univers triste et lugubre largement accentué par le trait si caractéristique de Jacques Tardi. Prenez en trame scénaristique un roman de Jean-Patrick Manchette et c’est le pompon, fusillades à tour de bras (je repense avec délectation à la scène du supermarché, une pure merveille), et un suspense qui va crescendo tout au long de l’ouvrage, pour offrir au lecteur médusé, un final sur une dizaine de pages à couper le souffle.
Croyez moi, c’est jouissif à souhait, un grand moment de bande dessinée. J’avais déjà pris un énorme plaisir à la lecture des deux précédentes adaptations de romans de Manchette par Tardi (« Le petit bleu de la côte ouest » et « La position du tireur couché »), mais là, j’ai le sentiment qu’on a passé encore un palier. C’est superbement maitrisé, comme si Tardi avait trouvé le ton juste, le recul nécessaire pour encore mieux s’approprier la noirceur du roman originel. Et puis le trait si caractéristique de l’auteur s’adapte à merveille à l’ambiance lourde qui règne de la première à la dernière page, ces paysages campagnards mélancoliques retranscrits à la perfection, une galerie de personnages improbables à la gueule cassée que lui seul est capable d’imaginer avec autant de brio. Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré « Ô dingos, Ô châteaux » et je n’ai pas peur de le considérer comme une pièce maîtresse (une de plus) de l’œuvre de Jacques Tardi. Oui, affirmons le, toute bibliothèque digne de ce nom se doit de posséder dans ses rayonnages ce petit bijoux de la bande dessinée.
Lien : http://testivore.com/o-dingos-o-chateaux/
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Par lehane-fan, le 12/11/2011
Adèle Blanc-Sec, Tome 1 : Adèle et la bête
de
Jacques Tardi
Vous prenez un banquier assassiné , son magot dérobé et soigneusement caché ; un gros n'oiseau préhistorique revenu à la vie ayant fait d'un Paris début xxe , magistralement crayonné , son terrain de chasse . Vous saupoudrez de surnaturel en n'omettant pas d'y présenter une jolie héroine aussi intrépide qu'attachante et vous obtenez le premier opus de la série Adele Blanc-Sec . Ajoutés à cela des dialogues qui font mouche associés à un comique de situation parfaitement maitrisé . Il ne m'en faut pas plus pour développer une nouvelle addiction...mais je me soigne....
Tardi a deux héros récurrents : la guerre a qui il a consacré de nombreux albums et Adele Blanc-Sec , 12 aventures au compteur à ce jour .
Cette premiere histoire est , il est vrai , assez confuse . Les personnages pullulent tout comme les différents récits qui se croisent pour finalement s'imbriquer et faire naitre un sourire de compréhension béat sur la face extatique du lecteur poussif que je suis .
Cependant , les divers éléments , constituant l'univers récidivant d'Adele Blanc-Sec , sont bel et bien présents . Un brin de folie , une histoire rocambolesque , un amoureux transi , un savant fou , un ou plusieurs policiers à l'esprit aussi développé qu'un pierrodactyle ou petrodactyle comme ils le disent si bien.. . Le tout dans un Paris merveilleusement rendu . Le coup de crayon est précis . La mise en couleur assure un petit coté rétro bien légitime à ce Paname des années 1910 . Les personnages , tout comme l'environnement , ont fait l'objet de recherches que l'on sent poussées . Habits noirs de rigueur , petites bacchantes d'époque , coiffures à la raie audacieuse , la totale ! L'auteur nous immerge brillamment dans un univers démodé ou rien ne manque ! Pas de faute de gout , pas d'anachronisme mais une cohérence de tous les instants pour le plaisir des yeux ! Sorte de capsule spatio-temporelle que le lecteur prendrait pour se retrouver , l'espace d'un instant , dans un Paris de la belle époque au fort relent de nostalgie .
Ce premier album n'est certes pas le meilleur mais demeure pourtant incontournable pour qui , comme moi , considere Tardi comme l'un des plus grands !! Et le premier qui me parle de l'adaptation de Besson , c'est , illico presto , un ashi waza double salto avant suivi d'un Yuko à double rotation pyramidale enchainé par un vieil ippon seoi nage grand écart facial des familles dans la face ! C'est vous dire si j'ai adoré...
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Par missmolko1, le 12/11/2011
Adèle Blanc-Sec, Tome 1 : Adèle et la bête
de
Jacques Tardi
J'ai lu cette BD il y a des années (c'était une lecture faite en 6è et nous l'avons étudié avec mon professeur de français).
Je me souviens que j'avais beaucoup apprécié l'univers, les dessins sont très bien fait et l'on se sent transporter dans le paris des années 1910. Adèle est une jeune femme intrépide qui nous entraine dans une aventure incroyable.
J'ai vu récemment l'adaptation au cinéma que j'ai beaucoup aimé aussi.
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Par nanougo44, le 25/12/2011
Adèle Blanc-Sec, Tome 1 : Adèle et la bête
de
Jacques Tardi
J'ai vu l'adaptation de Besson avant que le père-noël depose ce livre sous mon sapin. J'avais bien aimé le film mais je dois dire que le livre n'a vraiment rien à voir. Je ne connaissais pas Jacques Tardi et cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu une BD .
Mais Adèle blanc sec m'a plutôt conquise !
Cette héroïne fantasque au caractère bien trempé va se retrouver au coeur d'une affaire de ptérodactyle réssucité, qui, hors de contrôle se révèlera un terrible tueur.
En parallèle, elle oeuvre pour son compte à la recherche d'un appareil dont l'utilisation nous est, dans ce premier tôme, totalement inconnue.
Je vais, donc, rapidement me procurer le second tôme car Adèle a réussit à éveiller ma curiosité !
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Par trust_me, le 16/11/2011
O Dingos, O Chateaux
de
Jacques Tardi
Troisième adaptation d’un polar de Manchette par Tardi, Ô dingos, ô châteaux réunit des thèmes chers à l’écrivain : personnages rugueux sans états d’âme, humour noir, violence un peu gratuite… Le récit progresse par paliers, chacun devenant plus tendu et intense que le précédent. Il y a quelques scènes d’anthologie au cours de la course-poursuite sanglante entre la nounou protectrice et ses ravisseurs. Dans cette histoire, tous les protagonistes sont sacrément cintrés et aucun n’attire l’empathie. Le texte d’origine, respecté à la lettre, possède une sorte de réalisme glacial où affleure le désir de choquer.
La suite : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/11/o-dingos-o-chateaux-de-manchette-et.html
Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/11/o-dingos-o-chateaux-de-manchet...
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Par nanougo44, le 25/12/2011
O Dingos, O Chateaux
de
Jacques Tardi
Une nounou, Julie, sortie tout droit d'un asile pour protéger Peter, orphelin et neveu de Michel Hartog, architecte milliardaire.
Thompson, un tueur à gages sanguinaire et sans scrupule, engagé par un mystérieux inconnu pour liquider la femme et l'enfant.
Voilà les premiers éléments de cette histoire aussi noire que violente qui va mener Julie et Peter à fuir une sombre vérité et ce tueur lancé à leurs trousses.
C'est noir, très noir, comme les dessins de cette BD, qui donnent encore plus de poids au côté sombre de l'histoire.
Les amateurs du genre seront conquis et ravis !!!
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Par Maritournelle, le 06/08/2009
Adèle Blanc-Sec, Tome 1 : Adèle et la bête
de
Jacques Tardi
J'avais envie de découvrir cette héroïne particulière depuis un moment déjà. Je ne suis pas particulièrement fan de BD, mais l'univers parisien de la belle époque, le personnage principal atypique et les intrigues fantastiques me tapaient dans l'œil. Mais, apparemment, ils n'ont pas tapé autre part! Après un début plutôt prometteur, l'intrigue semble s'étouffer dans un foisonnement d'informations : les relations entre les personnages ne sont pas forcément expliquées et explicites, et j'ai eu du mal à reconnaitre qui était qui (mais c'est certainement dû à ma grande mémoire visuelle qui frise la perfection négative...).
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Par ay_guadalquivir, le 23/09/2011
120, rue de la gare (BD)
de
Jacques Tardi
J'aime particulièrement dans les enquêtes de Nestor Burma traitées par Tardi la patte du dessin et des ombres. Il y a dans ce noir et blanc quelque chose de Bogart et du faucon maltais, une sorte d'épaisseur indissociable du récit, le pendant illustré du film noir. Et c'est là la plus grande réussite de Tardi, avoir donné corps à ces histoires. A lire pour se plonger dans une atmosphère où les coups de feu résonnent sur le pavé humide.
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Par kbd, le 05/12/2010
La position du tireur couché
de
Jacques Tardi
Martin Terrier, Christian, Monsieur Charles. Autant de pseudonymes pour une seule et même personne. Un homme froid et méthodique, qui ne laisse rien au hasard. Il fait juste son boulot, ni plus ni moins, et se fait rémunérer comptant. L'affaire est simple : on lui donne un nom, une photographie, et les armes qu'il demande. Lorsqu'il a terminé, il vient chercher son cachet, et attend qu'on le contacte pour une nouvelle cible.
Mais la rumeur court qu'il veut arrêter. Ses employeurs le regrettent évidemment, mais ils comptent bien l'y aider... à leur manière !
La vie n'est pas un long fleuve tranquille lorsqu'on exerce le métier de tueur. Jacques Tardi adapte ici l'un des nombreux romans noirs de Jean-Patrick Manchette, considéré par certains comme le « pape » du néo polar.
Selon l'auteur de l'œuvre initiale, La position du tireur couché est « une histoire de tueur absolument sans intérêt intrinsèque, uniquement un exercice technique, de mon point de vue, qui progresse à peu près régulièrement, mais glacialement. »
On ne pouvait pas mieux résumer le scénario tellement il est rythmé, malgré ses presque 100 pages.
Lien : http://k.bd.over-blog.com/article-la-position-du-tireur-couche-62031149.html
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Par Perdre-son-temps, le 01/03/2011
120, rue de la gare (BD)
de
Jacques Tardi
Ou quand le dessinateur de BD Jacques Tardi s'attaque aux Nouveaux Mystères de Paris.
"120 rue de la Gare", la première enquête de Nestor Burma - l'homme qui met le mystère KO - écrit par Léo Malet en 1942 avait déjà été adapté pour le cinéma quatre ans après sa parution. Nestor Burma est un personnage dont la genèse se situe en France sous l'occupation et dans l'immédiate après-guerre.
Drôle de chose, au fond, que l'adaptation d'un roman en BD. Ce qui est passionnant dans l'approche de Tardi ce sont les manières différentes de s'y prendre pour enfin s'emparer de cet univers. Il l'a fait en trois étapes, il me semble. D'abord avec l'album "Brouillard au pont de Tolbiac", pour une adaptation assez classique. Ensuite vient notre "120 rue de la Gare" dans lequel il colle au roman original au point de restituer pratiquement l'intégralité des dialogues. Enfin un récit court un peu moins connu du public "Une gueule de bois en plomb" dans laquelle Tardi dessine une aventure inédite et de son cru, comme une sorte d'appropriation stylistique.
"120 rue de la Gare" sera mon préféré. Vouloir à ce point coller au texte avec une bande dessinée aurait paru l'approche la plus casse-pipe, et il en ressort un album de BD d'une densité extraordinaire.
Cela tient aussi au climat de ce récit dans la France occupée… Cette toile de fond traitée de manière crue et très documentée, tandis que les personnages s'agitent dans une intrigue bien glauque, comme indifférents aux alertes, aux rationnement tant ils sont absorbés par le crime et leurs affaires sordides… Une grande réussite de tension dramatique.
Fiat Lux, Hélène !
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Par lacroute, le 13/01/2012
Le Cri du peuple, tome 1 : Les Canons du 18 mars
de
Jacques Tardi
Bingo. 5 étoiles ,comme çà d'emblée, à mon panthéon perso sur Babelio.
Oui, je signe, persiste et m'en explique.
J'ai lu conjointement roman et adaptation BD. Drôle d'itinéraires parallèles sur les rails d'une même histoire servie, sur l'un par un texte, sur l'autre par une enfilade de vignettes et de phylactères. Expérience passionnante qui démonte les moyens mis en oeuvre par le dessinateur pour adapter son 9ème art maîtrisé à un roman tissé de paragraphes, chapitres et livres.
Tardi, via le contenu de ses phylactères, s'est voulu fidèle au texte initial, s'y collant en sangsue admirative; et par la magie du noir et blanc de ses vignettes a magnifié le tout, à restitué des descriptions, des ambiances jusqu'alors bâties uniquement de mots. Chapeau bas au premier, chapeau ras de terre au second; tant ses images quelquefois sont plus significatives que le sont les paragraphes associés.
Je suis resté longtemps le regard fixé sur certains dessins, à en chercher les défauts. Il y en a, mais bizarrement on s'en fout, ils font partie des éléments d'une magie générale qui pousse à dire: "Attention chefs-d'oeuvre" (Bongu, comment écris t'on ce mot composé au pluriel, car je parle du roman et de son adaptation, hein, pas si tromper..!)
Jacques Tardi s'attelle en 2002 à adapter Jean Vautrin via "Le cri du peuple" paru en 1999. Ce dernier y revisitait la Commune de 1871 au travers les destins croisés de quelques forts en gueules du Paris de la fin du XVIIIème, tous confrontés ou pas à ce moment français d'exception durant lequel tant d'espoirs sont nés, tant de désillusions sont venus briser un rêve dans le sang de milliers de communards.
Premier tome, sur quatre sortis chez Casterman, ce "Les canons du 18 mars", dans son format horizontalisé, exploite magnifiquement les dialogues savoureux initiés par Vautrin. On y rencontre ceux qui ont existé, entre autres Thiers, Jules Vallès et Gustave Courbet; celles et ceux qui auraient pu l'être: un Grondin qui ressemble à un Vidocq, Gabriella Pucci dite La Pucci, sosie de Casque d'Or....
Et puis des patronymes qui à eux seuls valent le détour: Edmond Trocard dit la Jonquaille, chef de la bande de l'Ourcq; Alfred Trois-Clous le biffin; Charles Bassicoussé n°2017 au bagne de l'Ile du Diable....etc
Allez-y; çà se fume comme du petit lait. Y'a de l'Eugène Sue, du Dickens, du Hugo, du Dumas-père dans tout çà..!
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Par MissG, le 15/10/2010
Adèle Blanc-Sec, Tome 1 : Adèle et la bête
de
Jacques Tardi
J'ai lu ce premier tome après avoir vu le film de Luc Besson et bien je ne le regrette pas car j'ai aimé l'histoire.
Je l'ai lu très facilement, ça se passe un peu trop vite à mon goût d'ailleurs, c'est dommage, d'autant plus que je m'étais faite au style graphique de l'auteur.
Petit bémol : les personnages masculins se ressemblent trop et j'ai eu du mal à retrouver qui était qui, j'aurai préféré qu'ils soient un peu différents les uns des autres.
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Par lacroute, le 28/01/2012
C'était la guerre des tranchées, 1914-1918
de
Jacques Tardi
Je vous défie, vous les hommes que rien ne tourmente face à votre nature, de lire ce livre sans avoir à un moment ou un autre le coeur qui cogne et grippe; la gorge qui se noue et renâcle, sèche, appelant une salive qui ne vient pas; la larme à l'oeil qu'il convient d'assécher au plus vite; les nerfs qui se tendent face à l'iniquité, l'inhumanité et la bêtise; les tripes secouées comme par une colique face à l'Histoire; la tête au ciel à se demander pourquoi; le regard dans le vide à mâchonner ce passé qui ne peut s'effacer. Oui, venez vous confronter en somme à vous-même, car ce sont des hommes qui ont fait çà à d'autres hommes.
Car, quand Tardi vous raconte les tranchées de 14-18, il ne raconte pas la Grande Histoire des manuels scolaires, mais vous en assène pleine face, gare à la gifle, la petite sans majuscule, celle des poilus qui la firent jour après jour. La boue, les puces, la mort, les barbelés, les rats, la chiasse, les odeurs, la peur, la honte, les gaz, les obus et tant d'autres joyeusetés vous attendent et ne vous lâcheront pas.
Tardi use de mots qui ne prennent pas de gants. Un exemple..? Allez, rien qu'un car il y en a tant, habillés en phrases choc qui cognent dur dans la réalité de ces quatre ans de tranchées inhumaines. "930 hectares de cimetières militaires, de la bonne terre pour la betterave, mais seulement des croix qui poussent en surface"
Et c'est en outre sans compter sur les dessins de Tardi qui n'épargnent rien à son lecteur médusé. Chacun a sa force propre, aucun n'est inutile, ils sont tous une flèche qui cherche et réussit à faire mouche dans le coeur du lecteur. Ces visages ivres de fatigue. Ces traits désabusés et fatalistes. Ces faciès gorgés de colère et de haine. Ces bouches emplies de blasphèmes. Ces "mamans" hurlés à la nuit, face à la mort qui fauche dans la boue du no man's land vidé de ses survivants, tripes vomies par la béance d'un abdomen explosé, retenues dans la concavité d'un casque retourné. Ces corps pourrissants dont vous sentirez l'odeur au dessus des vignettes. Je ne peux tout décrire. Vous en voulez davantage..? Venez donc ouvrir ce chef d'oeuvre, découvrir ces vignettes BD instants flashs d'histoires simples que l'Histoire ne raconte pas; ces 126 pages en noir et blanc, couleurs de deuil d'une génération sacrifiée pour rien.
J'ai pleuré ce matin en le lisant.
Et alors..?
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Par lacroute, le 18/01/2012
Le Cri du peuple, tome 2 : L'Espoir assassiné
de
Jacques Tardi
Allez, triple A encore pour ce second volet..!
Ce deuxième volume, sur quatre, de l'adaptation BD du roman de Vautrin par Tardi reprend les protagonistes là où il les avait laissés à l'issue de la première volée de vignettes et de phylactères. Le feuilleton, cette dénomination m'est voulue tant la progression de l'intrigue lui est vraiment apparentée, continue. Il court sur la moitié du roman, le premier tome BD représentant le quart initial. Reste donc un quart pour deux tomes. Peut-être pas franchement étonnant si l'action s'enflamme inéluctablement et que Tardi soit contraint à étaler ses vignettes pour expliciter au mieux l'intrigue du roman. Mais l'affaire se complique quand Tardi écrit en dernière vignette: "Vous le saurez en lisant la troisième et dernière partie de cette histoire". La 3ème et dernière..? Là, nous sommes en plein processus typiquement feuilletonnesque; il y a du Rocambole à la Ponson du Terrail dans le propos. Vautrin et Tardi côtoient de loin l'histoire de la Commune et malmènent les personnages en des lieux interlopes (les maisons de tolérance, les bidonvilles) ou inattendus (le milieu du cirque), loin des barricades et des personnages centraux de la vraie histoire de la Commune. Dommage..? Non, pas vraiment, l'histoire est enlevée, prenante, hors-normes. Et puis, les dessins de Tardi sont égaux à eux-mêmes: exceptionnellement beaux dans leurs habits de simple noir et blanc. Et puis, les dialogues; rien que pour çà venez y faire un tour: plongeon dans le passé garanti.
Ps: autre particularité amusante, une vignette parmi les centaines des 88 pages inclue un laissez-passer mentionnant:
"Laisser passer et circuler librement sur la Place Vendôme le 16 mai 1871 le citoyen Jacques Tardi"
Le pied-de-nez m'a plu, il est la marque que Tardi s'est vraiment impliqué dans le ressenti de Vautrin au sujet de la Commune.
"Sommes-nous donc aveugles ? Faut -il attendre que les pauvres soient si pauvres, qu'il ne leur reste plus qu'à se révolter ? Un jour, les hardes qui pendent au clou deviennent immanquablement l'étendard de la haine.! Nos dirigeants ont trop bien oublié que le coeur de la France bat aussi dans la poitrine des désespérés ! Que ceux qui sentent mauvais valent bien ceux qui se parfument. "
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Par lacroute, le 24/12/2011
La position du tireur couché
de
Jacques Tardi
J'ai lu le roman et l'adaptation BD simultanément, progressant de vignettes en phylactères au rythme des phrases, paragraphes et chapitres écoulés. Tardi, non seulement colle au plus près des péripéties imaginées par Manchette, mais aussi restitue l'atmosphère chirurgicale, froide et angoissante de cette histoire menée tambour battant. Il reprend les segments clés du texte, les incorpore à ses dessins. Le mariage des deux fait miracle, tant la noirceur de Manchette s'accouple bien au noir et blanc traditionnellement utilisé par Tardi. J'avais déjà été bluffé par le duo au décours de "Le Petit Bleu de la Côte Ouest" (toujours en "Futuropolis" pour l'un et "Série Noire" pour l'autre); j'avais avec le présent tome voulu renouveler l'expérience. Et dire que le tandem m'attend encore avec "Ô Dingos Ô Chateaux", joie infinie suscitée par l'espoir d'une lecture à venir pleine de (bonnes) promesses.
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Par alouett, le 30/11/2011
O Dingos, O Chateaux
de
Jacques Tardi
(...)
Passée une vingtaine de pages consacrées à la mise en place des principaux protagonistes de ce thriller palpitant, on est totalement pris dans l’action. Le rythme de l’intrigue ne s’autorise que très peu de temps-mort et la pression va crescendo à mesure qu’on s’enfonce dans l’album. On le referme après un final époustouflant d’une dizaine de pages… âmes sensibles s’abstenir !
(...)
Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/11/29/o-dingos-o-chateaux-manchette-tardi/
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Par Nanne, le 09/04/2009
C'était la guerre des tranchées, 1914-1918
de
Jacques Tardi
En octobre 1917 cela fait maintenant trois ans que les Poilus pataugent dans la fange des tranchées, embourbés dans la bourbe, coincés qu'ils sont entre la mitraille, les avions et les obus de l'ennemi. Le 2ème Classe Binet se demande encore ce qu'il peut bien faire dans cet endroit. Cette guerre-là ne le concerne pas. Ce qu'il veut, Binet, c'est avoir la paix, qu'on le laisse tranquille. Du genre taciturne, Binet, qui n'a même pas l'esprit d'équipe. Il est revenu de tout, Binet, sauf d'une chose, qui l'empêche même de dormir. Le jeune Faucheux a été envoyé en reconnaissance par le capitaine, un planqué de l'État-major. Avant de partir en mission, il avait confié à Binet son petit cahier bleu d'écolier. Personne ne l'a jamais vu revenir. Depuis, Faucheux hantait ses pensées la journée, peuplait ses cauchemars la nuit. Son Faucheux, Binet voulait le retrouver, mort ou vif. Des rumeurs annonçaient que l'avant-poste avait fraternisé, qu'il s'y échangeait tabac et nourriture, qu'on y trouvait même de la cocaïne à foison. Il commençait à trop gamberger, Binet.
Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2009/04/les-chemins-de-la-honte.html
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Par Bigmammy, le 30/09/2011
La position du tireur couché
de
Jacques Tardi
Je ne résiste pas à un nouvel opus de Jacques Tardi.
Là, il interprète fidèlement un des sommets du roman noir français, écrit par le regretté Jean-Patrick Manchette, avec le talent qu'on lui connaît. L'histoire est celle du parcours en boucle d'un tueur à gages qui souhaite raccrocher, se tirer fortune faite - croit-il - avec l'amour de jeunesse qui lui a promis de l'attendre dix ans... le piètre héros finira par revenir à son point de départ alors qu'il voulait à tout prix y échapper.
Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Les anciens employeurs du héros ne sont pas du tout d'accord avec son idée, lui confient une dernière mission suicide, la famille d'un de ses "clients" le rattrape.....Le roman, écrit en 1981, est implacable et glaçant. L'adaptation conforme. On y retrouve tout l'univers graphique de TARDI, et en particulier sa maîtrise de la description de Paris, en hiver, avec le vent, la pluie, et ici encore, des cadavres à la pelle. C'est hyper noir, décapant, désespérant, poisseux à souhait.
Ce qui me gêne cependant, c'est que toutes les femmes dessinées par Tardi ont la même bouche, et que finalement, je préfère les histoires un peu plus drôles, comme celles de Nestor Burma dans les différents quartiers de la capitale, à une époque où moi, j'étais encore jeune....
Lien : http://www.bigmammy.fr
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Par mimienco, le 26/06/2009
C'était la guerre des tranchées, 1914-1918
de
Jacques Tardi
Passionné par la Grande Guerre, Tardi nous livre des épisodes courts de poilus dans les tranchées durant la guerre. Prenant appui sur ses connaissances et avec l'aide du documentaliste Jean Pierre Verney, le père d'Adèle Blanc Sec nous fait découvrir l'horreur de la guerre: les tranchées, les rats, la peur, la mort et l'absurdité de la guerre, la bêtise humaine. Tour à tour se succèdent Binet, Lecerf, Lafont, Desbois et tant d'autres, chair à canon de l'Etat français qui sont "morts pour la patrie". Avec son style tellement personnel, Tardi nous offre une bande dessinée de qualité tant dans la construction des planches que dans les différentes histoires qu'ils proposent. Dans cette bande dessinée, certes terrifiante de vérité mais tellement belle, Tardi décide de raconter ces morceaux de vie avec ce regard tellement personnel et incisif. Les mots, les images sont savamment construits, agencés.
Un des maîtres de la bande dessinée française nous livre un véritable pamphlet antimilitariste, qui touche profondément le lecteur. Un seul bémol, la fin de la bande dessinée est un peu confuse, moins aboutie mais ne gâche en rien la qualité de l'oeuvre en général
A lire et à faire lire vraiment!
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Par mimienco, le 18/06/2008
C'était la guerre des tranchées, 1914-1918
de
Jacques Tardi
Passionné par la Grande Guerre, Tardi nous livre des épisodes courts de poilus dans les tranchées durant la guerre. Prenant appui sur ses connaissances et avec l'aide du documentaliste Jean Pierre Verney, le père d'Adèle Blanc Sec nous fait découvrir l'horreur de la guerre: les tranchées, les rats, la peur, la mort et l'absurdité de la guerre, la bêtise humaine. Tour à tour se succèdent Binet, Lecerf, Lafont, Desbois et tant d'autres, chair à canon de l'Etat français qui sont "morts pour la patrie". Avec son style tellement personnel, Tardi nous offre une bande dessinée de qualité tant dans la construction des planches que dans les différentes histoires qu'ils proposent. Dans cette bande dessinée, certes terrifiante de vérité mais tellement belle, Tardi décide de raconter ces morceaux de vie avec ce regard tellement personnel et incisif. Les mots, les images sont savamment construits, agencés.
Un des maîtres de la bande dessinée française nous livre un véritable pamphlet antimilitariste, qui touche profondément...
La suite ici: http://laboitealectures.canalblog.com/archives/2008/05/04/9025195.html