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Le livre d'or de la poésie française de
Jean Orizet
Gaston MIRON est un poète du XXème siècle. Il appartient à cette nouvelle génération par laquelle la poésie a quelque peu changé de dimension, de structure versifiée (la majuscule ne s’impose plus à l’alinéa). A vous d’en juger par l’harmonie des mots et le son. Personnellement, je trouve ça beau, et riche.
Jeune fille
Jeune fille plus belle que toutes nos légendes
de retour à la maison que protègent les mères
secrète et enjouée parmi les êtres de l’été
elle aimait bien celui qui cache son visage
sur mon corps il ne reste que bruine d’amour
au loin les songes se rassemblent à sa taille
pour les bouquets d’eau de ses yeux trop beaux
les yeux qu’elle a lui font trop mal à l’âme
jeune fille plus perdue que toute la neige
les ans s’encordent sur mes longueurs de solitude
et toujours à l’orée de ta distance lointaine
tes mille essaims de sourires encore m’escortent
j’en parle à cause d’un village de montagne
d’où s’envolent des rubans de route fragiles
toi et moi nous y fûmes plusieurs fois la vie
avec les bonheur qui d’habitude arrivent
je parle de ces choses qui nous firent volées
mais les voudra la mort plus que l’ombre légère
nous seront tous deux allongés comme un couple
enfin heureux dans la mémoire de mes poèmes.
(d’après L’Homme rapaillé).
Je pense qu’une poésie ne peut et ne doit être comparé aux autres, quelque soit l’auteur, l’époque ou le thème.
Dans les rayons et les ombres, Victor HUGO disait: «Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef»
Ca ne peut pas être plus clair.
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Le livre d'or de la poésie française de
Jean Orizet
Verre ardent
Je regarde d’anciennes heures,
Sous le verre ardent des regrets ;
Et du fond bleu de leurs secrets
Émergent des flores meilleures.
Ô ce verre sur mes désirs!
Mes désirs à travers mon âme!
Et l’herbe morte qu’elle enflamme
En approchant des souvenirs!
Je l’élève sur mes pensées,
Et je vois éclore au milieu
De la fuite du cristal bleu,
Les feuilles des douleurs passées.
Jusqu’à l’éloignement des soirs
Morts si longtemps en ma mémoire,
Qu’ils troublent de leur lente moire
L’âme verte d’autres espoirs.
Maurice MAETERLINCK, un poète né la plume dans la main, est la seule chose qu’il revendique de lui. Homme sans prétention, il a tout de même été nobélisé juste avant la première guerre mondiale. Reconnu figure marquante du symbolisme, il entame une transformation lente mais sûre de la conception du drame littéraire.
Tout ceci peut faire trembler les moins sensibles, of course…
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Le livre d'or de la poésie française de
Jean Orizet
Quelle douce vie pour mon marque- page de devoir s’insérer entre des feuillets empreints d’écritures exquises, colorés d’histoires ou de poèmes souvent surprenants. Effectivement, j'applique réellement ce que je dis, et j’aime m’arrêter sur des passages très forts comme celui-ci:
«J’ai cherché dans l’absence un remède à mes maux:
J’ai fui les lieux charmants qu’embellit l’infidèle.
Caché dans ses forêts dont l’ombre est éternelle,
J’ai trouvé le silence, et jamais le repos…»
Ma devise est de ne jamais corner une page au texte sublime, comme celui d’Évariste de FORGES écrit en plein siècle des Lumières, il faut veiller au moindre détail afin de garder intact toute coulée d’encre précieuse…
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Les Cent plus beaux poèmes de la langue française de
Jean Orizet
L' adieu
J' ai cueilli ce brin de bruyère
l' automne est morte souviens-t-en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens toi que je t' attends
Guillaume Apollinaire
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Les plus beaux poèmes d'amour de la langue française de
Jean Orizet
ô doux regards,ô yeux pleins de beautée
petits jardins pleins de fleurs amoureuses
où sont dAmour les flèches dangereuses,
Tant à vous voir mon oeil s'est arrêté!
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Les plus beaux sonnets de la langue française de
Jean Orizet
Pierre de RONSARD (1524-1585)
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.
Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serai sous la terre et fantôme sans os :
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dés aujourd’hui les roses de la vie
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Les plus beaux sonnets de la langue française de
Jean Orizet
"On dit, à ce propos, qu’un jour ce dieu bizarre,
Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois,
Inventa du Sonnet les rigoureuses lois ;
Voulut qu’en deux quatrains, de mesure pareille,
La rime, avec deux sons, frappât huit fois l’oreille ;
Et qu’ensuite six vers, artistement rangés,
Fussent en deux tercets par le sens partagés.
Surtout, de ce Poème il bannit la licence ;
Lui-même en mesura le nombre et la cadence ;
Défendit qu’un vers faible y pût jamais entrer,
Ni qu’un mot déjà mis osât s’y remontrer.
Du reste, il l’enrichit d’une beauté suprême :
Un sonnet sans défauts vaut seul un long Poème..."
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