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Par TwiTwi, le 14/12/2009
Le Parlement des fées, Tome 2 : L'Art de la mémoire de
John Crowley
L'Art de la Mémoire pouvait tracer un plan de son passé et y attribuer une place pour chaque chose, mais il n'aurait pu lui restituer ces sensations dans leur plénitude : ces odeurs, douces, moites, vivifiantes, comme si l'air avait une texture liquide et claire ; le son constant, dépourvu de nom, qui emplissait l'atmosphère, murmurant à son oreille assourdie, émaillée de chats d'oiseaux ; le sens du volume lui-même, des distances lointaines et des distances moyennes faites de lignes et de groupes d'arbres aux feuilles nouvelles et du roulement des vagues de la terre.
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Par TwiTwi, le 14/12/2009
Le Parlement des fées, Tome 2 : L'Art de la mémoire de
John Crowley
"En route !" dit la voix de sa Mémoire lorsque la main de sa Mémoire se posa de nouveau sur les rênes et que Hawksquill fut bien en selle. En route ils se mirent, vastes ailes battant à travers le Temps. Ils traversèrent des océans de Temps cependant que Hawksquill réfléchissait ; et puis son coursier plongea, sur son ordre, sans hésiter ni sourciller, dans le ciel méridional en dessous du monde, ou bien dans les eaux australes sombres et limpides - en tout cas vers l'endroit où reposent tous les âges passés, la Douce Ogygie.
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Par Zazette97, le 24/11/2009
Le Parlement des fées, Tome 1 : L'orée des bois de
John Crowley
Elle lui avait tout donné. Elle-même. Pourquoi aurait-elle du lui donner autre chose? Et pourtant, alors même qu'il le disait, il se souvint du véritable cadeau qu'elle lui avait offert lors de leur nuit de noces. "Elle m'a donné son enfance", dit-il fièrement. "Parce que je n'en avais pas une à moi. Elle a dit que je pourrais m'en servir chaque fois que je le voudrais." p.156
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Par TwiTwi, le 29/11/2009
Le Parlement des fées, Tome 1 : L'orée des bois de
John Crowley
Elle en était bien évidemment certaine : marchant par de beaux matins lumineux, impatientes et alertes, attendant d'être guidées et sentant (en même temps, au même instant) le tournant qu'elles devaient emprunter, qui conduirait à un endroit où elles n'avaient jamais été mais qu'elles trouveraient intensément familier, un endroit qui vous prenait par la main et disait Nous sommes là. Et il fallait détourner les yeux, et ainsi vous les voyiez.
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Par TwiTwi, le 14/12/2009
Le Parlement des fées, Tome 2 : L'Art de la mémoire de
John Crowley
Au bon vieux temps où les sondages avaient été aussi communs que les perquisitions l'étaient désormais devenues, les sondeurs demandaient aux spectateurs pourquoi ils appréciaient les bizarres tourments des soaps operas, ce qui les gardait accrochés à l'histoire. La réponse la plus courante était qu'ils aimaient les soap opéras parce que ceux-ci étaient comme la vie.
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Par TwiTwi, le 14/12/2009
Le Parlement des fées, Tome 2 : L'Art de la mémoire de
John Crowley
Puis Alice marcha seule là où le sol humide était marqué du cercle sombre de leur sarabande, ses jupes traînant, mouillées, dans les hautes herbes étincelantes. Elle pensa que si elle l'avait pu, elle aurait escamoté ce jour d'été, cette unique journée, juste pour lui ; mais il n'aurait point aimé qu'elle le fasse et puis elle ne pouvait de toute manière pas accomplir une telle chose. Aussi, choisit-elle plutôt de faire de ce jour, car cela elle le pouvait, le jour de son anniversaire, un jour d'une brillance si parfaite, un matin si neuf, un après-midi si infini, que le monde entier s'en souviendrait pour l'éternité.
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Par TwiTwi, le 14/12/2009
Le Parlement des fées, Tome 2 : L'Art de la mémoire de
John Crowley
Le parfum de Lilas fleurait bon la neige et la terre et les fleurs. "Quelle surprise", commença à dire Sophie, mais elle ne pu terminer sa phrase, car des larmes de chagrin et d'émerveillement s'envolèrent de sa gorge sous les mots, emportant avec eux tout ce qui avait été refusé à Sophie et tout ce qu'elle s'était refusé elle-même durant ses longues années. Elle se mit à pleurer. Lilas, elle-même surprise à présent, faillit s'écarter d'elle, mais Sophie la retint ; aussi lui caressa-t-elle le dos pour la réconforter.
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Par Zazette97, le 24/11/2009
Le Parlement des fées, Tome 1 : L'orée des bois de
John Crowley
Exceptez-vous Barbeule de prendre Daily Alice si pressante pour épouse, ivrement et sans crainte, pour l'ailleurs et pour le rire, dans l'âge au delà de l'heure, et de vous jurer fidélité aussi, tant c'est juste que la mort vous épargne?" Il leva les yeux d'un air interrogateur.
"Oui" dit Smoky. "Moi aussi" dit Daily Alice.
"Les agneaux", dit le Dr Word. "Je vous éclaire, punis par les liens sacrés du mariage."
Aaaah, s'enthousiasmèrent tous les invités de la cérémonie avant de s'éparpiller en murmurant. p.115
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Par TwiTwi, le 29/11/2009
Le Parlement des fées, Tome 1 : L'orée des bois de
John Crowley
J'ai rêvé que j'avais trouvé un moyen de mettre de côté le temps que je ne voulais pas gaspiller, pour pouvoir l'utiliser quand j'en aurais besoin. Comme le temps qu'on passe dans la salle d'attente du docteur, ou celui qu'on perd à revenir d'un endroit où on préfèrerait ne pas aller, ou à attendre le bus - tous ces petits espaces inutiles. Et bien il suffisait de les attraper et de les replier, comme des cartons à jeter, pour qu'ils tiennent moins de place.
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Par TwiTwi, le 14/12/2009
Le Parlement des fées, Tome 2 : L'Art de la mémoire de
John Crowley
La Terre roulait sur sa rotondité, inclinant le petit parc où s'asseyait Auberon un, deux, trois jours de plus vers la face immuable du soleil. Les jours chauds devenaient plus fréquents, et même s'ils ne collaient jamais parfaitement aux progrès réguliers de la terre, la chaleur se faisait déjà plus constante, moins fuyante, pour bientôt ne plus jamais devoir s'éclipser.