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L'étourdissement de
Joël Egloff
le matin ne ressemble pas à l'idée qu'on se fait du matin. Si on n'a pas l'habitude, on ne le remarque même pas. La différence avec la nuit est subtile, il faut avoir l’œil... Le soleil s'est levé, pourtant, forcément, il est là quelque part au-dessus de l'horizon, derrière les brumes, les fumées, les nuages lourds et les poussières en suspension. Il faut imaginer un sale temps par une nuit polaire. C'est à ça qu'elles ressemblent nos belles journées....
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Par ChezLo, le 13/11/2010
L'homme que l'on prenait pour un autre de
Joël Egloff
Quelquefois, celui pour qui l'on me prend n'a pas l'air inintéressant, bien au contraire. J'aimerais mieux le connaître. J'y gagnerais peut-être même au change à être lui plutôt que moi, ne serait-ce qu'un instant. Et comme je n'ai pas le coeur à décevoir quelqu'un qui m'aborde avec tant de sympathie, que je ne me sens pas le droit de le priver du plaisir rare des retrouvailles, nous finissons ensemble, accoudés au bar du café le plus proche à nous raconter en détail ce que nous sommes devenus depuis que nous nous sommes soi-disant perdus de vue.
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Par ilaluna, le 17/01/2008
L'étourdissement de
Joël Egloff
Quand le vent vient de l'ouest, ça sent plutôt l'oeuf pourri. Quand c'est de l'est qu'il souffle, il y a comme une odeur de soufre qui nous prend à la gorge. Quand il vient du nord, ce sont des fumées noires qui nous arrivent droit dessus. Et quand c'est le vent du sud qui se lève, qu'on n'a pas souvent heureusement, ça sent vraiment la merde, y a pas d'autre mot.
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Par Alice5, le 05/02/2012
Edmond Ganglion&fils de
Joël Egloff
Il y a deux personnes absolument indispensables en ce bas monde. (…) La sage-femme et le fossoyeur. L’une accueille, l’autre accompagne. Entre les deux, les gens se débrouillent.
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Par ChezLo, le 27/11/2010
L'étourdissement de
Joël Egloff
J'ai joué là au bord des voies ferrées, j'ai grimpé aux pylônes, je me suis baigné dans les bassins de décantation. Et, plus tard, j'ai connu l'amour à la casse, sur les sièges éventrés des épaves. J'ai des souvenirs qui ressemblent à des oiseaux mazoutés, mais ce sont des souvenirs quand même. On s'attache, même aux pires endroits, c'est comme ça. Comme le graillon au fond des poêles.
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Par line70, le 19/03/2011
L'étourdissement de
Joël Egloff
A force de m'inventer des souvenirs avec elle, je finissais par y croire à notre histoire, ce qui ne m'encourageait pas à lui parler, curieusement. Au contraire, j'étais de moins en moins décidé. On était heureux, comme ça, bien au chaud dans ma tête. On pouvait pas être mieux. Alors à quoi bon ?
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Ce que je fais là, assis par terre de
Joël Egloff
Ou alors, on ne traversait jamais, comme les petits vieux qu'on voyait parfois échoués au bord des trottoirs et qui attendaient des heures entières le moment idéal ou au moins le bras de quelqu'un. Mais personne ne venait plus les aider, c'était déjà suffisamment compliqué comme ça. Et en cas d'affaissement, c'était prendre le risque d'être englouti avec eux, bras dessus, bras dessous. Alors ils restaient là, au bord de la chaussée, devant les passages piétons auxquels ils croyaient encore, avec des mouvements incohérents de la tête, en essayant désespérément de regarder à gauche, à droite, à nouveau à gauche, par terre, en l'air, et tout ça en même temps. C'est pour ça qu'on en voyait tant pleurer sur les trottoirs.
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Ce que je fais là, assis par terre de
Joël Egloff
L'important c'était de faire du bruit pour ne pas entendre la nuit qui tombait et ses craquements et nos coeurs qui battaient. On devait l'apercevoir de loin la lumière du café, comme celle d'un phare, parce qu'il y en avait de temps en temps qui poussaient la porte et s'échouaient là. On aurait dit qu'ils venaient de s'arracher à une tempête ou à un autre péril. Ils avalaient un alcool, accrochés au bar, nous regardaient un petit moment en souriant, puis repartaient comme s'ils reprenaient la mer.
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Ce que je fais là, assis par terre de
Joël Egloff
Je me suis assis sur un banc et j'ai décidé d'attendre jusqu'au premier cri. Il y a toujours quelqu'un pour hurler dans la nuit. Il faut parfois patienter un peu, mais on finit toujours par l'entendre. Les nuits d'insomnie, quelquefois, je venais ici pour écouter. Les beuglements d'un homme jeté hors d'un bar, des soupirs tombés d'une fenêtre, quelqu'un qu'on abandonne ou quelqu'un qu'on égorge. A chaque nuit ses cris. C'est la ville qui rêve et qui cauchemarde.
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Les Ensoleillés de
Joël Egloff
En attendant l'ascenseur, elle se demanda si tout ça valait la peine d'abandonner le chien chaque année.Jusque-là,les enfants n'y avaient vu que du feu.Pour eux,quelqu'un le gardait pendant les vacances et ils le récupéraient à leur retour.Mais c'en était un tout neuf,à chaque fois,qu'ils retrouvaient,ce dont ils ne se doutaient pas.Depuis quatre ans,on leur en rachetait un tous les mois de septembre.Le même.