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Par megawan, le 23/05/2013
Rossinante reprend la route de
John Dos Passos
On l'a mis en terre par un horrible après-midi
De Juillet, sous un soleil de feu.
A un pas de la tombe ouverte,
Il y avait des roses aux pétales pourris
Parmi des géraniums au parfum âcre,
Aux fleurs rouges. Un ciel
De pur azur. Et le vent
Soufflait vif et sec.
Le cercueil suspendu à de grosses cordes
A été lentement, pesamment descendu
Par les deux croque-morts
A l'intérieur de la fosse.
Et en touchant le fond, il a rendu un son
Solennel, dans le silence.
Le bruit du cercueil contre la terre
Est quelque chose d'affreusement sérieux.
Sur la bière noire s'écrasaient les mottes
En poudre lourde et sombre.
L'air se remplissait de l'haleine blanchâtre
Qui montait de la tombe.
Et toi, sans ombre désormais, repose et dors,
Longue paix à tes os.
Maintenant à tout jamais,
Dors d'un vrai sommeil, dors d'un sommeil
paisible.
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Manhattan transfer de
John Dos Passos
- Je sais que chaque phrase, chaque mot, chaque signe de ponctuation qui paraît dans la presse publique est épluché, révisé, raturé dans l'intérêt des actionnaires, et de ceux qui publient les réclames.
(N. B. : Plus que jamais d'actualité...)
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Manhattan transfer de
John Dos Passos
- Papa, pourquoi est-ce que nous ne sommes pas riches ?
- Il y a beaucoup de gens plus pauvres que nous, Ellie... Tu n'aimerais pas davantage ton papa s'il était riche, n'est-ce pas?
- Oh! si, bien sûr, papa.
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Manhattan transfer de
John Dos Passos
- Le fait est qu'un honnête homme ne voudrait pas se salir les mains dans la politique et il n'est guère incité à embrasser les carrières publiques.
- C'est vrai, un homme d'aujourd'hui veut plus d'argent, a besoin de plus d'argent qu'il n'en peut gagner honnêtement (...).
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Par Orphea, le 01/11/2010
Manhattan transfer de
John Dos Passos
ROULEAU A VAPEUR
Le crépuscule arrondit délicatement les angles droits des rues. L'obscurité pèse sur la ville d'asphalte fumant, écrase les châssis des fenêtres, les réclames, les cheminées, les réservoirs, les ventilateurs, les échelles de sauvetage, les moulures, les ornements, les cannelures, les yeux, les mains, les cravates. Elle en fait des masses bleues, d'énormes blocs noirs. Sous le rouleau compresseur, plus fort, toujours plus fort, les fenêtres laissent échapper de la lumière. La pression de la nuit fait jaillir du lait brillant des lampes à arc, comprime les blocs sombres jusqu'à en faire dégoutter de la lumière rouge, jaune, verte, dans les rues où les pas résonnent. Tout l'asphalte suinte de la lumière. De la lumière gicle des réclames sur les toits, tourne vertigineusement dans les roues, colore des tonnes roulantes de ciel.
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Par Orphea, le 01/11/2010
Manhattan transfer de
John Dos Passos
MÉTROPOLE
Il y avait Babylone et Ninive. Elles étaient construites en briques. Athènes était toute de colonnes de marbre et d'or. Rome reposait sur de grandes voûtes en moellons. A Constantinople, les minarets flambent comme de grands cierges, tout autour de la Corne d'Or...L'acier, le verre, la brique, le béton seront les matériaux des gratte-ciel. Entassés dans l'île étroite, les édifices aux mille fenêtres se dresseront, étincelants, pyramides sur pyramides, sommets de nuages blancs au-dessus des orages.
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Par sarasvati, le 18/07/2010
Manhattan transfer de
John Dos Passos
p.199/Red light.Bell.
A block deep four ranks of cars wait at the grade crossing, fenders in taillights, mudguards scraping mudguards, motors purring hot, exhausts reeking, cars from Babylon and Jamaica, cars from Montauk, Port Jefferson, Patchogue, limousines from Long Beach, Far Rockaway, roadsters from Great Neck...cars full of asters and wet bathingsuits, sunsinged necks, mouths sticky from sodas and hotdawgs...cars dusted with pollen of ragweed and goldenrod.
Green light. Motors race, gears screech into first. The cars space out, flow in a long ribbon along the ghostly cement road, between blackwindowed blocks of concrete factories, between bright slabbed colors of signboards towards the glow over the city that stands up incredibly into the night sky like the glow of a great lit tent, like the yellow tall bulk of a tentshow.
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Par chartel, le 12/09/2007
L'Initiation d'un homme, 1917 de
John Dos Passos
C’était juste derrière les tranchées de deuxième ligne, qui zigzaguaient entre le gros abcès de glaise humide, retournée, le long de la crête d’un petit coteau. L’autre jour il y était allé, il avait grimpé dans l’argile boueuse à l’endroit où le boyau s’était affaissé, et à fleur de terre il avait regardé pendant une ou deux longues, anxieuses minutes l’enchevêtrement de tranchées et le terrain défoncé, gangrené, dans la direction des avant-postes allemands. Et tout au long de ces entailles irrégulières, dans l’argile fangeuse, étaient placés des hommes aux jambes et aux pieds énormes à force d’être bottés de glaise, des hommes à la face gris verdâtre, couturée de rides par la tension continue, la peur et l’ennui, aussi défigurés que l’était le coteau balafré par les tranchées et les trous d’obus.
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Par Orphea, le 01/11/2010
Manhattan transfer de
John Dos Passos
EMBARCADÈRE
Trois mouettes tournent au-dessus des caisses brisées, des peaux d'oranges, des trognons des choux pourris qui flottent entre les palissades disjointes. Les lames verts écument sous la proue arrondie du bac qui, portée par la marée, écrase, engloutit l'eau brisée, glisse et, lentement, accoste à son embarcadère. Des treuils tournent avec un bruit de chaînes ; des herses se relèvent ; des pieds franchissent le vide. Dans le tunnel en bois de l'appontement où règne une odeur de fumier, des hommes et des femmes se pressent, écrasés, bousculés, comme des pommes qu'on fait rouler dans un pressoir.
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Manhattan transfer de
John Dos Passos
-Que voulez-vous, tout le monde a sa part de malheur.
-Y en a qui l'ont tout le temps, m'sieu...