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Par lehane-fan, le 04/02/2012
Dalva
de
Jim Harrison
Bon , on va pas se mentir , y a comme un méchant sentiment de frustration au final . Souvent comparé à Joseph Boyden que j'adore et inversement proportionnel à la tengente , j'esperais me perdre corps et ame dans une nature magnifiée , exacerbée . Je n'irais pas jusqu'à parler de perte de temps , restons honnete , mais le constat est bien là : déception !
Tel le petit galopin à la vue d'un grand huit tentaculaire , j'ai pris place dans ce wagonnet tentateur , gravissant lentement et inexorablement une pente qui , immanquablement , déboucherait sur un palpitant et enivrant plaisir de lecture . Livre terminé . Je pense en avoir appréhender les lignes directrices , si , si , ne soyez pas désobligeants . Et j'ai toujours cette vaine espérance d'un manege prometteur qui jamais ne me grisera .
Pourtant , au vu des critiques ditrhi , dihti , raaaaahhh , élogieuses , la trame historico-familiale s'avérait plaisante ! Des personnages forts , emblématiques et fouillés . De magnifiques paysages , véritables invitations au voyage et au dépaysement . Mais là ou le bat blesse , c'est cette profusion de détails , d'évenements circonstanciés qui , par manque de liant , ont fait que jamais au grand jamais je ne me suis senti concerné par ce récit . Véritable spectateur passif d'une histoire aussi fouillée que fouillie . Le style est enlevé et pourtant , cette surabondance de faits , cet éclatement narratif justifient pleinement cette absence d'empathie et d'implication de ma part . Un manque de sobriété pénalisant et faisant d'un bouquin chronophage un livre juste agréable...Dommage..
Dalva , 45 ans , femme libre hantée par un noir passé . 15 ans , déces de son pere en Corée . 17 ans , disparition de son grand-pere devenu alors tuteur et modele . Elle se verra également enlevé son fils des la naissance , fruit d'un amour interdit et contrarié . Sinon , tout va bien...
Michael , son petit ami du moment , plus prompt à la faire rire qu'à la faire jouir ( dixit l'auteur ) et féru d'histoire Amerindienne, la convainc alors de l'autoriser à mettre son nez dans les journaux de son arriere grand-pere . Dalva , quand à elle , est bien décidée à retrouver et renouer avec un fils qu'elle ne connait pas . Voilà le point de départ d'un drame familial se jouant sur quatre générations . Les voyages temporels s'enchainent . Les écrits apportent leur comptant de révélations historiques et familiales . Les pérégrinations de Michael , pur citadin laché dans un environnement hostile et au contact d'autochtones surprenants qu'il découvre , sont plutot jubilatoires . Le dénouement est sublime mais ne suffit pas à combler et faire oublier ces longs moments de solitude . Cette persistante sensation que le bouquin ne va jamais décoller...
J'avais sorti le canoé , m'attendant à etre balloté par des flots tumultueux ! Au final , ce triste sentiment d'avoir pagayé sur une mer d'huile en faisant du surplace...Ça devait monter...
Ce qui ne m'empechera pas , afin d'infirmer ou de confirmer une premiere impression plus que mitigée , d'attaquer Sur la Route du Retour...de flammes ! Qui sait ?
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Par keisha, le 20/01/2012
Dalva
de
Jim Harrison
D'une précédente lecture me restait le souvenir lointain d'une ferme du Middle West et d'une jeune fille enceinte du jeune homme qu'il ne fallait pas. Il n'est pas toujours judicieux de remuer la poussière du souvenir mais certains romans cependant se laissent autant apprécier à des années de distance. Ce fut le cas pour Dalva.
Bien difficile de résumer ce roman foisonnant à la narration éclatée et parfaitement maîtrisée. En 1986, Dalva a quarante-cinq ans, doit quitter la Californie pour fuir un type qui lui en veut de l'avoir dénoncé et revient dans le Nebraska et la ferme familiale où vit toujours sa mère Naomi. L'accompagne son ami du moment, Michael, qui l'a convaincue de lui laisser étudier les journaux de son arrière grand père Northridge en échange de la recherche du fils de Dalva qu'elle a dû abandonner à sa naissance.
Les aventures hilarantes de Michael au milieu des ploucs- pas si ploucs- du Nebraska alternent alors avec la découverte de l'arrière grand père, qui après la guerre civile, partit vers l'ouest comme, officiellement, missionnaire et botaniste. Mais les Sioux ne devinrent jamais agriculteurs et de toute façon, déplacés par le gouvernement, ne purent jamais posséder une bonne terre. Des pages poignantes du journal évoquent les guerres indiennes et la fin tragique de grands guerriers.L'arrière grand père de Dalva, fort riche d'ailleurs, finit par épouser une indienne, qui lui donne un fils, grand père de Dalva. Dans ce coin du Nebraska les familles descendant des Sioux, Suédois et autres sont souvent liées par le sang.
En dehors d'un passionnant retour dans l'histoire pas bien propre des Etats Unis se déroule l'évolution de Dalva, qui ne sera plus jamais une "jeune fille en pleurs" et réalise que "le souvenir n'est pas forcément synonyme de suffocation."
On l'aura compris, ce roman m'a enchantée, il doit se lire et se relire. Quelques beaux passages "nature", mais pas trop longs, je précise, ajoutent évidemment à l'intérêt que je lui ai porté. Un grand roman, oui.
Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-dalva-la-route-du-retour-...
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Par Thyuig, le 21/09/2010
La Route du retour
de
Jim Harrison
Une fois de plus un livre ardu, pas tant par sa forme - le journal intime de cinq personnages - que par la précision de l'écriture et dnc par là l'installation quasi clinique d'une forme de découpage systématique de la psychologie de chacun des personnages. Jim Harrison est un magnifique écrivain, quelque part entre Hemingway pour la force virile dégagée par sa prose et une sensibilité nettement plus à fleur de peau qu'il tiendrait d'un Stendhal ou peut-être même du Romantisme en son entier. C'est surtout un écrivain du doute, pas seulement dans sa matière propre mais davantage dans ce questionnement incessant concernant la faculté de l'être humain à vivre en communauté au sein de ses semblables. Vivre ensemble pose problème, il faut alors à cet homme libre (Nelse, JW Northbridge, paul) ou à cette femme libre (Dalva, Naomi) les plaines immenses de l'Arkansas, mais le Montana et ses montagnes ou le Nouveau-Mexique et ses canyons feraient aussi bien l'affaire.
"La route du retour" est un bouquin à la lecture ardue parce qu'il conclut une histoire d'amour entamée avec ces personnages dans "Dalva", qu'ils étaient tellement forts qu'un second livre était nécessaire, mais finalement, s'en débarrasser est paradoxalement plus difficile au moment de tourner la dernière page de ce second roman que de les avoir abandonnés au crepuscule du premier.
"La route du retour" n'a pas la force brute de "Dalva", nous sommes en terrain connu, apprivoisés aux grands espaces de liberté de cette chère Dalva, si bien que l'inéluctabilité de la chute nous apparaît dés lors comme un renoncement de Jim Harrison à fabriquer autre chose à partir de ces fabuleux personnages. Mais le voyage était magnifique, ne boudons pas notre plaisir, les écrivains qui jouent avec de tels nuages sont bien rares.
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Par Thyuig, le 22/11/2011
Retour en Terre
de
Jim Harrison
Donald va bientôt mourir, sa maladie incapacitante l'oblige déjà à rester coucher une partie de la journée, à manger de la bouillie, à ne plus pouvoir lire ou écrire. Nous connaissons déjà cette famille, rencontrée lors de l'incestueux "De Marquette à Veracruz", Harrison s'empare du deuil pour à nouveau confronter ses personnages : Cynthia, la parfaite femme de Donald, sa fille Clare, une image féminine de son père, Herald, son fils et bien entendu son frère David, quadragénaire excentrique et égocentrique.
Le roman prend la forme de quatre récits, d'abord celui de Donald nous expliquant son histoire, celle de son arrière grand-père, sa relation à la religion indienne, l'amour qu'il porte à sa femme et à ses enfants. Ensuite K, le fils de la première femme de David, prend le relais et nous décrit la preparation au deuil jusqu'à l'acte lui-même. Ces deux récits semblent se répondre directement et Harrion écrit là ses plus belles pages, 150 pages magnifiques, fortes et émouvantes.
Les deux récits, celui de David et de Cynthia sont moins réussis, d'abord parce que Donald est décédé et que finalement, l'histoire du livre aurait du se terminer avec son décés. Mais Harrison, comme avec Dalva dix ans plus tôt, éprouve le esoin d'en finir vraiment avec ses personnages. La mort de Donald confronte inéluctablement Cynthia à la solitude, elle dont la fuite du domicile parentale a toujours été soutenue par Donald, ou même Laurie. Harrison veut voir son personnage faire face et reprendre pied, c'est légitime mais ces pages sont les moins intéressantes du livre de même celles qui voient David retourner à ses tergiversations pour finir par revenir au Mexique y rencontrer Vera.
Magnifique roman sur le deuil et la maladie dans sa première partie, Retour en Terre s'égare sensiblement par la suite ais sans doute Harrison devait-il lui-aussi se préparer au deuil de ses personnages en les accompagnant quelques pages encore.
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Par carre, le 21/01/2012
Dalva
de
Jim Harrison
Dalva, c'est le portrait d'une femme libre de 45 ans, avec un 8ème de sang indien dans les veines commes elle aime à le dire qui nous transporte à travers les décennies du XXème siècle, c'est l'histoire aussi de Duane avec qui Dalva a eu un enfant à l'âge seize ans. Harrison livre un roman ambitieux, portrait de cette Amérique si chère à Harrison, celle des grands espaces et du peuple indien, meurtri, violenté mais fier et debout. D'une grande force narrative et poétique Dalva est une immense ode à la liberté, à la nature, à la vie. Magnifique.
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Par Stemilou, le 09/10/2011
Une Odyssée Americaine
de
Jim Harrison
Mes premiers pas avec Jim Harrison ont été extraordinaires, un voyage avec Cliff, un sexagénaire fraichement divorcé, blessé mais encore plein de vigueur et qui n’a pas l’intention de se laisser abattre, malgré un coup dur porté par son ex-femme : la vente de la ferme familiale du Michigan.
A travers cette odyssée, qui nous fera franchir les frontières de certains états des Etats-Unis, son ancienne vie refait surface de temps à autre, comment se débarrasser de tant d’années à vivre au rythme des saisons, et des cerisiers ? Difficile pour cet homme d’être « libre » de nouveau.
Son projet ? Traverser tous les états en se débarrassant à chaque frontière d’un morceau du puzzle des Etats-Unis qui l’accompagne. Il part donc à l’aventure avec un peu d’argent et l’adresse d’une ancienne élève, Marybelle, qui lui fera redécouvrir les joies du sexe et qui ne le laissera pas tranquille une seconde.
Un périple pendant lequel il rencontrera des personnages atypiques de l’Amérique d’aujourd’hui.
Un roman léger et détonnant, une intrigue minime mais le vieux Cliff nous tient en halène avec son franc parler et ses fréquents retours en arrière entre son frère handicapé et son mariage raté, on pourrait croire à une remise en question d’un jeune retraité barbant mais pas du tout, je me suis délectée de ces rencontres invraisemblables, de cette nature encore sauvage, et de cette envie de continuer à vivre car tout reste encore à découvrir.
Un petit régal !
Lien : http://stemilou.over-blog.com/article-une-odyssee-americaine-jim-harrison-862...
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Par Thyuig, le 03/09/2011
De Marquette à Veracruz
de
Jim Harrison
De Marquette à Veracruz serait peut-être bien le pendant masculin à dalva. Mais en moins fin. Non ? En plus grossier, plus laborieux, un soucis d'efficacité qui poindrait. Je ne sais pas. Dalva figure LA femme, mais David Burkett n'est en aucun cas l'homme. Il est cet être compliqué, coincé dans une hérédité glaçée qui reproduit depuis quatre génération la même identité au premier mâle de la famille. Le roman tente de déméler l'héritage, la transmission, les maux familiaux mais qui irait pleurer sur le sort d'un homme qui n'aurait passé sa vie qu'à se torcher le cul dans de la soie ? David Burkett est une énigme.
Autant Dalva, dont la situation financière ressemblait à s'y méprendre à celle de Burkett dégageait à chaque mot une empathie propre à mouiller à tout moment nos yeux de lecteur, autant nous restons spectateur de la déconfigure de David Burkett. De Marquette à Veracruz agit comme un miroir inversé à Dalva. On l'aime elle autant qu'on pourrait le détester lui. Curieux. ou alors ai-je un regard masculin sur cette histoire et des yeux de femme m'auraient garanti une plus grande acuité.
N'en demeure que le roman dérange dans sa réussite, car on le lit sans mal, y retrouvant même des moments d'une grace infinie souvent par ses magnifiques portraits de femmes déployés : Vernice, Vera, Riva, Cynthia, moins Polly et Laurie, mais tout de même, quel talent chez Harrison à mettre en avant toute la beauté de ces femmes. Ses femmes.
De Marquette à Veracruz emporte loin dans l'étude de l'hérédité, de la transmission et l'acceptation des fautes passées, de leur pregnance au présent, parasitant l'existence comme une tique qui continuerait éternellement à vous pomper le sang, vous la voyez grossir mais jamais vous n'oseriez l'arracher à votre peau de peur de mettre à nue sa cicatrice purulente.
Jim Harrison ou le grand écrivain du stigmate. Et comme il y a forcément une cicatrice dans l'acte d'enfanter, il est surtout cet écrivain qui parle des femmes.
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Par Thyuig, le 27/08/2010
Dalva
de
Jim Harrison
Dalva est un magnifique roman et Jim Harrison en est le parfait auteur. Il est le passeur idéal pour cette histoire de femme(s) tiraillées et balayées par trois hommes : un grand-père, un mari, un fils. Jim Harrison réussit à prendre son lecteur et de sa main, nous guide dans la vie de Dalva, héroïne presque idéale parce que totalement libre et humaine.
Il y a tellement de poncifs dans ce roman et dans cette chronique que seul le talent de l'auteur, la finesse de sa plume, l'excellence de son oeil à capter les situations, la detresse, a tendresse et la solitude du monde moderne, que seul le talent de l'auteur donc permet à l'ensemble de ne pas s'embourber dans la mélasse du Nebraska.
A lire en compagnie du "Nebraska" de Springsteen, de la voix cristalline d'Alela Diane ou de la non moins talentueuse Bosque Brown.
Grand roman que ce "Dalva" et qui connaît un ricochet dans "Sur la route du retour".
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Par carre, le 27/01/2012
Retour en Terre
de
Jim Harrison
Donald quarante-cinq ans, métis ( d'indien chippewas et de colon finlandais), marié à une blanche et père de deux enfants, immobilisé par la maladie sait que l'heure du grand départ est bientôt venue. Lui de nature peu disert va dicter à Cynthia son épouse l'histoire de sa famille et montrer ainsi l'attachement viscéral à cette terre et à ces traditions.
Harrison continue de conter avec brio le lien entre l'homme et la nature,
l'amour, le deuil, la maladie, la transmission, c'est toujours juste, chaleureux, tout n'est que délicatesse, profondement humain, on ferme les yeux (je sais c'est pas facile pour lire) et l'on se retrouve au milieu de cette nature encore inviolée et l'on écoute la belle et lanscinante musicalité de cet admirable auteur. Les légendes indiennes résonnent en nous.
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Par Carosand, le 08/12/2011
Légendes d'automne
de
Jim Harrison
J'ai été agréablement surprise de découvrir que :
- la première nouvelle correspondait à un film avec Kevin Kostner que j'avais adoré, une histoire d'amour tragique soulignée d'une poursuite vengeresse ;
- la deuzième nouvelle quant à elle m'a laissée indifférente tant le personnage est dénué d'attrait tant dans sa vie que dans sa tête ;
- la dernière est un chef d'oeuvre rendu vivant sous l'objectif américain dont le scénario curieusement se révelle être beaucoup plus étoffé.
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Par saphoo, le 28/07/2011
Une Odyssée Americaine
de
Jim Harrison
Une fois encore je me suis délectée par le style de Jim Harrison, son naturel et son audace à bousculer les phrases et les humeurs, un joyeux cocktail qui pétille et nous émoustille. Partir sur la route, enfiler des kilomètres, traverser les états un à un, et puis cheminer dans la pensée humaine, revenir sur son passé, notamment son petit frère handicapé mort noyé, analyser son mariage brisé, retrouver son fils, s’épancher sur la fougue d’une ancienne connaissance, pleurer la mort de son chien, et poursuivre encore cette route de la vie …
Je n’ai pas lu ce dont je m’attendais, mais contente d’avoir retrouvé Jim Harrison, il est étonnant, et j’aime chez lui, sa manière de lancer en pleine face sa pensée sans prendre quatre chemins. Son humour parfois acide, son cynisme décapant, mais aussi sa façon de s’émerveiller d’un rien, et malgré parfois son langage franc, il sait nous faire rêver de ces grands espaces américains.
Une critique de la société actuelle, notamment cette manie de se balader avec un téléphone greffé dans la paume de la main, ou au fond de sa poche tel un pistolet prêt à dégainer au moindre appel, les nouveaux cow-boy ! je compatis avec lui, un engin soit bien pratique mais toutefois un mouchard, un emmerdeur de première classe, un boulet, un mangeur de liberté… J’aurais tendance à faire comme lui :
« Soudain, je me suis senti mieux : par cette chaleur extrême, la vie sur la route proposait des pensées inédites, et la première m'a poussé à rejoindre les toilettes et mon motel, à lâcher le téléphone portable dans la cuvette et à tirer la châsse. J'ai savouré ce que Robert appelle « un visuel génial » : le tourbillon concentrique de l'eau, un léger frémissement lumineux, et tout au fond la mort inéluctable d'une créature électronique qui a à peine poussé un petit cri. Sayonara, fils de pute, comme on disait dans le temps. »
Page 149 : On dirait bien que tous les éléments de notre culture marinent dans un grand sac plastique et que ces ingrédients sont profondément suspects.
Beaucoup de références littéraires dans ce livre, normal, Cliff était professeur de lettres, un bel hommage à Thoreau par exemple.
Page 157 : Je me suis rappelé que quarante ans plus tôt, pour un cours de littérature, mon professeur avait invité son mentor de Harward, qui avait déclaré : “Au royaume de l’imagination absolue, nous restons jeunes jusque tard dans la vie.”
Page 163 : Entre de brefs trajets en voiture, j’avais marché sur de nombreuses plages et, obnubilé par l’océan, oublié de déjeuner. Je venais de faire ma plus longue balade à Point Reyes, où j’avais observé un groupe de phoques à l’évidence jeunesse qui ne me quittaient pas des yeux. Adossé à un rocher, j’ai sombré dans les bras de Morphée et ils se sont approchés tout près de moi. Tout doucement, je leur ai dit “Salut” me demandant si la pensée et les rêves des phoques n’étaient pas entièrement immergés dans ces rythmes océaniques que je trouvais moi-même si apaisants. J’avais lu quelque part que les requins mangent les phoques, mais ce n’est pas un sort si tragique comparé à un séjour de longue durée dans une salle de cancérologie.
Parfois il nous étonne par ses pensées, sa nostalgie :
Page 187 : Qui suis-je pour que la vie me déçoive ? Cette question me gêne. J’entends d’ici papa crier : “Arrête tes foutes jérémiades !” J’ai l’impression que mes parents meurent plusieurs fois par semaine en moi. Ils s’en vont avec une nuée d’oiseaux de nuit fuyant à tire d’ailes, disons des engoulevents qui prennent leur essor au crépuscule. Tout compte fait, mon frère Teddy était la personne la plus heureuse que j’aie jamais connue. Il n’avait pas beaucoup d’aptitude pour parler, mais il adorait la musique. Quand maman mettait la radio afin d’écouter de la musique classique, Teddy chantonnait des syllabes dépourvues de sens. C’était un vrai fan de Mozart, et dans toute la cuisine ou au salon il dansait comme un fou en écoutant Mozart. Au début je n’avais pas une grande passion pour les oiseaux, mais, assis sur le canapé près de Teddy, j’ai si souvent regardé avec lui les livres consacrés aux oiseaux que j’ai appris à bien les connaître. Quand Teddy se mettait à sentir mauvais, c’était souvent parce qu’il gardait dans sa poche un oiseau mort trouvé dans le jardin ou la forêt. Je pensais à tout ça en franchissant le long pont à étages en direction d’Oakland, ce même pont qui s’était écroulé des année plus tôt lors d’un tremblement de terre. Je me disais que, si Teddy avait eu assez de ressources pour développer une attitude souveraine envers la vie, pourquoi n’en serais-je pas capable à mon tour ?
Page 200 : “Une femme allongée dans un hamac est toujours fidèle, a déclaré Bert. C’est une question de physique, pas de morale.” Sous la lampe et la lumière de la véranda qui éclairaient son visage, Bert faisait plus vieux que son âge. Je me suis dit que c’était probablement dû aux presque quarante années passées à crapahuter dans le désert. Il avait enseigné un moment à l’université locale, mais avait bientôt été “libéré” pour acquérir le statut e scientifique indépendant. J’ai alors supposé que moi aussi je devais certainement lui paraître vieux. Quand on passe le plus clair de son temps au grand air, on n’a guère de chance d’avoir le visage aussi lisse qu’un présentateur télé.
Page 209 : Le monde avait acquis une netteté saisissante et j’ai décidé que la pluie était la chose la plus parfumée de la terre entière.
Page 233 : Je suis resté un moment dans la voiture pour réfléchir à cette matinée exceptionnelle où mon projet commençait à prendre forme. Je n’avais certes pas l’intention de devenir écrivain. Je suis beaucoup trop obsédé par les substantifs pour être écrivain. Ces gens-là doivent passer un temps fou à gonfler la périphérie des choses pour remplir un bouquin. Tous les jours, ils ont l’esprit obnubilé par leur travail, alors que je suis un simple marcheur.
En résumé, une belle lecture même si je suis convaincue que ce n'est pas le meilleur de Jim Harisson, pourtant un régal de le lire, le découvrir.
Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2011/07/28/21684163.html
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Par benjamin_trout, le 15/06/2011
Une Odyssée Americaine
de
Jim Harrison
En lisant Retour en terre, je m'étais dit que Harrison vieillissait et, qu'un jour, il allait mourir. Mais peut-être pas. Un odyssée américaine, c'est un cadeau de Big Jim pour ses lecteurs, une nouvelle de Chien Brun, personnage récurent de l'auteur aux moeurs débridées, étalée sur un roman entier. Jubilatoire.
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Par carre, le 28/01/2012
L'Eté où il faillit mourir
de
Jim Harrison
Big Jim revient avec un recueil de novellas, genre qu' Harrsion affectionne (rappelez-vous les magnifiques "Légendes d'Automne"). La première, ma préférée, nous permets de retrouver Matin Brun héros-fétiche de l'auteur dans une formidable ode à la désobéissance. Un régal. Les deux autres sont bien sur tout aussi attachantes, drôles, mélancoliques. avec comme toujours un grand bol d'air dans les grands espaces sauvages du Nord Michigan. Epicurien, libre, loin de notre civilation qui marche sur la tête un sacré bonhomme, un sacré écrivain.
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Par nougat65, le 20/01/2012
Légendes d'automne
de
Jim Harrison
J'ai découvert Jim Harrison par la lecture de son roman "Une odyssée Américaine" : quelle erreur ! Cette "odyssée" ne m'avait pas convaincu et j'étais plus que septique en lisant les critiques enthousiastes des lecteurs fan de Jim Harrison. Et puis je me suis plongée dans la lecture de ce sublime roman "Légendes d'automne" : une vraie rencontre ! Un style d'écriture soignée et âpre à la fois, de la passion, des grands espaces, de l'aventure et des personnages hauts en couleurs...De la poésie au détour de chaque page, les héros sont révoltés, remplis de rage, emportés par leur désir de vengeance ou de liberté. Chose rare, je trouve que l'adaptation cinématographique de "légendes d'automne" est aussi puissante et réussie que la nouvelle dont elle s'inspire (tout en étant très différente). A la lecture de ce roman on chevauche avec Tristan dans les plaines envoutantes du Montana, on doute et on fait le point sur les priorités de l'existence avec Nordstrom et on assiste médusé à la tragédie des amants sous la chaleur du désert Mexicain...Magique !
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Par mariech, le 04/09/2011
Une Odyssée Americaine
de
Jim Harrison
Un moment de bonheur cette traversée des différents états des Etats - Unis en compagnie de Cliff , un beau roman sur la capacité de l'homme à rebondir même après des moments éprouvants de la vie . Jim Harrison nous montre que tout n'est jamais perdu , que l'espoir est toujours présent pour les gens de bonne volonté , un formidable hymne à la vie , on a envie de passer notre vieillesse sur les routes avec quelqu'un comme Cliff , oui nous pouvons agir de façon positive sur notre vie .
Merci à ce grand écrivain qui sait toucher ses lecteurs de la vieille Europe . Jubilatoire .
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Par Thyuig, le 27/08/2011
Nord-Michigan
de
Jim Harrison
Joseph va perdre sa mère. Joseph a perdu son job. Joseph perd son temps à trop boire et perd ainsi l'occasion d'être lucide sur tous ces événements. Nord-Michigan conjugue le déclin à tous les temps et accompagne sur moins d'un an la déchéance d'un homme.
Bien évidemment, Jim Harrison incise des blessures au corps de son personnage, Joseph a une jambe mutilée, passée dans une débardeuse à bois. Voilà alors cet estropié, qui ne participera donc pas à la seconde guerre mondiale, qui sur une saison voit son monde s'écrouler. Harrison parle de dépression et comme souvent de deuil, toujours en s'appuyant sur la richesse simple d'un paysage de forêt et sur la liberté spatiale des hommes qui cultivent la terre. Harrison construit un grand roman avec Nord-Michigan qui partait pourtant d'une situation simple :
Joseph, le mutilé, l'alccolique, le sans-emploi, le célibataire, le malheureux, le solitaire, l'endeuillé.... Joseph voulait voir l'océan.
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Par Aela, le 09/02/2011
Légendes d'automne
de
Jim Harrison
"Légendes d'automne" apporta à Jim Harrison la gloire. C'est son ami l'acteur Jack Nicholson qui, en 1979, lui permit de terminer ce livre en lui prêtant de l'argent.
C'est un volume contenant trois nouvelles se situant dans trois lieux et époques très différents: le Mexique actuel, les Etats Unis ou la première guerre mondiale pour la dernière nouvelle. Les héros sont très différents: Cochran tombe amoureux de la femme de son ami, Nordstrom le quadra se reconvertit professionnellement dans le secteur culinaire et Tristan le vétéran de la première guerre n'arrive pas à apaiser ses démons après les horreurs qu'il a vécues pendant la guerre.
Toutefois, un fil conducteur donne une impression d'unité et d'harmonie: ce sont dans chaque cas des hommes déchus que Jim Harrison met en scène, des hommes qui font face à la souffrance et à la violence du monde et qui n'ont d'autre choix que survivre. "Legends of the Fall" pourrait alors se traduire aussi bien par "légendes d'automne" que par "légendes de la chute".
Un autre fil conducteur serait le rôle positif joué par les "native Americans" les Amérindiens, qui apparaît en filigrane dans ces trois récits. Ainsi Tristan, le soldat américain venu faire la guerre en Europe se sent plus proche de l'Indien Un coup que de son père sans doute parce que Un coup l'a initié aux rites de sa culture amérindienne. En effet Jim Harrison n'a cessé de lutter pour la reconnaissance des droits des "native Americans".
Une très belle oeuvre, un grand souffle épique, à lire et à relire.
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Par Tisotte, le 29/08/2008
Dalva
de
Jim Harrison
Le roman de l'Amérique. Jim Harisson tient toutes ses promesses, et pourtant, j'en avais entendu sur ce livre : le plus beau de tous les temps, le meilleur que j'ai jamais lu, etc. Eh bien, je n'ai pas été déçue. Du style, des idées, de l'humour, tout pour plaire. Un grand moment de lecture et, osons le mot, de littérature...
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Par valdemosa38, le 04/12/2011
Une Odyssée Americaine
de
Jim Harrison
Voilà ...Encore un Jim Harrison. Faut dire que je suis une inconditionnelle. Bon ou pas bon ,je llis toujours le dernier Jim Harrison qui sort en poche .Donc j'ai un an de décalage , ce qui me permet de me régaler à l'avance car je sais déjà qu'il y aura un autre Harrison en poche....
Le terme d'Odyssée fait bien sur penser à Ulysse mais alors quel drole d'Ulyse. Sans parler de la pénélope qui l'accompagne....
Cliff a soixante ans . Le plupart des gens pensent qu'à soixante ans ...on se calme et on prépare la grande glissage sans broncher ...mais voilà Cliff se retrouve sans rien.Sa femme demande le divorce ,récupère sa ferme , la revend , le met dehors et vogue la galère.
Pour couronner le tout ,sa chienne est morte peu de temps avant .
Quelle motivation Cliff va t il trouver pour repartir dans la vie ?.. Complètement désorienté ,il prend sa vieille voiture, un vieux puzzle des USA qu'il jette sur le siège arrière et il part à la conquête des USA en jettant dans chaque état concerné une pièce du puzzle.Lui qui s'est toujours levé aux aurores pour s'occuper de sa ferme continue sur le même rythme ,incapable de changer ses habitudes .
Bon,je ne vais pas tout vous raconter .....
Je suis fan , bien sur , toujours .Peu importe les critiques, ce type me bouleverse. Je sais ...on pourrait croire qu'il ne parle que de cul et de bouffe mais ce serait vraiment une lecture superficielle car il parle aussi de son attachement à la vie qu'elle se manifeste dans l'oeil d'un chien , le cul d'une femme ou les feuilles d'un buisson qui bruissent ,c'est de la vie toujours et de l'émotion qui le traverse à chaque fois que cette vie se fracasse en lui. moi je suis touchée ,touchée ,touchée....
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Par bvb09, le 18/11/2011
De Marquette à Veracruz
de
Jim Harrison
J´ai lu ce livre il y a quelques années déjá mais je me souviens d´une plongée dans la nature et dans l´Amérique des grands espaces. L´histoire m´avait intéressée et fait passer un excellent moment de lecture. Jim harrison aime la chasse la pêche et les femmes et celà se ressent dans ce livre.