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Par mgeffroy, le 05/03/2008
la petite piscine au fond de l'aquarium de
Jean-Noël Blanc
Coiffeur désespéré - Vocation fichue -Bistrotier compatissant - Souvenir de balcon - Joues des femmes - Culotte d'actrice -Grande gueule dans un couloir et couille dans le potage
LA VÉRITÉ VRAIE
Dieu sait que je ne leur veux pas de mal, mais c'est ainsi : les coiffeurs du quartier m'ont en horreur. Dès que je pousse la porte de leur officine, je les vois s'attrister. Un coup d'oeil leur suffit pour me juger : frise à plat. Des tifs qui manquent de densité, d'épaisseur, de tenue, de nerf, de vitalité, de force, de brio. Une malédiction pour les tondeuses et les ciseaux.
C'est simple, quand il pleut, je ressemble à un rat, quand il ne pleut pas, à un balai.
Je ne suis pas né coiffé.
Pour ne pas affliger toujours les mêmes, je change souvent de crémerie. Un coup l'un, un coup l'autre. Le quartier où j'habite favorise mes desseins : sous la modestie de ses dehors, il recèle des secrets. Dont le nombre extravagant de ses salons de coiffure. Pourquoi cette profusion ? Mystère. Ce sont des énigmes dans lesquelles je ne désire pas entrer. Je constate seulement que, pour une coupe de cheveux, j'ai l'embarras du choix. Pas les coiffeurs : ils ont, eux, l'embarras sans le choix. Je répands chez eux l'amertume et l'accablement, voilà la vérité vraie.
Je les sélectionne donc selon l'humeur. J'écume la profession. Je varie les déplaisirs.
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Par mgeffroy, le 05/03/2008
la petite piscine au fond de l'aquarium de
Jean-Noël Blanc
ÇA VA ? (n°21)
Ça va ?
Pas super. J'ai peur d'avoir attrapé la métempsycose.
Si c'est que ce truc-là, c'est pas grave. La métempsycose, ma femme en met dans l'armoire pour chasser les mites.
ÇA VA ? (n°22)
Et toi, ça va, Terloo ?
Oh putain, lui. Mais t'en as donc pas marre d'être con ?
Et c'est ainsi que le con fit "ture".
Bon d'accord, ça va, ça va.
ÇA VA ? (n°23)
Ça va ?
Tais-toi, je parle plus qu'à mon chien. Les hommes, moi, j'en ai plus rien à cirer.
Et ton chien, ça va ?
Ça va bien, et le tien ?
ÇA VA ? (n°24)
Comment ça va ?
Résultats moyens, ne doit pas se décourager, poursuivez vos efforts.
Qu'est-ce qui te prend ? T'es devenu maboule ou t'as changé de métier ?
Non, c'était dans le bulletin scolaire du petit.
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Couper court de
Jean-Noël Blanc
Elle dit qu'elle aime voyager. Partir loin. Jusqu'au bout du monde.
Heureusement que le monde a plusieurs bouts, elle dit, comme ça je n'en finis pas d'aller au bout du bout du monde.
Elle assure qu'elle m'emmènera un jour. Par exemple là-bas : dans un endroit où les pirates ont les yeux gris comme l'horizon les jours d'orage, et où les chercheurs d'or creusent dans le sable des puits d'eau salée où se noient leurs rêves.
Ce n'est pas si loin, dit-elle. Elle me montre même l'endroit : en haut à gauche de la bibliothèque.
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Par wiggybis, le 15/08/2011
Fil de fer, la vie de
Jean-Noël Blanc
"Je la laisse faire. J'encaisse bien. [...] Et que si j'arrive à tenir le premier round malgré les coups, sans faiblir, si j'arrive à résister à ça, c'est sûr, au bout du compte, à la fin du combat, je finirai par relever la tête et je serai champion du monde."
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Par ju-s-tine, le 30/12/2012
La couleur de la rage de
Jean-Noël Blanc
Si on ne fait pas attention, on s’imagine qu’ils sont renfermés, voire indifférents. Mais quand on prend la peine de les observer, on constate une sorte de frémissement. Comme un petit feu qui couve. Un rien pourrait l’éteindre – et un rien l’embraser.
A quoi ça se repère ? Un sourire pendant une lecture. Un éclat dans le regard. Quelque chose comme une complicité. Une remarque inattendue. Une certaine façon de rougir. Parfois aussi une espèce de colère, une révolte positive, l’envie d’aller plus vite et plus loin. Une impatience.
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Par Shaarilla, le 11/05/2010
Nouvelles re-vertes de
Jean-Noël Blanc
Bon sang, mais comment se fait-il qu'une civilisation aussi brillante scientifiquement et intellectuellement ait tout cramé en si peu de temps ! Dilapider autant de 1950 à 1920, taper dans la caisse Terre avec autant de frénésie et de persévérance... Ah là là, trop bien, les anciens !
Ils ont inventé l'inutile, le superflu, le gavage, le jetable, l'obésité et la famine en même temps. Ils ont jeté la spiritualité, la philosophie, le bon sens, le long terme qui ne rentraient pas dans le... Comment ils disaient ? Ah oui le Marché...
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Par Shaarilla, le 11/05/2010
Nouvelles re-vertes de
Jean-Noël Blanc
Les optimistes et les pessimistes mourront tous un jour ; à la fin le pessimiste aura peut être raison mais l'optimiste aura mieux vécu.
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Par barbelia, le 17/02/2013
Fil de fer, la vie de
Jean-Noël Blanc
Tu as refermé derrière toi la porte de ta chambre, tu es seul, tu ne veux voir personne, tu n'as pas envie de parler, tout va bien et personne ne comprend que tout va bien. Surtout pas tes parents.
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Par ju-s-tine, le 30/12/2012
La couleur de la rage de
Jean-Noël Blanc
On sait toujours trop tard ce qu’il aurait fallu faire.