Quelques questions à propos de vos lectures :
Quel est le livre qui vous a donné envie d'écrire ?
Le comte de Monte-Cristo d'
Alexandre Dumas père
Quel est l'auteur qui vous a donné envie d'arrêter d'écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?
William Faulkner, sans aucun doute. Sa maîtrise de la narration est vertigineuse, surhumaine.
Quelle est votre première grande découverte littéraire ?
Vers douze ans, j’ai découvert la bibliothèque municipale de ma commune. J’ai dévoré des piles de livres, choisissant au hasard dans les rayons. Mon souvenir le plus fort est une immersion totale, autiste. Un mois avec les Rougon Macquart de
Emile Zola. Vingt livres de 500 pages qui m’ont hanté tout un mois de juillet. J’en suis sorti comme on remonte de la mine.
Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?
Au risque de vous décevoir, je ne relis jamais un livre.
Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?
Je suis de double culture : française et espagnole. Alors, j’ai parfois cédé à la facilité en oubliant des pans entiers de la littérature mondiale. Je connais mal les auteurs allemands, les auteurs italiens.
Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?
Julio Cortázar me touche particulièrement. La nouvelle « Les lettres de maman » est si subtile, si touchante. Quand on parle de
litterature argentine, le nom de
Richard Wright est immédiatement cité. J’aime beaucoup Borges, mais Cortazar…
Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?
J’aime le roman. J’aime quand l’auteur façonne des personnages qu’on peut voir bouger en fermant les yeux, invente des aventures qui nous emportent et crée des surprises qui nous coupent le souffle. J’ai déjà cité Dumas et Faulkner… Par contre, quand seul le miroir tient lieu d’imaginaire, j’avoue que je décroche.
Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?
A une époque, je notais les phrases qui me touchaient particulièrement. Mais il y a longtemps et j’ai égaré mon carnet. Si un jour je le retrouve…
Et en ce moment que lisez-vous ?
Discours sur l'origine de l'univers d’
Etienne Klein.
Quelques questions autour de votre thriller Le Supplément d'Âme
Les personnages principaux et les personnages forts du premier tome d'Auras sont avant tout des femmes. Aviez-vous la volonté de rompre avec une certaine tradition, peut-être machiste, du thriller où l'action est menée par des hommes ?
Au début, il y avait Marianne et Isabelle. J’avais envie de mettre en scène deux sœurs qui s’aiment comme lorsqu’elles étaient enfants bien que la vie les ait emmenées vers des rivages très différents. Alors bien sûr, j’aurai pu choisir deux frères… Mais, vous avez raison, les thrillers sont habituellement pleins de héros. Et progressivement, d’autres personnages féminins sont apparus : Luz, Inés, Camille…
D'ailleurs le mari d'Isabelle est le personnage le plus cartésien de l'histoire mais aussi probablement le plus empoté ! Peut-on voir une symbolique dans cette corrélation et dans ce personnage ?
Evidemment ! Les hommes ont le goût du cartésianisme car ça les rassure. Vous savez, nous on ne sait rien faire de magique… La femme donne la vie. C’est quand même autre chose !
L'idée que l'on possède tous une aura fut très à la mode dans les années soixante dans le monde occidental. Comment êtes vous entré en contact avec ce concept d'aura qui sert de base au récit et au mystère de ce thriller?
Quand ma vie en entreprise a commencé à devenir insupportable, j’ai cherché à ouvrir mon horizon. La philosophie chinoise, l’étude de la Kundalini, la médecine énergétique… En fait, Marianne, c’est (un peu) moi ! Comme toujours.
Il s'agit cependant dans cet ouvrage d'une théorie assez nouvelle sur le sujet ! Pouvez-vous nous en dire plus sur vos inspirations quant à votre interprétation de l'âme et de ce concept d'aura aux multiples couleurs ?
J’ai tout mélangé ! J’ai laissé macérer tout ce que j’avais picoré au cours de mes recherches et de mes formations et, par un après-midi ensoleillé, les éléments se sont imbriqués pour donner la trame de mon roman. Imagination ou révélation ?
Que ce soit du côté des hommes où des âmes, chaque camp est composé de personnages complexes. Redoutiez-vous une dualité trop simpliste entre les deux camps ?
Bien vu ! Les méchants de la première heure et les bons inoxydables, c’est un peu ennuyeux, non ? J’aime bien quand les choses ne sont pas « si simples ». J’aime aussi quand ça dérive. Quand le noir vire lentement au gris, au risque de surprendre le lecteur.
La quasi totalité de l'action se déroule en Espagne. Était-ce important de situer l'action dans un pays à forte tradition catholique? ou était-ce plutôt pour l'amour du pays que vous avez situé l'action du côté de Séville ?
J’ai écrit le roman en Espagne ! J’avais envie d’un beau décor, baroque et doré. Séville ! J’y ai fait de nombreux séjours pour fixer les lieux dans ma rétine. Et puis j’ai eu de la chance. Le couvent par exemple. Je l’ai découvert par hasard, au fond d’une rue en impasse dans la banlieue de Séville. C’était un dimanche des rameaux. Le seul jour de l’année où les religieuses ouvrent la porte qui sépare l’église du quartier du cloître. On était une dizaine de personnes. Chacun a reçu une branche d’olivier et nous sommes entrés en file indienne dans le déambulatoire qui entourait la cour carrée. Le prêtre qui avait dit la messe marchait en tête, balançant l’encensoir.
Ce tome fait presque 450 pages mais chaque chapitre ne fait pas plus d'une dizaine de pages avec à la fin de presque chaque chapitre, une révélation ou un retournement de situation imprévu. Chacune de ses révélations ou retournement étaient-ils prédéfinis à l'avance ou vous laissiez-vous vous même surprendre par ces personnages et leurs actions ?
Un peu des deux… Avant de me mettre à écrire, j’essaie de structurer 10 à 15 chapitres. Une structuration très légère : les personnages et l’action clé du chapitre (ou la surprise, la révélation…). Quand cet horizon est un peu défriché, je me mets à écrire. Là, tout est possible ! Les personnages ont leurs caractères, leurs logiques, leurs objectifs. Quand on les met ensemble, ils créent le roman. J’essaie de les maintenir dans les guides que j’ai prédéfinis, mais ça ne marche pas toujours. Parfois ces guides sont idiots, illogiques. Puis, quand mon horizon se réduit, quand je n’ai plus que quelques chapitres d’avance, je structure à nouveau sur la base de ce que je viens d’écrire.
Les premiers chapitres de l'ouvrage ont été enregistrés par une troupe de théâtre. Avez-vous participé à l'encadrement ou la direction de ces enregistrements? Que pensez-vous du résultat final ?
J’ai participé à un brief avec les comédiens. Ils ont voulu connaître les personnages qu’ils allaient interpréter. C’était un moment très agréable, très chaleureux avec des personnes sensibles et attentives à mes explications. Le résultat m’a plu. C’est assez fascinant d’entendre ses personnages prendre voix, surtout avec des comédiens de talent. (ndlr : Vous pouvez écouter ces enregistrements
ici )
Vous possédez une page Facebook. Que pensez vous, en tant qu'auteur de ces moyens de communication et de promotion ?
J’avoue que j’ai créé cette
page Facebook pour l’occasion. J’avais envie de pouvoir échanger avec les lecteurs de mon livre. Elle est d’ailleurs plus utilisée que le site
auras.fr En plus, ça m’a permis de retrouver des amis perdus de vue depuis longtemps… ça doit vous faire sourire de me voir découvrir les vertus des réseaux sociaux !
J'ai lu que vous aviez abandonné l'écriture de votre biographie. Rejetez-vous l'idée d'y replonger un jour ?
Non mais pour le moment je n’en ai pas envie. J’écris la suite des Auras… Et j’ai deux ou trois idées pour d’autres romans qui me passionnent beaucoup plus.
Pouvez vous nous donner quelques indices sur l'action ou l'atmosphère des prochains tomes de la trilogie Auras ? L'action se situera-t-elle toujours en Espagne ?
Le début est en Espagne mais j’ai commencé à déplacer mon petit monde vers le sud de la France… Vous avez compris que je n’aimais pas les méchants « monochromes » ça va se confirmer ! Marc poursuit son projet en essayant de convaincre Agustín de l’aider et ses arguments sont solides ! Luz revient dans la lumière (sans jeu de mots). Marianne organise la résistance et Isabelle joue la maman poule pour sa fille qui s’approche de l’éveil. Quant à Christophe le cartésien, il ne peut pas s’empêcher de jouer à l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Bref, ça bouge !
Merci beaucoup Jean Laudic d'avoir répondu à nos questions et merci Florence !
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