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Par aleatoire, le 25/05/2012
Le Mage de
John Fowles
Elle est silencieuse, elle ne parlera pas, ne pardonnera pas, ne tendra pas la main, restera à jamais dans ce présent glacé. Tout est en attente : les branches d'automne, le ciel d'automne, les promeneurs anonymes. Dans les saules, au bord du lac, un merle un peu fou chante hors de saison. Un vol de pigeons au-dessus des maisons ; des fragments de liberté, de hasard... une algèbre incarnée. Et venant d'on ne sait où, l'odeur âcre des feuilles qui brûlent.
"cras amet qui numquam amavit - quique amavit cras amet"
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Sarah Et Le Lieutenant Francais de
John Fowles
Elle se tenait, de biais, à l'extrêmité ombreuse du tunnel de lierre. Elle ne se retourna pas. Elle l'avait découvert tandis qu'il montait à travers les frênes. La journée était claire, un ciel sans nuages avec une tiède brise du sud-ouest. Partout des vols de papillons, couleur soufre ou blancs veiné d'orange et de vert, d'une espèce dont l'existence fut récemment jugée incompatible avec de profitables récoltes, et en conséquence presque entièrement exterminée. Leurs danses avaient accompagné Charles tout au long du chemin près de la laiterie et à travers bois; et l'un d'eux, à présent, comme une brillante flammèche sulfureuse, tournait dans l'éclaircie lumineuse derrière la silhouette sombre de Sarah.
Charles s'arrêta avant de s'enfoncer sous le vert assombri des retombées de lierre, et promena un regard soupçonneux sur les alentours afin de s'assurer que personne ne l'avait aperçu. Les branches des hêtres géants, encore dépourvues de verdure, s'entrecroisaient dans une perpective boisée et déserte
Elle ne se retourna pas avant qu'il fut tout proche; et même alors, il ne rencontra pas son regard. Au contraire, elle chercha dans la poche de son manteau, et silencieusement, les yeux baissés, lui tendit un autre « test », comme s'il s'agissait là d'une offrande propitiatoire. Charles le prit, mais d'un air embarrassé.
- Il faut que vous me laissiez vous offrir pour ces « tests » la même somme que je les aurais payés à la boutique de Miss Anning.
Sur ce, elle releva la tête et leurs regards enfin se rencontrèrent. Il vit alors qu'il l'avait offensée. A nouveau il éprouva l'impression inexprimable d'être dépassé, et de la décevoir de façon incompréhensiblle. Mais cette fois l'impression le rappela à lui, c'est-à-dire à l'attitude qu'il avait décidé d'adopter; car cette rencontre se situait deux jours après la conversation avec le docteur Grogan. La remarque de celui-ci sur la priorité que les vivants devraient avoir sur les morts avait porté fruit, si bien que Charles découvrait à cette aventure une raison à la fois scientifique et humanitaire. Il avait eu suffisamment de franchise vis-à-vis de lui-même pour reconnaître qu'à l'inconvenance venait s'ajouter une certaine impression de plaisir; mais il décelait très clairement à présent un élément d'obligation et de devoir. Qu'il fasse lui-même partie du groupe de plus aptes, la chose n'était pas douteuse; mais parmi l'espèce humaine, ceux-ci devaient être chargés, à l'égard des moins aptes, d'une certaine responsabilité.
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Par Outis, le 07/03/2008
Le Mage de
John Fowles
J’étais une espèce parasitaire qui a besoin, pour réaliser une symbiose précaire, d’une situation d’un genre particulier… Je ne considérais pas les filles comme des proies. Je n’avais accès à l’humanité normale, je ne pouvais connaître une vie sociale décente, une vie sentimentale satisfaisante que par l’intermédiaire des femmes. C’est en cela que j’étais une victime.
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Par aleatoire, le 05/12/2011
Le Mage de
John Fowles
Je me souviens d'un jour où nous étions arrêtés dans une des salles de la Tate Gallery. Alison s'appuyait légèrement contre moi, tenant ma main, regardant un Renoir avec l'air d'un enfant qui suce un bonbon. Je sentis soudain que nous n'étions qu'un seul corps, qu'un seul être, même dans cet endroit public. Si elle avait disparu j'aurais perdu la moitié de moi-même. Je fus envahi d'un trouble mortel que quelqu'un de moins cérébral et de moins égoïste que j'étais alors aurait su reconnaître. Je ne vis que désir dans ce qui était de l'amour.
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Par Outis, le 07/03/2008
Le Mage de
John Fowles
Sentimentalement c’était le désert. La trahison de Lily me rendait incapable d’aimer. J’étais guéri de Lily ; mais mon désappointement de n’avoir pas réussi à la conquérir se changeait en dégoût de moi-même, et je ne pouvais m’empêcher de penser qu’elle allait désormais pour moi hanter, corrompre toute relation avec une autre femme, son fantôme apparaissait derrière tout manque de goût, toute réaction stupide.
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Par aleatoire, le 05/12/2011
Le Mage de
John Fowles
Elle eut pour moi un drôle de petit sourire, mi-tendre mi-moqueur, et s'en alla peler les pommes de terre. Et je sus que de quelque obscure façon je l'avais blessée, et m'étais blessé moi-même.
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Par Outis, le 07/03/2008
Le Mage de
John Fowles
Je savais que sur une île on était tenté de se retourner vers le passé. Il y avait tant d’espace, tant de silence, si peu de rencontres que les limites du présent s’effaçaient et le passé semblait alors beaucoup plus proche. Il était probable qu’Alison n’avait pas pensé à moi une seule fois depuis des semaines, qu’elle avait eu une demi-douzaine d’aventures nouvelles. Aussi je postai la lettre un peu comme on jette une bouteille à la mer.
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Par aleatoire, le 06/12/2011
Le Mage de
John Fowles
Puis elle posa sa tasse vide sur la table. Nous étions sur le seuil de la porte. Je voyais son visage, ses joues un peu bouffies, ses yeux gris cherchant les miens comme si il n'était pas encore trop tard, comme si ce n'était qu'un mauvais rêve. Ses yeux se remplirent de larmes. Elle allait parler, mais elle se pencha et maladroitement, désespérément, elle m'embrassa, si vite que je ne sentis qu'à peine sa bouche. Elle était partie. Elle ne se retourna pas. Son manteau en poil de chameau disparut au tournant de l'escalier. J'allai à la fenêtre, elle se hâtait de traverser la rue. Je vis son manteau clair, ses cheveux couleur de paille, presque du même ton que le vêtement. Sa main chercha dans son sac, elle se moucha. Elle n'eut pas un regard en arrière. Elle se mit soudain à courir, j'ouvris la fenêtre, me penchai, et la regardai disparaître au tournant de la rue, dans Marylebone Road. Même tout à la fin, elle ne se retourna pas.
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Par aleatoire, le 05/12/2011
Le Mage de
John Fowles
"Je ne veux pas te faire de mal, et plus je te veux, plus je te blesserai. Et je ne veux pas que tu me fasses de mal, mais plus tu ne me veux pas, plus tu me blesseras." Elle sortit du lit. Elle revint un peu plus tard, disant :
"Alors, c'est décidé ?
- Je suppose."
Ce fut tout. Et bientôt, trop tôt à mon gré, elle s'endormit.
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Par aleatoire, le 05/04/2012
Le Mage de
John Fowles
C'est la grande différence entre les deux sexes : les hommes voient des objets là où les femmes voient des relations entre les objets : relations nées d'un besoin de l'autre, de l'amour pour l'autre, d'un désir d'harmonie. C'est dans le domaine des sentiments, une dimension qui fait totalement défaut aux hommes,