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Par brigetoun, le 03/07/2010
Les tours de Trébizonde : Et autres textes de
Jean Tardieu
Qu'est-ce qui nous guérira de vivre ? Qui nous délivrera du cycle de la vie et de la mort, de l'enfer terrestre où les monstres pullulent et guettent leur proie, sinon le dégagement et l'absence ? C'est notre seule certitude, identité parfaite de ce tout et de ce rien qui se sont joués de nous pendant notre vie entière.
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Par chartel, le 23/02/2010
Le Professeur Froeppel de
Jean Tardieu
Mesurer en dixièmes de seconde le temps qu’il faut pour prononcer le mot "éternité".
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Par chartel, le 23/02/2010
Le Professeur Froeppel de
Jean Tardieu
Etant donné deux points, A et B, situés à égale distance l’un de l’autre, comment faire pour déplacer B, sans que A s’en aperçoive ?
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Par Mirliton, le 19/04/2012
La comédie du langage de
Jean Tardieu
M. DE PERLEMINOUZE, (à part) Fiel !... Ma pitance !
Mme DE PERLEMINOUZE, (S'arrêtant de chanter) Fiel!... Mon zébu !... (Avec sévérité) : Adalgonse, quoi, quoi, vous ici ? Comment êtes-vous bardé ?
(Ciel ma femme/Ciel mon mari, dans "Un mot pour un autre")
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Par brigetoun, le 03/07/2010
Les tours de Trébizonde : Et autres textes de
Jean Tardieu
Le temps, subitement, se contracte, les images se superposent. Seigneuriales ou populaires, religieuses ou profanes, de style gothique ou d'inspiration cubiste, ces insolentes levées de pierre ou de ciment, qu'elles soient surchargées d'ornements sculptés ou ajourées de fenêtres toutes identiques, n'ayant, les uns et les autres, que la couleur du vent qui tourne autour d'elles, de la lumière qui les anime et du grand fleuve temporel qui les emporte on ne sait où, elles figurent, pour mon esprit effrayé, la même tentation, transmise de siècle en siècle, de revêtir d'une cuirasse (qui est, à vrai dire, un tombeau) la vulnérable et pullulante espèce des hommes, bonne pour être cueillie par les ogres insatiables dans les alvéoles des ruches citadines, comme autant de minuscules crustacés.
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Par chartel, le 23/02/2010
Le Professeur Froeppel de
Jean Tardieu
Les événements qui marquent le destin de la malheureuse humanité, en dépit de tous nos efforts pour leur imposer une signification, n’obéissent qu’à une seule loi : l’incohérence, et ne révèlent qu’un dieu : le hasard.
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Par Piling, le 06/07/2008
Première phrase du livre
L'accent grave et l'accent aigu de
Jean Tardieu
Incipit :
Mes outils d'artisan
sont vieux comme le monde
vous les connaissez
Je les prends devant vous :
verbes adverbes participes
pronoms substantifs adjectifs
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Le Tardieu de
Jean Tardieu
J'ose affirmer que quiconque
s'il est mort c'est qu'il a vécu
j'ose affirmer que j'existe
puisque je sais que je meurs.
(extrait de:Un solide bon sens)
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Le Tardieu de
Jean Tardieu
La corde on s'y pend, n'est-ce pas?
Et la pierre, elle vous tue?
(extrait de Le mot et la chose)
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Le Tardieu de
Jean Tardieu
Ecrire a-t-il dit, c'est dessiner et faire entendre.
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Le Tardieu de
Jean Tardieu
"Quoi qu'a dit?
-A dit rin
Quoi qu'a fait?
-A fait rin
A quoi qu'a pense
-A pense à rin..."
(extrait de La môme enfant)
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L'espace et la flûte. variations sur douze dessins de picasso. de
Jean Tardieu
"Moi je conjure moi je convoque
en moi je fais surgir qui je veux
je suis ventre creux l'espace
batteur de batteries froides
Silence autour des objets
mèche du fouet cobra joli
le tracé du ver dans le sable
toute explosion de planète
en air de flûte finit"
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Par brigetoun, le 03/07/2010
Les tours de Trébizonde : Et autres textes de
Jean Tardieu
Oui, sur les murs de mon théâtre, tachés de rouille griffés de rayures à peine discernables et de "bonhommes" en graffiti, des corolles bariolées font alterner ou se joindre un bleu promis plutôt que tenu, le vert puisé dans une mémoire profonde, le violet qu'il faut imaginer pour y croire. Avec les senteurs qu'ils suggèrent, ces pétales poudrés de pollen éclatent comme des sons, comme des cris et je n'ai pas à la cueillir, car ils sont, en moi, une réponse possible et victorieuse au blond sapin capitonné qui nous attend.
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Par chartel, le 23/02/2010
Le Professeur Froeppel de
Jean Tardieu
Blessons la langue pour sauver l’esprit ! Guerre aux vils correcteurs, aux protes attentifs et aseptiques ! Leurs rectifications tuent les vitamines de la pensée.