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Par erellwen, le 10/04/2010
Elles de
Jean-Bertrand Pontalis
Quel bonheur, quelle promesse de bonheur dans la différence sexuelle? Quelle chance que les femmes ne soient pas faites comme nous, les hommes!
Etre emporté hors de soi certes peut rendre fou, de colère, de dépit, mais nous permet aussi d'être traversé par un désir insensé, de connaître l'amour fou -ou sage s'il en existe.
Je plains narcisse. J'éprouve de la pitié pour Hermaphrodite. Ils ignorent que la petite différence fait toute la différence, et que c'est elle qui anime nos corps et, de part en part, tout notre être.
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Par erellwen, le 22/04/2011
Un jour, le crime de
Jean-Bertrand Pontalis
On a quelque peu oublié aujourd'hui, où il convient de célébrer le désir ("ne pas céder sur son désir", disait Lacan qui effectivement ne céda pas), l'importance qu'accorde Freud à l'idée de renoncement.
Renoncer à obtenir tout immédiatement, consentir à cesser d'être His Majesty the Baby, renoncer à conquérir et à posséder la mère, à supprimer père et frères, reconnaître notre finitude, admettre que nous ne sommes pas immortels et que nous ne sommes ni le centre du monde ni le centre de nous-mêmes, découvrir à nos dépens les limites de notre pensée... La liste est longue e il ne nous plaît pas de voir dans notre vie une succession de renoncements. Telle est pourtant la condition pour que cette vie invente et s'invente, soit toujours en mouvement au lieu de rester à jamais fixée à ses premières attentes, à ses premiers objets d'amour et de haine.
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Un jour, le crime de
Jean-Bertrand Pontalis
Donner la mort, sans doute est-ce la manière la plus radicale de conjurer la mort que l'on sait inéluctable tout en ignorant le moment de sa survenue.
La donner : la mort cesse alors d'être perçue comme une menace, ressentie comme une perte, un désastre, un châtiment injuste. Elle est un don que l'on fait à un être cher dont la souffrance est devenue intolérable (l'euthanasie serait un crime altruiste) ou que l'on s'accorde à soi-même (suicide, et bien des accidents, plus ou moins provoqués, qui sont autant de suicides camouflés).
Le suicide relève d'une décision personnelle. J'en choisis le moment et la modalité - revolver, poison, défenestration. La mort n'est plus ce qui me tombe dessus, à son heure à elle. En un sens je deviens, en me donnant la mort, plus fort qu'elle. Je peux me croire son maître.
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Par erellwen, le 20/04/2011
Un jour, le crime de
Jean-Bertrand Pontalis
Nous n'avons plus affaire, dans le cas du meurtre, au retour ponctuel d'un élément refoulé - ce passager clandestin qui parvient à franchir la frontière - , mais à un retour en masse qui va au-delà du refoulement. Il ne s'agit pas, comme on le dit souvent, d'un fantasme qui demanderait à être réalisé. C'est un moment hallucinatoire. L'hallucination est plus forte que la perception. Je crois qu'à l'instant du meurtre la plupart des criminels sonthallucinés et que ce n'est pas seulement pour leur défense qu'une fois redevenus conscients ils affirment: "J'ai été pris d'un coup de folie."
L'impératif "Tu ne tueras point" se transforme en son contraire, tout aussi impératif "Tu dois tuer". Et alors, c'est le déchaînement, un déchaînement qui brise les barrières, les digues, comme un cataclysme naturel, qui transgresse tout interdit, viole, fracasse, mutile le corps et, à l'extrême, le dépèce ou le dévore... Le réel, pour le meurtrier halluciné, c'est le corps.
Dans quelles chaînes étaient-ils donc enserrés, ces déchaînés? Chaînes sociales, chaînes d'un langage qui leur était devenu étranger au point de les persécuter? Et alors survient l'explosion, leur corps explose dans le moment même où ils s'en prennent au corps de leur victime. Leur corps se déchaîne et devient fou: "J'aurais ta peau. Je t'arracherai les yeux." Le crime commis par les soeurs Papin est exemplaire.
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Par erellwen, le 22/04/2011
Un jour, le crime de
Jean-Bertrand Pontalis
Une foule n'est pas une somme d'individus, elle est un ensemble anonyme qui se prévaut de cet anonymat pour revendiquer son irresponsabilité. Elle est totalitaire.
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Par erellwen, le 12/04/2010
Elles de
Jean-Bertrand Pontalis
Calypso, l'amante. Elle a sauvé Ulysse, elle le tient captif dans sa grotte, tous deux vivent et s'aiment hors du monde, hors du temps; à ce mortel qui a échappé de peu à la mort, elle propose rien de moins que l'immortalité. Ulysse refuse de devenir immortel. Il est un homme, il sait qupour vi il ne oais lIl t perduet s
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Par erellwen, le 13/04/2010
Elles de
Jean-Bertrand Pontalis
Très vite - l'expérience sert à quelque chose - j'ai appris à distinguer les femmes séduisantes des ouvertement séductrices. J'ai su déceler la flatterie qui cache mal l'envie haineuse, me tenir à l'écart des "allumeuses" qui se dérobent dès que le feu qu'elles ont déclenché risque de prendre. Ce doît être ces sirènes-là, les trompeuses, qui m'ont conduit à me défier des apparences et à rêver de femmes que je trouverais "naturelles". Elles n'auraient pas besoin, elles, de recourir à quelque mascarade. Des femmes tout simplement heureuses d'être des femmes, différentes des hommes et chacune différente d'une autre et d'autant plus aimables qu'elles ne cherchent pas à être aimées ou à plaire à tout prix. Il en existe, surement.
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Par erellwen, le 05/06/2010
L'amour des commencements de
Jean-Bertrand Pontalis
Mais il arrive que je me sente en subtil accord avec cet univers à l'état réduit, que je lui trouve une pure qualité esthétique, sans empâtement de chair, sans rien de trop. S'il y avait là un érotisme de l'apparence! Me voici séduit: nous sommes de belles machines autorégulantes, nous sommes fonctionnals et vigilants. Dissoutes les humeurs, apaisés les troubles et remous d'origine inconnue. Quel repos délicieux! Mais cette conversion n'est pas faite pour durer, elle me lasse, j'ai envie de gestes inutiles et surtout maladroits, j'aspire à des temps morts, à des échanges futiles, à des jeux sans règles. C'est dans l'indéterminé que je me retrouve.
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Par erellwen, le 07/06/2010
L'amour des commencements de
Jean-Bertrand Pontalis
D'abord, j'y vivais hors de ma famille où, comme dans toute famille, régnait une loi secrète du silence. Non qu'on y fut particulièrement réservé - nous avions même nos volubiles- mais tout ce qui se transmet de fort chez les siens, tout ce qui les attache, les fixe les uns aux autres, la haine ou l'amour, la rancoeur, le malaise, ne peut se dire. Cela, un enfant le perçoit plus vivement qu'un adulte. Et réussirait-elle à s'avouer, toute cette passion, que l'effet, comme on le voit plus tard dans les couples avides de transparence, serait nul. Seul le non-dit cimente la vie des familles, une vie qui ne bouge pas.
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Par sylvie, le 26/10/2009
Elles de
Jean-Bertrand Pontalis
... J'ai cru ce jour là, cette nuit là, que les hommes et les femmes ne souhaitent qu'une chose : s'unir. Je me refuse à penser que ce moment de grâce soit éphémère, je le voudrais intemporel. Pour un peu j'aurais fait l'éloge de l'accord parfait, de l'harmonie. Le happy-end, je le sais, c'est tout juste bon pour les romans à l'eau de rose comme ceux que publie Harlequin, ou comme les films sentimentaux qu'aimait tant la petite Alice. Peu importe, c'est ainsi que je souhaite mettre fin à ce livre que je dédie à elle, au singulier.