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Par Bartimeus, le 08/12/2010
Le Diapason des Mots et des Miseres de
Jérôme Noirez
Du plat de sa main gauche, il soulève sa verge, et ses doigts poussent ses bourses vers l'avant. Ses testicules ont pris une couleur de figue mûre. Déjà, ils ne lui appartiennent plus. Les fruits du diable ! Il place le tranchant du rasoir sous le garrot de cuir.
[…]
" Tranche ! "
Un geste. Rien de plus. Ni emphase ni labeur. La lame glisse contre le garrot.
Et ça tombe dans la paille. Presque pas de sang. La douleur, elle, ce n'est pas une douleur, plutôt un vertige, quelque chose qui saisit le corps tout entier, l'emporte.
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Par GiZeus, le 31/10/2010
Le Diapason des Mots et des Miseres de
Jérôme Noirez
On voudrait en avoir, on voudrait croire qu’on en a, de distincts, de précis, mais il faut, lorsque le jour chavire, se rendre à l’évidence : les souvenirs de notre petite enfance nous échappent pour toujours. C’est une chose plus délétère, plus indicible, et si je devais la nommer, cette chose vague, cette demi-conscience, je l’appellerai souvenance : fragrance de souvenirs, rêve de souvenir, souvenir de souvenirs, une mémoire de salpêtre, encore que, du salpêtre, où je vis, je n’en vois jamais, car où je vis, c’est un monde sec. J’essaye toutefois, dans la pénombre d’un soir de printemps, aux senteurs de terre humide et de mimosa, de capturer des bribes de cette mémoire, de compléter cette esquisse tracée avec une baguette torve, en m’astreignant à ne pas mentir plus que nécessaire.
La souvenance, c’est tout ce qui me reste de mes premières années qui font, lorsque je me retourne en moi-même, comme une flaque de chaleur mouillant le bitume d’une route rectiligne.
Finalement, je crains de devoir mentir un peu.
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Par Bartimeus, le 13/12/2010
Le Diapason des Mots et des Miseres de
Jérôme Noirez
Et puis y'a pas mort d'homme, malgré les apparences... Bon... elle est mignonne, cette Fanny... C'est vrai, j'ai constaté... Alors, entre deux battues, entre deux dictées de notes, bon... Un petit nichons, un petit cul, la main s'égare. On peut être prof de solfège, mais pas moins homme, c'est vrai... Je comprends... Je vais te dire, la fille de Tignard, celle qui redouble sa quatrième parce que la moitié de ses profs sont morts, ce qui fait que les cours, c'est plutôt pour les asticots. Bon... Gisselaine, elle s'appelle Gisselaine, deux trois fois, ma pauvre main a frôlé le fruit interdit... De l'attouchement subliminal pour ainsi dire... Toi, faut avouer, t'as abusé pour de vrai. On a la déposition ! Petit père, c'est pas dans l'egarement d'une chaude nuit d'été... C'est toutes les semaines depuis six mois. Bon... Elle dit qu'elle était consentante, mais tu sais bien que ça, c'est du vent. Va falloir t'expliquer, sérieusement, et t'appliquer, bien en rythme, staccato... En attendant, l'histoire avec Gisselaine, ça reste entre nous, hein ?
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Par Bartimeus, le 18/10/2010
Leçons du monde fluctuant de
Jérôme Noirez
«Dis-moi, chasseur, demanda soudainement le lapin, les cartouches, là... Il y a une poudre dedans, n'est-ce pas ?
— De la poudre noire, c'est exact.»
Les dents du lapin s'entrechoquèrent.
«De la poudre... Veux-tu m'en donner une ? Ou peut-être deux ?
— Tu veux faire quoi avec des cartouches ? Jouer au lapin chasseur ?»
[...]
Le lapin poussa fébrilement les billes de plomb qu'il jugeait trop grosses puis il enfonça sa truffe dans la poudre et prit une large inspiration.
«Mon dieu ! Tu es fou ! Ça ne se prise pas !
— Ça se prise ! La preuve ! s'exclama l'olukos avant d'éternuer un peu de sang. Mmmmm... C'est même... mmmmm... bon ! Kilampu ne m'avait pas fait goûter de cette poudre-là... Finalement je ne suis pas mécontent de vous avoir rencontrés.»
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Par Bartimeus, le 09/12/2010
Le Diapason des Mots et des Miseres de
Jérôme Noirez
Il y a un autre coup de feu qui ricoche sur le mur de béton doublé de fausses briques, puis un bruit assez étrange, celui que fait le verre en se fracassant sur un crâne, celui que fait un crâne en se fracassant sur du verre, et l'effusion mousseuse du sang et de la limonade.
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Par Bartimeus, le 08/12/2010
Le Diapason des Mots et des Miseres de
Jérôme Noirez
Là, dans la posture d'Atlas que le monde accable, il voit son entrejambe, le garrot, un peu de peau exsangue, et toujours le battant de la cloche du diable à demi raidi par l'afflux sanguin. Prêt à carillonner le vice, à sonner l'antéangélus...
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Par Myrinna, le 02/04/2010
Fleurs de dragon de
Jérôme Noirez
Par-delà, les montagnes, les dernières lueurs violacées du crépuscule s'estompent. La vallée plonge dans une obscurité d'encre que même les lanternes ont du mal à diluer.
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Par Elwings, le 01/07/2011
Fleurs de dragon de
Jérôme Noirez
- Mais comme on dit, il vaut mieux mourir emprisonné que vivre libre !
- C'est le contraire ...
- Ah, oui ... Il vaut mieux mourir libre que vivre emprisonné !
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Par Bartimeus, le 09/12/2010
Le Diapason des Mots et des Miseres de
Jérôme Noirez
D'ailleurs, Serge Agglo parle à toutes sortes de choses. Il connait le langage des tinettes, des pissotières, des mégots, des cendriers, des goulots, et des braguettes, donc. Il a des rudiments de parcmètre, de bouche d'égout, de sèche-main qui donne soif quand on lui cause. Je l'ai même vu se débrouiller en pigeon crevé et en panneau de limitation de vitesse grêlé de chevrotines.
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Par Bartimeus, le 14/12/2010
Le Diapason des Mots et des Miseres de
Jérôme Noirez
Le gars parait déstabilisé. La voix de Zangtumtum l'enveloppe, suave et parfaitement timbrée (arrondie dans ses graves, éclairée dans ses aigus). Elle n'a plus pour source unique les lèvres de l'interlocuteur, n'est plus la ligne reliant A à B, elle est devenue un essaim ubiquitaire, dynamique, synoptique. Sa volonté est celle d'une foule déterminée.