Critiques de Jean-Louis Marteil


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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 12/09/2010


    Oradour-sur-Glane : Aux larmes de pierre Oradour-sur-Glane : Aux larmes de pierre de Jean-Louis Marteil

    On pourrait se dire qu'il s'agit d'un énième livre sur le massacre d'Oradour-sur-Glane et y passer à côté sans y prêter la moindre attention. Oui, on le pourrait... Cependant, à mon sens, il s'agirait d'une lourde erreur. En effet, il y a les livres, sur ce triste événement, avant Jean-Louis Marteil, et puis il y a celui-là, qui ne ressemble à aucun autre. L'écrivain s'est rendu sur les lieux et nous fait part de sa sensibilité, de ses émotions au fur et à mesure de son cheminement. Il revit lui même, non sans référence à la mémoire de son père, les événements. Ce cheminement physique est mimétique du cheminement spirituel. Ils sont étroitement liés. L'auteur-narrateur est un poète. Il s'adonne à ses réflexions avec un style qui vous accroche, qui vous happe, qui ne vous lâche plus. Un poète engagé... engagé dans une cause humble: comment réagir face à la barbarie ? L'auteur est un Humaniste, et j'y mets une majuscule. Non pas au sens où nous l'entendons aujourd'hui, galvaudé par des siècles de faiblesse sémantique. Non, un Humaniste au sens étymologique du terme: il est en quête de savoir mais également de transmission. Il livre ses idées, ses interrogations, s'interroge et nous laisse face à nous-mêmes, face à nos propres doutes: qu'aurais-je fait en ce temps-là ?

    Vous commencez à feuilleter ce livre et, je le disais, vous ne le lâchez plus. Son intensité croissante, jusqu'à la dernière page, jusqu'au dernier mot, réveille en vous une sensibilité à fleur de peau. Au fur et à mesure de la lecture, une boule dans la gorge se forme, cette fameuse boule que vous connaissez bien, qui monte en puissance et qui finira par éclater, aidée par ce style ô combien remarquable. Voilà ce que j'ai ressenti. J'ai refermé ce livre avec des larmes dans les yeux. Il m'a fallu un long moment après la lecture pour pouvoir faire autre chose. Rares sont les livres ayant produit cet effet sur moi. Habituellement, je cherche de suite le prochain livre à lire. Là, je n'ai pas pu. J'ai vécu, j'ai ressenti ces "larmes de pierre".

    Il me sera difficile de lire un autre livre sur Oradour sans avoir une pensée pour celui-ci.

    Un grand merci à Jean-Louis Marteil qui nous a permis, sur le Forum Nota Bene, de débuter nos partenariats.


    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,oradour-sur-glane,1202244.html

    Critique de qualité ? (13 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 13/11/2010


    La chair de Salamandre La chair de Salamandre de Jean-Louis Marteil

    Parce que se contenter du terme « Waouhhh » ne suffirait pas et, surtout, ne ferait pas sérieux, je vais étoffer un peu plus mon ressenti face à ce livre.

    Un grand auteur est, pour ma part, quelqu'un qui arrive à différencier son style selon le genre de récit qu'il veut nous faire partager. Certains se confinent ainsi au polar ou au roman basique sans jamais en changer. D'autres, comme Jean-Louis Marteil, jongleront entre essais, romans, romans historiques ou romans noirs avec une facilité déconcertante. La richesse de la langue, l'aisance du style, l'écriture toujours ponctuée d'humour – « sa patte » - viennent s'ajouter à la finesse des descriptions, des détails, aux portraits des personnages et à leur truculence. Le lecteur se laisse prendre dans ce tourbillon de culture avec bonheur. Car, comme à chaque fois, l'auteur s'est documenté, n'a rien laissé au hasard.

    Ce roman noir nous offre, non pas l'image des moines comme dans la trilogie, mais celle d'un métier peu aimé: l'usurier. Associé à l'image de la salamandre, animal diabolique dans l'imaginaire médiéval, on peut facilement imaginer le ton et surtout le fil directeur que va prendre le texte. On découvrira également que tout le récit est structuré autour des quatre éléments constituant le monde: Le vent, l'eau, la terre, le feu... Cependant, n'en déplaise à Gaston Bachelard, Jean-Louis Marteil en ajoute un cinquième (qui n'est pas l'éther, celui qu'on a l'habitude de rajouter justement), et pas des moindres...

    Aux différents portraits, celui de Bertrand de Vers, de Domenc, de Braïda, de Pèironne (la maîtresse-femme !), de Maurina, de Matteo Conti et j'en passe, viennent s'ajouter ceux de Mord-Boeuf, de Tranche-tripe, de Tape-Buisson, de Rince-fût ou du sergent Pasturat. Le sérieux et l'humour sont étroitement imbriqués... Quant à celui qui se fait appeler « Messire »...

    Des morts surviennent, inattendues. On accuse alors les éléments, ce qui est typique de l'imaginaire médiéval, tout en sachant qu'un être de chair et de sang est tapi dans l'ombre...

    Le scénario est ficelé avec brio. On l'aura compris, ce roman est un pur bijou, tant par son côté historique que par le suspens qui en découle. Courez vite chez votre libraire !



    Je tiens à remercier Jean-Louis Marteil pour ce cadeau inattendu.


    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,la-chair-de-la-salamandre,12...

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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 30/09/2010


    La Relique La Relique de Jean-Louis Marteil

    Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis dans mon élément avec ce genre de roman. Et c'est justement la raison pour laquelle j'en demande toujours plus à un livre faisant référence au Moyen Âge. Là, j'avoue être comblée car non seulement on voyage dans ma période de prédilection avec justesse et finesse, mais, cerise sur le gâteau, on s'attache très vite aux différents personnages.

    J'ai une tendresse particulière pour Abdon, ce pauvre garçon maladroit qui a vu périr tout son village et qui fut recueilli par les moines. Sa gaucherie, ses maladresses le rendent attachant... mais ce n'est pas ce que pense l'Abbé, excédé par le comportement de cette jeune recrue. Il essaie donc de l'écarter en l'envoyant chercher une relique... enfin... voler serait peut-être plus juste... qui pourrait ramener des pèlerins et remplir ainsi les caisses de l'abbaye qui restent désespérément vides. On en profite pour demander à Frère Bernard, gaffeur également, de l'accompagner. Pour les surveiller, leur est adjoint Frère Jérôme, plus intelligent, mais qui, personnellement a eu plutôt tendance à m'exaspérer pendant une bonne partie de l'histoire. Cependant, les bons côtés de la nature humaine reprenant vite leurs droits, on s'aperçoit que le respect d'autrui et l'Amitié avec un grand A sont les maîtres mots de cette aventure. Ils sont la force de nos trois personnages et, finalement, on peut se demander si cette quête de la relique n'est pas une quête de soi.

    Ajoutons à ces personnages, à cette philosophie humaniste qui transparaît, le style de Jean-Louis Marteil: l'humour - mais un humour tout en finesse - ponctue le récit ce qui rend la lecture très agréable. La langue est riche, pour notre plus grand plaisir, sans pour autant être pédante.

    Vous avez bien compris, je pense, que je me suis régalée à lire ce roman qui appartient à une trilogie. Je vais me jeter sans réserve sur la suite de cette aventure avec L'Os de Frère Jean et Le Vol de l'aigle. Et pour rassurer ceux pour qui le Moyen âge apparaîtrait comme une période sombre et nébuleuse, je précise que ce livre peut être lu par tous. Je suis même persuadée qu'il aidera à défaire les préjugés - nombreux - et les réticences - non moins importantes - et qu'il vous engagera à lire la suite...


    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,la-relique,1209950.html

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    • Livres 0.00/5
    Par LiliGalipette, le 02/07/2010


    Oradour-sur-Glane : Aux larmes de pierre Oradour-sur-Glane : Aux larmes de pierre de Jean-Louis Marteil

    Texte de Jean-Louis Marteil. Préface de Lucie Aubrac.

    Le narrateur chemine dans les ruines du village supplicié d'Oradour-sur-Glane. Ses pas le conduisent au plus près des victimes de la barbarie aigrie de la Deuxième Division SS Das Reich, rompue aux massacres sur le front de l'Est. Le débarquement a eu lieu, les Alliés sont aux portes du Reich et le 10 juin 1944, "la race des Seigneur répand les ruines" (p. 16) dans un petit village isolé. Femmes et enfants sont entassés dans l'église, voués aux balles et aux flammes. Les hommes sont regroupés dans les granges et tombent sous le feu des mitraillettes. Peu de survivants réchappent de cette journée d'horreur où un régime de terreur, confronté à ses vainqueurs, décide d'entraîner dans son agonie sanglante les innocents du monde ordinaire.

    Le narrateur/auteur, habité par le sentiment du devoir de mémoire, présente un lieu figé à jamais. Il imagine les dernières heures de serein bonheur d'Oradour et se pose la question récurrente du choix face à l'horreur. Quelle décision aurait-il, aurait-on, pris devant l'évidence de l'horreur à venir? Quelle réponse aurait-il donné? "Il est pourtant aisé, aujourd'hui, d'en donner une, ou plusieurs. Aucune ne sera nourrie de la vérité car aucune ne sera née de l'instant." (p. 30)

    De la marche du narrateur dans l'Histoire, je retiens cette phrase: "Je ne peux pas croire qu'il faisait beau le 10 juin 1944." (p. 25) On voudrait que l'horreur se déroule dans le noir, sous les sombres nuages d'un ciel voilé. On n'accepte pas que la nature, imperturbable, n'ait pas revêtu ses habits de deuil en cette journée de massacre.

    Le narrateur s'adresse à "[son] amour" (p. 15), "[sa] belle" (p. 17), et c'est elle qui donne le mot de la fin, en évoquant l'un des noms du myosotis, "Ne-m'oubliez-pas". C'est aussi et surtout le mot du début: en entrant dans Oradour, un pannonceau dit "Remember. Souviens-toi." Pour commencer, pour continuer, il faut se souvenir, marcher sur les lieux de l'Histoire, les appréhender pour ne jamais être du côté de ceux qui les font.

    "[Son] amour", "[sa] belle", il me semble que c'est également ainsi qu'il s'adresse à Oradour-sur-Glane, dans une tendresse malhabile née de l'impuissance face à la désolation et d'une part de révolte de n'avoir pas été là. "Juin 1944. Je n'étais pas né..." (p. 17) Mais ne pas avoir vécu l'horreur n'est pas tout, n'est pas une fin. Il faut se souvenir des souffrances passées.

    Lucie Aubrac, dans sa préface, dit que "l'auteur n'est pas qu'un narrateur, c'est une conscience." (p. 12) Moi qui ne connaissais Oradour-sur-Glane que par les livres et les cours d'histoire, je sais maintenant qu'il me manque de l'avoir vue.

    La prose de l'auteur est chargée d'émotion. En moins de cent pages, il donne toute l'étendue de son talent d'écrivain, où la véracité se mêle à la poésie.

    Un autre grand merci à Jean-Louis Marteil, directeur des éditions de La Louve, qui m'a offert ce livre dédicacé.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/07/02/18468738.html

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 17/06/2010


    La Relique La Relique de Jean-Louis Marteil

    Roman en trois tomes de Jean-Louis Marteil.

    La relique - An de grâce 1130, une communauté de frères bénédictins dans la province de Rouergue. Trop souvent rançonnée par les pillards de passage, ses coffres sont vides. Pour renflouer les caisses, une seule solution: compter sur la dévotion généreuse des chrétiens en pèlerinage. Mais pour que pèlerinage il y est, il faut une relique, faiseuse de miracle autant que possible. Puisqu'il est impossible d'en acquérir une à prix d'or, il faut se résoudre au vol et dépouiller une autre abbaye de son précieux et saint trésor. Pour mener à bien cette scandaleuse mission, le père abbé envoie les frères Abdon, Jérôme et Bernard, trois hommes qui font bien souvent trembler les murs de l'abbaye et qui mettent à mal le silence et le recueillement qui seraient de mise selon la Règle de saint Benoît. Le gros moine Abdon, le maigre Jérôme et le niais et gourmand Bernard prennent la route de Tarragone, en Hispanie, pour dérober une relique de saint Vincent. Le chemin sera long et pénible pour ces hommes si différents. L'inimitié qui les rassemble n'est qu'une des épreuves qu'ils traverseront avant leur retour à l'abbaye: la faim, la nature hostile, les rencontres de mauvais aloi et les nombreux manquements à la Règle composent une aventure loufoque et hilarante à la rencontre d'un Moyen-Âge savoureux et haut en couleurs.


    Comment ne pas apprécier une telle incursion historique dans une période si foisonnante et propice aux récits? La langue de l'auteur est savoureuse, sa capacité à convoquer devant nos yeux des images vivantes est époustouflante. Les couleurs et les odeurs nous parviennent du Moyen-Âge, nullement affadies par leur voyage temporel. Les situations les plus scabreuses et les plus triviales se jouent sous nos yeux et c'est avec hilarité qu'il convient d'y assister. De crotte et de puanteur, voilà le lecteur largement dôté pour entrer d'un pied gaillard dans le récit picaresque de trois moines bien plus humains que saints. Attention, les mots sonnent haut et clair, sans pudeur inutile et mesquine. Cul-serrés et trouillards s'abstenir! "Réjouissez-vous, mes frères: maintenant, les véritables ennuis vont pouvoir commencer." (p. 83)

    Loin des horreurs sanglantes qu'on a à tort l'habitude de prêter au Moyen-Âge, le lecteur se retrouve dans un monde de drôlerie et d'humanisme, le plus drôle n'étant-il pas d'attaquer l'homme là où est le plus humain? Une malédiction particulière obscurcit régulièrement les jours et les murs de l'abbaye. Les pigeons, "entêtés enfienteurs de toitures et canalisations" (p. 23) obsède le père abbé qui ne sait comment se débarasser de ce fléau nullement cité au nombre des plaies divines, mais qui mériterait d'y figurer en bonne place. Un autre fléau est le vin pur, non coupé d'eau, qui entraîne les moines habitués à davantage de tempérance dans les méandres de ses visions chimériques et de ses nausées.

    Outre la nature éminemment comique du texte, il faut remarquer la qualité des propos historiques. La bouffonnerie ne damne pas le pion à la précision des descriptions architecturales. Des voûtes romanes, chapiteaux et colonnes des abbayes et cathédrales en passant par les hautes murailles des cités fortifiées, l'auteur maîtrise son sujet et dépeint les lieux de façon précise et éclairée, sans faire subir au lecteur des leçons fastidieuses qui n'auraient pas leur place dans ces pages. Les dangers qui menaçaient les hommes de l'époque sont évoquées sans pathos. Qu'il parle des pillards des forêts françaises ou des Sarrasins de la péninsule ibérique, Jean-Louis Marteil sait faire revivre les portagonistes qui ont fait l'Histoire.

    L'ouvrage est un précis sur la vie monacale et les activités d'un cloître. L'art de l'enluminure, pratiqué dans le scriptorium, rappelle que les abbayes étaient des réservoirs de sagesse où évoluait une élite intellectuelle, hélas, coupée du monde. Les offices qui rythment la vie des moines sont habilement utilisés par l'auteur pour situer l'action dans la journée. Le Chapitre des coulpes, très strict selon la Règle de saint Benoît, est matière à bien des situations comiques largement développées par l'auteur.

    Le vol de reliques, autrement appelé déplacement de reliques ou encore Translation, était chose courante à l'époque médiévale. Les voleurs s'arrangent avec leur conscience. "C'est la coutume des Translations. [...] Je demande au saint s'il veut me suivre et, s'il est d'accord, il ne fait rien pour m'empêcher de l'emmener. [...] C'est ainsi qu'il se pratique depuis toujours. [...] Puisqu'en principe le saint est d'accord." (p. 95 et 96) Quand le silence d'un saint a valeur d'approbation voire de bénédiction, on peut justifier beaucoup de forfaits après de ferventes oraisons! Nénamoins, il convient de se méfier des silences trop éloquents. "C'[est] bien toujours la même chose avec les saints, ou Dieu, ou la sainte Marie. Ils [laissent] les hommes se débrouiller avec leurs questions, quitte à les punir ensuite d'avoir choisi la plus mauvaise des deux réponses qu'ils n'avaient point données!" (p. 101)

    Le récit est protéiforme: principalement picaresque, il se décline aussi sur le mode de la fable et de la satyre. Les épisodes qui mettent en scène la faune sont assez proches du Roman de Renart. Les bêtes et bestioles deviennent momentanément les protagonistes de minuscules historiettes dans lesquelles ils ont des comportements très humains qui ne sont pas sans rappeler les déboires et vices que rencontrent les principaux héros de l'histoire. Les réflexions des personnages, notamment celles de frère Jérôme, portent de sérieux coups de griffes à l'inébranlable monument qu'est la sainte Église. Dans cette époque de prétendu obscurantisme, les prélats s'accomodaient assez bien de faire passer des vessies pour des lanternes. Ou autrement dit: dans le cochon, tout est bon!

    Jean-Louis Marteil excelle dans la peinture de caractères divers et colorés. Le gros Abdon est un maladroit congénital qui échappe tout ce qui lui passe dans les mains quand il n'est pas occupé à bousculer et détruire une pièce d'ameublement. Le costaud Bernard est le type même de la brute au grand coeur: lent d'esprit et toujours affamé, il dissimule des trésors de bonté derrière un masque d'apparente et d'insondable bêtise. Jérôme, sec et noueux comme un cep, est la tête pensante de cet improbable trio d'amis et il est pourvu d'une langue vive et mordante. Voici pour les héros de cette trilogie. Les autres frères de l'abbaye sont aussi dignes d'intéret. L'herboriste Anselme, chevalin d'apparence en raison d'une machoire et de dents proéminentes, est aussi fourbe que l'âne qui rue sans raison. Le frère Thomas, cellérier de son état, succombe au péché d'avarice, rejoint en cela par l'hôtellier des lieux, le frère Antoine qui, faisant fi de toute charité chrétienne, n'offre le gîte et le couvert aux pèlerins que contre espèces sonnantes et trébuchantes. Le borgne Gabriel, responsable de la relique et de sa surveillance, est plus atrabilaire qu'un ours dérangé en pleine hibernation. La palme revient probablement au père abbé, si influençable qu'on peut se demander si c'est bien lui qui tient les rênes de l'abbaye. Mais la trilogie médiévale de Jean-Louis Marteil a ceci de précieux qu'elle permet à tout lecteur de reprendre espoir en la nature humaine.

    Dans cet univers de moines imparfaits, quid de la femme? La gueuse selon Jean-Louis Marteil a la langue agile en toutes choses et l'oeillade aussi dangereuse qu'une lame. Assailli d'appêtits aussi inassouvis qu'inavouables, le gros moine Abdon manque de bien peu de succomber aux charmes si facilement déployés de demoiselles qui n'ont de pucelles que l'apparence. Le frère Jérôme, derrière un maintien rigide et austère, cache la marque d'une ancienne passion qui ne demande qu'un regard pour rallumer ses braises.

    Que dire de plus pour convaincre tout un chacun de se procurer la trilogie de Jean-Louis Marteil? Peut-être que ses textes se lisent vite, trois jours (et nuits) pour moi, un régal renouvellé à chaque tome. Ou peut-être que c'est vraiment le genre de récit qui met le moral bien haut, au beau fixe. Les notes de bas de page de l'éditeur (qui est aussi l'auteur) sont remarquables d'impertinence et de finesse. Pour ceux qui partent en vacances, un conseil dont vous ferez ce qu'il vous plaira: glissez donc ces ouvrages entre la crème solaire et la pelle à sable du petit dernier. Et pour les moins heureux qui connaîtront les affres du travail en plein mois de juillet et août, une prescription: allez faire un tour au Moyen-Âge, dépaysement garanti!

    Un grand merci à Jean-Louis Marteil, de La Louve Editions, qui m'a offert ces livres, avec lequel j'ai échangé quelques mails fort sympathiques et dont la dédicace m'a vraiment touchée.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/06/17/18295489.html

    Critique de qualité ? (10 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 24/09/2010


    La chair de Salamandre La chair de Salamandre de Jean-Louis Marteil

    Roman de Jean-Louis Marteil.

    À Cahors, en 1221, une série d'accidents tragiques est taxée de surnaturel. Un échafaudage s'effondre et c'est le vent qui a tué. Un noyé est tiré de la rivière et c'est l'eau qui a tué. Un cadavre est rempli jusqu'à la gorge de boue et c'est la terre qui a tué. Puis le feu tue à son tour. Tous les cadavres qui s'accumulent ont un lien avec Bertrand de Vers, Cahorsin notable et riche usurier de la ville. Ce vieil homme, que d'aucuns surnomment la Salamandre, toujours vêtu d'un long manteau noir, est persuadé qu'un complot vise sa famille. Cette dernière se compose, outre le maître de maison, de son épouse, la jeune et belle Pèirone, de ses deux filles, la trop douce Maurina et l'impétueuse Braïda, et de son fils, Bernat, un benêt qui a "le feu dans les braies" (p. 320). Au sein de la maison de Vers, des secrets se dissimulent derrière les portes barrées des chambres, sous les lourdes tentures poussiéreuses et dans les regards haineux qui s'échangent par-dessus la table richement garnie de l'usurier. Domenc, le commis de Bertrand de Vers, a aussi des secrets et le soudain penchant qu'il éprouve pour l'une des filles de son maître n'est pas pour aider ses affaires.

    Après La relique, Jean-Louis Marteil propose un nouveau récit médiévale du meilleur ton! La dédicace, "À mon banquier, quel qu'il soit, passé, présent et à venir..." (p. 5), annonce d'ailleurs une impertinence délicieuse, teintée d'humour noir, de sarcasme assumé et véhiculé par une langue truculente et hilarante. Comme dans sa trilogie sus-nommée, l'auteur fait un sort aux pigeons, "ces volatiles merdailleurs de toitures et de pavé." (p. 189) À croire qu'il a un contentieux avec ces bestioles à plumes. Les fientes de ces oiseaux urbains mais peu civilisés sont toujours en tête de la liste des ordures les plus honnies.

    Jean-Louis Marteil s'attaque à un gros morceau en choisissant pour héros une figure négative de l'univers médiéval, le banquier-ususier. Le tour de force est grand puisque l'auteur conjugue le personnage de l'usurier avec celui de la salamandre, animal diabolique par excellence et grandement représenté dans le bestiaire médiéval. "Le prêteur à usure appartenait au Diable et s'en irait rôtir avec les démons car il vendait, disait-on, ce qui n'existait pas, et surtout parce qu'on considérait qu'il ne travaillait point." (p. 70) Le Cahorsin - synonyme d'usurier - rassemble toute l'imagerie de son personnage: avare, dur en affaires, âpre au gain, prompt à réclamer son dû, il est thésaurise avec bonheur, n'investit qu'après réflexion et ne dépense qu'avec grimace. "Tout ce qui n'était pas négociable intriguait Bertrand de Vers et, d'une certaine manière, excitait sa jalousie." (p. 20) Mais le personnage gagne en popularité: il est comme Picsou, un incorrigible avare, mais concerné par sa famille et capable d'émotions. À Bertrand de Vers s'oppose Matteo Conti, Lombard de son état et concurrent banquier. L'homme, bien que chargé du soin de son neveu Giovanni, un idiot d'une laideur infernale, n'est qu'un tiroir-caisse surmonté d'une machine à calculer.

    Jean-Louis Marteil excelle dans le portrait de personnages grostesques et hilarants. De l'évêque Guillaume de Cardaillac, aussi mauvais payeur que glouton, à Mord-Boeuf, Rince-Fût ou Pasturat, des hommes de mains et soldats plus prompts à la bagarre qu'à la réflexion, l'auteur explore de nombreuses facettes du caractère humain. Et il rappelle avec justesse combien le désir d'amour peut rendre fou.

    Ce roman médiéval tourne à l'enquête. Il apparaît rapidement que le surnaturel n'a rien à voir avec les meurtres. Derrière les attentats répétés se cache un homme qui se fait appeler "Messire". Visage masqué et silhouette furtive, le personnage sait se dissimuler. Le suspens est intense. Mais pour une fois, j'ai découvert son identité avant la révélation (fait suffisamment rare pour que je le signale...), peut-être parce que j'ai pris le parti d'être complètement tordue...

    L'auteur offre de vivantes descriptions de paysages et de villes. Je retiens particulièrement les tableaux qu'il fait de l'Olt, la rivière aux abords de Cahors: les méandres et les rives du cours d'eau invitent au voyage. Les gabarres chargées de tonneaux naviguent sous nos yeux et le langage fleuri ou l'haleine chargée des gabarriers ne font pas défaut dans le paysage.

    Je remercie très chaleureusement l'auteur et les éditions de La Louve. Jean-Louis Marteil a eu la grande gentillesse de me faire parvenir le livre au format pdf avant sa parution sur format papier. La lecture sur écran est une nouveauté, mais l'essentiel, c'est le texte! Et quel texte! Le roman est drôle, écrit dans une langue parfaitement maîtrisée, servi à souhait par des détails historiques pertinents et une intrigue conçue pour tenir en haleine le plus blasé des amateurs d'enquêtes littéraires.

    Critique de qualité ? (9 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 01/11/2010


    L'os de Frère Jean L'os de Frère Jean de Jean-Louis Marteil

    Si vous avez aimé - que dis-je ? adoré ! - La Relique, premier tome de la trilogie, vous ne pourrez que dévorer ce deuxième. Nous retrouvons nos trois compères, Abdon, Bernard et Jérôme dans une situation bien différente que dans La Relique. En effet, les rôles sont inversés cette fois puisqu'un moine auvergnat, Déodat, envoyé par son abbaye pour voler faire une translation de la relique de Saint-Vincent... enfin, de ce qui est supposé l'être, va leur causer bien du souci. Déodat réussira à corrompre le "gardien du temple", Frère Gabriel, et à s'enfuir avec l'os. C'est Bernard le premier qui va se lancer à sa poursuite, en pleine nuit. Les deux autres, quant à eux, sont bien plus inquiets de la disparition de leur ami et vont à sa recherche. Déodat va être mis à mal, quant à lui, par trois moines que rien n'arrête, Frère Aicart, Frère Je-sais et Frère Eléazar (on notera les jeux de mots).

    La construction de ce tome est différente. Si la focalisation, dans le premier tome, était extérieure pour le besoin des aventures de nos personnages, nous plongeons cette fois dans l'univers privé de l'abbaye ainsi que dans celui des tavernes. Jérôme va se dévoiler. Ce moine devient de plus en plus sympathique à mes yeux (on se rappellera qu'il m'avait insupportée pendant une bonne partie du premier tome) en brisant sa carapace. Abdon, toujours balourd, se révélera également être d'une réflexion très fine et guérira Bernard de ses doutes. Doutes sur le fameux pays de "Frère Jean". (mais je n'en dis pas plus pour ne rien dévoiler). Quant à Déodat, on ne peut pas lui en vouloir complètement. Il réfléchit à deux fois avant de voler la relique et ne veut surtout pas faire de mal à Gabriel. Les choses ne tourneront pourtant pas comme prévu.

    L'humour est toujours présent, pour notre plus grande joie. Notamment avec l'image récurrente des pigeons sur lesquels l'auteur semble faire une focalisation (ce que je peux comprendre par ailleurs, ayant été "adoubée" par un de ces volatiles du diable en gare de Tours). Un humour toujours fin, toujours au service d'un message: l'humanisme. Jean-Louis Marteil sait associer l'écriture, très agréable, le style , d'une richesse égale à certains grands auteurs, à ses idées profondément humaines. C'est ainsi qu'il mettra souvent, pour ne pas dire toujours, les côtés positifs de l'Homme en avant.

    Un livre à lire sans attendre !


    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,l-os-de-frere-jean,1219841.html

    Critique de qualité ? (6 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 05/10/2010


    Le vol de l'aigle Le vol de l'aigle de Jean-Louis Marteil

    Merci à La Louve-Editions qui, en partenariat avec notre forum, a gracieusement permis à quelques uns de nos membres de découvrir cet ouvrage.

    Comme le savent tous ceux qui ont lu "La Relique", puis "L'Os de Frère Jean", le prieur de cette abbaye du Rouergue qui compte parmi ses moines Abdon, Bernard et Jérôme, est très friand de miracles. Or voilà que frère Anselme, l'herboriste du couvent, s'en vient lui conter celui dont ils auraient été témoins. En effet, sous leurs yeux ébahis, les trois moines-pèlerins s'en allant à Compostelle, frère Jean, frère Aycart et frère Eléazar, se seraient transfomés en aigles et se seraient envolés vers d'autres cieux, après avoir fait en sorte que l'os miraculeux de Saint Vincent regagnât sa crypte.

    L'aigle ! Le symbole de Jean l'Evangéliste, surnommé "l'Aigle de Patmos" ! Et l'un des pèlerins s'appelait "frère Jean" ! ... Saisissez-vous toute l'astuce de la chose et réalisez-vous la fascination qu'elle peut exercer sur notre abbé ? Un miracle, un vrai, à l'abbaye ! Et un miracle dont trois de ses frères auraient eu le privilège insigne !

    Justement. Les moines. C'est là que le bât blesse notre abbé - et avec quelle cruauté ... Pourquoi, mais pourquoi le Seigneur, dans Sa bonté infinie, a-t-Il eu l'idée pour le moins farfelue de choisir ces trois-là et non quelque autre frère ? Il est vrai que Son fils est censé avoir dit : "Bienheureux les pauvres d'esprit, etc ..." mais le prieur ne semble pas s'en souvenir. Ayant coincé Abdon, Bernard et Jérôme lors du chapitre des coulpes, ces quelques heures durant lesquelles, chaque semaine, tout le monastère se confesse en public, l'abbé, toujours sadique, les convainc de "dissimulation de miracle" (!!!) et, en pénitence, les expédie une fois de plus sur les routes, afin de ramener les trois aigles-pèlerins.

    Sans compter que, une fois de plus, ce départ permettra à ceux qui restent de savourer la paix d'un monastère que ne troubleront plus les gaffes, erreurs et maladresses diverses du trio ... La découverte de cet avantage assombrira d'ailleurs Abdon, désormais persuadé qu'ils n'ont jamais été utiles à la communauté et que celle-ci les laisserait bien à la rue si la chose lui était permise.

    Pour pimenter le quotidien de ses voyageurs, l'abbé, sur la suggestion avisée de frère Thomas, l'intendant, leur adjoint l'âne Morel, connu pour son entêtement prodigieux à ne supporter aucune charge et à ne tolérer aucune forme de travaiL

    Ce troisième et dernier volume, bien que conservant ses qualités de comique et de finesse, est aussi le plus grave. La scène d'adieux entre Jehan, le Trouvère normand qui sait parler aux ânes (et aux hommes), et les moines, m'a sincèrement attristée. La Vie, c'est vrai, n'est faite que d'arrivées et de séparations après un cheminement commun plus ou moins long, plus ou moins agréable. Mais dans la fiction - surtout quand elle est réussie - on se surprend à espérer que ... Néanmoins, cette scène, pleine de pudeur et et de sensibilité, a ici toute sa place puisque, pour notre trio de moines translateurs malgré eux et le lecteur qui a suivi leurs aventures, apprenant au fil des pages à les connaître et à les apprécier, l'heure est venue aussi de la séparation.

    Séparation toute symbolique car, au pays des Livres, il reste toujours la possibilité de revenir sur ses pas et de tout recommencer, depuis le premier chapitre. Ce que je ferai certainement, un jour ou l'autre. Wink Et dès à présent, à celles et ceux qui hésiteraient encore, après m'avoir lue, à suivre nos moines - et notre âne ! - dans leurs aventures, je ne saurais trop recommander de prendre la route sans plus attendre. Vous en reviendrez un peu plus riches - de joie, de fantaisie, de connaissances aussi - et bizarrement un peu plus sereins. ;o)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 28/09/2010


    L'os de Frère Jean L'os de Frère Jean de Jean-Louis Marteil

    Merci à La Louve-Editions qui, en partenariat avec notre forum, a gracieusement permis à quelques uns de nos membres de découvrir cet ouvrage.

    Second tome de la trilogie médiévale de Jean-Louis Marteil, "L'Os de Frère Jean" tient les promesses de "La Relique." L'humour est toujours là, avec une bonhomie et un à-propos qui évoquent certains fabliaux du Moyen-Age, truculents mais jamais trop paillards. Il arrive bien que notre trio de moines songe à la chair - on apprend que frère Jérôme a connu jadis le grand amour mais que cela s'est mal terminé - mais cela passe vite.

    Il faut dire qu'ils ont, le plus souvent, bien d'autres chats à fouetter. Au début pourtant, tout est (relativement) calme. Cela fait maintenant dix ans que la fameuse Relique miracule à plein temps, exposée dans la crypte au coeur d'un reliquaire précieux, lui-même enchâssé derrière une solide grille de fer, le tout confié à la garde de frère Gabriel, le borgne du monastère, lequel, à vrai dire, n'en peut plus. Songez donc : il ne remonte de la crypte qu'à l'heure des repas et aussi à l'heure des prières ! Et dix ans, dame ! c'est long !

    Toujours aussi obtus et sadique avant la lettre, l'abbé du lieu fait la sourde oreille aux réclamations du malheureux. Du moment que l'abbaye croule sous les donations reconnaissantes des pèlerins guéris ou en voie de guérison, qu'importe l'abrutissement de l'existence menée par Gabriel ? Il faut bien que quelqu'un le garde, ce fameux os de Saint-Vincent (ou prétendu tel mais cela, l'abbé ne le sait pas ...) Supposez en effet que l'idée vienne à un monastère rival de s'emparer de l'objet miraculeux ? Adieu alors ex-votos dorés, beaux écus d'or et d'argent, magnifiques offrandes faites au saint ... et richesses de l'abbaye. Adieu et bonjour à nouveau la misère et la frugalité ...

    Or - et c'est ainsi que débute le livre - le projet d'une "translation" nouvelle de l'os de Saint Vincent (cette fois en direction de l'Auvergne) vient bel et bien de germer dans la cervelle d'un prieur pour l'instant abonné à compter sur les doigts d'une seule main les richesses de l'abbaye dont il a la charge. Pour atteindre son but, le prieur délègue frère Déodat en Rouergue, avec ordre de ramener la relique, coûte que coûte.

    Dans "L'Os de Frère Jean", ce ne sont ni les voyages, ni les moines voyageurs qui manquent : Déodat s'en vient en Rouergue, ; son larcin accompli (grâce à une complicité que nous ne vous dévoilerons pas), il s'enfuit droit sur son Auvergne natale ; là-dessus, Bernard se précipite à sa recherche ; puis c'est au tour d'Abdon et de Jérôme de courir derrière leur camarade en priant le Ciel que rien de fâcheux ne lui soit arrivé et, pour couronner le tout, ces divers périples croisent la route de trois moines se rendant à St Jacques de Compostelle, frère Je-sais (en vérité le frère Jean du titre), frère Aicart et frère Eléazar. Ajoutez à cela que le trio de "La Relique" est bien obligé de revenir à son monastère où, pour une raison que je vous laisse découvrir, Jean, Aicart et Eléazar viennent de faire halte.

    Comme dans l'ouvrage précédent, l'auteur nous convie à une promenade au coeur du XIIème siècle, peaufinant les caractères de ses personnages et surtout de ses moines, nous les rendant encore plus attachants et nous invitant - discrètement - à nous interroger sur nous-mêmes. Les multiples voyages de ses héros, bons et mauvais, amènent tout naturellement celui que Bernard, le moine à l'intelligence d'un enfant de six ans mènera, avec les moyens intellectuels qu'on lui a concédé et grâce au soutien de frère Jean, aux confins de sa propre quête intérieure. Il nous est ainsi rappelé que les gens dits "normaux" n'ont pas, ne leur en déplaise, le monopole des besoins spirituels.

    A lire. Pour l'émotion, pour l'humour, pour la joie et l'optimisme de l'ensemble. De toutes façons, si vous avez lu "La Relique", vous ne pourrez pas faire autrement. ;o)

    Critique de qualité ? (6 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 25/09/2010


    La Relique La Relique de Jean-Louis Marteil

    Merci à La Louve-Editions qui, en partenariat avec le forum Nota Bene, a gracieusement permis à quelques uns de ses membres de découvrir cet ouvrage.

    Cette "Relique" (en définitive si peu catholique ;o) ) fut pour moi une excellente surprise. Mélange de chronique médiévale et de roman picaresque, elle déroule, en un style allègre ponctué de quelques notes de gravité, les aventures de trois moines bénédictins engagés, sur les routes du XIIème siècle, en une quête drolatique mais non exempte de périls.

    Après deux premiers chapitres qui, tout en présentant au lecteur le personnage central du livre, Abdon, lui rappellent aussi que le Bas Moyen-Age, surtout au sortir de l'an Mil, représentait une assez rude époque, l'histoire prend son rythme. Abdon, recueilli dans une abbaye alors qu'il n'était qu'un adolescent sans famille, est devenu moine. Probablement le moine le plus maladroit de tout le monastère - encore qu'il trouve un impressionnant rival en la personne de frère Bernard, un jeune et bon géant d'esprit très simple. En surpoids comme on dirait aujourd'hui, gourmand et attiré par d'autres plaisirs que, au fond de lui, il se sait incapable de goûter, Abdon n'en reste pas moins un homme bon et finalement bien plus malin que ne le fait apparaître un examen superficiel.

    Exaspéré par les gaffes conjuguées d'Abdon et de Bernard, le prieur décide de les envoyer à la recherche d'une relique, laquelle pourrait, rapportée au monastère, assurer la fortune de celui-ci - et de ses membres. Tel est le prétexte officiel de leur départ, puisqu'il en faut bien un pour éloigner temporairement les deux moines et permettre à leurs frères de savourer ainsi quelques semaines, voire quelques mois de tranquillité. Pour plus de sûreté, l'homme de Dieu adjoint au duo frère Jérôme, un moine intelligent et responsable, et aussi maigre et osseux que les deux autres sont gras et fort. Puis il accorde sa bénédiction aux trois sacrifiés, leur assurant que, s'ils "translatent" l'os de Saint-Vincent du lointain couvent catalan qu'il leur a désigné au profit de la chapelle de leur propre monastère - dans le langage de l'époque, les vols de reliques d'un monastère à l'autre étaient chose assez courante mais les moines-cambrioleurs étaient censés avoir reçu, par la prière, l'accord préablable du saint avant que ne s'effectuât ce que l'on nommait, par pudeur, la "translation" de ses restes - Dieu, bien loin de les punir pour ce larcin sacrilège, leur assurera le Paradis.

    Voilà donc nos trois moines s'acheminant sur les routes du sud de la France, droit vers l'Hispanie, et y accumulant les rencontres - surprenantes, inquiétantes, douteuses, bénéfiques. Aucun d'eux ne se doute que, dans leur dos, le prieur, qui tient tout de même à obtenir sa relique, vient de déléguer, dans le même but, deux autres de leurs frères, réputés pour leur part comme intelligents et particulièrement habiles ...

    Je ne vous dirai pas comment tout cela se finit. Sachez seulement que, sur cette route parsemée de bien des chausse-trappes (je vous recommande la curieuse scène fantastique, dans le château aux choucas), Abdon, Jérôme et Bernard se lieront d'une amitié indéfectible et que leur créateur, Jean-Louis Marteil, nous invite à les retrouver dans les deux tomes complémentaires de sa trilogie médiévale, dès "L'Os de Frère Jean" que je m'en vais entamer de ce pas (ou presque) en espérant y trouver autant de joie et de malice que dans "La Relique." ;o)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 15/02/2011


    La chair de Salamandre La chair de Salamandre de Jean-Louis Marteil

    Merci à La Louve Editions qui, dans le cadre d'un partenariat avec notre forum, nous a permis de découvrir "La Chair de la Salamandre."


    C'est dans la Cahors du XIIIème siècle que nous emmène ce roman qui mêle humour noir, intrigue policière et étude de moeurs médiévales. Il a pour particularité majeure d'avoir pour héros un sexagénaire, Bertrand de Vers, que la vigueur de son tempérament au temps de sa jeunesse a fait surnommer "La Salamandre." De Vers appartient en outre à une corporation certes nécessaire mais qui, à l'époque, flirtait sans honte avec l'usure : celle des banquiers. (Encore que, au vu des frais astronomiques de "gestion de comptes" qu'elles nous imposent, on puisse dire que nos banques actuelles méritent à nouveau le titre d'usurières. Titre que, au contraire de Bertrand de Vers et de ses confrères, les dirigeants de nos modernes organismes de crédit, soudain pris d'une pudeur chez eux bien étonnante, se refusent à accepter. )

    De Vers a pignon sur rue dans Cahors. Il est respecté et bien connu pour ses talents. Son seul ennemi déclaré serait son confrère lombard, Matteo Conti, lequel se veut aussi son concurrent. Les deux hommes ne s'aiment pas et c'est un peu, entre eux, comme si chacun voulait emporter le titre de meilleur banquier non seulement de la ville mais aussi du royaume.

    Alors, évidemment, lorsque d'inquiétants évènements commencent accumuler mort sur mort dans l'entourage immédiat de Bertrand de Vers, ce dernier soupçonne-t-il tout d'abord le Lombard d'en être le responsable. Mais, très vite, il comprend que Conti n'y est strictement pour rien ...

    "La Chair de la Salamandre" déroule avec quelque lenteur - il est vrai qu'on ne se pressait guère en ces temps-là - une histoire qui intrigue le lecteur tout en lui faisant faire une sorte de mini-voyage au coeur du XIIIème siècle. Bourgeois aisés comme Bertrand et sa famille, petit peuple urbain toujours prêt à se rassembler et à commenter lorsque s'effondre un échafaudage ou qu'apparaît un noyé sorti de l'Olt par un obligeant ivrogne, hommes de main et gabarriers aux surnoms truculents, évêque retors s'adonnant sans retenue au péché de gourmandise, ... tous ressuscitent un âge et un art de vivre qui surprennent, font sourire, choquent ou séduisent.

    Un roman qui se lit vite et bien et dont la chute surprend, c'est le moins que l'on puisse dire - et c'est aussi ce que l'on attend d'un récit à trame policière. ;o)

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    • Livres 5.00/5
    Par liliba, le 18/08/2011


    La chair de Salamandre La chair de Salamandre de Jean-Louis Marteil

    Quand, au mois de mai 1221, s'écroule un échafaudage (deux morts, dont une poule imprudente), les habitants de Cahors ont vite fait d'écouter la rumeur qui coure et d'y croire : ce serait le vent qui aurait tué... A la mort d'un architecte, noyé, l'eau elle aussi aurait sévi... Et ainsi des quatres éléments, la terre et le feu seront bientôt également accusés de morts pour le moins étranges, dont la mise en scène intrigue et fait trembler... Il faut dire que les haines et les rancoeurs sont multiples entre les habitants de cette petite ville, et que chacun veut tirer son épingle du jeu et faire son profit sur le dos des autres... Autant de mobiles de faire disparaître des concurrents en affaires ou en amour...

    Mais un cinquième élément semble guider tous les autres... Intervention du surnaturel ou main humaine qui frappe pour se venger ? Vous n'en saurez rien, sauf à lire ce roman jusqu'au bout, ce que je vous recommande grandement. L'écriture est truculente, on se régale de l'humour de l'auteur, des dialogues totalement loufoques et hilarants, on rit énormément et les descriptions des caractères des personnages sont aussi passionnantes et bien brossées que la ville ou l'ambiance de l'époque.

    Un roman riche, une intrigue touffue mais diablement ficelée, un style flamboyant, un vrai bonheur de lecture !


    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2011/05/03/index.html

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    • Livres 5.00/5
    Par zeropointu, le 31/12/2010


    La chair de Salamandre La chair de Salamandre de Jean-Louis Marteil

    Les personnages de ce roman, affichent en publiques une façade digne, ou essayent-ils seulement, car leurs pensées profondes font d’eux ce qu’ils sont, des personnages rustres et loufoques. Les dialogues souvent hilarants, et les manières rarement délicates. Un peu comme un chirurgien qui s’étonnerait de rater un pontage cardiaque en usant d’une tronçonneuse.

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 29/01/2011


    La chair de Salamandre La chair de Salamandre de Jean-Louis Marteil

    curiosité de lectrice... sur les usuriers de Cahors ...

    ***


    Les cahorsins

    Le mot de Cahorsins désigne à l'origine les marchands de Cahors (et plus généralement de Quercy) qui ont essaimé entre la fin du XIIè (vers 1180) et le milieu du du XIVè siècle (avec une chute brutale vers 1280) et qui ont fait fortune dans le commerce, les services bancaires et en particulier les prêts usuraires. Lorsque les Cahorsins auront disparu, le mot restera pour désigner les usuriers qui n'étaient ni juifs ni italiens (Lombards).

    Trois éléments sont à l'origine de l'apparition des Cahorsins : le manque d'atout du Quercy (qui ne produit guère que du vin et de la laine) pour participer à la vie économique internationale, la situation du Quercy en temps que nœud routier sur l'axe Montpellier-La Rochelle et une bonne dose d'esprit d'entreprise.

    Les marchands les plus nombreux venaient des familles des consuls de Cahors, mais d'autres villes contribuèrent au mouvement, Figeac surtout, mais également Cajarc, Capdenac, Cardaillac, Gourdon ou encore Souillac et même, en bas Quercy, Castelnau-Montratier. Leur activité se développe à partir des deux extrémités de l'axe Montpellier-La Rochelle : on les trouve à Marseille dès 1179 (venant de Figeac, principalement), d'où ils poursuivent vers l'Italie (Gênes, en 1190, puis la Sicile). Ils sont à La Rochelle en 1199, d'où ils rayonnent vers le Nord : Flandre et Angleterre (Londres, en particulier, qui sert de base pour des avancées en Norvège).Au XIIIè siècle, les marchands du Quercy sont très présents sur les foires de Champagne, établissant ainsi des liens étroits entre les deux provinces (on verra même des transactions immobilières en Quercy exprimées en livres provinoises).


    Toutefois, à partir de 1280, les Cahorsins subissent une vigoureuse concurrence de la part des banquiers italiens (les Lombards) et leur rôle dans la vie économique de l'Europe baisse sensiblement. Trois facteurs expliquent cette perte d'influence : la reprise du conflit entre le roi de France et les Plantagenêt, la médiocrité des productions quercinoises qui ne peuvent s'appuyer sur des bases capitalistes suffisantes et l'incapacité à adapter leurs objectifs et leurs méthodes à la concurrence nouvelle. Peu à peu, ils se retireront du commerce pour se limiter au prêt sur gage. Le pape Jean XXII, pourtant quercinois, ne fera pas appel à leurs services.

    Références :
    Favier (Jean), Dictionnaire de la France médiévale, Fayard, Paris, 1993 (article «Cahorsins»)

    Lartigaut (Jean), Histoire du Quercy, Privat, Toulouse, 1993 (pp.114-116)

    Renouard (Y.), "Les Cahorsins, hommes d'affaires français du XIIIè siècle", Etudes médiévales, 1968, II.

    source : http://www.quercy.net/qmedieval/histoire/articles/cahorsins/cahorsins.html#home


    Lien : http://mazel-annie.blogspot.com/

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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 27/01/2011


    La chair de Salamandre La chair de Salamandre de Jean-Louis Marteil

    A peinte débuté et déjà un grand coup de coeur pour ce roman... L'auteur est subtile, il ne manque pas d'humour, les personnages principaux sont bien campés, bref, si l'ensemble du roman ressemble aux 100 premières pages... je vais me ruer en librairie pour acheter ses 3 premiers romans !!!


    Lien : http://mazel-annie.blogspot.com/

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    • Livres 0.00/5
    Par keisha, le 28/11/2010


    La chair de Salamandre La chair de Salamandre de Jean-Louis Marteil

    Oyez oyez bonnes gens, et lecteurs gourmets! Voici un nouvel arrivage fort gouleyant en direct de la bonne ville de Cahors ... où en cette année 1221 il est fort question de construire un nouveau pont. Comme en notre 21ème siècle il faut des sous, et là Bertrand de Vers et les Lombards seraient ravis d'en prêter, à taux avantageux pour eux, cela va de soi. Si le Comte évêque Guillaume de Cardaillac le veut bien, lui qui use et abuse de son pouvoir temporel et spirituel, sans oublier d'engloutir gloutonnement des repas pantagruéliques sous l'oeil intéressé de ses molosses.



    Mais ceci n'est que menue monnaie face aux derniers événements : un échafaudage s'écroule, deux morts (dont une poule), l'architecte responsable est retrouvé noyé et étranglé, le vin envoyé sur les gabarres de Bertrand de Vers arrive à Bordeaux changé en eau. Oh, des ennemis, l'honnête marchand usurier en a à la pelle, mais quel ennemi le hait assez pour vouloir détruire sa réputation, voire le tuer? Dans sa maison même il ne peut guère trouver appui, sa femme et ses filles ont de fichus caractères, son fils est mutique, l'ambiance est pesante... Et cela ne va pas s'arranger.



    Au fil d' aventures truculentes ou tragiques la vérité surgira (même si j'avais en partie deviné, le suspense sans faille a gardé mon plaisir intact et j'ai vraiment frémi dans les couloirs sombres de la maison de Bertrand de Vers), mais il faudra en passer par des assassinats, des bagarres où on tape d'abord on réfléchit ensuite, des tractations et discussions serrées. A travers les ruelles de Cahors se croisent des personnages inquiétants ou particulièrement peu gâtés côté intellect... Une belle galerie réjouissante!



    Après La relique, je me suis bien amusée à découvrir ce roman burlesque flirtant cette fois avec le noir. L'émotion sait aussi passer, ainsi de de petits coups de patte sur notre époque et des appels à la compréhension mutuelles et la lutte contre les préjugés.


    Cet ouvrage est dédié "A mon banquier, quel qu'il soit, passé, présent et à venir..." L'usurier Bertrand de Vers pressent que son métier méprisé à l'époque sera promis à un meilleur destin... Avec ironie bien sûr.


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-la-chair-de-la-salamandre...

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    • Livres 0.00/5
    Par keisha, le 07/11/2010


    Le vol de l'aigle Le vol de l'aigle de Jean-Louis Marteil

    Tout est lié! Après une journée du patrimoine vécue sous le signe des abbayes du 12ème siècle* (ou ce qu'il en reste), voici une série de romans pile poil dans cette période et dont les héros sont des moines (ainsi que manants, ribaudes, seigneurs, bourgeois et aubergistes).



    Dans cette abbaye du Rouergue, le constat s'impose : elle est ruinée! Pour remettre les finances à flot, rien de tel qu'une relique de saint, avec moult guérisons de pèlerins en découlant et hostellerie pleine à craquer. Comment se procurer ladite relique? Eh bien, en la volant! Ou plutôt en utilisant une "translation" : demander au saint s'il est d'accord, qui ne dit mot consent, et repartir (discrètement) avec la relique.



    Pour cette mission de tous les dangers (les possesseurs de reliques bienfaitrices en bon argent y tiennent, forcément), l'abbaye envoie en Hispanie un trio de bras cassés : Jérôme, maigre, ronchon, intelligent, accompagné d'Abdon, un gros colosse maladroit toujours affamé, et de Bernard, un grand gaillard naïf et demeuré qui ne comprend rien mais parle quand il ne le faudrait pas. "Tais-toi, Bernard!" revient comme un leitmotiv...



    Ils reviendront à l'abbaye, après moult aventures amusantes, avec un os d'origine douteuse mais qui accomplira parfaitement son office de relique, et surtout, une forte amitié sera née entre les trois moines.



    Comme les bonnes choses ne se terminent pas toujours, les trois compères reviennent dans deux volumes tout aussi rafraîchissants. Ils quitteront leur abbaye en proie à des jalousies et autres hypocrisies, et prendront la route de Compostelle en compagnie d'un âne caractériel.



    Une trilogie que j'ai dévorée, tellement c'est plaisant! De l'humour souvent bon enfant, des réflexions plus sérieuses sur les rapports humains, ou entre Dieu et les hommes, quelques piques sur l'Eglise de l'époque, le tout sans temps morts, et une grande vérité historique. Jubilatoire!


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-la-relique-58307469.html

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    • Livres 0.00/5
    Par keisha, le 07/11/2010


    L'os de Frère Jean L'os de Frère Jean de Jean-Louis Marteil

    Tout est lié! Après une journée du patrimoine vécue sous le signe des abbayes du 12ème siècle* (ou ce qu'il en reste), voici une série de romans pile poil dans cette période et dont les héros sont des moines (ainsi que manants, ribaudes, seigneurs, bourgeois et aubergistes).



    Dans cette abbaye du Rouergue, le constat s'impose : elle est ruinée! Pour remettre les finances à flot, rien de tel qu'une relique de saint, avec moult guérisons de pèlerins en découlant et hostellerie pleine à craquer. Comment se procurer ladite relique? Eh bien, en la volant! Ou plutôt en utilisant une "translation" : demander au saint s'il est d'accord, qui ne dit mot consent, et repartir (discrètement) avec la relique.



    Pour cette mission de tous les dangers (les possesseurs de reliques bienfaitrices en bon argent y tiennent, forcément), l'abbaye envoie en Hispanie un trio de bras cassés : Jérôme, maigre, ronchon, intelligent, accompagné d'Abdon, un gros colosse maladroit toujours affamé, et de Bernard, un grand gaillard naïf et demeuré qui ne comprend rien mais parle quand il ne le faudrait pas. "Tais-toi, Bernard!" revient comme un leitmotiv...



    Ils reviendront à l'abbaye, après moult aventures amusantes, avec un os d'origine douteuse mais qui accomplira parfaitement son office de relique, et surtout, une forte amitié sera née entre les trois moines.



    Comme les bonnes choses ne se terminent pas toujours, les trois compères reviennent dans deux volumes tout aussi rafraîchissants. Ils quitteront leur abbaye en proie à des jalousies et autres hypocrisies, et prendront la route de Compostelle en compagnie d'un âne caractériel.



    Une trilogie que j'ai dévorée, tellement c'est plaisant! De l'humour souvent bon enfant, des réflexions plus sérieuses sur les rapports humains, ou entre Dieu et les hommes, quelques piques sur l'Eglise de l'époque, le tout sans temps morts, et une grande vérité historique. Jubilatoire!



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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 20/08/2010


    La Relique La Relique de Jean-Louis Marteil

    An de grâce 1130, en Rouergue et son abbaye qui a bien du mal renflouer ses caisses. Que de mieux qu’une relique pour attirer les pèlerins ? Encore faut-il en avoir une. Le père Abbé confie aux frères Abdon, Jérôme et Bernard la mission d’en ramener une. Sauf que nos trois moines sont loin, très loin d’être des agents 007. Bien au contraire ! Le moine Abdon, maladroit, pense sans arrêt à son estomac, le moine Jérôme est un fil de fer, peu bavard, sec, et le moine Bernard semble avoir de la bouillie à la place du cerveau.

    Les aventures et les pérégrinations de ces trois antihéros sont loufoques et burlesques ! Sans oublier de nombreuses tentations pour ces hommes d’église…


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/08/jean-louis-marteil-la-relique.html

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 17/06/2010


    Le vol de l'aigle Le vol de l'aigle de Jean-Louis Marteil

    Roman en trois tomes de Jean-Louis Marteil.

    terrestre bien improbable.

    Le vol de l'aigle (À paraître le 23 juin 2010) - Deux mois après le retour de la relique en l'abbaye de Rouergue, la communauté s'agite à nouveau, si tant est qu'elle se calme parfois. Le départ des trois pèlerins étrangers qui ont rendu à l'abbaye son précieux bien est entouré d'un certain mystère et d'aucuns crient bien rapidement au miracle. Pour s'assurer de la véracité de ce miracle, l'abbé, grandement aidé par les persiflages des frères Anselme et Gabriel, jette une nouvelle fois les frères Abdon, Jérôme et Bernard sur les routes, vers Saint Jacques de Compostelle où les trois pèlerins se seraient envolés. Les trois moines ne sont pas seuls cette fois, l'âne Morel les accompagne. L'animal, aussi prompt à la ruade que réfractaire à tout bât, manifeste son caractère rebelle et entend bien ne faire que ce qu'il veut quand il le décide, tout en se révèlant un précieux et attachant compagnon de voyage. La via Tolosana empruntée par les quatre compères réserve bien des dangers: l'acedia dans laquelle s'enlise Abdon, les ours des Pyrénées ou les brigands des montagnes. Sur ce chemin de pèlerinage, les moines découvrent aussi les merveilles des cités traversées, la richesse de l'amitié et l'utilité de leur existence.

    Comment ne pas apprécier une telle incursion historique dans une période si foisonnante et propice aux récits? La langue de l'auteur est savoureuse, sa capacité à convoquer devant nos yeux des images vivantes est époustouflante. Les couleurs et les odeurs nous parviennent du Moyen-Âge, nullement affadies par leur voyage temporel. Les situations les plus scabreuses et les plus triviales se jouent sous nos yeux et c'est avec hilarité qu'il convient d'y assister. De crotte et de puanteur, voilà le lecteur largement dôté pour entrer d'un pied gaillard dans le récit picaresque de trois moines bien plus humains que saints. Attention, les mots sonnent haut et clair, sans pudeur inutile et mesquine. Cul-serrés et trouillards s'abstenir! "Réjouissez-vous, mes frères: maintenant, les véritables ennuis vont pouvoir commencer." (p. 83)

    Loin des horreurs sanglantes qu'on a à tort l'habitude de prêter au Moyen-Âge, le lecteur se retrouve dans un monde de drôlerie et d'humanisme, le plus drôle n'étant-il pas d'attaquer l'homme là où est le plus humain? Une malédiction particulière obscurcit régulièrement les jours et les murs de l'abbaye. Les pigeons, "entêtés enfienteurs de toitures et canalisations" (p. 23) obsède le père abbé qui ne sait comment se débarasser de ce fléau nullement cité au nombre des plaies divines, mais qui mériterait d'y figurer en bonne place. Un autre fléau est le vin pur, non coupé d'eau, qui entraîne les moines habitués à davantage de tempérance dans les méandres de ses visions chimériques et de ses nausées.

    Outre la nature éminemment comique du texte, il faut remarquer la qualité des propos historiques. La bouffonnerie ne damne pas le pion à la précision des descriptions architecturales. Des voûtes romanes, chapiteaux et colonnes des abbayes et cathédrales en passant par les hautes murailles des cités fortifiées, l'auteur maîtrise son sujet et dépeint les lieux de façon précise et éclairée, sans faire subir au lecteur des leçons fastidieuses qui n'auraient pas leur place dans ces pages. Les dangers qui menaçaient les hommes de l'époque sont évoquées sans pathos. Qu'il parle des pillards des forêts françaises ou des Sarrasins de la péninsule ibérique, Jean-Louis Marteil sait faire revivre les portagonistes qui ont fait l'Histoire.

    L'ouvrage est un précis sur la vie monacale et les activités d'un cloître. L'art de l'enluminure, pratiqué dans le scriptorium, rappelle que les abbayes étaient des réservoirs de sagesse où évoluait une élite intellectuelle, hélas, coupée du monde. Les offices qui rythment la vie des moines sont habilement utilisés par l'auteur pour situer l'action dans la journée. Le Chapitre des coulpes, très strict selon la Règle de saint Benoît, est matière à bien des situations comiques largement développées par l'auteur.

    Le vol de reliques, autrement appelé déplacement de reliques ou encore Translation, était chose courante à l'époque médiévale. Les voleurs s'arrangent avec leur conscience. "C'est la coutume des Translations. [...] Je demande au saint s'il veut me suivre et, s'il est d'accord, il ne fait rien pour m'empêcher de l'emmener. [...] C'est ainsi qu'il se pratique depuis toujours. [...] Puisqu'en principe le saint est d'accord." (p. 95 et 96) Quand le silence d'un saint a valeur d'approbation voire de bénédiction, on peut justifier beaucoup de forfaits après de ferventes oraisons! Nénamoins, il convient de se méfier des silences trop éloquents. "C'[est] bien toujours la même chose avec les saints, ou Dieu, ou la sainte Marie. Ils [laissent] les hommes se débrouiller avec leurs questions, quitte à les punir ensuite d'avoir choisi la plus mauvaise des deux réponses qu'ils n'avaient point données!" (p. 101)

    Le récit est protéiforme: principalement picaresque, il se décline aussi sur le mode de la fable et de la satyre. Les épisodes qui mettent en scène la faune sont assez proches du Roman de Renart. Les bêtes et bestioles deviennent momentanément les protagonistes de minuscules historiettes dans lesquelles ils ont des comportements très humains qui ne sont pas sans rappeler les déboires et vices que rencontrent les principaux héros de l'histoire. Les réflexions des personnages, notamment celles de frère Jérôme, portent de sérieux coups de griffes à l'inébranlable monument qu'est la sainte Église. Dans cette époque de prétendu obscurantisme, les prélats s'accomodaient assez bien de faire passer des vessies pour des lanternes. Ou autrement dit: dans le cochon, tout est bon!

    Jean-Louis Marteil excelle dans la peinture de caractères divers et colorés. Le gros Abdon est un maladroit congénital qui échappe tout ce qui lui passe dans les mains quand il n'est pas occupé à bousculer et détruire une pièce d'ameublement. Le costaud Bernard est le type même de la brute au grand coeur: lent d'esprit et toujours affamé, il dissimule des trésors de bonté derrière un masque d'apparente et d'insondable bêtise. Jérôme, sec et noueux comme un cep, est la tête pensante de cet improbable trio d'amis et il est pourvu d'une langue vive et mordante. Voici pour les héros de cette trilogie. Les autres frères de l'abbaye sont aussi dignes d'intéret. L'herboriste Anselme, chevalin d'apparence en raison d'une machoire et de dents proéminentes, est aussi fourbe que l'âne qui rue sans raison. Le frère Thomas, cellérier de son état, succombe au péché d'avarice, rejoint en cela par l'hôtellier des lieux, le frère Antoine qui, faisant fi de toute charité chrétienne, n'offre le gîte et le couvert aux pèlerins que contre espèces sonnantes et trébuchantes. Le borgne Gabriel, responsable de la relique et de sa surveillance, est plus atrabilaire qu'un ours dérangé en pleine hibernation. La palme revient probablement au père abbé, si influençable qu'on peut se demander si c'est bien lui qui tient les rênes de l'abbaye. Mais la trilogie médiévale de Jean-Louis Marteil a ceci de précieux qu'elle permet à tout lecteur de reprendre espoir en la nature humaine.

    Dans cet univers de moines imparfaits, quid de la femme? La gueuse selon Jean-Louis Marteil a la langue agile en toutes choses et l'oeillade aussi dangereuse qu'une lame. Assailli d'appêtits aussi inassouvis qu'inavouables, le gros moine Abdon manque de bien peu de succomber aux charmes si facilement déployés de demoiselles qui n'ont de pucelles que l'apparence. Le frère Jérôme, derrière un maintien rigide et austère, cache la marque d'une ancienne passion qui ne demande qu'un regard pour rallumer ses braises.

    Que dire de plus pour convaincre tout un chacun de se procurer la trilogie de Jean-Louis Marteil? Peut-être que ses textes se lisent vite, trois jours (et nuits) pour moi, un régal renouvellé à chaque tome. Ou peut-être que c'est vraiment le genre de récit qui met le moral bien haut, au beau fixe. Les notes de bas de page de l'éditeur (qui est aussi l'auteur) sont remarquables d'impertinence et de finesse. Pour ceux qui partent en vacances, un conseil dont vous ferez ce qu'il vous plaira: glissez donc ces ouvrages entre la crème solaire et la pelle à sable du petit dernier. Et pour les moins heureux qui connaîtront les affres du travail en plein mois de juillet et août, une prescription: allez faire un tour au Moyen-Âge, dépaysement garanti!

    Un grand merci à Jean-Louis Marteil, de La Louve Editions, qui m'a offert ces livres, avec lequel j'ai échangé quelques mails fort sympathiques et dont la dédicace m'a vraiment touchée.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/06/17/18295489.html

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