-
Par Chouchane, le 25/08/2011
Honecker 21 de
Jean-Yves Cendrey
(Description du patron de son club de gym !!) - Outre la disgracieuse particularité de marcher sur la tranche extérieure des pieds. Il avait la commune défaveur de se déplumer. L'acceptant manifestement mal, il s'infligeait une coiffure des plus singulières, et de fait attitrait l'attention sur ce qu'il désirait cacher. Confondant soins capillaires et taxidermie, il paraissait avoir affublé son crâne d'un gros oiseau mort en pleine parade nuptiale, gonflé, lustré, mais dont les ailes cendrées, si elles lui couvraient bien les oreilles, laissaient à nu l'obscène calvitie.
> lire la suite
-
Honecker 21 de
Jean-Yves Cendrey
Il se vomissait pour avoir été commun depuis toujours, et plus commun que jamais en cette pale et froide après-midi, si commun qu'il en était devenu... oui sordide, crasseux, grossier, immonde, inconvenant, indécent, oui infâme, malhonnête, obscène, ordurier, répugnant, oui abject de lâcheté, infect de bêtise, débectant, écœurant, exécrable, fastidieux, ignoble, incongru, banal ,quelconque, grossier, inélégant, médiocre, prosaïque, trivial, puant, vulgaire... tous les synonymes y passèrent.
> lire la suite
-
Par Athouni, le 21/03/2013
Le Japon comme ma poche de
Jean-Yves Cendrey
Du lexique utopique le mot voyage est sans doute celui dont le pouvoir d'attirance et d'illusion résiste le mieux à toutes les déconvenues. Les voyages de nos semblables et leur inventaire de lieux communs, leurs jonchées de photos idiotes, ne nous retiennent pas de multiplier les nôtres, ne nous dissuadent jamais - peut-être par esprit de vengeance - d'en infliger le récit, d'apporter les navrantes preuves matérielles de notre passage en des lieux pittoresques dont l'éloignement, plus il est grand, accroît le prestige de notre incursion dans le vaste monde de la superfluité.
> lire la suite
-
Honecker 21 de
Jean-Yves Cendrey
Il y a surtout qu'il est beaucoup tombé en panne pour quelqu'un qui n'a pas trente ans. Il a commencé tout petit avec des parents aussi malchanceux que dangereusement fatalistes. Cela engendra chez lui un tempérament anxieux compliqué d'un penchant à la superstition. Il a pris l'habitude de parler à ses voitures, de les encourager, mais aussi de conduire en priant la fatalité de se désintéresser de lui.
> lire la suite
-
Honecker 21 de
Jean-Yves Cendrey
Il s'imaginait dans un an ou deux, pas plus de trois dans le meilleur des cas, tapant du pied à un carrefour, feignant de partager la joie de sa progéniture, et il sentait la paternité lui faire des jambes de bois, des jambes qui gonflaient douloureusement avec cette pluie pénétrante - l'importun qui lui avait enfilé son manteau n'ayant pas poussé le sans-gêne jusqu'à le lui boutonner.
-
Honecker 21 de
Jean-Yves Cendrey
Ce qui les avait alertés, c'était d'avoir vu leur cercle amical soudainement animé lui aussi d'un frénétique mouvement d'acquisitions ménagères. Ils découvrirent chez beaucoup que l'esprit de leur intérieur aussi audacieux qu'il pouvait paraitre, le cédait en fait à une moutonnerie bourgeoise rajeunie, guidée par de somptueux magazines de décoration et leurs maîtres manufacturiers.
-
Par manoes, le 09/09/2010
Honecker 21 de
Jean-Yves Cendrey
Au coin d'en face c'est vrai c'est autre chose, c'est tout neuf et ça brille, mais ça ne sauve pas la rue. Ca vend pour des sommes astronomiques des baignoires sidérales, du mobilier martien, des luminaires intangibles et les marmites du futur. Ca monte et ça descend dans des machines de verre une clientèle clairesemée d'adeptes et d'obligés par leur rang social à des folies réfléchies. Ca fait aussi aller et venir quelques curieux, parfois un enfant blasé, et puis ça ferme à son heure sans que personne s'en aperçoive, et c'est aussi morne de nuit que ça l'était de jour - un casino glaçé.
> lire la suite
-
Honecker 21 de
Jean-Yves Cendrey
Une vie professionnelle n'est communément qu'un tissu de sottises mais à cet instant la sienne parut à Honecker d'un jute infâme, tout juste bon à faire des sacs de patates.
-
Honecker 21 de
Jean-Yves Cendrey
Honecker, qui avait si peu convaincu en s'improvisant gangster salarié de la téléphonie mobile, durant une mortifiante seconde détesta Turid. Elle préférait donner la réplique à un autre. Elle ne l'humiliait pas délibérément, mais par distraction. C'était pire : il n'existait pas. A côté de ce Danton hors d'âge, il n'existait pas.
-
Par manoes, le 09/09/2010
Honecker 21 de
Jean-Yves Cendrey
Afin de ménager sa susceptibilité prolétarienne de cadre supérieur au physique moyen, il lui fallait de temps à autre abandonner son poste, débrayer en catimini.