-
Par nanet, le 21/05/2011
Un sac de billes de
Joseph Joffo
Peut-être ai-je cru jusqu'à présent me sortir indemne de dcette guerren mais c'est peut-être cela l'erreur. Ils ne m'ont pas pris ma vie, ils ont peut-être fait pire, ils me volant mon enfance, ils ont tué en moi l'enfant que je pouvais être...
-
Par Couperine, le 03/12/2010
Un sac de billes de
Joseph Joffo
J'ai traîné un peu, ce qui n'était pas mon genre et je me suis placé derrière, à la queue de la file.
On est entrés deux par deux devant le père Boulier et j'ai gagné ma place à côté de Zerati.
La première heure c'était la géo. Ça faisait longtemps qu'il m'avait plus interrogé et j'avais un peu la trouille, j'étais sûr d'y passer. Il a promené son regard sur nous comme tous les matins mais il ne s'est pas arrêté sur moi, ses yeux ont glissé et c'est Raffard finalement qui est allé au tableau pour se ramasser sa bulle.
-
Par Couperine, le 03/12/2010
Un sac de billes de
Joseph Joffo
M. Boulier m'a regardé et puis son regard est devenu vide comme si toutes ses pensées s'étaient envolées d'un coup. Lentement il a pris la grande règle sur son bureau et il en a placé l'extrémité sur la carte de France suspendue au mur. Il a montré une ligne qui descendait de Lyon jusqu'en Avignon et il a dit :
- Le sillon rhodanien sépare les massifs anciens du Massif central des montagnes plus jeunes...
La leçon était commencée et j'ai compris que pour moi, l'école était finie.
-
Par Amindara, le 23/02/2012
Un sac de billes de
Joseph Joffo
- Jo !
On court après moi. C'est Zérati.
Il est un peu essoufflé. Dans sa main, il a un sac de toile qui ferme avec un lacet. Il me le tend.
- Je te fais l'échange.
Je n'ai pas compris tout de suite.
- Contre quoi ?
D'un doigt éloquent, il désigne le revers de mon manteau.
- Contre ton étoile.
[...]
Je me décide brusquement.
- D'accord.
C'est cousu à gros points et le fil n'est pas très solide. Je passe un doigt, puis deux et d'un coup sec je l'arrache.
- Voilà.
Les yeux de Zérati brillent.
Mon étoile. Pour un sac de billes.
Ce fut ma première affaire.
-
Par Sidou-69, le 04/07/2011
Un sac de billes de
Joseph Joffo
" - Hé ... Joffo!
C'est Zerati qui m'appelle. C'est mon copain depuis le préparatoire... Il court pour me rattraper, son nez rouge de froid sort du passe-montagne. Il a des moufles et est engoncé dans la pèlerine grise que je lui ai toujours vue.
- Salut.
- Salut.
Il me regarde, fixe ma poitrine et ses yeux s'arrondissent. J'avale ma salive.
C'est long le silence quand on est petit.
- Bon Dieu, murmure-t-il, t'as vachement du pot, ça fait chouette.
Maurice rit et moi aussi, un sacré soulagement m'a envahit. Tous les trois nous pénétrons dans la cour.
Zérati n'en revient pas.
- Ça alors, dit-il, c'est comme une décoration. Vous avez vraiment du pot.
J'ai envie de lui dire que je n'ai rien fait pour ça mais s réaction me rassure, au fond c'est vrai, c'est comme une grande médaille, ça ne brille pas mais ça se voit quand même. "
-
Par marina53, le 23/05/2012
Un sac de billes de
Joseph Joffo
Dans le salon, dans le silence le plus intense que jamais sans doute salon de coiffure ait pu connaître, deux S.S. têtes de mort attendaient genoux joints au milieu des clients juifs de confier leur nuques à mon père juif ou à mes frères juifs.
Dehors se gondolent deux petits Juifs.
-
La Jeune fille au pair de
Joseph Joffo
Les hommes s'imaginent maîtres de leur destin.Ils ne sont que les esclaves de leur temps.J'ai été l'objet du mien.
-
La Jeune fille au pair de
Joseph Joffo
"Que t'arrive-t-il? lui a-il demandé. Si je t'ai fait diable c'est pour que tu sois diable selon l'ordre des choses et la nature des diables.Vois,tu n'es pas si mal en Enfer, ce sont les autres et non toi que les flammes dévorent,ce sont eux que toi et les tiens parvenez à pervertir et qui, finalement, n'ont que ce qu'ils méritent.Ils étaient libres.Alors pourquoi t'entêtes tu dans cette décision de me confesser ce que tout le monde condamne."
"Je comprends tout celà,avait répondu le diable, mais ce n'est pas l'affaire.Il y a simplement que je ne veux plus être diable...que je veux être homme."
-
Anna et son orchestre de
Joseph Joffo
Très dur de courir dans les ruelles d'Istanbul. Il faut regarder en l'air pour éviter les poutres trop basses, le linge qui pend, il faut regarder à terre pour éviter les repoussantes saletés, les peaux de bananes, les chiens, les écorces de fruits, et il faut regarder tout autour de soi pour ne pas rentrer dans le ventre prodigieux d'un de ces Turcs majestueux qui promènent leur bedaine sous leurs cafetans comme s'ils étaient les derniers empereurs de Byzance, enjambant, narines pincées, les détritus et les immondices qui empestent sous le soleil d'Orient.
Oui, Istanbul est la ville la plus sale et la plus passionnante.
-
La Jeune fille au pair de
Joseph Joffo
S'il est bien difficile pour un diable de se faire homme, il est beaucoup plus aisé pour un homme de devenir démoniaque.
-
La Jeune fille au pair de
Joseph Joffo
"J'aimerais rencontrer un nazi, un vrai, et lui demander: Regrettez vous les crimes que vous avez commis?" avait dit Samuel à Wanda, plusieurs semaines après ses aveux.
-
La Jeune fille au pair de
Joseph Joffo
Par la jeunesse
Vient la promesse
D'un avenir meilleur!
-
Par Sidou-69, le 04/07/2011
Baby-foot de
Joseph Joffo
" " Non, non et non. Le salon ça me débecte. " Et vlan !
J'ai claqué la porte sur un Henri furieux. Non, mais ça va pas ! Coiffeur, moi ?
Et puis quoi encore ? Je serai cow boy, boxeur, businessman, gangster, n'importe quoi mais pas coiffeur, pas un petit mec médiocre qui coupe des tifs à longueur de journée. Quant à son certificat d'études, alors là, je rigole doucement. "