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Citations de John Fante (55)


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  • Par alicejo, le 22/04/2010

    Mon chien stupide de John Fante

    Stupide était la victoire, les livres que je n'avais pas écrits, les endroits que je n'avais pas vus, la Maserati que je n'avais jamais eue, les femmes qui me faisaient envie, Danielle Darrieux, Gina Lollobrigida, Nadia Grey. Stupide incarnait le triomphe sur d'anciens fabricants de pantalons qui avaient mis en pièce mes scénarios jusqu'au jour où le sang avait coulé.

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  • Par deb, le 20/01/2009

    Mon chien stupide de John Fante

    Il m'a vraiment dit ça. Merci pour tout. Merci pour l'avoir engendré sans lui avoir demandé la permission. Merci pour l'avoir fait entrer de force dans un monde de guerre, de haine et de fanatisme. Merci pour l'avoir accompagné à la porte d'écoles qui enseignaient la tricherie, le mensonge, les préjugés et les cruautés en tous genres. Merci pour l'avoir assommé d'un Dieu auquel il n'avait jamais cru, de la seule et unique Église -que toutes les autres soient damnés. Merci pour lui avoir inculqué la passion des voitures qui provoqueraient peut-être un jour sa mort. Merci pour un père qui écrivait des scénarios médiocres, histoires d'amour à l'eau de rose ou bagarres dans lesquelles les bons avaient toujours le dernier mot. Merci pour tout.

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  • Par Penelope, le 03/12/2010 Première phrase du livre

    Bandini de John Fante

    Il avançait en donnant des coups de pied dans la neige épaisse. Un homme dégouté. Il s'appelait Svevo Bandini et habitait à trois blocs de là. Il avait froid, ses chaussures étaient trouées. Ce matin-là, il avait bouché les trous avec des bouts de carton déchirés dans une boîte de macaroni. Les macaronis de la boîte n'étaient pas payés. Il y avait pensé en plaçant les bouts de carton dans ses chaussures.
    Il détestait la neige. Il était maçon, et la neige figeait le mortier entre les briques qu'il posait. Il rentrait chez lui en se disant que c'était absurde.

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  • Par iti1801, le 11/08/2009

    Demande à la poussière de John Fante

    Assassin ou barman, barman ou écrivain, qu'importe : son sort était le sort de tous, sa fin ma fin ; et ce soir dans cette cité de fenêtres éteintes il s'en trouvait des millions comme lui et comme moi, aussi impossibles à différencier que des brins d'herbe mourante. C'était déjà assez dur comme ça de vivre, mais mourir c'était la tâche suprême. Et Sammy allait bientôt mourir.

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  • Par Piling, le 16/08/2008 Première phrase du livre

    Le vin de la jeunesse de John Fante

    incipit :
    Il y avait une vieille malle dans la chambre de ma mère. Je n'ai jamais vu une malle aussi vieille. C'était une de ces malles à couvercle rond aussi gros que la bedaine d'un obèse. Tout au fond, sous des vêtements de mariage qu'on n'utilisait jamais parce que c'étaient des vêtements de mariage, sous de l'argenterie qui ne servait jamais parce que c'était un cadeau de mariage, sous une kyrielle de rubans fantaisie, de boutons, de certificats de naissance, sous ce fouillis se trouvait une boîte qui contenait les photos de famille. Ma mère ne permettait à personne d'ouvrir cette malle, dont elle cachait la clef. Mais un jour j'ai découvert la clef. Elle était caché sous un angle du tapis.

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  • Par Morgouille, le 13/05/2010

    Demande à la poussière de John Fante

    Ses cheveux coulaient sur l’oreiller comme une bouteille d’encre renversée.

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  • Par gizmo, le 15/01/2009

    Demande à la poussière de John Fante

    Elle m'a passé le bras autour du cou. Elle m'a tiré la tête et m'a enfoncé ses dents dans la lèvre inférieure. Je me suis débattu pour me dégager parce que ça faisait mal. Elle est restée à me regarder regagner l'hôtel, tout sourire, un bras passé par-dessus le dossier du siège. J'ai sorti mon mouchoir pour m'essuyer les lèvres. Le mouchoir avait du sang dessus. J'ai suivi la grisaille du couloir, jusqu'à ma chambre. À peine j'ai fermé la porte que tout le désir qui m'avait fait défaut juste un moment auparavant s'est emparé de moi. Il me cognait le crâne et m'élançait dans les doigts. Je me suis jeté sur le lit et j'ai déchiré l'oreiller avec mes mains

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  • Par kundry, le 13/05/2011

    Mon chien stupide de John Fante

    "Au-revoir, P'pa. Merci pour tout." Il m'a vraiment dit ça. Merci pour tout. Merci pour l'avoir engendré sans lui demander la permission. Merci pour l'avoir fait entrer de force dans un monde de guerre, de haine et de fanatisme. Merci pour l'avoir accompagné à la porte d'écoles qui enseignaient la tricherie, le mensonge, les préjugés et les cruautés en tous genres. Merci pour l'avoir assommé d'un Dieu auquel il n'avait jamais cru, de la seule et unique église - que toutes les autres soient damnées. Merci pour lui avoir inculqué la passion des voitures qui provoquerait peut-être un jour sa mort... Merci pour tout.

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  • Par chocobogirl, le 13/09/2009

    Mon chien stupide de John Fante

    Il était un chien, pas un homme, un simple animal qui en temps voulu deviendrait mon ami, emplirait mon esprit de fierté, de drôleries et d’absurdités. Il était plus proche de Dieu que je le serais jamais, il ne savait ni lire ni écrire, et cela aussi était une bonne chose. C’était un misfit et j’étais un misfit. J’allais me battre et perdre ; lui se battrait et gagnerait. Les grands danois hautains, les bergers allemands arrogants, il leur flanquerait une bonne dérouillée, il en profiterait même pour les baiser, et moi je prendrai mon pied.

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  • Par Von-t, le 04/09/2011

    Demande à la poussière de John Fante

    il y aura moultes confusions,il y aura une solitude que seules mes larmes pourront consoler comme autant de petit oiseaux mouillés tombant pour soulager mes lèvres sèches. Mais il y aura aussi parfois consolation et beauté,beauté comme l'amour d'une fille disparue. Il y aura des rires,mais avec beaucoup de tenue le rire,et on attendra tranquillement dans la nuit,et on aura doucement peur de la nuit comme d'un prodigue et taquin baiser de mort. Ensuite,il fera nuit,et les huiles douces en provenance des rivages de ma naissance seront versées sur tous mes sens par les capitaines que j'ai abandonnés dans mes impétueux rêves de jeunesse. Mais il me sera pardonné quand je retournerai à la terre d'où je viens, au bord de la mer.

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  • Par BoulieBouffeTout, le 14/03/2011

    Bandini de John Fante

    «Il aimait sa mère, mais il la détestait»

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  • Par Malice, le 01/08/2009

    Mon chien stupide de John Fante

    Il s'agissait bel et bien d'un chien, un très gros chien au poil fourni, marron et noir,doté d'une tête massive et d'un court museau noir aplati, une tête mélancolique à la sombre gueule d'un ours.

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  • Par Penelope, le 04/12/2010

    Bandini de John Fante

    Bien avant qu'elle n'eût terminé son deuxième biscuit, il avait vidé sa tasse de thé. Il s'adossa et se balança sur sa chaise; son estomac geignait et protestait, peu habitué à d'aussi bizarres visiteurs. Ils n'avaient pas dit un mot de tout le déjeuner. Il prit alors conscience qu'ils n'avaient strictement rien à se dire. Elle souriait de temps à autre, surtout par-dessus le rebord de sa tasse de thé. Il se sentait gêné, vaguement triste: la vie des riches, conclut-il, n'était pas pour lui.

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  • Par BMR, le 17/02/2008

    Le vin de la jeunesse de John Fante

    [...] Ma grand-mère m'a appris à parler sa langue maternelle. À sept ans, je la connais plutôt bien, et avec elle je parle toujours italien. Mais quand je suis avec des copains et que j'ai douze ou treize ans, je fais semblant de ne pas comprendre ce qu'elle me dit, une grimace crispe mon visage; je ne veux surtout pas que mes copains se doutent que je parle une autre langue que l'anglais.

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  • Par BMR, le 17/02/2008

    Grosse faim de John Fante

    [...] Je tombe toujours amoureux de femmes qui vivent à dix mille kilomètres de moi. C'est une malédiction. Vraiment très bizarre. C'est parce que j'ai une trouille bleue dès que j'approche trop des femmes. J'arrive plus à parler ni même à respirer correctement. Je bafouille et je me comporte comme un imbécile. C'est une chape de plomb. Elle s'endort tout au fond de ma bouche. Dès que cette femme est partie, ma langue se réveille et dit tout ce qu'elle aurait du dire avant le départ de cette femme.

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  • Par ilaluna, le 17/01/2008

    Mon chien stupide de John Fante

    Incipit : C'était janvier, il faisait froid et sombre, il pleuvait. J'étais las et déprimé, mes essuie-glaces ne fonctionnaient pas et j'avais la gueule de bois après une longue soirée de beuverie et de discussions avec un réalisateur millionnaire qui voulait me faire écrire le scenario d'un film sur un couple de gangsters "à la manière de Bonny and Clyde, avec de l'esprit et de la classe". Aucun salaire n'était prévu. "Nous serons associés, cinquante-cinquante."
    C'était la troisième proposition de ce genre qu'on me faisait en six mois, un signe des temps très décourageant.
    Je me traînais à vingt-cinq à l'heure sur la route de la côte, la tête passée par la fenêtre, le visage ruisselant d'eau ; j'écarquillais les yeux pour essayer de suivre la ligne blanche et le toit en vinyle de ma Porsche 1967 (quatre mensualités impayées, l'organisme de crédit gueulait) a bien failli être arraché par la pluie quand j'ai enfin bifurqué vers l'océan.
    Nous habitions Point Dume, une langue de terre qui avançait dans la mer comme un sein dans un film porno, au nord du croissant de la baie de Santa Monica. Point Dume est une sorte de lotissement dépourvu d'éclairage municipal, une excroissance suburbaine chaotique couverte d'un réseau si dense de rues tortueuses et d'impasses que, j'avais beau y habiter depuis vingt ans, je m'y perdais encore dès qu'il pleuvait ou qu'il y avait du brouillard, et j'errais souvent à l'aveuglette dans des rues situées à moins de deux blocs de chez moi.
    Comme je l'avais prévu par cette soirée de tempête, je me suis engagé dans Bonsall au lieu de Fernhill, puis j'ai entamé la longue routine désespérée consistant à essayer de trouver ma maison. Je savais qu'à condition de ne pas tomber en panne d'essence, je finirais par rejoindre la route de la côte et la cabine téléphonique de l'arrêt de bus, d'où je pourrais appeler Harriet pour lui demander de venir et de me montrer le chemin de la maison.

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  • Par Reine, le 07/10/2011

    Mon chien stupide de John Fante

    Quand j'ai fait sortir la Porsche du garage, j'ai senti un endroit lisse et mort sur ma joue, là où Harriet ne m'avait pas embrassé pour me dire au revoir. Depuis un quart de siècle, le baiser avant de partir faisait partie intégrante de notre existence. Il me manquait maintenant comme un grain de rosaire à un moine.

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  • Par deathkrypt, le 21/07/2011

    Mon chien stupide de John Fante

    Le chemin du coeur est le même pour un chien que pour un homme. Au bout de deux semaines, Stupide a compris qu'il dépendait de moi pour la nourriture; dès lors, j'ai été son maître.

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  • Par Morgouille, le 13/05/2010

    Demande à la poussière de John Fante

    Je suis sorti faire un tour en ville. Bon Dieu, voilà que je remettais ça, traîner la savate dans les rues. Je regardais les gueules autour de moi, et je savais que la mienne était pareille. Des tronches vidées de leur sang, des mines pincées, soucieuses, paumées. Des tronches comme des fleurs arrachées de leurs racines et fourrées dans un joli vase ; les couleurs ne duraient pas bien longtemps. Fallait vraiment que je quitte cette ville.

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  • Par Morgouille, le 10/05/2010

    Demande à la poussière de John Fante

    Alors tu déambules sur Bunker Hill en agitant le poing contre le ciel et je sais ce que tu penses, Bandini. Exactement les mêmes pensées que ton père a eues avant toi, comme autant de coups de lanière sur ton échine, comme du feu dans ton crâne, que tu n’y es pour rien. Parce que c’est bien ça que tu penses, n’est-ce pas, que tu es né pauvre, fils de paysans misérables, en cavale pour fuir cette pauvreté, fuir ta ville natale dans le Colorado parce que tu ne voulais plus être pauvre, et c’est pour cette même raison que tu écumes les bas-fonds de Los Angeles, parce que tu es pauvres et que tu espères qu’en écrivant un livre tu deviendras riche. Tu te dis que ceux qui te détestaient là-bas dans le Colorado ne te détesteront plus si tu écris ce livre. T’es un lâche, Bandini, un traître à ton âme, un menteur dégonflé devant ton christ en larmes. C’est pour ça que tu écris, et c’est pour ça qu’il serait nettement préférable que tu crèves.

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