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Jean-Noël Fournier

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Note moyenne : 3.59/5 (sur 32 notes) Jean-Noël Fournier

Biographie et informations

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 21/05/1943

Biographie :

Jean-Claude Fournier, dit Fournier, est un auteur français de culture bretonne, auteur de bande dessinée.

Enfant solitaire, il se passionne pour le dessin et la scène. A Lamballe, il obtient son bac, puis revient à Paris étudier le dessin, tout en suivant des cours du soir de théâtre.

En 1965, lors d'une séance de dédicaces, Jean-Claude Fournier montre à André Franquin des imitations des personnages de sa série préférée, Spirou et Fantasio. Convaincu par la justesse de son trait, et cherchant à se décharger de la série pour se consacrer pleinement à Gaston Lagaffe, Franquin le présente à Yvan Delporte, le rédacteur en Chef du Journal de Spirou.

En 1967, les premières planches de Bizu sont publiées dans le Journal de Spirou. Bizu est un poète sonneur de biniou qui vit dans la forêt de Brocéliande (une version enchantée) en compagnie d'un champignon parlant. La poésie qui émane des créations de Fournier incite Dupuis à lui confier la responsabilité de la série.

S'ensuivra, entre 1968 et 1980, une série de neuf épisodes où feront merveille la douceur poétique de Fournier, qui saura entraîner Spirou et Fantasio sur les landes de Bretagne, où règnent le mystère, la magie, et l'Ankou. Outre la poésie, il apporte à la série une touche écologique, et quelques nouveaux personnages, dont Ororéa, héroïne séduisante, pour laquelle les héros Spirou et surtout Fantasio éprouveront pour la première fois quelques émotions.

Fournier souhaitait réaliser une dixième histoire de Spirou et Fantasio intitulée La maison dans la mousse . Le scénario était achevé et les premières planches dessinées. Malheureusement les éditions Dupuis décidèrent qu'il était temps pour Fournier de passer la main .

En 1980, Fournier quitte donc la série, laissant place à Nic & Cauvin.

Il collabore entre 1972 et 1987 au quotidien Ouest-France, tout en travaillant à la formation de débutants bretons tels que Albert Blesteau, Jean-Luc Hiettre, Malo Louarn, Michel Plessix ou encore Emmanuel Lepage. Depuis 1998, il dessine la série Les Crannibales sur les scénarios de Zidrou, toujours éditée chez Dupuis.
> lire la suite Source : Wikipédia
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aventure   chroniques   magiciens   bande dessinée   jeunesse   littérature jeunesse   spirou   drame   légendes   délire   nucléaire   exil   cannibalisme   magie   humour  

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Citations de Jean-Noël Fournier

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  • Par jcfvc, le 10/04/2010

    La guerre du pâté de Jean-Noël Fournier

    C’est à croire que le journaliste en question n’avait rien d’autre à foutre que d’écrire sa rubrique gastronomique, car il a remis ça en proposant une recette de « gâteau bourbonnais » censée le disputer à l’objet de la discorde. Comme vous devez vous en douter, la réplique du chroniqueur de notre bulletin de défense du patrimoine local ne s’est pas faite attendre :

    « Il me faut encore protester violemment contre l'insanité lexicale consistant à désigner un plat salé du nom de "gâteau". Et je réfute absolument l'adjectif bourbonnais, puisque, comme je l'ai déjà expliqué, le Pâté aux pommes de terre - le vrai, celui qui est fait pour les hommes, les vrais, les tatoués - est lui, bel et bien né à "Montlu" et pas n'importe où dans l'Allier. Pour calmer les esprits et pour faire la trêve, contentons-nous donc de la locution "aux pommes de terre", moins connotée géographiquement, plus apte à dégager le consensus, car ne
    risquant pas de froisser des puristes originaires des diverses bourgades de notre département, revendiquant toutes l'invention du pâââté...... Mais entre nous et comme dirait Copernic "Et pourtant il est montluçonnais. »

    Et la polémique a fait rage pendant plus d’un an, vu que le journaliste se fendait à chaque fois d’une nouvelle recette à la noix. La dernière en date, c’était le Bakenhof. Voila ce que le gardien du temple lui a répondu :

    « Ca ne s'arrêtera donc jamais !!!!! N'ayant plus rien à dire sur les tourtes, gâteaux, et autres potées, soi-disant montluçonnaises, vla t-y pas que le petit écrivaillon à la botte du châtelain de Chamalières se prend désormais pour l'ami Fritz et nous entraîne dans une spirale infernale, un Tour de France délirant des recettes les plus nuisibles à la santé.
    Avant c'était de la viande hachée, du porc et des lardons dans le délicieux, l'exquis, le délicat, le léger, le végétarien.... pâté aux pommes de terre. On franchit maintenant un palier qualitatif dans la perversion, puisqu'il est désormais question de mélanger porc, boeuf, mouton et.........saindoux, ceci afin de concocter un improbable ragoût - sorte de "stew" angliche, de haggish bassaxon que l'on voudrait nous présenter comme l'ancêtre de notre incréé, immanent et donc inimitable ..... pâté aux pommes de terre, dont parlent les sagas des peuplades ayant colonisé, aux débuts des temps, la brumeuse vallée du
    Cher.
    Comment ose-t-on faire cela à un plat issu miraculeusement de légendes autochtones, et non du « volkgeist » germanique. Il s’agit d’une recette chuchotée aux oreilles de ceux qui le créèrent par des sylphides, gattes, ajasses et cailles qui hantaient les gorges de notre rivière. Rien à voir avec ces Lorelei rhénanes qui se plaisent à attirer le voyageur dans de fatals tourbillons
    Où c'est qu'ça va s'nicher ces spécialités teutonnes à la noix, comme on dit chez nous. On leur laisse leurs ratas alsaciens, leurs choucroutes garnies. Toutes ces concoctions diaboliques sont bannies de Montluçon par arrêté municipal, ceci depuis la défaite de Sedan. Alors, n'insistez plus siouplait »

    Bon, là c’est drôle. Le gars qui écrit ça, il nous prend un peu la tête avec ses envolées lyriques sur le pâté, mais il se prend pas trop au sérieux, il se moque surtout du chauvinisme local à ce que je comprends, tout en égratignant au passage ses ennemis jurés, les journalistes qui écrivent dans la « grande » presse régionale. Ca reste rigolo, même si on n’est pas d’accord avec toutes leurs dégoulinades.
    Ce que j’en retiens, c’est qu’ils veulent juste montrer aux puristes du français que eux, même si des fois ils acceptent les articles de gars comme moi, qui écrivent comme on parle dans le coin, ils peuvent aussi en mettre plein la vue quand ça leur prend. Ils font pas non plus de catéchisme. Ils ne prétendent pas que l’Allier était une province occitane, sous prétexte que certains patois du département contiennent des mots dérivés de l’espagnol. C’est le cas de l’achabation par exemple, une
    expression typique de Montluçon, qui viendrait de « acabar » et qui veut dire « achever ». C’est vrai que ça se ressemble si on y réfléchit bien, mais c’est pas à cause de ça qu’on va changer de nationalité quand même. Faut pas pousser la mémé dans les orties.
    Ceux qui se prennent pour des occitans, c’est vraiment des éfougalés. On dirait qu’ils veulent sérieusement faire sécession, comme certains Basques ou Bretons.
    On aurait l’air malin en plein centre de la France. Y pas plus franchouillards que nous…!
    Y a un fafiot, que les gars de la gazette des bouchures laissent parfois délirer dans leurs colonnes, toujours histoire de montrer, qu’ils donnent la parole à tout le monde, aux sans voix et pas seulement au Montluçonnais de base, comme moi. Celui-là, qui nous bassine avec des poèmes et des dictons en soi-disant occitan du coin, quand il écrit en français, je comprends même pas. Par exemple, il dit que les bourbonnais, y « doivent récupérer leur idiome confisqué par le
    génocide linguistique et culturel effectué par l’état jacobin ». Où c’est que ça va se nicher !
    Enfin, des gars comme ça, il en faut. Ca montre que nous aussi on peut être tordus quand on s’y met. Pourquoi qu’on n’aurait pas le droit de faire les malins, comme les autres
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  • Par jcfvc, le 15/03/2010

    Dans l'enfer du djebel bourbonnais de Jean-Noël Fournier

    On était en 62, c’était la fin de la guerre d’Algérie. Le boulet était pas
    passé loin. On était heureux d’avoir pas crapahuté là-bas grâce au
    sursis, mais il fallait désormais songer, probablement, à un début
    de carrière dans d’autres djebels, plus familiers ceux-là, moins
    dangereux mais presque aussi redoutés que ceux des Aurès ou de
    Kabylie.
    Il avait été beaucoup question de la guerre qui venait de se terminer
    l’été précédant sa prise de fonction dans un village situé sur la
    route de St Nicolas des Biefs. Il en avait entendu parler d’une manière
    qui heurtait ses convictions anti-colonialistes. Un cafetier pied noir,
    un nommé Bobby Ben Saïd, venait d’ouvrir un hôtel restaurant au
    Mayet. Avec son accent étrange, qui ressemblait à ceux des rares
    Algériens qu’il avait pu entendre du fond de sa province, avec sa
    gestuelle « de là-bas dis », il leur peignait une Algérie pittoresque,
    inhabituelle, où les « indigènes » et les européens, les juifs, des
    héros positifs à la sauce couscous, étaient tous copains,
    jouaient au foot et à la pétanque ensemble, avant que les intellos
    parisiens ne viennent foutre la merde et convaincre les Arabes
    qu’il leur fallait l’indépendance.
    Il y avait des accrochages vebaux avec lui bien sûr, et les autres
    monos venus de la banlieue communiste, d’où étaient originaires
    également les enfants de la colo, le traitaient de raciste. Il protestait
    vigoureusement, traitait à son tour ses jeunes clients de gamins
    métros qui ne savaient pas de quoi ils parlaient. Il faisait remarquer
    que les juifs en général, et ceux du Maghreb en particulier ne
    pouvaient être racistes, qu’ils connaissaient les musulmans mieux
    que les Français, qu’ils n’avaient obtenu la nationalité que
    récemment, qu’on ferait mieux de la fermer.

    Et pour illustrer sa démonstration, il entonnait un refrain en arabe et
    passait un titre de son chanteur favori, un inconnu, un dénommé
    Enrico Macias, qui hululait en crachant sans doute la harissa qui lui
    brûlait la gueule pour couiner comme ça. Il miaulait qu’il avait
    quitté son pays, sa maison et toute la smala d’Abdelkader…..ce qui
    ne faisait pleurer personne sauf Bobby….

    Les copains dans le vent attablés n’en avaient rien à foutre des Pieds
    noirs. Tous les garçons étaient contents de ne pas être allés se faire
    casser la gueule à cause d’eux. Et surtout, les métros rassemblés
    à la terrasse voulaient du yéyé, du Elvis, ne comprenaient rien
    à cette musique sirupeuse, chantée par ce qui leur semblaient être
    un Tino Rossi ou Dario Moreno oriental ringard roucoulant
    comme une nana constipée dans un bain turc. Le Bobby,
    il appelait ça un « hammam », en prononçant à l’arabe avec un « H »
    aspiré pas piqué des hannetons et les « m » du milieu très
    appuyés. Le solo de guitare à la fin de la beuglante poussée
    par Enrico était pas dégueu, mais y avait pas photo avec celui de
    « Rock around the clock » ou de « Jailhouse rock », que l’on
    entendait aussi chez Bobby, heureusement.

    Les clients métros du bellâtre venus d’ailleurs auraient préféré
    fréquenter un autre bar, à cause du patron et de son discours
    pro OAS. Ces idées avaient déjà été balayées par le vent de l’Histoire.
    On était bien trop content de la paix signée pour écouter ces paroles
    de haine et de ressentiment. On venait là parce que c’était le seul
    endroit où les quelques filles potables du coin venaient écouter
    la musique de l’unique Juke-box du bled que Bobby, en commerçant
    méditerranéen avisé, avait fait installer chez lui pour attirer les minettes
    et minets. Il y avait là de mignonnes petites italiennes, filles de
    Génois installés au Mayet depuis la fin de la guerre.

    L’année suivante, l’été de la deuxième colo faite au Mayet et de son
    accident, juste avant de commencer sa carrière à quelques kilomètres
    de là, Bobby était toujours là, aux manettes de son Juke Box et de son
    tiroir caisse.

    Un copain nommé lui aussi non loin de là avait tenu à venir
    préparer le terrain en faisant la colo pendant l’été. Lui aussi avait
    fait sa philo à Clermont. Lui aussi avait été remercié pour travail
    insuffisant en terminale et s’en était rentré étudier et travailler….
    au pays…le reste de son âge. Mais contrairement à son ami, il ne
    devait pas, plus tard, préférer l’air du large outre marin à la douceur
    bourbonnaise. Il ferait toute sa carrière dans le coin.

    Cette soi-disant « douceur » du terroir était plutôt ressentie
    comme un langueur mortelle par celui qui ne pensait qu’à aller voir
    ailleurs si l’extase s’y trouvait. Il redoutait trop l’entrée dans
    l’âge adulte pour souhaiter creuser son trou quelque part dans le
    coin, se caser avec une fille dont il ne savait ce qu’il pourrait bien
    partager avec elle à long terme.

    Le copain qui avait été convaincu de faire la colo du Mayet
    avec lui singeait à la perfection le premier ministre, quand celui-ci
    avait appelé les parisiens à se rassembler au Bourget pour
    empêcher les paras de débarquer. Pour amuser la galerie, à la
    terrasse du boui boui tenu par l’incontournable Bobby, il répondait
    aux dégoulinades nostalgiques du bistrotier en haranguant
    l’assemblée attablée à la terrasse. Il invitait les clients à barrer
    la route aux « rapatriés » qui menaçaient d’envahir la montagne et de
    submerger les épiceries locales de leurs produits exotiques.
    Il prononçait son discours en ouvrant les bras en V, comme le
    grand Charles, et en déclamant : « Je vous ai compris ».

    Bobby devait se taire devant le succès de l’orateur, qui était
    applaudi et bissé à la fin de chaque prestation, et menaçait de
    répondre à la demande générale du public si le patron ne cessait pas
    de confondre le Mayet de montagne avec Bab El Oued.

    Celui qui avait cloué provisoirement le bec à Bobby s’était
    mis à fréquenter assidûment le bar, malgré son aversion pour les
    discours Algérie Française du tenancier. Il louchait sérieusement sur
    une des petites italiennes qui étaient attirées par la musique yéyé et
    la petite piste de danse aménagée dans un coin de la salle.
    On pouvait y danser le Twist et y frotter un peu, au rythme de Only you.
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