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Par Outis, le 28/05/2008
Dalva de
Jim Harrison
C’était cette période de la vie où l’on veut être comme tout le monde, même si l’on commence à comprendre que ce « tout le monde » n’existe pas et n’a jamais existé.
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Par Outis, le 14/04/2008
Légendes d'automne de
Jim Harrison
Perdre une femme n’est pas une défaite ; on perd une femme et voilà tout. Ca arrive à tout le monde... J’ai perdu ma femme lorsque j’étais encore jeune mais à cette époque-là, j’étais aussi encore très bête. Elle était moins bête que moi et c’est pour ça qu’elle est partie.
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Par Outis, le 28/05/2008
Dalva de
Jim Harrison
Ma mère défend une théorie du travail un peu alambiquée, qui selon elle lui vient de mon père, des grands-parents, des oncles, bref de la nuit des temps : d’instinct les gens veulent se rendre utiles ; ils ne pourraient supporter l’impitoyable quotidienneté de l’existence sans travailler du matin au soir. C’est l’oisiveté qui met la mort dans l’âme et provoque des névroses.
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Par Tampopo, le 22/01/2011
Une Odyssée Americaine de
Jim Harrison
Regarde la vérité en FACE, papa, tu n’as jamais été synchro AVEC maman. Quand elle s’inquiétait d’AVOIR un gros cul, tu lui REPONDAIS qu’il n’y a rien de mal à avoir un gros cul. Alors que tu aurais dû lui DIRE : “Vivian, ton CUL n’est pas si gros que çà.”
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En marge : Mémoires de
Jim Harrison
J'ai appris des autochtones américains que nous prouvons seulement notre appartenance à l'endroit où nous vivons sur terre en utilisant notre maison avec soin, sans la détruire. J'ai appris qu'on ne peut pas se sentir chez soi dans son corps, qui est la maison la plus authentique de chacun, quand on souhaite être ailleurs, et qu'il faut trouver par soi-même le lieu où l'on est déjà dans le monde naturel environnant. J'ai appris que dans mon travail de poète et de romancier il n'existe pas pour moi de chemin tracé à l'avance, et que j'écris le mieux en puisant dans mon expérience d'adolescent imitant les autochtones et partant vers une contrée où il n'y a pas de chemin. J'ai appris que je ne peux pas croire vraiment à une religion en niant la science pure ou les conclusions de mes propres observations du monde naturel. J'ai appris que regarder un pluvier des hautes terres ou une grue des ables est plus intéresant que de lire la meilleure critique à laquelle j'ai jamais eu droit. J'ai appris que je peux seulement conserver mon sens du caractère sacré de l'existence en reconnaissant mes propres limites et en renonçant à toute vanité. J'ai appris qu'on ne peut pas comprendre une autre culture tant qu'on tient à défendre la sienne coûte que coûte. Comme disaient les Sioux, "courage, seule la Terre est éternelle". Peu parmi les cent millions d'autres espèces sont douées de parole, si bien que nous devons parler et agir pour les défendre. Que nous ayons trahi nos autochtones devrait nous pousser de l'avant, tant pour eux que pour la terre que nous partageons. Si nous ne parvenons pas à comprendre que la réalité de la vie est un agrégat des perceptions et de la nature de toutes les espèces, nous sommes condamnés, ainsi que la terre que déjà nous assassinons.
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Par csapin, le 23/03/2011
Jim Harrison
Je n'ai pas d'espoir. L'espoir est en soi criminel. Le seul espoir, c'est de voter.
Aux Etats-Unis, nous en sommes au point où chaque Américain intelligent a été contraint de devenir le proctologue de l'anus putrescent du capitalisme effréné. C'est assez désagréable, d'autant que notre gouvernement nous a complètement lâchés. Nous avons été violés par la classe de nos dirigeants, et toute la communauté financière a manifesté le même sens moral qu'un cartel de la drogue mexicain.
George Bush, qui n'a jamais rien accompli sinon au service de sa propre classe, a commencé une guerre pour des raisons largement imaginaires, mais aussi en partie pour montrer à son père comment on s'y prend. C'est la crise oedipienne la plus coûteuse de tous les temps. Bush est sincèrement sidéré d'apprendre que les bombes intelligentes se révèlent à l'usage l'être beaucoup moins que les attentats à la voiture piégée. Même après Abou Ghraib, il s'étonne que le monde arabe ne nous aime pas. Bush et les autres escrocs de bas étage de notre gouvernement proposent 750 milliards de dollars pour renflouer la communauté financière, mais rien pour la sécurité sociale des enfants démunis.
Bien sûr, je suis poète et romancier, mais pas économiste ni l'un de nos innombrables nababs des médias qui pensent apparemment que parler, c'est penser. J'ai aussi remarqué que les politiciens n'aiment pas la bonne cuisine, car ils passent un temps fou à chier par la bouche.
Contrairement à la plupart d'entre nous autres, les proctologues amateurs, je ne reproche pas tout aux financiers et au Congrès. Je situe l'origine du désastre actuel dans notre système d'enseignement pourri et paresseux. Alors que je faisais des recherches pour écrire une longue nouvelle, j'ai récemment découvert qu'un pourcentage infime de nos étudiants, 10% au mieux, a une petite idée de l'endroit où ils se situent historiquement, géographiquement, géologiquement ou du point de vue de la botanique. Les adultes sont seulement des produits à peine améliorés du même système d'enseignement. Les gens âgés en savent davantage, car ils ont eu droit à un meilleur système. Les crétins étant incapables de reconnaître leurs semblables, ils ont voté deux fois pour George Bush et ses sbires. Les médias, pour la plupart méprisables, n'ont guère été d'une grande aide, car, jugeant la réalité tout à fait insupportable, ils font des pieds et des mains pour s'en tenir aux faits périphériques. Les médias en général se sont contentés de lécher les bottes des méprisables nouveaux riches qui, sans vergogne, nous dépouillaient de tout.
Ce matin, dimanche 19 octobre, j'ai entrevu une lueur* d'espoir. Colin Powell, un républicain, vient de déclarer son soutien à Obama. Barack Obama a été un étudiant extrêmement brillant à Harvard, notre meilleure université, alors que McCain est sorti parmi les derniers de sa promotion à l'école navale d'Annapolis. Quant à Palin, elle est issue d'un paragraphe répugnant de l'Ancien Testament.
Cette élection me plonge dans un tel désespoir que j'ai pour de bon envisagé de prier, peut-être de m'adresser à mon vénérable Odin, qui a deux de mes corbeaux bien-aimés posés sur les épaules. Nous sommes bien sûr nombreux à nous inquiéter d'une possibilité funeste : qu'Obama se fasse assassiner avant d'être élu.
Vers quelles consolations pourrais-je donc me tourner en ces temps de détresse, sinon vers le côtes-du-rhône, avec un petit verre de vodka en prime, sans oublier un peu d'antique poésie chinoise chaque matin, où nous autres humains sommes toujours présentés comme les victimes de nos dirigeants ? Bizarrement, je ne me suis pas vraiment soucié d'avoir perdu une bonne partie de l'argent mis de côté pour ma retraite. L'insécurité ne me menace pas, car je ne me suis jamais senti en sécurité. Je pourrais toujours prendre ma retraite en allant au crématorium. Bonne chance à vous, camarades proctologues ! J'avoue avoir dernièrement beaucoup parlé à mes chiens. Les chiens comprennent le monde grâce au langage des odeurs et les miens m'ont déclaré qu'il régnait dans tout le pays une affreuse pestilence qu'il fallait éradiquer.
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Par Tampopo, le 22/01/2011
Une Odyssée Americaine de
Jim Harrison
Elle aimait aussi écrire que mon père décédé aurait voulu que je réussisse, alors que lui n’avait jamais parlé de ce genre de chose, sinon pour dire que les gens qui réussissaient n’avaient pas une minute à consacrer aux activités essentielles de la vie, telle que la chasse, la pêche, la gnôle et les balades dans les bois.
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Par Tampopo, le 22/01/2011
Une Odyssée Americaine de
Jim Harrison
Écœuré par les livres et par l’enseignement, j’avais simplement voulu vivre la vie « naturelle » du paysan, laissant s’éteindre en moi la vie de l’esprit.
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En marge : Mémoires de
Jim Harrison
Combien de fois avons-nous entendu dire que cinq millions d'enfants se couchent tous les soirs en ayant faim ? Sans doute moins souvent que toutes les fois où nous avons lu ou vu des articles où l'on faisait l'éloge de la richesse.
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Par Tampopo, le 22/01/2011
Une Odyssée Americaine de
Jim Harrison
Le barman n’était pas occupé et nous avons parlé de Jack London. […] Je lui ai rétorqué que j’avais un jour allumé un feu de camp sous un pin couvert de neige et que, comme il fallait s’y attendre, la neige avait dégringolé de l’arbre et éteint mon feu. C’était une expérience littéraire. Mon anecdote a ravi le barman, qui a dit que la littérature était parfois une expérience dangereuse.
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Par Tisotte, le 29/08/2008
Dalva de
Jim Harrison
Réfléchir à Spinoza en pissant risque de vous faire rater la cuvette.
page 224
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Par Outis, le 14/04/2008
Légendes d'automne de
Jim Harrison
Il s’inquiétait surtout de la manière dont la structure démocratique commençait à avilir les gens plutôt que de les stimuler vers un certain altruisme. La structure ne tenait plus compte des objectifs pour lesquels elle avait été créée et cela était dû en partie – selon Nordstrom – au fait que tous les politiciens et tous les bureaucrates portaient des costumes.
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Par Outis, le 14/04/2008
Légendes d'automne de
Jim Harrison
Alors nous nous sommes livrés aux gestes habituels en ces circonstances et ce n’est qu’en nous trouvant l’un sur l’autre que je me suis soudain « réveillé » ; j’avais son derrière juste en face de mes yeux et me suis dit « Voilà ! C’est ça la réalité des choses ».
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Par Outis, le 08/04/2008
Légendes d'automne de
Jim Harrison
La prospérité acquise ne l’empêchait pas de se sentir victime de ces rêves bâtis à dix-neuf ans, à l’âge où chacun d’entre nous atteint son zénith de sottise idéaliste. Dix-neuf ans est l’âge du parfait fantassin qui acceptera de mourir sans un murmure, le cœur brûlant de patriotisme. C’est également l’âge auquel l’imagination naissante du poète s’élève à des hauteurs vertigineuses et où il subit avec une douleur heureuse les assauts de ce qui est le Dieu, en lui. C’est encore l’âge auquel une jeune femme a le plus de chances de se marier réellement par amour.
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Par Olaf, le 17/11/2011
Aristocrates sauvages de
Jim Harrison
Gary Snyder : "Les gens pensent souvent que l'art est la production humaine la plus hautement cultivée, disciplinée, organisée; or, s'il exige une longue préparation, l'art n'advient que si on laisse le sauvage y entrer.
Je me souviens de ce que Robert Duncan disait : "Pour que ce soit de la poésie, il faut à la fois de la musique et de la magie." Et la magie donne accès au sauvage. Il faut éteindre l'esprit calculateur!"
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Par saphoo, le 28/07/2011
Une Odyssée Americaine de
Jim Harrison
Je suis resté un moment dans la voiture pour réfléchir à cette matinée exceptionnelle où mon projet commençait à prendre forme. Je n’avais certes pas l’intention de devenir écrivain. Je suis beaucoup trop obsédé par les substantifs pour être écrivain. Ces gens-là doivent passer un temps fou à gonfler la périphérie des choses pour remplir un bouquin. Tous les jours, ils ont l’esprit obnubilé par leur travail, alors que je suis un simple marcheur.
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Par saphoo, le 28/07/2011
Une Odyssée Americaine de
Jim Harrison
Le monde avait acquis une netteté saisissante et j’ai décidé que la pluie était la chose la plus parfumée de la terre entière.
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Par Olaf, le 20/03/2011
En marge : Mémoires de
Jim Harrison
J’ai besoin d’entendre une serveuse me parler de ses problèmes avec sa Plymouth 1985. J’ai besoin de voir une jeune fille en robe verte remplir elle-même son réservoir d’essence par un après-midi torride du Nebraska. J’ai besoin de rendre visite à des clubs de strip-tease paumés où les femmes sont presque aussi moches que moi. J’ai besoin de l’insécurité des tempêtes de neige ou d’une voiture surchauffée quand il fait trente-neuf degrés à l’ombre dans le Kansas, de l’insécurité du cœur et de l’esprit tâtonnants loin de leur milieu habituel. Il est trop facile d’être sûr de soi, trop facile de savoir à tout instant ce qu’on fait, trop facile d’emprunter sans cesse le même chemin jusqu’à ce qu’il devienne une profonde ornière qui bientôt devient à son tour une tranchée insondable où vous ne voyez plus rien au-dessus du bord.
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Par Tampopo, le 22/01/2011
Une Odyssée Americaine de
Jim Harrison
C’était l’aube et mon cœur a bondi quand j’ai traversé le Mississippi pour passer du Wisconsin au Minnesota. L’État de l’Évangile, son oiseau est le huard commun, sa fleur, l’orchidée rose et blanche, sa devise, “L’Étoile du Nord” en français.
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Une Odyssée Americaine de
Jim Harrison
Ma dépendance précoce aux bouquins de Thoreau et d'Emerson m'a rendu beaucoup trop sensible à la brutalité du monde contemporain