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Malpertuis de
Jean Ray
L'oncle Cassave va mourir.
Sa barbe s'écoule, blanche et frémissante, de son visage plongé sur l'édredon rouge. Il aspire l'air comme s'il humait des odeurs parfaitement délectables et ses mains, qu'il a énormes et velues, griffent ce qui vient à sa portée.
La femme Griboin qui est venue lui apporter du thé au citron a dit :
- Il fait ses petits paquets.
L'oncle Cassave l'a entendue.
- Pas encore, femelle, pas encore, a-t-il ricané.
Quand elle fut partie, dans un remous de jupes apeurées, il a ajouté à mon adresse :
- Ce n'est pas que j'en aie pour longtemps encore petit, mais après tout, mourir est une chose sérieuse, et il ne faut pas se presser.
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Par gill, le 14/03/2012
Les 25 meilleures histoires noires et fantastiques de
Jean Ray
Jean Ray le démiurge
L'oeil est gris, redoutablement fixe, semblable, dans les plis des paupières, à l'objectif froid, implacable, d'une caméra. C'est un oeil à peine humain. Un oeil d'oiseau de proie s'il n'était si pâle. A la rigueur un oeil de bourreau, d'inquisiteur sans passion, ou encore de gargouille ressuscitée de son rêve minéral.
Et, soudain, cette dureté paraît se diluer, comme si une eau doucement remuée passait sur cette prunelle trop claire, en lavait l'insoutenable éclat pour mettre une tendresse presque enfantine dans le regard. Un regard, qui, tantôt inhumain traverse maintenant le monde des hommes, se pose sur toutes choses avec amour et amitié, pour basculer ensuite, tout à coup, vague et inaccrochable, dans un autre inconnu, dans ces "profondeurs où l'homme ne va pas"...
(extrait de la préface signée Henri Verne insérée dans l'édition parue chez "Marabout" en 1961)
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Par gill, le 14/03/2012
Les derniers contes de Canterbury de
Jean Ray
Le prologue fantastique
Comme il existe des gens stupides par le monde !
Une des plus éclatantes preuves de cet aphorisme sans tolérance devait être, à mon avis, la fondation d'un club littéraire à Upper-Thames, et l'établissement de son siège dans une arrière salle de la taverne de la "Pie Savante".
La faute en fut à cette vieille canaille de Sir Daniel Creswell, qui se complut à jouer d'affreux tours posthumes à ses héritiers en léguant de grosses sommes à un tas d'institutions saugrenues.
L'une d'elles fut ce club littéraire d'Upper-Thames.
Parfaitement, je le répète, une sombre joie au coeur : un club littéraire dans Upper-Thames ! Dans cette hideuse artère où il n'y a de place que pour des bureaux de courtiers maritimes, des bars de mariniers, des hangars, des magasins de solde et des postes de douane et de police fluviale...
(extrait du prologue)
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Malpertuis de
Jean Ray
Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer.
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Par gill, le 18/04/2012
Fiction spécial Jean Ray. de
Jean Ray
Depuis dix ans, nous avons eu à maintes reprises l'occasion de publier les meilleures des nouvelles anciennes de Jean Ray.Certaines d'entre elles, comme "la ruelle ténébreuse" ou "le psautier de Mayence", sont des chefs-d’œuvre maintenant universellement reconnus.
Nous ne prétendons pas présenter ici leur équivalent. Mais nous vous offrons mieux : quatre nouvelles histoires de Jean Ray, n'ayant jamais jusqu'ici figuré en recueils, et que les lecteurs français n'ont pu lire encore nulle part.
Au moment ou Jean Ray, grâce à la réédition capitale entreprise par Robert Laffont, trouve enfin une consécration méritée de longue date, il était bon que "Fiction" - qui fut pendant des années la seule revue en France à le publier - lui réserve ce nouvel hommage....
(extrait de l'introduction)
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Par Nelja, le 17/05/2012
Les derniers contes de Canterbury de
Jean Ray
Le rose n'est pas une couleur, c'est le bâtard du rouge triomphant et de la lumière coupable ; né d'un inceste où l'enfer comme le ciel ont joué un rôle, il est resté la teinte de la honte. Mais cela, je ne l'ai senti que trop tard, quand il m'était devenu impossible de sortir encore de la géhenne.
La connaissance d'après coup, celle qui arrive trop tard pour vous sauver, me rappela que le rose est jumellé à l'horreur.
Fleur sanglante des poumons phtisiques, mousse aux lèvres des hommes qui meurent la poitrine percée, tissus visqueux des foetus, prunelles affreuses des albinos morbides, témoin du virus et du spirochète, compagnon des sanies et de toutes les purulences, il a fallu l'innocence et l'admiration des enfants et des jeunes filles pour l'entourer de désirs et de préférence, et cela même démontre sa malice et sa ténébreuse essence.
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Par gill, le 14/03/2012
Jean ray t04 le livre des fantomes de
Jean Ray
Le premier récit de ce livre peut lui servir de préface. Bien que l'apparition insolite dans ma vie de "l'homme au foulard rouge" m'ait causé plus d'appréhension que de plaisir, j'éprouve une certaine satisfaction à pouvoir ouvrir un recueil d'histoires de fantômes par un texte qui ne doit rien à l'imagination.
"Mon fantôme à moi" m'a quitté depuis plus de trente ans, c'est à dire que, depuis, il ne s'est plus manifesté de façon tangible. Je n'irai pas pourtant jusqu'à prétendre que sa présence occulte soit supprimée.
- Comment êtes vous venu au roman noir, aux histoires fantastiques et hantées ? m'ont demandé quelques amis.
Je n'en sais rien...
(extrait de la préface de l'auteur insérée dans l'édition parue chez "Marabout" en 1966)
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Par Nelja, le 16/05/2012
la croisiere des ombres de
Jean Ray
— … L’esprit de ténèbres et la légende de la damnation, c’est de ne pas savoir.
— Mais dis-je, j’ai vu ses yeux… le regard de la Plus Grande Nuit de l’Autre.
— Tu as vu, réponds-tu, Marie Lavrenska, et les étoiles, ces mondes inouïs, sont à des millions de lieues de l’orbite sombre où tu crois les voir ciller. Tu as vu – et il a suffi à une intelligence humaine et à un traité de mathématiques relatives, pour scier la base d’un savoir acquis par trente siècles d’empirisme, de découvertes et d’expériences ; pour ébranler le granit euclidien.
Je lève les yeux vers le ciel de ton regard, le seul ciel dans lequel il m’est permis encore d’espérer, pendant les années qui me séparent de l’abîme.
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Par gill, le 14/03/2012
La cité de l'indicible peur de
Jean Ray
ILS
Ces brèves pages liminaires ont-elles vraiment pour but de porter la lumière dans la nuit ? Sont-elles de force à allumer la lanterne du chasseur de mystères ? On n'oserait l'affirmer.
La "grande peur", qui hanta durant près de cinq siècles les coulisses de l'histoire d'Angleterre, joue-t-elle un bout de rôle dans la multiple tragédie d'Ingersham ?
Nous sommes dans la seconde moitié du XIVème siècle.
Chaucer a terminé quelques-uns de ses merveilleux "Contes de Canterbury"...
(extrait de l'introduction de l'édition parue chez "Marabout" en 1965)
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Par VFanel, le 22/05/2011
Le Grand Nocturne de
Jean Ray
Quelqu'un marchait à présent dans la chambre mais Théodule ne le voyait pas, bien qu'il fît assez clair.
L'autre extrémité du lit gémit et il comprit qu'un grand poids s'y posait. ("Le Grand Nocture")