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La montagne de minuit de
Jean-Marie Blas de Roblès
…il m’a fallu toute une vie pour comprendre que le centre d’un labyrinthe avait moins de valeur que nos errements pour y parvenir.
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Par skyso, le 23/02/2010
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
A peine rosée dans les lointains, de part et d'autre de leur champ de vision, la plage disparaissait en un vaste éblouissement. Sur l'Atlantique, bleu délavé, de longs rouleaux déferlaient avec lenteur dans un bruit de torrent. Quelques jangadas tirées haut sur la grève, de rares baigneurs éparpillés, rien ne venait entacher leur impression de se trouver ailleurs, au bout du monde, dans une de ces parenthèses ou l'esprit, miraculeusement amnésique et apaisé, se réconcilie soudain avec lui-même.
- Tu vois, disait Moéma, je pourrais rester comme ça toute ma vie. Vrai, toute ma putain de vie à regarder les vagues, un verre à la main...
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Par bibliopmo, le 01/12/2008
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
« – L’homme à la bite en pointe ! Haarrk ! L’homme à la bite en pointe ! fit la voix aiguë, nasillarde et comme avinée de Heidegger. Brusquement excédé, Eléazard von Wogau leva les yeux de sa lecture ; pivotant à demi sur sa chaise, il se saisit du premier livre qui lui tomba sous la main et le lança de toutes ses forces vers l’animal. À l’autre bout de la pièce, dans un puissant et multicolore ébouriffement, le perroquet se souleva au-dessus de son perchoir, juste assez pour éviter le projectile. Les Studia Kircheriana du père Reilly allèrent s’écraser un peu plus loin sur une table, renversant la bouteille de cachaça à demi pleine qui s’y trouvait. Elle se brisa sur place, inondant aussitôt le livre démantelé. – Et merde !… grogna Eléazard. Il hésita un court instant à se lever pour tenter de sauver son livre du désastre, croisa le regard sartrien du grand ara qui feignait de chercher quelque chose dans son plumage, la tête absurdement renversée, l’œil fou, puis choisit de revenir au texte de Caspar Schott. »
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Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
La certitude d’être dans son bon droit est toujours le signe d’une vocation secrète pour le fascisme.
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Par joedi, le 01/08/2011
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
Tout au long de la route, ces jeux de mots et ces maximes défilaient comme les pages d'un livre impalpable : Quatre pneus pleins pour un coeur vide ... Ami de la nuit, compagnon des étoiles ... La tristesse, c'est la rouille de l'âme ... De l'Amazonie au Piaui, je m'arrête juste pour faire pipi ... J'ai vu les seins de la mélancolie dans le décolleté de la distance ... Un baiser de gamine, c'est plein de vitamines ... Millionnaire, ton dieu c'est le mien ... Heureux Adam qui n'eut ni belle-mère ni brosse à dents ... Pour que les pauvres aillent de l'avant, faut que la police leur coure après ... Je stationne dans le garage de la solitude ... Si ma mère vous demande de mes nouvelles, dites-lui que je suis heureux ... Que ton père soit pauvre, c'est la faute au guignon ; que ton beau-père le soit, c'est que tu es un couillon ... Si le monde était parfait, son créateur y habiterait ... Lumière de mes yeux ... La bonne vie, c'est celle des autres ... En courant partout, y a que Pelé qui a gagné des sous ...
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Par joedi, le 25/07/2011
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
LE PORTUGAIS du Brésil est une langue toute de vocalises molles. Une langue de magie noire, d'invocation. Dans son Manuel d'Harmonique, Nicomaque de Gérase affirme que les consonnes constituent la matière du son, les voyelles sa nature divine. Ces dernières sont comme les notes de musique des sphères planétaires.
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Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
A bord d’une jangada avec João, au large de Canoa Quebrada (avant l’homo turisticus), Roetge, professeur d’Université, “comprit qu’il ne parviendrait jamais à lui décrire une réalité ne valant plus, il s’en apercevait tout à coup avec un sentiment d’amertume et de dépossession, que par son insolence. Sommé de légitimer la civilisation occidentale, et de se justifier par elle, il échouait à isoler une seule curiosité susceptible d’intéresser cet homme. Un homme pour lequel les richesses naturelles de la terre, son ensoleillement l’influence de la Lune sur tel ou telle plante avaient encore valeur et signification ; un être intelligent, sensible, mais vivant dans un monde où la culture devait s’entendre au sens propre, comme un humus, comme un fonds. ”
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Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
“L’Ennemi, hurla Kircher, le Tentateur ! L’Ange déchu ! L’Ignominieux ! Repentez-vous, pécheurs pour échapper à ses griffes & aux tourments que vous réserve en enfer l’armée de ses démons ! Voici venir Beydelus, Anamelech, Furfu & Eurynome ! Baalberith, conservateur des archives du mal ! Abaddon, ange exterminateur ! Tobhème, cuisinière de Satan ! Philotanus, que son nom même désigne à notre opprobre ! Et puis encore Lilith, Nergal & Valafar ! Moloch, Murmur, Scox, Empuze & Focalor ! Sidragasum, qui fait danser les femmes impudiques ! Bélial, ô séducteur crapuleux, Zapam, Xezbeth, Nysrak & Haborym ! Hors d’ici, Asmodée ! Et toi, Xaphan, retourne à tes chaudières ! Ombres & Stryges, fées, furoles & ondines, disparaissez de notre vue. ”
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Par Musikant, le 12/10/2010
La montagne de minuit de
Jean-Marie Blas de Roblès
Coups de pied, bourrades qui le jetaient à terre, toutes ses tentatives se terminaient systématiquement de la même façon. Paul se réfugiait dans les jupes de sa maîtresse et passait le reste de la récréation à renifler en observant ses genoux écorchés... Bastien avait été le même genre d'enfant, calme, réfléchi, juste assez en avance sur ses camarades pour attiser spontanément leur animosité. Malheur aux faibles ou aux rêveurs ! Mort aux poètes ! La guerre, la vrai guerre commençait là, dès le jardin d'enfants.
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Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
“Ce n’est pas impunément qu’on erre sous les palmiers, et les idées changent nécessairement dans un pays où les éléphants et les tigres sont chez eux.” Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) “Les Affinités électives”
“Es wandelt niemand ungestraft unter Palmen, und die Gesinnungen ändern sich gewiß in einem Lande, wo Elefanten und Tiger zu Hause sind.”
*Johann Wolfgang von Goethe “Wahlverwandtschaften”
Clin d'œil final vous aurez noté que Tiger und Elefanten n'existent pas au Brésil.
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