-
Par migo, le 15/01/2009
Le Sourire étrusque de
José Luis Sampedro
"Laisse moi te guider, mon petit, je te mettrai sur la bonne voie pour escalader la vie, qui est dure comme la montagne, mais qui te remplit le coeur quand tu es au sommet"
-
Le Sourire étrusque de
José Luis Sampedro
C'est un sacrifice de supprimer peu à peu le tabac ; en revanche, ses petits déjeuners clandestins sont un plaisir, surtout celui qu'il fait trois jours plus tard alors qu'il ne devrait rien manger. On va lui faire une prise de sang à neuf heures pour l'analyse prescrite par le fameux docteur, à la consultation duquel Andrea l'a conduit la veille. Prescrite, en réalité par son assistante ou qui que ce soit – aussi grosse qu'Andrea est mince, mais avec la même façon de parler - car, après de nombreux rendez-vous organisés, attente, couloirs et autres rites préliminaires, ils n'ont pas réussi à pénétrer dans le sanctuaire du médecin. Le vieux s'amuse en pensait à la satisfaction qu'aura Andrea, lorsqu'elle va se lever et apparaître dans la cuisine, de voir avec quelle docilité il s'abstient de manger.
"Cette histoire de jeûner avant les analyses, pense-t-il en savourant son fromage blanc à l'oignon et au olives, c'est des foutaises de médecin. Du cinéma pour toucher plus. Des analyses, pour quoi faire ? De toutes manières, ça va mal tourner, pas vrai Rusca ? Tu vas t'en charger toi !"
On ne lui fait pas la prise de sang au cabinet du fameux docteur, mais au Grand Hôpital. (…)
S'il s'écoutait, le vieux s'en irait sans se faire piquer, mais le fameux docteur va exiger l'analyse pour continuer la routine. "Routine et comédie, c'est ça qui m'énerve… Ils me prennent pour un vieux gâteux ? Ils croient que je suis venu pour me faire soigner ? Pauvres naïfs ! Si c'était pas à cause de cette charogne de Cantonotte qui respire encore, maudit soit-il, est-ce que j'aurais un jour accepté de quitter le village où je pourrais finir mes jours tranquillement dans mon lit, au milieu des copains et avec ma montagne sous les yeux, la Femminamorta, paisible sous le soleil et les nuages ?".
-
Par litolff, le 26/11/2010
Le fleuve qui nous emporte de
José Luis Sampedro
Mais que vais-je devenir, lorsque la vanne du moulin s'ouvrira et que la vie se précipitera une nouvelle fois dans les tourbillons du fleuve qui nous emporte ?
-
Par litolff, le 18/05/2010
Le fleuve qui nous emporte de
José Luis Sampedro
On vit avec dignité quand on vit avec authenticité. Etre fidèle à son essence secrète...L'authenticité exige de chacun qu'il accomplisse ce qu'il est. Devant un homme authentique, on se sent comme devant un bloc, une oeuvre achevée ; nous disons de lui qu'il sait tenir sa place.
-
Par litolff, le 18/05/2010
Le fleuve qui nous emporte de
José Luis Sampedro
Et le fleuve se précipita, emportant Shannon dans un tourbillon vers le courant impétueux, un instant retenu comme pour reprendre souffle, avant de repartir avec plus de violence encore."
-
Par litolff, le 31/05/2011
Le Sourire étrusque de
José Luis Sampedro
Le bois et la verdure, la racine et le sang, le vieux et l'enfant avancent, compagnons sur un même chemin, à travers ce temps qui les réunit. Tous les deux, épaule contre épaule, aux deux extrémités de la vie, tandis que la lune les caresse sur son passage, au milieu du tournoiement lointain des étoiles.
-
Par litolff, le 31/05/2011
Le Sourire étrusque de
José Luis Sampedro
L'enfant se blottit dans ses bras et essaie, en riant, d'agripper les cheveux gris frisés. Le vieux étreint cette vie toute palpitante à fleur de peau.
Les premiers jours, il avait peur de déformer ces chairs tendres; maintenant, il sait que l'enfant n'est pas fragile. Tout petit, oui; ayant besoin d'aide, aussi; mais exigeant, impérieux. Quelle énergie quand, soudain, il éclate en cris suraigus, agite bras et jambes avec violence ! Stupéfiante cette volonté absolue, cette détermination obscure, cette condensation de vie.
C'est comme ça que, jeune berger, le vieux prenait dans ses bras son Lambrino, mais le comportement de son agneau préféré n'offrait jamais d'imprévus. L'enfant, au contraire, le surprend à chaque instant ; c'est un perpétuel mystère...
-
Par migo, le 15/01/2009
Le Sourire étrusque de
José Luis Sampedro
-Honte, parce que c'était des trucs de femmes, hein?...Tu pensais qu'en faisant ça, tu te rabaissais.
-Mais c'est vrai qu'on sait peu de choses de la vie des femmes, malgré toutes celles qu'on a connues! dit il avec un sourire vantard.
- c'est parce que tu ne les as pas vraiment connues, idiot. Tu les as possédées, c'est tout, en passant.