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Paroles de Poilus : Lettres et carnets du front, 1914-1918 de
Jean-Pierre Guéno
Ma bien chère Lucie,
Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. Voici pourquoi :
Le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m'ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J'ai profité d'un moment de bousculade pour m'échapper des mains des Allemands. J'ai suivi mes camarades, et ensuite, j'ai été accusé d'abandon de poste en présence de l'ennemi. Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. Mon portefeuille te parviendra et ce qu'il y a dedans. Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l'âme en peine. Je te demande à genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l'embarras dans lequel je vais te mettre... Ma petite Lucie, encore une fois, pardon. Je vais me confesser à l'instant, et espère te revoir dans un monde meilleur.
Je meurs innocent du crime d'abandon de poste qui m'est reproché. Si au lieu de m'échapper des Allemands, j'étais resté prisonnier, j'aurais encore fa vie sauve. C'est la fatalité. Ma dernière pensée, à toi, jusqu'au bout.
Henry FLOCH
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Par cicou45, le 05/09/2011
Paroles de détenus de
Jean-Pierre Guéno
La justice est le grain de beauté de la haine. Ce grain a été tracé, maquillé par la main de l'homme de pouvoir. Même ici où, normalement, on devrait redresser l'homme, c'est le contraire. Rien ne va avec la vie de l'homme de conscience. Tout est administré, c'est-à-dire imposé, et cela tue la responsabilité de l'individu. C'est là le négatif de la prison.
Michel
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Par Nanne, le 29/05/2008
Paroles du jour J de
Jean-Pierre Guéno
J'en profite pour vous demander pardon pour toute la peine que j'ai pu vous causer, sur lors de mon enrôlement. Si je reviens vivant de cette aventure, et si je reviens à la maison, à la fin de la guerre, je ferai tout ce que je pourrai pour sécher tes larmes, maman, je ferai tout en mon pouvoir afin de vous faire oublier toutes les angoisses dont je suis la cause.
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Par Nanne, le 16/07/2008
Cher pays de mon enfance : Paroles de déracinés de
Jean-Pierre Guéno
Partir. Elle ne rêve pas, Parania. Pas le temps de rêver. Elle est l'aînée à la maison. La guerre, l'exode en Moravie et la mort du père, c'est lourd. Parania ne veut plus que sa famille pleure. Elle ne veut plus choisir la vie au milieu des morts. Elle veut partir pour donner à vivre.
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Par Nanne, le 29/05/2008
Paroles du jour J de
Jean-Pierre Guéno
Attendant la première lueur du jour, les deux mille hommes se tiennent debout dans un silence total ; et quelle que soient leurs pensées, ce silence ressemble à une prière.
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Paroles d'étoiles : Mémoire d'enfants cachés de
Jean-Pierre Guéno
" Nous sommes priés de ne pas déranger le reste du monde avec notre chagrin. "
Claudine BURINOVICI-HERDOMEL, Une enfance traquée.
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Paroles d'enfance : Les Français racontent leurs souvenirs d'enfance de
Jean-Pierre Guéno
Nous sommes dimanche matin et nous sommes descendus en ville.
C'est merveilleux ! C'est n'importe quel dimanche matin.
Il fait froid, chaud, gris, nuageux, pluvieux..... C’est toujours un ciel lumineux lorsque nous partons tous les deux !
Je me moque complètement de la raison qui nous mène en ville.
Nous achetons du pain, parfois un bouquet de fleur pour maman, faisons un tiercé....
Je ne vois que des rues que nous empruntons, main dans la main. C'est cela que tu ignores, Papa!
Cette petite main qui se glisse dans la tienne, large, ferme et douce : elle tient elle-même ainsi le monde à sa portée.
Elle, toute menue, trouve dans cette grotte protectrice, formée par ta paume, toute la force et la légèreté de l'univers. Tu me tiens la main. Tu sembles aérien, insouciant. C'est dimanche. Tu ne travailles pas.
Nous savons tous les deux que c'est un entrebâillement sur la désinvolture et le futile. Et pourtant, nous sentons bien que cette matinée est chaque fois notre rencontre, un grand moment, notre petit bonheur partagé.
Lorsqu’un danger survient, si tu savais comme j’aime cette pression qui serre mes doigts. Tant, que je crains le relâchement qui va forcément succéder à la voiture ou au chien hargneux qui s'éloigne. Je relance alors la fermeté par un serrement qui semble te dire "ne me relâche pas, Papa!" Ce sont ces premiers enchantements des dimanches matin qui m'ont conduite vers la délectation des petits ravissements qui font que l'on se sent heureux, comme ta main qui me guidait sur les trottoirs de la ville.
Toute une vie dans une main ! Tu imaginais cela, toi, Papa ?
Une main qui fait oublier pourquoi on est là, où l'on va, simplement parce qu'il suffit que l'on existe et que l'on avance, la serrant et se sentant serrée par elle !
Catherine.
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Par Nanne, le 07/02/2009
Paroles de femmes de
Jean-Pierre Guéno
Dans nos milieux du moins, les fiançailles avaient une valeur qui n'était pas loin d'égaler celle du mariage, j'avais beau chercher honnêtement, personne autour de moi ne s'était encore permis ce geste.
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Par Nanne, le 07/02/2009
Paroles de femmes de
Jean-Pierre Guéno
Les filles du peuple ne sont pas faites pour être considérées comme des êtres humains. Le regard glisse sur elles sans s'arrêter.
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Paroles d'enfance : Les Français racontent leurs souvenirs d'enfance de
Jean-Pierre Guéno
L'enfance est un secret, un coffre aux trésors dont nous gardons pour toujours la clé, un rêve à rêver pour toujours, une histoire qui recommence à chaque instant, l'enfance est tous ces enfants à venir, des millions d'enfants et autant de souvenirs. L'enfance est ce tout petit supplément d'âme, cette petite flamme que l'on garde en soi pour réchauffer son âme.