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Par Malaura, le 27/03/2012
Les trophées de
José Maria de Heredia
Enlace-moi plus fort ! Que mon désir soit tel,
Qu’il prête à nos baisers une ivresse sublime !
Que ton sein soit le gouffre où le remords s’abîme;
Prends, et brûle mon cœur sur le bûcher charnel !
Que m’importe la mort, l’éternité future,
Dieu, l’ineffable espoir, l’indicible torture?
Rien ne peut de tes bras me distraire un instant;
Car en ta chair ardente où se dissout mon âme,
J’ai savouré, caresse ou brûlure de flamme,
Et le Ciel que je brave et l’Enfer qui m’attend!
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Par Malaura, le 16/01/2012
Les trophées de
José Maria de Heredia
Le bonheur est mélancolique.
Le cri des plus joyeux oiseaux
Paraît lointain comme de l’eau
Où se noierait une musique.
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Par Pasdel, le 25/02/2012
Les trophées de
José Maria de Heredia
Nymphée
Le quadrige céleste à l'horizon descend,
Et, voyant fuir sous lui l'occidentale arène,
Le Dieu retient en vain de la quadruple rêne
Ses étalons cabrés dans l'or incandescent.
Le char plonge. La mer, de son soupir puissant,
Emplit le ciel sonore où la pourpre se traîne,
Tandis qu'à l'Est d'où vient la grande nuit sereine
Silencieusement s'argente le Croissant.
Voici l'heure où la Nymphe, au bord des sources fraîches,
Jette l'arc détendu près du carquois sans flèches.
Tout se tait. Seul, un cerf brame au loin vers les eaux.
La lune tiède luit sur la nocturne danse,
Et Pan, ralentissant ou pressant la cadence,
Rit de voir son haleine animer les roseaux.
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Par Pasdel, le 05/12/2011
Les trophées de
José Maria de Heredia
La Centauresse
Jadis, à travers bois, rocs,torrents et vallons,
Errait le fier troupeau des Centaures sans nombre ;
Sous leurs flancs le soleil se jouait avec l'ombre ;
Ils mêlaient leurs crins noirs parmi nos cheveux blonds.
L'été fleurit en vain l'herbe. Nous la foulons
Seules. L'antre est désert que la broussaille encombre ;
Et parfois je me prends, dans la nuit chaude et sombre,
À frémir à l'appel lointain des étalons.
Car la race de jour en jour diminuée
Des fils prodigieux qu'engendra la Nuée,
Nous délaisse et poursuit la Femme éperdument.
C'est que leur amour même aux brutes nous ravale ;
Le cri qu'il nous arrache est un hennissement,
Et leur désir en nous n'étreint que la cavale.
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Par Pasdel, le 06/03/2012
Les trophées de
José Maria de Heredia
Le Ravissement d'Andromède
D'un vol silencieux, le grand Cheval ailé
Soufflant de ses naseaux élargis l'air qui fume,
Les emporte avec un frémissement de plume
À travers la nuit bleue et l'éther étoilé.
Ils vont. L'Afrique plonge au gouffre flagellé,
Puis l'Asie… un désert… le Liban ceint de brume…
Et voici qu'apparaît, toute blanche d'écume,
La mer mystérieuse où vint sombrer Hellé.
Et le vent gonfle ainsi que deux immenses voiles
Les ailes qui, volant d'étoiles en étoiles,
Aux amants enlacés font un tiède berceau ;
Tandis que, l'œil au ciel où palpite leur ombre,
Ils voient, irradiant du Bélier au Verseau,
Leurs Constellations poindre dans l'azur sombre.
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Par gaillard1, le 21/09/2010
Les trophées de
José Maria de Heredia
Et là-bas, sous le pont, adossé contre une arche,
Hannibal écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche.
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Par Bibalice, le 21/09/2010
Les trophées de
José Maria de Heredia
Ils regardaient monter en ciel ignoré
Du fond de l'océan des étoiles nouvelles.