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Par Storm, le 30/06/2009
La chose écrite de
Jean Dutourd
Il est de ces personnes moyennes à qui tout réussit parce qu'elles sont moyennes justement, qu'elles n'ont aucun message à communiquer au monde ; de la sorte elles ne dérangent rien ou peu de chose et l'on n'a jamais l'inquiétude, quand par hasard elles prennent parti, que cela pourrait remettre en cause quoi que ce soit.
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Par Cath36, le 28/01/2011
Le séminaire de Bordeaux de
Jean Dutourd
...En trois ans, et malgré une infinité de leçons, elle n'était pas arrivée à obtenir son permis de conduire... et il y avait peu d’apparences qu'elle y parvint jamais. Tantôt c'était le code de la route que son esprit rejetait, ne trouvant pas d'aliment spéculatif dans ces énumérations de choses pratiques, tantôt telle précaution qu'elle oubliait, comme d'actionner le clignotant pour indiquer qu'on tournait à droite ou à gauche. Un tremblement nerveux s'emparait d'elle lorsqu'elle s'installait dans la voiture-école, que la tête résignée ou apeurée du moniteur n'était point faite pour calmer. Elle se cramponnait au volant comme un naufragé à une planche, faisait grincer horriblement les vitesses, confondait la pédale de l'accélérateur avec celle du frein, ce qui pouvait être ennuyeux, mais ne l'était pas plus en tout cas que la buée que toute cette émotion projetait sur ses lunettes, ce qui avait pour effet qu'Adeline les enlevait afin de les nettoyer, lâchant le volant, et, de myope, devenait pendant quelques secondes presque aveugle. Au début les moniteurs se seraient battus pour enseigner à cette jolie fille les arcanes de l'embrayage et la symbolique des panneaux routiers; mais l'embarquement pour Cythère tournait si vite à la descente dans le maelström que bientôt... ils rivalisèrent d'ingéniosité pour échapper aux soixante minutes d'épouvante que représentait chaque leçon avec elle.
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Par Cath36, le 28/01/2011
Le séminaire de Bordeaux de
Jean Dutourd
Les émeutes de mai 1968 furent pour Jean-Claude et ses collègues le genre d’évènement dont les enfants raffolent... car on sait dès le début que l'on ne va nulle part et qu'il faudra bien un jour où l'autre, quand les grandes personnes se seront ressaisies et que la grande personne en chef, c'est-à-dire le général de Gaulle, aura fait la grosse voix, arrêter la récré du siècle
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Les perles et les cochons de
Jean Dutourd
Le conformisme est aussi tyrannique chez les oiseaux que chez les hommes. (p.44)
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Les perles et les cochons de
Jean Dutourd
Les gens sentencieux qui évoquent leur expérience à tout bout de champ, qui ont une leçon toute prête à propos de n'importe quoi, jouissent d'une grande réputation. On se dit que pour être aussi ennuyeux, il faut qu'ils soient très sages et on les respecte en raison de l'ennui qu'ils inspirent. (p.61-62)
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Par Cath36, le 28/01/2011
Le séminaire de Bordeaux de
Jean Dutourd
"l'accouchement dura dix sept heures...Non seulement elle souffrait mort et passion à mettre au monde un petit imbécile qui refusait d' y entrer, mais encore on la désolait en lui montrant de manière saisissante ce qu'elle manquait....La vie vous joue parfois de ces tours... N' y avait-il pas quelque chose de bourgeois, c'est à dire d'infâme, alors que Paris traversait des convulsions grandioses, à choisir les servitudes déshonorantes de la femme-esclave plutôt que les responsabilités de la combattante d'aujourd'hui ?
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Par Cath36, le 28/01/2011
Le séminaire de Bordeaux de
Jean Dutourd
"Ah ! dit Adeline, retrouvant bizarrement la langue française telle qu'elle la parlait avant d'être chercheuse au CNRS, si tu avais été comme ça autrefois, si tu m'avais aimé de cette façon !"...Le langage d'Adeline, pour quelqu'un qui n' y était pas initié, faisait l'effet d'un bal masqué ; on n'y reconnaissait personne mais, soit que les loups fussent un peu dérangés ou les déguisements mal ajustés, on devinait généralement qui était là.
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Par born2fly, le 20/10/2012
Journal intime d'un mort de
Jean Dutourd
On a volontiers tendance à penser que les mésaventures, les humiliations, les épreuves, les chagrins, les drames ouvrent l'esprit de ceux qui les endurent et qu'un imbécile qui a souffert et moins sot qu'un imbécile qui ne s'est jamais heurté aux aspérités du monde. Mais ce n'est pas vrai. Un imbécile, heureux ou malheureux, reste toujours un imbécile ou. Sa nature ne change pas sous la pression des événements.
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Les perles et les cochons de
Jean Dutourd
Il serait injuste que les gens eussent en même temps du talent et des prix.[...]Ce sont les mauvais écrivains qu'il faut encourager, sinon ils se dégouteraient et n'écriraient plus. A quoi bon encourager les gens de talent? ils continueront toujours à écrire, malgré les empêchements, la misère, leur famille et les critiques littéraires. (p.77)
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Les perles et les cochons de
Jean Dutourd
Les hommes les plus paisibles trouvent immanquablement une forme de violence qui leur convient. (p.179)