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Par Bibalice, le 11/09/2010
Journal du voleur de
Jean Genet
Mon orgueil s'est coloré avec le pourpre de ma honte.
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Les Bonnes de
Jean Genet
Claire/Madame : Et ces gants ! Ces éternels gants ! Je t’ai dit souvent de les laisser à la cuisine. C’est avec ça sans doute que tu espères séduire le laitier. Non, non, ne mens pas, c’est inutile. Pends-les au-dessus de l’évier. Quand comprendras-tu que cette chambre ne doit pas être souillée ? Tout, mais tout ce qui vient de la cuisine est crachat. Sors. Et emporte tes crachats. ! Mais cesse !
Solange/Claire : Je vous hais ! Je vous méprise. Vous ne m’intimidez plus. Réveillez le souvenir de votre amant, qu’il vous protège. Je vous hais ! Je hais votre poitrine pleine de souffles enbaumés. Votre poitrine…d’ivoire ! Vos cuisses…d’or ! Vos pieds…d’ambre ! (Elle crache sur la robe rouge.) Je vous hais !
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Par brigetoun, le 18/11/2009
Un captif amoureux de
Jean Genet
Sans dire exactement le contraire de ce qui fut, l’écriture n’en donne que la face visible, acceptable pour ainsi dire muette car elle n’a pas les moyens de montrer, en vérité, ce qui la double… Or, comme toutes les voix la mienne est truquée, et si l’on devine les truquages aucun lecteur n’est averti de leur nature. Les seules choses assez vraies qui me firent écrire ce livre : les noisettes que je cueillis dans les haies d’Ajloun. Mais cette phrase voudrait cacher le livre, comme chaque phrase la précédente et ne laisser sur la page qu’une erreur ; un peu de ce qui se passa souvent et que je ne sus jamais décrire avec subtilité et c’est subtilement que je cesse de le comprendre…
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Par brigetoun, le 18/11/2009
Un captif amoureux de
Jean Genet
Les trois sommets invisibles les uns aux autres, à tour de rôle se répondaient – à cette époque ou un peu plus tard Boulez préparait Repons – le soleil n’était pas encore levé mais il coloriait de bleu à l’est le ciel encore noir
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Par nadejda, le 19/07/2011
Le Condamné à mort et autres poèmes, suivi de " Le Funambule" de
Jean Genet
Ose ma lèvre au bord de ce pétale ourlé
Mal secoué cueillir une goutte qui tombe,
Son lait gonfle mon cou comme col de colombe.
Ô restez une rose au pétale emperlé.
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Par Nanne, le 20/09/2011
Les Bonnes de
Jean Genet
Car Madame est bonne ! Madame est belle ! Madame est douce ! Mais nous ne sommes pas des ingrates, et tous les soirs dans notre mansarde; comme l'a ordonné Madame, nous prions pour elle. Jamais nous n'élevons la voix et devant elle nous n'osons même pas nous tutoyer. Ainsi Madame nous tue avec sa douceur ! Avec sa bonté, Madame nous empoisonne. Car Madame est bonne ! Madame est belle ! Madame est douce !
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Par brigetoun, le 18/11/2009
Un captif amoureux de
Jean Genet
Les langages sont peut être la mécanique assez vite apprise afin de communiquer les idées, mais par langue ne faut-il pas entendre autre chose, les souvenirs d’enfance, les mots, la syntaxe surtout presque donnée aux premiers âges, plus vite que le vocabulaire avec les cailloux ; la paille, le nom des herbes, des cours d’eau, des têtards, des vairons, le nom et le changement des saisons…
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Par nadejda, le 19/07/2011
Le Condamné à mort et autres poèmes, suivi de " Le Funambule" de
Jean Genet
SUR MON COU sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton coeur s'émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d'Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d'ici battre notre campagne.
Le ciel peut s'éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l'herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.
Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.
Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les cours condamnent
Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.
Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l'escalier plus souple qu'un berger,
Plus soutenu par l'air qu'un vol de feuilles mortes.
Ô traverse les murs ; s'il faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.
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Journal du voleur de
Jean Genet
Trouver l’accord de ce qui est de mauvais goût, voilà le comble de l’élégance. Sans faillir, Stilitano avait su choisir des souliers de crocodile jaune et vert, un costume marron, une chemise de soie blanche, une cravate rose, un foulard multicolore et un chapeau vert.
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Par nadejda, le 19/07/2011
Le Condamné à mort et autres poèmes, suivi de " Le Funambule" de
Jean Genet
OÙ SANS VIEILLIR je meurs je t'aime ô ma prison
La vie de moi s'écoule à la mort enlacée.
Leur valse lente et lourde à l'envers est dansée
Chacun dévidant sa sublime raison
L'une à l'autre opposée
(...)
Mon chant n'est pas truqué si j'hésite souvent
C'est que je cherche loin sous mes terres profondes
Et j'amène toujours avec les mêmes sondes
Les morceaux d'un trésor enseveli vivant
Dès les débuts du monde.
Si vous pouviez me voir sur ma table penché
Le visage défait par ma littérature
Vous sauriez que m'écoeure aussi cette aventure
Effrayante d'oser découvrir l'or caché
Sous tant de pourriture.
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