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Par nadejda, le 21/02/2011
Lisbonne de
José Cardoso Pires
Moi, quand mon regard se porte sur un papillon posé sur de petites pierres de couleur, Rua Lopes de Mendoça, non loin de l'aéroport, je sais qu'à des kilomètres de là, sur les murs de la boulangerie de Campo de Ourique, il y en a un autre modelé dans de la terre vernie par Rafael Bordalo Pinheiro en l'année 1905. Mais les deux images ne se répètent pas du tout, c'est seulement un papillon qui a franchi la distance entre la Vieille et la Nouvelle Lisbonne et qui, au terme de ses quatre-vingt-dix années de trajet, s'est présenté comme s'il était différent sans cesser d'être le même.
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Par nadejda, le 21/02/2011
Lisbonne de
José Cardoso Pires
Pour aboutir à cette compréhension j'ai dû récapituler des enfances de quartier, revisiter des endroits ; je t'ai dite et redite, Lisbonne, et toujours avec un douloureux amour.
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Par nadejda, le 21/02/2011
Lisbonne de
José Cardoso Pires
Les vieux de jardin
Ils apparaissent comme les chats quand il fait soleil, mais en bande. c'est bien connu, il n'est pas d'endroit où les chats soient aussi présents et se fassent aussi peu remarquer qu'à Lisbonne ; mais les vieux de jardin, qui peut deviner leur histoire? Fermés à double tour dans la retraite ou dans le veuvage tandis que le mauvais temps les tient sur leurs gardes, ils sautent dans la rue au premier rayon du soleil et se distribuent dans les jardins pour des parties de cartes. Ils forment des groupes sur les bancs où, avant, s'asseyaient les amoureux, montent des clubs, tiennent des conversations, et, plein de conviction, rouillés, ils battent l'as et le valet avec la prudence qu'ils ont acquise avec l'âge.
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Par nina2loin, le 18/04/2012
L'invité de Job de
José Cardoso Pires
Et c 'était bien, en vérité, d'une invasion qu'il s'agissait ; non de tortues, mais de soldats : un défilé de lourds tracteurs grondant avec leurs canons en remorque, de motocyclettes, de cuisines roulantes, d'hommes de troupe dans des camions et de chevaux nerveux et impatients qui rentraient au quartier.
" L'exercice est terminé, l'exercice est terminé ", commentait-on partout – au bordel, dans les chambrées et sur le seuil des boutiques de Cercal Novo. " Les batteries reviennent des manœuvres. "
L'horloge de la place sonna les douze coups de midi.
" Aux armes! ", cria une sentinelle, pour faire saluer le cortège.
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Par nadejda, le 21/02/2011
Lisbonne de
José Cardoso Pires
Mais personne ne pourra jamais connaître une ville s'il ne sait l'interroger en s'interrogeant soi-même, c'est-à-dire si, de son propre chef, il ne s'aventure pas vers des hasards qui la rendent imprévisible et lui donnent le mystère de son unité la plus absolue.
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Par nina2loin, le 17/04/2012
L'invité de Job de
José Cardoso Pires
" Holà, patron ! C'est la garde ! "
Au domaine des Maia ils étaient reçus par l'intendant, tenant en laisse un grand chien-loup. Il leur offrait du café et parlait des bandes de paysans qui rôdaient aux alentours. Les gardes l'écoutaient, acquiesçaient de la tête, mais ne s'avançaient pas trop. Ils savaient qu'il s'agissait de journaliers sans travail qui, malheureusement, battaient les chaumes en quête de gibier.
" Du moment qu'ils ne font pas de politique, ce n'est pas bien grave ", disaient-ils.
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Par nina2loin, le 17/04/2012
L'invité de Job de
José Cardoso Pires
A distance, là-bas, à travers la lande, deux hommes passent. Les gardes de Leandro ne leur prêtent pas grande attention. Ce sont des paysans qui sont en chemin, journaliers ou non, peu importe – cherchant de quoi vivre. Deux hommes comme tant d'autres, qui vont le dos courbé, traînant l'inquiétude des gens en quête de travail, et qui trouvent toujours le même abandon dans les villages et les hameaux : chômeurs au soleil, femmes sur le pas de leur porte, patrouilles faisant des rondes.
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Par nina2loin, le 17/04/2012
L'invité de Job de
José Cardoso Pires
" Et puis ", continue le capitaine (et cette fois il parle comme s'il confiait un secret à la pluie), " il ne faut pas oublier que la guerre est une chose et que les manœuvres en sont une autre. Dans les manœuvres les erreurs sautent plus facilement aux yeux. "
Et le lieutenant :
" Bien sûr, et on n'a pas l'ennemi pour vous aider à les corriger... "