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Par Zazette97, le 13/10/2009
Sobibor de
Jean Molla
Je sais enfin que je suis entre parenthèses. Moi, j'ai au moins cette chance. Je suis comme je suis parce que je suis en instance de vie. Une anorexique n'est pas en marge. Elle s'est faite aussi mince que le trait qui sépare la marge de l'espace où l'on écrit. Un jour ou l'autre, si tout va bien, elle revient sur la page. C'est ce que je m'efforce de faire." p.152
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Par Zazette97, le 13/10/2009
Sobibor de
Jean Molla
Je n'avais pas encore compris que ne plus manger signifie très exactement souhaiter se mettre à l'écart. C'est une sorte de ghetto que l'on s'invente pour soi seul et dans lequel on s'enferme avec un mélange pervers d'aveuglement et de ravissement. C'est une forme de distinction absurde, pour se différencier à tout prix, se dessaisir du banal. On ne peut plus partager ce qu'il y a de commun. On ne peut plus communier dans la célébration des choses mortes. On a le regard qui s'est tordu. On ne voit plus les aliments avec innocence et l'on s'étonne que les autres ne nous suivent pas. p.55
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Par kolibri, le 20/07/2010
Sobibor de
Jean Molla
Les êtres humains peuvent-ils à ce point fermer leurs yeux et tirer un trait sur le passé ? Ne leur pèse-t-il pas davantage sur les épaules ?
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Par Myrabelle, le 08/03/2012
Sobibor de
Jean Molla
Ataraxie, anorexie, oubli. Mon tiercé gagnant.
Je suis debout face au miroir de la salle de bains. Je l'essuie pour en ôter la buée puis je me dégage de ma serviette qui tombe à mes pieds. J'observe mon reflet...
... Je ne possède rien à cacher. Je me suis débarrassée de ce qui parasite un corps de femme : l'excès de chair, la graisse, la peau qui se modèle en courbes tendres et le sang qui coule, chaque mois. Seule l'ombre brune, obscène, au bas de mon ventre témoigne de ma féminité.
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Par Zazette97, le 13/10/2009
Sobibor de
Jean Molla
Je ne crois pas qu'elle a fait un mouvement quand il a posé son arme sur son front et qu'il a tiré. Je ne pense pas qu'elle l'a seulement vu. Eva avait déjà pris congé de l'humanité. Cet homme par son geste avait aboli le monde des hommes. p.9
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Par julifly, le 25/04/2011
Sobibor de
Jean Molla
J'ai sorti mon arme et j'ai abattu l'enfant. Curieusement, je n'ai rien ressenti. Ni joie, ni haine. Rien. J'avais l'impression d'assister à une scène à laquelle je ne prenais pas part. J'étais le spectateur de mes propres actes, un spectateur étonnamment indifférent.
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Par julifly, le 25/04/2011
Sobibor de
Jean Molla
Je ne reconnaissais plus ma voix en parlant. Chacun des mots que je prononçais me brûlait la bouche, me lacérait la gorge. Mes paroles se perdaient dans un tremblement douloureux.
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Sobibor de
Jean Molla
Je ne sais pas si je dois essayer de suivre la chronologie des faits ou m'abandonner aux souvenirs. Peut-être ferai-je un peu des deux, jusqu' à ce que quelque chose jaillisse. Peut-être vais je essayer de vomir en mots ce que j'ai des mois durant vomi en silence.Nourritures à peine digérées me lacérant la gorge, me laissant épuisée, douloureuse.Nourritures avalées comme une forcenée, pour me faire taire, ou pour remplir ce vide immense au-dedans de moi.
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Par Apikrus, le 09/07/2011
Sobibor de
Jean Molla
Ces théories sur la race, tu y as souscrit parce qu'elles flattaient ton ego, parce que tu éprouvais une immense satisfaction à t'imaginer différent. Tu jubilais d'appartenir à une espèce supérieure : la race aryenne, destinée à régner sur l'humanité. Mais d'autres, à la même époque, n'y ont jamais cru. D'autres se sont battus contre les nazis ou, plus simplement, ont refusé de les suivre. (p. 160)
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Felicidad de
Jean Molla
Dans les formes de gouvernement archaïques, les chefs d'Etat élus pour un mandat de quelques années ne disposaient pas de cette vision à long terme qui permet d'envisager un projet politique et économique cohérent.
Depuis l'instauration de la présidence à vie, l'utopie est devenue réalité. Désormais, seuls prévalent l'intérêt et le bonheur des Citoyens !