Ajouter une citation

Citations de Jean-Philippe Toussaint (29)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


  • Par Sand94, le 18/02/2010

    Faire l'amour de Jean-Philippe Toussaint

    Nous nous aimions, mais nous ne nous supportions plus. Il y avait ceci, dans notre amour, que, même si nous continuions à nous faire plus de bien que de mal, le peu de mal que nous nous faisions nous était devenu insupportable.

    Citation de qualité ? (8 votes positifs)


  • Par tulisquoi, le 03/01/2010

    Faire l'amour de Jean-Philippe Toussaint

    Marie, dans mes bras, en pleurs, la robe mouillée, les cheveux mouillés, approchait ses lèvres très près de ma bouche et me demandait en tremblant pourquoi je ne voulais pas l'embrasser, et, la gardant dans mes bras, je répondais à voix basse en lui caressant les épaules et les cheveux pour l'apaiser que je n'avais jamais dit ça. Mais je ne l'embrassais pas [...]. Et je ne répondis pas, je ne savais que répondre, je me souvenais très bien de la réponse que je lui avais faite alors, mais je ne pouvais pas lui dire maintenant que je ne voulais ni l'embrasser ni ne pas l'embrasser [...].

    Citation de qualité ? (7 votes positifs)


  • Par tulisquoi, le 29/03/2010

    La Salle de bain : Suivi de Le jour où j'ai rencontré Jérôme Lindon de Jean-Philippe Toussaint

    64) Ce qui me plaît dans la peinture de Mondrian, c'est son immobilité. Aucun peintre n'a voisiné d'aussi près l'immobilité. L'immobilité n'est pas l'absence de mouvement, mais l'absence de toute perspective de mouvement, elle est mort.

    Citation de qualité ? (5 votes positifs)


  • Par sylvie, le 29/01/2010

    La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint

    "Je l'aimais, oui. Il est peut-être très imprécis de dire que je l'aimais, mais rien ne pourrait être plus précis"

    Citation de qualité ? (5 votes positifs)


  • Par luocine, le 05/12/2009

    La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint

    Je plaisais, peut-être pas aux femmes en général, mais à chaque femme en particulier… Chacune d’elles étaient en fait persuadée que ces qualités invisibles, qu’elles avaient décelées en moi, échappaient à tout autre qu’elle-même, alors qu’elles étaient en réalité très nombreuses à être ainsi les seules à apprécier mes qualités secrètes et à tomber sous le charme. Mais il est vrai que ces qualités secrètes ne sautaient pas aux yeux, et que, à force de nuances et de subtilités, mon charme pouvait passer pour terne et mon humour pour éteint, tant l’excès de finesse finit par confiner à la fadeur.

    Citation de qualité ? (4 votes positifs)


  • Par Efery, le 03/10/2011

    La Salle de bain : Suivi de Le jour où j'ai rencontré Jérôme Lindon de Jean-Philippe Toussaint

    Et le train est parti comme un vêtement se déchire.

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par Beatrice64, le 26/02/2011

    La Salle de Bain de Jean-Philippe Toussaint

    « 4) Un matin, j’ai arraché la corde à linge. J’ai vidé tous les placards, débarrassé les étagères. Ayant entassé les produits de toilette dans un grand sac poubelle, j’ai commencé à déménager une partie de ma bibliothèque. Lorsque Edmondsson rentra, je l’accueillis un livre à la main, allongé, les pieds croisés sur le robinet.

    5) Edmondsson a fini par avertir mes parents.

    6) Maman m’apporta des gâteaux. Assise sur le bidet, le carton grand ouvert posé entre ses jambes, elle disposait les pâtisseries dans une assiette à soupe. (…) »

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par vincentf, le 24/10/2010

    L'appareil-photo de Jean-Philippe Toussaint

    La première fois qu'il m'avait raccompagné, je me souviens, je fus assez surpris de voir ma voisine descendre en même temps que moi, et, m'attardant un instant avec elle sur le trottoir tandis que la voiture du chargé de cours s'éloignait, nous échangeâmes quelques mots devant ma porte. Elle s'y était adossée, curieusement, une main dans les cheveux, et ne semblait pas décidée à prendre congé. J'ignorais ce qu'elle me voulait et, comme le silence devenait pesant, nous faisions de grands efforts pour trouver quelque question à nous poser, de temps à autre, dont je méditais chaque réponse les yeux baissés en jouant pensivement du bout des doigts avec la ceinture de son manteau. Puis, finissant par rentrer chacun chez soi, je me rendis compte que nous habitions tout simplement le même immeuble.

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par balooo, le 05/06/2010

    Faire l'amour de Jean-Philippe Toussaint

    J’avais fait remplir un flacon d’acide chlorhydrique, et je le gardais sur moi en permanence, avec l’idée de le jeter un jour à la gueule de quelqu’un. Il me suffirait d’ouvrir le flacon, un flacon de verre coloré qui avait contenu auparavant de l’eau oxygénée, de viser les yeux et de m’enfuir. Je me sentais curieusement apaisé depuis que je m’étais procuré ce flacon de liquide ambré et corrosif, qui pimentait mes heures et acérait mes pensées. Mais Marie se demandait, avec une inquiétude peut-être justifiée, si ce n’était pas dans mes yeux à moi, dans mon propre regard, que cet acide finirait. Ou dans sa gueule à elle, dans son visage en pleurs depuis tant de semaines. Non, je ne crois pas, lui disais-je avec un gentil sourire de dénégation. Non, je ne crois pas, Marie, et, de la main, sans la quitter des yeux, je caressais doucement le galbe du flacon dans la poche de ma veste.
    Avant même qu’on s’embrasse pour la première fois, Marie s’était mise à pleurer. C’était dans un taxi, il y a sept ans et plus, elle était assise à côté de moi dans la pénombre du taxi, le visage en pleurs, que traversaient les ombres fuyantes des quais de la Seine et les reflets jaunes et blancs des phares des voitures que nous croisions. Nous ne nous étions pas encore embrassés à ce moment-là, je ne lui avais pas encore pris la main, je ne lui avais pas fait la moindre déclaration d’amour — mais ne lui ai-je jamais fait de déclaration d’amour ? — et je la regardais, ému, désemparé, de la voir pleurer ainsi à mes côtés.
    La même scène s’est reproduite à Tokyo il y a quelques semaines, mais nous nous séparions alors pour toujours. Nous ne disions rien dans ce taxi qui nous reconduisait au grand hôtel de Shinjuku où nous étions arrivés le matin même, et Marie pleurait en silence à côté de moi, elle reniflait et hoquetait doucement contre mon épaule, elle essuyait ses larmes à grands gestes brouillons du revers de ses doigts, de lourdes larmes de tristesse qui l’enlaidissaient et faisaient couler le maquillage de ses cils, alors qu’il y a sept ans, lors de notre première rencontre, c’étaient de pures larmes de joie, légères comme de l’écume, qui coulaient en apesanteur sur ses joues. Le taxi était surchauffé et Marie avait trop chaud maintenant, elle se sentait mal, elle finit par enlever son grand manteau de cuir noir, difficilement, en se contorsionnant à côté de moi sur la banquette arrière du taxi, grimaçant et paraissant m’en vouloir, alors que je n’y étais manifestement pour rien, merde, s’il faisait aussi chaud dans ce taxi, elle n’avait qu’à se plaindre au chauffeur, il y avait son nom et sa photo d’identité en évidence sur le tableau de bord. Elle me repoussa pour déposer le manteau entre nous sur la banquette, enleva son pull, qu’elle roula en boule à côté d’elle.

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par sylvie, le 29/01/2010

    La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint

    Je savais que je n’atteindrais jamais ce qui avait été pendant quelques instants la vie même, mais il m’apparut alors que je pourrais peut-être atteindre une vérité nouvelle, qui s’inspirerait de ce qui avait été la vie et la transcenderait, sans se soucier de vraisemblance ou de véracité, et ne viserait qu’à la quintessence du réel, sa moelle sensible, vivante et sensuelle, une vérité proche de l’invention, ou jumelle du mensonge, la vérité idéale"

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par Madimado, le 03/07/2011

    La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint

    Je connaissais tous les silences de la maison, ses craquements nocturnes, les brusques reprises du réfrigérateur pendant la nuit, que suivait un dégradé de hoquets exténués, qui annonçait le retour apaisé d’un ronronnement plus régulier dans le sombre silence de la maison endormie dans l’obscurité.

    Citation de qualité ? (2 votes positifs)


  • Par Madimado, le 03/07/2011

    La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint

    Pourquoi arrivait-il à chaque fois un moment, quand nous étions ensemble, où, tout à coup, toujours, très vite, elle me détestait passionnément.

    Citation de qualité ? (2 votes positifs)


  • Par line70, le 28/03/2011

    Faire l'amour de Jean-Philippe Toussaint

    De toutes parts, l'eau glissait sur mon corps, tiède et lourde, huileuse et sensuelle. Je laissais mes pensées suivre leur cours dans mon esprit, j'écartais l'eau en douceur devant moi, scindant l'onde en deux vagues distinctes dont je regardais les prolongements scintillants de paillettes d'argent s'éloigner en ondulant vers les bords du bassin. Je nageais comme en apesanteur dans le ciel, respirant doucement en laissant mes pensées se fondre dans l'harmonie de l'univers. J'avais fini par me déprendre de moi, mes pensées procédaient de l'eau qui m'entourait, elles en étaient l'émanation, elles en avaient l'évidence et la fluidité, elles s'écoulaient au gré du temps qui passe et coulaient sans objet dans l'ivresse de leur simple écoulement, la grandeur de leur cours, comme des pulsations sanguines inconscientes, rythmées, douces et régulières, et je pensais, mais c'est déjà trop dire, non, je ne pensais pas, je faisais maintenant corps avec l'infini des pensées, j'étais moi-même le mouvement de la pensée, j'étais le cours du temps.

    Citation de qualité ? (2 votes positifs)


  • Par mandarine43, le 25/05/2011

    La Salle de Bain de Jean-Philippe Toussaint

    69) Il m'arrivait parfois de me réveiller en pleine nuit sans même ouvrir les yeux. Je les gardais fermés et je posais la main sur le bras d'Edmondsson. Je lui demandais de me consoler. D'une voix douce, elle me demandait de quoi je voulais être consolé. Me consoler, disais-je. Mais de quoi, disait-elle. Me consoler disais-je (to console, not to comfort).

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par Abrideabattue, le 03/11/2010

    La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint

    A quelques faits avérés et vérifiables advenus cette nuit-là, il m’arrivait d’ajouter de pures fantaisies (…) me déplaçant mentalement (…) atteindre une vérité nouvelle qui s’inspirerait de ce qui avait été la vie et la transcenderait, sans se soucier de vraisemblance ou de véracité (…) la vérité idéale.

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par ArcadioBuendia, le 19/09/2010

    La Salle de bain : Suivi de Le jour où j'ai rencontré Jérôme Lindon de Jean-Philippe Toussaint

    Autour de moi se trouvaient des placards, des porte-serviettes, un bidet. Le lavabo était blanc ; une tablette le surplombait, sur laquelle reposaient brosses à dents et rasoirs. Le mur qui me faisait face, parsemé de grumeaux, présentait des craquelures ; des cratères çà et là trouaient la peinture terne. Une fissure semblait gagner du terrain. Pendant des heures, je guettais ses extrémités, essayant vainement de surprendre un progrès.

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par papillon_livres30, le 21/03/2010

    Fuir : Suivi de Ecrire, c'est fuir de Jean-Philippe Toussaint

    On pourrait même élargir l'idée en disant que c'est un titre qui peut convenir au fait d'écrire: écrire, c'est fuir.

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par luocine, le 05/12/2009

    La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint

    On parlait de la robe des chevaux .Est-ce que c’était le même mot en anglais ? A dress ? Jean-Christophe lui dit que non, en anglais on disait a coat, un manteau à cause du climat, lui expliqua-t-il en souriant, en France les chevaux peuvent se contenter d’une robe en Angleterre ils ont besoin d’un manteau (et d’un parapluie naturellement ajouté-t-il avec flegme).

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par luocine, le 05/12/2009

    La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint

    Marie compensait toujours ses retards par une brusque accélération finale dans une hâte ostentatoire et une précipitation de façade, à des rendez-vous où elle avait souvent plus d’une heure de retard.

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par mandarine43, le 26/07/2011

    La Salle de Bain de Jean-Philippe Toussaint

    [ Incipit ]

    1) Lorsque j’ai commencé à passer mes après-midi dans la salle de bain, je ne comptais pas m’y installer ; non, je coulais là des heures agréables, méditant dans la baignoire, parfois habillé, tantôt nu. Edmondsson, qui se plaisait à mon chevet, me trouvait plus serein ; il m’arrivait de plaisanter, nous riions. Je parlais avec de grands gestes, estimant que les baignoires les plus pratiques étaient celles à bord parallèles, avec dossier incliné, et un fond droit qui dispense l’usager de l’emploi du butoir cale-pieds.

    2) Edmondsson pensait qu’il y avait quelque chose de desséchant dans mon refus de quitter la salle de bain, mais cela ne l’empêchait pas de me faciliter, subvenant aux besoins du foyer en travaillant à mi-temps dans une galerie d’art.

    Citation de qualité ? (0 votes positifs)





Faire découvrir Jean-Philippe Toussaint par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz