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Par litolff, le 16/04/2012
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
Il prit à gauche, derrière l'église São Matias, et se trouva bientôt dans la rua da amargura, la rue de l'amertume, ainsi nommée parce que le vicomte Antônio de Albuquerque, l'ancien propriétaire du palais qu'il longeait maintenant, avait coutume de faire étendre ses esclaves dans la boue afin que son épouse et ses filles puissent traverser à pieds secs en se rendant à l'office du dimanche.
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Par litolff, le 19/04/2012
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
Nous avons des trains à grande vitesse, des Airbus et des fusées, João, des ordinateurs qui calculent plus rapidement que nos cerveaux et contiennent des encyclopédies complètes. Nous avons un grandiose passe littéraire et artistique, les plus grands parfumeurs, des stylistes géniaux qui fabriquent de magnifiques déshabillés dont trois de tes vies ne suffiraient pas à payer l’ourlet. Nous avons des centrales nucléaires dont les déchêts resteront mortels pendant dix mille ans, peut-être plus, on ne sait pas vraiment…Tu imagines ça, João, dix mille ans ! Comme si les premiers Homo Sapiens nous avaient légué des poubelles assez infectes pour tout empoisonner autour d’elles jusqu'à nos jours. Nous avons aussi des bombes formidables, de petites merveilles capables d’éradiquer pour toujours tes manguiers, tes caïmans, tes jaguars et tes perroquets de la surface du Brésil. Capables d’en finir avec ta race João, avec celle de tous les hommes ! Mais grâce à Dieu nous avons une très haute opinion de nous-mêmes.
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Par litolff, le 19/04/2012
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
- C’était Alvarez Neto, le ministre de l'Industrie, glissa Euclides à l'oreille d'Eléazard, tandis qu'ils s'éloignaient.
-Cette antiquité ! Comment avez vous fait pour le reconnaître ?
- Si je vous le disais, vous ne me croiriez pas.
- Dites toujours...
- A l'odeur, cher ami. Ce monsieur pue le fric comme d'autres l'excrément...
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Par litolff, le 23/04/2012
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
... quatre-vingt-dix millions de mal blanchis sans acte de naissance ni carte d'identité, plus de la moitié de la population brésilienne réduite aux dernières extrémités.
- ... Même pas des esclaves, à peine des hommes, mais toujours des hommes... C'est ça, le Brésil, princesse. Pas ce que tu vois de ta fenêtre.
- La dernière fois qu'ils ont envoyé les bulls, rajoutait Nelson, on a tous cru qu'ils venaient pour ramasser les ordures. Mais les ordures, c'était nous, tu comprends ?
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Par litolff, le 19/04/2012
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
Ne sachant ni lire ni écrire, n'ayant aperçu une télévision allumée que quelques instants derrière une vitrine de la ville, il tenait son savoir de ses propres expériences ou des cantadores qui venaient chanter leurs complaintes jusque dans les bars de Canoa. Il n'imaginait pas non plus que la Terre fût ronde ni que les hommes fussent allés sur la Lune, mais accueillit ces faits nouveaux avec une exquise politesse.
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La montagne de minuit de
Jean-Marie Blas de Roblès
…il m’a fallu toute une vie pour comprendre que le centre d’un labyrinthe avait moins de valeur que nos errements pour y parvenir.
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Par litolff, le 22/04/2012
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
De Goethe, encore : "Chacun de nous cache en lui quelque chose, un sentiment, un souvenir un souvenir, qui, s'il était connu, ferait haïr cet homme." Sans doute le pire des hommes cache-t-il aussi, et plus profondément encore, quelque chose qui le ferait aimer.
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Par Myrabelle, le 23/02/2012
La montagne de minuit de
Jean-Marie Blas de Roblès
Depuis que les hommes ne croient plus en Dieu, dit-il en soupirant, ce n'est pas qu'ils ne croient plus en rien, c'est qu'ils sont prêts à croire en tout...
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Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
La certitude d’être dans son bon droit est toujours le signe d’une vocation secrète pour le fascisme.
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Par skyso, le 23/02/2010
Là ou les tigres sont chez eux - Prix Médicis 2008 de
Jean-Marie Blas de Roblès
A peine rosée dans les lointains, de part et d'autre de leur champ de vision, la plage disparaissait en un vaste éblouissement. Sur l'Atlantique, bleu délavé, de longs rouleaux déferlaient avec lenteur dans un bruit de torrent. Quelques jangadas tirées haut sur la grève, de rares baigneurs éparpillés, rien ne venait entacher leur impression de se trouver ailleurs, au bout du monde, dans une de ces parenthèses ou l'esprit, miraculeusement amnésique et apaisé, se réconcilie soudain avec lui-même.
- Tu vois, disait Moéma, je pourrais rester comme ça toute ma vie. Vrai, toute ma putain de vie à regarder les vagues, un verre à la main...
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