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Par cprevost, le 01/06/2011
Caïn
de
José Saramago
« Son dernier livre», ces quelques mots ont toujours suffi, il fallait à chaque fois se précipiter en librairie. « Caïn » est le dernier dernier ouvrage du Prix Nobel de littérature. Quelle tristesse ! Nous devrons désormais, sans le frisson de la découverte, nous contenter de relire ses merveilleuses histoires. Quelle chance ont ceux qui ne connaissent pas encore ses romans !
José Saramago, il y a vingt ans déjà, avait fait scandale avec « L’évangile selon Jésus-Christ ». Il récidive aujourd’hui et nous fait, de la plus belle et courageuse façon, sa révérence. Quelle hardiesse, au soir de sa vie, il traite – comme son personnage principal – le créateur sur un pied d’égalité. Il défie dans son roman, avec une invraisemblable jeunesse, un dieu cruel et envieux. Il lui retire littéralement sa majuscule. La peur, qui fait plier les jeunes vieillards , celle de la mort qui fait mettre tant de genoux à terre, n’auront pas infléchit José Saramago. La colère et la révolte contre les injustices, qui épargnent les imbéciles, n’auront pas cessé de l'animer sa vie durant. Il a du hurler de rire quand, lui donnant ainsi cent fois raison, les censeurs vaticanesques l’ont excommunié.
Lecteur érudit, José Saramago avec une fausse naïveté revisite l’Ancien Testament. L’écrivain prend partie pour Caïn contre Abel, il s’insurge contre les massacres et les vengeances de toutes sortes. Dans un espace temps en désordre, Caïn, qui aime la vie, connaîtra la lascivité à la cour de la reine Lilith, la compassion pour Abraham au bras tendu sur la tête de son fils Isaac, la colère de Moïse passant au fil de l'épée les adorateurs du veau d'or, les massacres et les pillages perpétrés par les tribus d'Israël contre les Madianites mais aussi la fourberie des anges, les subterfuges et les calculs des habitants de Babel, le sort sans pitié qui frappe la ville de Sodome et les souffrances inutiles infligées à Job.
Ultime roman contre les dévots et certainement pas réponse aux interrogations des Hommes, « Caïn » de José Saramago aurait pu avoir en exergue ces deux vers de Charles Baudelaire :
« Race de Caïn, au ciel monte,
Et sur la terre jette Dieu. »
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Par sophiecrt, le 25/05/2011
L'aveuglement
de
José Saramago
Qu’arriverait-il si…une population entière devenait soudainement aveugle ? C’est ce scénario catastrophe qui constitue la trame principale du roman L’aveuglement de l’écrivain portugais José Saramago, nobélisé en 1998.
Dans ce récit apocalyptique, porté à l’écran en 2008 par Fernando Meirelles, nous sommes d’abord confrontés à la déchéance de l’humanité vers ses recoins les plus intimes, dans un contexte que seule cette épidémie pouvait faire apparaître. Comment survivre, en effet, dans un monde où les repères ne nous appartiennent plus et où les besoins viscéraux de l’homme combattent sa dignité ? Car c’est dans le désordre le plus total que tenteront de survivre les aveugles, d’abord isolés par ceux qui voient encore puis laissés à eux-mêmes dans une ville où le chaos règne: plus de nourriture, des cadavres avec personne pour les enterrer et des êtres qui se cherchent ou se cachent.
Ce qui frappe ensuite, c’est bien entendu la voix dense et complexe du narrateur, portée par une oralité assumée, où les dialogues, commentaires narratifs, pensées et faits se confondent. Et c’est là que se trouve sans doute le défi pour les lecteurs du dimanche, qui seront probablement rebutés par les longues phrases et l’absence de repères. Car Saramago, qu’on se le dise, n’est pas JK Rowling : c’est un penseur de la littérature, qui porte à la fois un discours sur l’humanité et sur l’écriture elle-même.
Un défi, donc, mais dont vous ressortirez assurément changé, pour le meilleur ou pour le pire.
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Par Fra, le 10/06/2011
L'aveuglement
de
José Saramago
Un livre détonant, critique acerbe de l’âme humaine entre jalousie, peurs, égoïsme mais aussi solidarité. Ce livre interpelle, questionne mais aussi dérange. Il est très bien écrit et nous fait rentrer dans la vie intime d’un groupe de personnes en pleine crise. La perte de la vue révèle la vraie personnalité de chacun. Chaque personnage reste néanmoins anonyme du début à la fin du livre comme si le lecteur lui-même devenait aveugle et les découvrait à tâtons. Un roman qui ne laisse pas indifférent.
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Par Nyra, le 25/05/2010
L'aveuglement
de
José Saramago
Une étude de l'homme dans les tréfonds de sa bestialité, privé de toute ressource, livré à lui-même. Un livre qui renvoie à soi-même, provoque un questionnement ; un style plus qu'agréable, précipité, presque joliment confus. Et cette fin ? Décevante pour certains, je l'ai trouvée magnifique dans sa simplicité honnête.
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Par jcnb68, le 17/10/2011
Caïn
de
José Saramago
Il faut que je l’avoue honteusement ; je ne connaissais pas Saramago.
Erreur impardonnable séant comblée grâce… à qui ?
Très bien, vous avez deviné.
Cain, est un sujet (au sens propre) qui m’a toujours intéressé. Il m’aura donc amené à commencer Saramago par la fin. C'est-à-dire par son dernier ouvrage à tout jamais.
Pas évident de rentrer dans le récit dès les premières pages. L’auteur n’utilise pratiquement aucune ponctuation en dehors des virgules qui lui servent de points, de tirets de commencement de phrases et autres points d’exclamation. Cependant, l’on finit très vite par s’habituer à ce style qui rend plus d’homogénéité au texte.
Autrement, quoi d’autre ?
Ah oui, Cain !
S’attaquer au texte fondateur de la culture judéo-chrétienne en le ridiculisant à la façon dont s’y prends Saramago, ne peut constituer qu’une démonstration évidente de santé mentale de la part de l’auteur. Or, en ce qui me concerne, cela n’a pas suffi à faire de ce texte un incontournable.
Pour moi, il tient tout autant de la pitrerie que de la décadence. Paix à l’âme de l’auteur, où qu’elle se trouve car ce qui ressort de son Cain, est une très grosse fatigue. Partagée par le lecteur par voie de conséquence. A force de légèreté, l’on tombe dans la lourdeur.
Pour un auteur de Prix Nobel, l’on reste franchement sur sa faim.
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Par yoshi73, le 03/09/2011
Les intermittences de la mort
de
José Saramago
Au passage de la nouvelle année, une chose étrange et inattendue se produit : plus personne ne meurt. Cette absence de mort ne concerne que le pays, jamais nommé, dans lequel se déroule cette histoire. Dans les pays voisins, la mort continue à officier. Cette absence de mort est vécue dans la liesse générale. Toutefois, cette joie que crée l'idée d'une vie éternelle devient vite un vrai casse tête pour tout le monde. Car si on ne meurt plus, on continue bien à vieillir et à tomber malade. Du coup, les hôpitaux se trouvent vite surchargés ainsi que les maisons de retraite. A l'inverse, certaines professions se plaignent de ne plus avoir de travail comme les sociétés de pompes funèbres. Le gouvernement est sur les dents, car il doit trouver des solutions. Il va ainsi passer un accord avec la mafia pour organiser des "voyages" dans les pays voisins où la mort continue de faire son travail. Et puis, au bout de quelques mois et, du jour au lendemain, la mort décide de reprendre du service. Ainsi, elle fait annoncer, par le biais des médias, que les gens vont recommencer à mourir. Toutefois, elle introduit une nouveauté : les personnes qui doivent mourir recevront une lettre (de couleur violette) une semaine avant la date fatidique. Ainsi, chacun aura le loisir de régler ses affaires courantes avant de passer de vie à trépas. Les lettres sont envoyées par la mort elle-même quotidiennement. Mais un jour, une lettre lui revient. La mort tente de l'envoyer à plusieurs reprises mais celle-ci finit toujours par lui revenir, si bien que l'homme a qui elle est destinée ne meurt pas à la date qui avait été fixée. La mort se trouve devant un véritable casse-tête...
Ce livre est constitué de deux parties. La première s'arrête largement sur la manière dont est vécue la situation inédite de l'absence de mort dans le pays et sur les problèmes que cela occasionne très vite. La seconde partie est l'histoire plus particulière de cet homme, violoncelliste de profession, à qui la mort n'arrive pas à envoyer sa lettre.
Le style de l'auteur est très particulier. José Saramago s'amuse avec son lecteur en lui parlant directement. Il fait aussi beaucoup de digressions. Côté écriture, les phrases sont très longues et il est parfois difficile de suivre l'auteur. J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire et j'ai failli abandonner la lecture de ce roman plusieurs fois. J'ai trouvé la deuxième partie plus abordable et plus agréable à lire. J'ai apprécié l'humour cynique de José Saramago et cette lecture m'a beaucoup fait sourire.
Au final, une impression de lecture en demi teinte.
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Par folivier, le 01/07/2011
Les intermittences de la mort
de
José Saramago
Et si la mort décidait d'arrêter son métier ? Ou bien si elle décidait de prévenir par courrier, 8 jours à l'avance, notre prochaine mort ? Et si la mort tombait amoureuse ? Et si il existait plusieurs morts, en fait une pour chacun d'entre nous qui attend le moment, ou une mort spécifique aux humains différente d'une mort pour les autres animaux ou les autres organismes vivants ? Et comment réagiraient les hommes face à de telles situations ? Voilà les différents axes de réflexion vers lesquels Saramago avec son génie d'écriture nous entraîne en nous contant une fable sur la mort. Comme à son habitude, Saramago observe, analyse, décortique les hommes comme des animaux de laboratoire mis dans des situations qui perturbent totalement notre sens de la vie, notre relation aux autres.
La mort arrête de cueillir les hommes. La situation devient très vite ingérable face à l'accumulation des humains en attente de mourir mais dans l'impossibilité de basculer... les mourants agonisent sans jamais mourir. Très rapidement se développe un trafic lucratif de la mort entre les mains de la mafia, pour traverser la frontière et permettre aux mourants de (enfin !) mourir. En fait Saramago nous dévoile que sans la mort la vie n'aurait pas de sens : "parce que si les êtres humains ne mourraient pas, tout deviendrait permis" (p45 Ed Folio)
que les religions se nourrissent et se justifient par la mort : " Les religions, toutes autant qu'elles sont et quel que soit l'angle sous lequel on les regarde, ont la mort pour unique justification de leur existence... pour que les gens passent leur vie pris dans l'étau de la peur et que pour, l'heure venue, ils accueillent la mort comme une libération" (p44 Ed Folio)
Puis la mort décide de reprendre son activité mais en avertissant les personnes par courrier 8 jours à l'avance de leur prochaine mort. Là encore, les conséquences sont catastrophiques. La mort pensait qu'en donnant du temps, elle permettait à chacun de se préparer, et c'est tout le contraire, de savoir que l'on va mourir crée un stress qui tétanise et panique. Jusqu'au jour où la mort découvre qu'une lettre lui est systématiquement retournée !
José Saramago avec son humour au second degré, avec ses multiples interpellations du lecteur pour bien souligner qu'il s'agit d'une fable, d'un conte, d'une expérience, délivre une nouvelle fois un livre dense qui nous oblige à nous questionner et réfléchir sur cette boutade "La vie est une longue maladie mortelle"
3 étoiles uniquement car malgré toutes les qualités de ce livre, j'ai été beaucoup moins conquis que par d'autres oeuvres de Saramago comme L'aveuglement, La Caverne ou Tous les Noms.
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Par folivier, le 17/03/2011
L'aveuglement
de
José Saramago
Super roman ! Histoire terrifiante d'une densité incroyable. On retrouve le style si particulier de Saramago, avec cet humour au second degré et cette prise de recul d'analyste. Les personnages du roman sont des animaux de laboratoire que Saramago ausculte et observe après avoir changer les paramètres de la vie... à savoir tout le monde devient aveugle. Il nous livre ses observations sur la nature humaine, le comportement de l'homme et Saramago en profite pour apporter une réflexion très sensible et terrible sur l'humanité, sur la conscience. Saramago au travers de cette fable cauchemardesque nous révèle une part de nous même et laisse entendre qu'il faut passer par cet aveuglement pour réaliser combien on ne sait pas voir et que tout en voyant nous sommes aveugles aux autres et au monde.
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Par cprevost, le 20/02/2011
L'aveuglement
de
José Saramago
Un homme devient subitement aveugle. Il est la première victime d’une horrible pandémie. José Saramago va tirer, avec l’immense talent qu’on lui connaît, tous les fils de cette « pelote ». Il va nous donner à voir et surtout ne rien conclure à notre place.
Les premiers aveugles sont internés puis livrés à eux-mêmes dans une ville à l’abandon. Des hommes vont être les victimes de la force brutale d’autres hommes. C’est évidemment la litanie de l’histoire sans cesse recommencée, la possible anomie qui refait surface et contre laquelle il faut toujours lutter. Seule une femme remarquable n’est pas touchée. Il est en effet question dans ce roman d’aveuglement et non de cécité. L’intelligence de la sensibilité, la générosité, l’humanisme d’un personnage vont permettre à certains d’être sauvés. « L'humanisme, ce n'est pas dire : "Ce que j'ai fait, aucun animal ne l'aurait fait", c'est dire : "Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête." » (André Malraux).
Le prix Nobel 1998 n’indique dans ce livre ni le temps, ni le lieu. Il ne donne pas non plus de nom à ses personnages – le médecin, la femme du médecin, le premier aveugle, la femme du premier aveugle, le garçon louchon, la jeune fille aux verres teintés ou le vieil homme au bandeau. Les dialogues eux-mêmes ne sont pas introduits classiquement par des guillemets ou des tirets, mais sont traités d’un seul jet. L'écriture de José Saramago est faite de longues phrases, rythmées par de nombreuses virgules. Elles comprennent aussi de nombreuses incises, qui sont autant de digressions à l'adresse du lecteur. Au gré de métaphores et d'anachronismes, l’auteur veut sans doute nous pousser à réfléchir par nous-mêmes. « L’aveuglement » _ notamment en raison de la forme choisie – est un livre dur, étouffant, qui n’épargne rien au lecteur. Et malgré tout, le style de Saramago reste d'une remarquable fluidité.
« A la fin de ce siècle, il est devenu possible pour la première fois de voir à quoi peut ressembler un monde dans lequel le passé, y compris « le passé dans le présent », a perdu son rôle, où les cartes et les repères de jadis qui guidaient les êtres humains, seuls ou collectivement, tout au long de leur vie, ne présentent plus le paysage dans lequel nous évoluons, ni les mers sur lesquelles nous faisons voile : nous ne savons pas où notre voyage nous conduit ni même où il devrait nous conduire. » Il semble que José Saramago ait entendu Eric J. Hobsbawm et que métaphoriquement il nous rappelle « le passé dans le présent » ?
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Par kathel, le 23/02/2010
L'aveuglement
de
José Saramago
Plutôt qu’un roman d’anticipation, c’est un conte ou une parabole, situé dans une ville qui n’est pas nommée et qui répond à la question : « Que se passerait-il si toute une société perdait brusquement la vue ? » et encore « Voyons-nous vraiment autour de nous, ne sommes-nous pas déjà aveugles d’une certaine manière ? » La lecture en est assez ardue au début car les dialogues sont écrits en continu, le personnages n’ont pas de noms ni de prénoms ; il y a donc le premier aveugle, le médecin, la femme du médecin, la jeune fille aux lunettes teintées, et ainsi de suite…
Une fois habituée à la lecture, j’ai eu du mal à lâcher le livre, souffrant avec ces personnes atteintes de « cécité blanche », mises en quarantaine dans des conditions inhumaines, et pour lesquelles le salut viendra peut-être d’une seule femme qui mystérieusement, n’est pas touchée par le mal. Voir comment toutes les conventions et règles de vie en société tombent les unes après les autres, est effrayant de réalisme ! C’est un roman vraiment passionnant, qui suscite toutes sortes d’interrogations et fait froid dans le dos en même temps.
Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-21821540.html
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Par dandoune, le 21/10/2011
La lucidité
de
José Saramago
Avec ce roman, Saramago hisse la fable politique vers d’autres dimensions. Son ironie grinçante vis-à-vis des démocraties modernes est exquise. Son style est toujours le même: dense, sarcastique, plein de digressions et des descriptions et des dialogues qui se suivent sans ponctuation.
De quoi s’agit-il? L’intrigue du roman est la suivante. Lors d’une élection, 83% des habitants d’une ville choisissent de voter blanc. Les dirigeants des partis politiques, surtout celui de droite qui est au pouvoir, sont affolés. Qu’a le peuple pour réagir ainsi? Comment le pouvoir devrait-il réagir? Quoi faire pour appeler les électeurs à la raison? On peut voir La lucidité comme une continuation de L’aveuglement dans la mesure où la ville frappée par la lucidité est la même dont les habitants ont été atteint par l’aveuglement des années auparavant.
Cette parodie de la démocratique moderne est très juste. Et si je suis vraiment obligée de lui trouver un bémol, ce serait le fait que certains personnages très développés au début sont complètement abandonnés par la suite. Mais même cela peut être justifié aussi bien par une volonté de créer un suspens et dérouter le lecteur que par le style chaotique de l’auteur.
Lien : http://www.litteratureworld.net/?p=804
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Par brigittelascombe, le 02/10/2011
Caïn
de
José Saramago
José Saramago, monté au ciel en 2010, a-t-il pu gagner son paradis avec un tel livre sous le bras?
Oui, affirmeraient les Chrétiens:Dieu pardonne tout.
Non,contesteraient certains, si Dieu avec un petit d(é) (dieu ainsi que le nomme l'auteur) en guise de cervelle est un revanchard, il lui a, à coup sûr, fermé les portes, vu le côté subversif de son récit et corrosif de ses propos.
Pour un Portugais,un non croyant au pays de Fatima, il a fait fort!
Caïn, caïn,en fait puisque toutes les majuscules sautent allègrement,revisite la bible dans Caïn,avec humour noir et parler familier.
Adam dont la pomme, difficile à avaler, remonte et descend dans le gosier s'enfuit de l'éden avec une Eve, "aux gros nichons", tentatrice en chef dont le futur fils Abel est sans doute le fils du chérubin Azaël.
Ils sont une "expérience" et vont en faire les frais car à trop manger d'herbe...on attrappe la diarrhée!!!
Tout le roman est du même acabit (Caïn spécialiste es érections et éjaculations,perdu entre passé et futur,Lilith qui se pavane dans la luxure).
Est-ce du au fait,que les conversations avec les anges se passant près de "l'aire de malaxage de l'argile", lorsque les ailes sont trop courtes "ça vole bas"?
Quelques bonnes trouvailles, toutefois portent à sourire (l'arche de Noé qui file à "une vitesse bien supérieure à celle du zeppelin hindenburg" ou les problèmes mécaniques des ailes d'anges en mauvaise synchronisation...) mais c'est la plupart du temps du grand guignol choquant.
Mais fallait-il attendre d'autre d'un auteur qui a déjà fait scandale avec L'Evangile selon Jésus Christ dans lequel Jésus perdait son pucelage avec Marie Madeleine?
Après,je pense,le droit de libre expression existe et si José Saramago, par ailleurs prix Nobel de littérature,écrivain majeur au Portugal, a voulu s'insurger contre un Dieu fou et mauvais ("qui ordonne à un père de tuer et de brûler son propre fils sur un bûcher", qui provoque les guerres et envoie ses fidèles à la tuerie); défendre un Caïn vindicatif,insolent qui discutaille sans cesse avec le Seigneur, et lui jette à la face "les enfants de Sodome"et dénoncer un "esprit humain qui crée et recrée ce en quoi il croit obscurément" c'est son choix, un choix suivi par Seuil puisqu'il a été publié par une grosse maison d'édition.
A lire pour en tirer le bon grain et en rejeter l'ivraie!
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Par Von-t, le 05/09/2011
Tous les noms
de
José Saramago
Souvenir d’un livre lu il y a quelques mois. Des restes d’ images, des impressions. Souvenir d’un livre dénommé Tous les Noms, écrit par l’écrivain portugais José Saramago.
Reste alors en mémoire l’odeur de vieux papier que respire Monsieur José, employé du conservatoire national d’Etat civil, archive où sont conservés tous les noms des vivants et des morts. Un mot , un adjectif s’impose alors à la lecture de ces pages: « kafkaïen » . Il parait inévitable ce mot dès qu‘il est question de décrire l‘administration dans toute son absurde organisation, si inhumaine et froide . Quoi qu’il en soit Saramago donne une puissance particulière à ce lieu qui acquiert une dimension inquiétante.Souvenirs des errances de Monsieur José dans le labyrinthe des couloirs du conservatoire, lieu qui parait se démultiplier sans fin. Et Monsieur José doit, pour ne pas se perdre dans les couloirs labyrinthique du conservatoire, s’attacher à un fil d’Ariane.
Vieux garçon solitaire, soumis au rythme monotone de son travail, Monsieur José pourrait mourir sans que rien n’advienne dans sa vie terne. Mais alors que notre employé modèle triait des fiches quelconques , celui-ci tombe sur la photo d’une inconnue. Monsieur José pris de fascination folle,décide de faire le pari fou de la retrouver, de sortir cette femme de l’anonymat. Son existence en est bouleversé, et l’employé paisible va prendre les risques les plus fous pour retrouver celle qu’il aime follement. Or, sa quête s’annonce plus complexe qu’il ne l’avait prévu et les obstacles se multiplient, tenant l'inconnue éloignée dans la brume des possibles.Il faut dire que Monsieur José ne se facilite pas la tâche et le chemin tortueux de l’amoureux mime les méandres d’une demande administrative. Mais par une façon bien chevaleresque d'envisager sa situation, Monsieur José en vient à préférer emprunter des voies détournées, tenant l'objet de son désir à distance.
Cependant, la quête de Monsieur José aboutit au cimetière . Cimetière où il croise l'étonnant personnage du pasteur, élément d’anarchie libératrice et créatrice dans le monde ordonné et étouffant de l’administration.Bref passage de pastorale noire dans un cimetière envahit par une végétation libre , sauvage. Fauteur de trouble, le pasteur intervertit les noms des tombes. Et ironiquement la seule lueur de vie et d’espoir se trouvent peut être dans le cimetière; Peut être car le lieu est régit selon les mêmes principes que le Conservatoire. …
Enfin c'est le style complexe de Saramago qui reste en mémoire. Les détours labyrinthiques d'une l’écriture prompte à la digression et à l'ironie.
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Par Elea291, le 17/04/2011
L'aveuglement
de
José Saramago
Je pensais, je l'avoue, m'engager dans une lecture barbante, et ce fut tout le contraire. J'ai adoré ce livre, cela faisait plusieurs mois qu'une lecture ne m'avait pas fait un tel effet. "L'aveuglement" fait partie de ces livres qui donnent envie de tout remettre en cause, il entraine des questions existentielles sur l'être humain, la société, les valeurs de la vie... C'est un livre coup de poing. On passe en quelques pages de l'horreur d'une scène à la beauté d'un geste ou d'une parole. On se retrouve happé par l'histoire malgré une deuxième partie de livre où il est conseillé d'avoir le coeur plutôt bien accroché.
Saramago prend le choix de ne pas donner d'identité à ses personnages, on ne connait pas leur nom, juste leurs caractéristiques. Ainsi, on suit les péripéties de ces anonymes noyés dans la masse : "La jeune fille aux lunettes teintées", "La femme du médecin", "Le vieillard au bandeau noir" ou le fabuleux "Chien des larmes". Le style est très agréable même s'il faut s'habituer au discours indirect libre qui est utilisé tout au long du livre.
Evidemment, le récit est en tout point surréaliste mais il agit d'une façon métaphorique. On se rend compte combien l'espèce humaine est si proche de l'espèce animale, et le résultat est assez effrayant. C'est une grande réflexion sur le fameux thème civilisation/barbarie. Je referme néanmoins le livre avec des questions en suspend, l'impression de ne pas avoir saisi tous les ressorts de cette allégorie. On ne ressort pas indemne de cette lecture !
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Par valeriepascual, le 15/04/2011
La lucidité
de
José Saramago
Je viens de finir ce roman, lu avec enthousiasme ! Un point de départ farfelu: lors d'une élection, une écrasante majorité d'électeurs vote blanc. a réaction des autorités ne se fait pas attendre, et nous voici partis dans un univers absurde, qui sans en avoir l'humour m'a fait penser à Ionesco...
Il y a aussi quelques passages de pure poésie, une écriture magistrale, des personnages (dont aucun n'a de nom...) bien campés.
Une lecture que je recommande sans retenue !
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Par jazz13, le 07/07/2010
L'aveuglement
de
José Saramago
Si l'écriture dans un premier temps peut perturber, ne vous laissez pas démonter pourtant!! L'auteur réussit à décrire de façon incroyable les sensations dues à la cécité. A la fois choquant et émouvant, un très bon livre à lire!
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Par Bunee, le 31/03/2009
Les intermittences de la mort
de
José Saramago
Gros gros coup de cœur pour ce délectable ouvrage que je ne peux que TRÈS vivement (huhu) vous recommander.
A votre avis, quel est l'un des plus grands reves de l'humanité? L'immortalité, n'est ce pas?
Et selon vous, qu'arriverait-il si, du jour au lendemain, à l'occasion d'un changement d'année, la mort se mettait à arrêter de tuer?
Il s'agit de la première partie de l'ouvrage.
C'est exactement dans ce cas que se trouve un petit pays inconnu. La population, d'abord incrédule, se laisse aller à une euphorie collective à la limite de l'hystérie: "on ne meurt plus, c'est miraculeux! Notre pays est élu!".
Seulement, la situation vire à la catastrophe pour la société.
D'une part, si les gens ne meurent plus, ça ne veut pas dire qu'ils rajeunissent ou arrêtent de vieillir. Ainsi les gateux restent gateux, les mourants ... mourants, et les hospices se préparent à être submergés de générations entières de vieillards impotents! La pyramide des ages s'inversent, le ministère de la santé, les lobbies des assureurs et des pompes funèbres s'affole, de même que l'église qui se voit saper le coup du jugement dernier et est obligée de réinventer une doctrine, passant de la mort promise à la mort éventuelle, et les philosophes ... philosophent.
En outre, les familles sont encombrées par les vieux qui n'en finissent pas de mourir et commencent à les emmener de l'autre coté de la frontière, là où l'on meurt toujours. Un véritable trafic de candidats-cadavres se met en place, régi d'une main de fer par la Maphia (et non mafia), et l'afflux de cadavres au-delà des frontières vire à l'incident diplomatique...
Mais un jour la mort revient de vacances, et à ce moment nous entrons dans la seconde partie du livre.
Déjà, il a fallu purger la période pendant laquelle personne ne mourrait. Et hop, 60 000 morts d'un coup.
Ensuite, la mort a décidé de changer de méthode.
Désormais elle respecte un préavis d'une semaine avant de tuer quelqu'un. Ce préavis commence à la reception d'une lettre de couleur violette, annonçant le décès prochain. Enormément d'effets secondaires apparaissent: les gens tentent de se suicider avant, ou se noient dans les orgies et l'ivresse ...
Ce nouveau système fonctionne globalement, jusqu'à ce que l'une des lettres refuse obstinément de parvenir à son destinataire et revienne systématiquement à son expéditeur. Ce qui vexe la mort comme un pou.
Alors bien sûr, tout se mérite. Il faut savoir faire abstraction d'une présentation incroyablement dense et compacte, de paragraphe et de chapitre plutôt longs, qui vous donnent l'impression de lire ... en apnée.
Mais au delà de ça! C'est ironique, bien écrit, très drôle, original, le récit magistralement efficace de telle sorte qu' au fil de la lecture le lecteur crée d'innombrables images et représentations absolument inédites:
Vous êtes vous déjà figuré la mort cloîtrée dans sa cave, discutant avec sa faux, et véritable archiviste feuilletant ses petites fiches? Ou encore assise sur un canapé avec un chien sur les genoux? Ou en bisbille avec les services Postaux qui refusent obstinément de livrer une partie de sa correspondance? Discutant avec un musicien dans un taxi?
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Par Lostinmypal, le 26/01/2012
Caïn
de
José Saramago
Côté étoiles, je suis un peu sévère. On est proche du 5 étoiles mais comme c'est un poil en-dessous de "L'évangile selon Jésus-Christ", je devais bien marquer la nuance.Bref, c'est presque excellent et tout à fait dans la veine de Saramago aussi bien sur le fond que sur la forme et dans les intentions.
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Par Hortense, le 17/11/2011
Les intermittences de la mort
de
José Saramago
Dans un pays pas si lointain qui ressemble à l'Espagne, la mort se met en grève. Après le moment d'euphorie qui gagne toute la population, les problèmes arrivent, que faire des vieux qui n'en finissent pas de mourir, des malades en phase terminale, de ces gens qui devraient être morts? Enfin la mort revient avec une nouvelle organisation. Elle envoie des lettres aux personnes qui vont mourir pour qu'ils aient le temps de s'organiser, jusqu'à ce qu'une lettre lui revienne....
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Par Vienlivre, le 18/10/2011
La lucidité
de
José Saramago
J'ai ador'e ce livre. Il est tout à fait d'actualité, avec les élections qui sont dans moins d'un an maintenant. un bon parallèle avec la vie politique française.
Cet auteur à un style très particulier: il n'y a que points et virgules pour toute ponctuations. Il faut donc s'accrocher. Mais le jeu en vaut la chandelle.
À lire absolument.