Ajouter une citation

Citations de Javier Marías (6)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


  • Par ballad, le 07/10/2011

    Demain dans la bataille pense à moi de Javier Marías

    "Tant de choses arrivent dans notre dos, notre capacité de connaissance est infime, nous ne voyons pas ce qui est derrière le mur, ou ce qui est loin, il suffit que quelqu'un chuchote ou s'éloigne de quelques pas pour que nous n'entendions plus ce qu'il dit, même si notre vie en dépend, il suffit que nous ne lisions pas tel livre pour que nous en ignorions l'avertissement fondamental, nous ne pouvons être qu'à un seul endroit à la fois, et encore ignorons-nous souvent que quelqu'un nous observe ou pense à nous, que quelqu'un est sur le point de composer notre numéro, de nous écrire, de nous vouloir ou de nous chercher, de nous condamner ou de nous assassiner et d'en finir ainsi avec nos rares et mauvais jours, que quelqu'un est sur le point de nous précipiter sur le revers du temps ou sur son dos noir, comme je pense à cet enfant et l'observe, en sachant plus sur lui que lui ne saura jamais sur ce qu'il fut cette nuit."

    Citation de qualité ? (9 votes positifs)


  • Par Laurane_C, le 31/03/2010

    Demain dans la bataille pense à moi de Javier Marías

    Demain dans la bataille pense à moi, et que tombe ton épée émoussée ! Désespère et meurs !

    Citation de qualité ? (4 votes positifs)


  • Par ballad, le 07/10/2011

    Demain dans la bataille pense à moi de Javier Marías

    "Quel malheur de savoir ton nom si demain je ne dois plus connaître ton visage, les noms ne changent pas et restent fixes dans la mémoire quand ils y restent, sans que rien ni personne ne puisse les en arracher."

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par Woland, le 25/04/2009

    Un Coeur si blanc de Javier Marías

    [...] ... Et ma hâte venait de ce que j'avais conscience que ce que je n'entendais pas maintenant, je ne l'entendrai jamais ; il n'y aurait pas de répétition, comme quand on écoute une bande magnétique ou que l'on voit une vidéo et que l'on peut revenir en arrière, chaque chuchotement non appréhendé, non compris, se perdrait à jamais. C'est l'inconvénient de tout événement non enregistré, ou pire, ni su ni vu ni entendu, car il n'y a plus aucun moyen de le restituer. Le jour où nous n'étions pas ensemble ne nous verra jamais réunis, ce qu'on allait nous dire au téléphone que nous n'avons pas décroché ne sera jamais dit, pas la même chose et pas dans le même esprit ; et tout sera légèrement différent ou radicalement, faute d'avoir osé répondre, par indécision. Mais même si nous étions ensemble ce jour-là, si nous étions à la maison quand on a appelé, ou si nous nous sommes décidés à répondre en faisant taire nos craintes, et en oubliant le risque, rien de tout cela ne se répétera, et viendra le moment où avoir été ensemble équivaudra à ne pas l'avoir été, avoir décroché le téléphone à ne l'avoir pas fait, et s'être décidé à répondre à s'être tu. Même les choses les plus ineffaçables ont leur temps, comme celles qui ne laissent pas de traces ou n'ont pas lieu, et si le sachant nous les notons, les enregistrons ou les filmons, si nous multiplions les aide-mémoire, en essayant même de remplacer ce qui est arrivé par les notes prises, l'enregistrement ou l'image de ce qui s'est passé, en sorte que ce qui arrive réellement depuis le début soit ce qui a été noté, enregistré ou filmé et rien d'autre, même dans ce perfectionnement infini de la répétition nous aurons perdu le temps pendant lequel les choses ont vraiment eu lieu (même si c'est le temps de l'enregistrement) ; ... [...]

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par Woland, le 25/04/2009

    Un Coeur si blanc de Javier Marías

    [...] ... Je ne dis rien, je ne posai pas de questions et je ne l'ai toujours pas fait, plus le temps passera, plus cela sera improbable et difficile. On laisse passer un jour sans parler, puis deux, puis une semaine, puis les mois s'accumulent insensiblement, et la manifestation du soupçon s'estompe si celui-ci ne s'accroît pas, sans doute espère-t-on que lui aussi se changera en passé, en quelque chose de véniel ou de naïf qui nous fera sourire peut-être. Pendant des jours, avant de me coucher, j'ai regardé par la fenêtre de mon bureau, vers le coin, en bas ; mais Custardoy ne réapparut pas dans les nuits qui suivirent, et lorsque je le revis, ce fut chez moi, en haut, un moment. Mon père était venu vers huit heures et demie prendre un verre avec Luisa et moi avant de s'en aller à je ne sais quel dîner où Custardoy l'invitait, le Jeune [Custardoy] vint donc le chercher un peu avant dix heures. Il s'assit quelques minutes, but rapidement une bière et je ne remarquai rien, une légère familiarité récente entre Custardoy et Luisa mais à travers mon père, ils avaient fait connaissance en mon absence, par son intermédiaire, en sa présence les deux ou trois fois, c'était tout, ou c'est ce qu'il me sembla. Il y avait bien davantage de familiarité entre Ranz [père du narrateur] et Luisa, eux en revanche s'étaient vus seuls et souvent, mon père l'avait accompagnée dans ses achats pour la fallacieuse maison, il l'avait emmenée déjeuner ou dîner, il lui avait donné des conseils (un homme de goût, un expert en art), il était évident qu'ils s'estimaient, ils se divertissaient l'un l'autre. ... [...]

    Citation de qualité ? (2 votes positifs)


  • Par Reka, le 10/02/2009

    Un Coeur si blanc de Javier Marías

    Ce n'était pas par défiance ni par manque d'esprit de camaraderie, ni par goût des cachotteries. C'était tout simplement s'installer dans la conviction ou la superstition que ce qui ne se dit pas n'existe pas. Il est vrai qu'il n'y a guère que le non-dit et le non-exprimé que nous ne traduisons jamais. (p. 60)

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)





Faire découvrir Javier Marías par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz