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Par gaillard1, le 17/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
Les mouvements de l'esprit, quand ils sont seuls, ne mesurent rien. Les battements du pouls mesurent le temps, les battements du coeur mesurent la vie; mais la paix seule et les mouvements de notre âme mesurent le bonheur. Joubert Joseph
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Par gaillard1, le 26/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
Les femmes aiment les aventures, les rencontres, les hasards, parce qu'elles aiment à se donner et non pas qu'on les donne. Pour ce sexe, faire un doux usage de son corps, c'est en disposer librement. Quand une fois elles ont fait cet acte de liberté, il ne tient qu'aux hommes qu'elles soient constantes. Hors de là, elles ne le sont par le coeur que dans un seul cas, celui où elles ont été prises par force ; j'entends par la force physique et non par la force sociale. Cette violence leur fait espérer un grand empire sur l'homme qu'elles ont dominé au point de le mettre hors de lui-même ; comme elles espèrent une grande condescendance de l'homme à qui elles ont tout sacrifié. Nota. Il faut que cette violence soit celle de l'homme amoureux et non celle de l'homme brutal.
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Par gaillard1, le 17/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
La mort ne ressemble pas à la vie ni le mécanisme au mouvement. Si vous voulez donner de l'homme et du monde une idée exacte et claire, rendez-les transparents, mais ne les disséquez pas. Joubert Joseph
Carnets t.1, p.336, nrf/Gallimard, 1994
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Par gaillard1, le 17/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
L'envie veut abaisser et l'émulation égaler. L'une s'afflige des succès, l'autre y aspire. Celle là est jalouse de tout mérite et l'autre en est ambitieuse. Joubert Joseph Carnets/nrf Gallimard
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Par gaillard1, le 17/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
J'ai de la peine à quitter Paris parce qu'il faut me séparer de mes amis; et de la peine à quitter la campagne parce qu'alors il faut me séparer de moi. Joubert Joseph
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Par gaillard1, le 26/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
Platon, Xénophon et les autres écrivains de l'école de Socrate, ont les évolutions du vol des oiseaux ; ils font de longs circuits ; ils embrassent beaucoup d'espace ; ils tournent longtemps autour du point où ils veulent se poser, et qu'ils ont toujours en perspective ; puis enfin ils s'y abattent. En imaginant le sillage que trace en l'air le vol de ces oiseaux, qui s'amusent à monter et à descendre, à planer et à tournoyer, on aurait une idée de ce que j'ai nommé les évolutions de leur esprit et de leur style. ce sont eux qui bâtissent des labyrinthes, mais des labyrinthes en l'air. Au lieu de mots figurés ou colorés, ils choisissent des paroles simples et communes, parce que l'idée qu'ils les emploient à tracer, est elle-même une grande et longue figure. Aristote redressa toutes les règles et ajouta, dans toutes les sciences, aux vérités connues, des vérités nouvelles. Son livre est un océan de doctrines, et comme l'encyclopédie de l'antiquité. C'est de lui que le savoir a découlé comme d'une source dans les siècles qui l'ont suivi.
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Par gaillard1, le 26/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
Platon enseignait que toutes les choses créées ne sont que le produit d'un moule, qui est dans l'esprit de Dieu, et qu'il appelle idée. l'idée est à l'image ce que la cause est au produit. Or, prétendait ce philosophe, toutes choses n'étant qu'une copie de l'idée, l'image qu'une copie des choses, et les mots, à leur tour, qu'une expression de l'image, les poètes qui sont si fiers de leur art, ne font cependant, dans leurs poèmes, que des copies de la copie d'une copie, et, par conséquent, quelque chose d'infiniment imparfait, parce que cela est infiniment éloigné, et différent du vrai modèle.
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Par gaillard1, le 26/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
Voici comment on pourrait diviser le commerce des nations, d'après leur caractère : l'espagnol(1), joaillier, orfèvre, lapidaire ; l'anglais(2), manufacturier ; l'allemand(3), marchand de papiers ; le hollandais(4), marchand de vivres, et le français(5) marchand de modes. Dans la navigation, le premier est courageux, le second habile, le troisième savant, le quatrième industrieux, et le cinquième hasardeux. Il faut donner à un vaisseau un capitaine espagnol, un pilote anglais, un contre-maître allemand et des matelots hollandais ; le français ne marche que pour son compte. Il faut proposer au premier une conquête ; une entreprise au second, des recherches au troisième, au quatrième du gain, et un coup de main au cinquième. Le premier veut de grands voyages, le second des voyages importants, le troisième des voyages utiles, le quatrième des voyages lucratifs, et le cinquième des voyages rapides. Le premier s'embarque pour aller, le second pour agir, le troisième pour voir, le quatrième pour gagner, et le cinquième pour arriver. La mer enfin est pour l'espagnol un chemin, pour l'anglais un lieu, pour l'allemand un cabinet d'étude, pour le hollandais une voie de transport, et pour le français une chaise de poste.
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Par gaillard1, le 17/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
La vie est un devoir dont il faudrait tâcher de se faire un plaisir, comme de tous nos autres devoirs. Joubert Joseph
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Par gaillard1, le 26/09/2010
Carnets de
Joseph Joubert
Une impression agréable, lorsqu'elle est courte, c'est plaisir ; lorsqu'elle est longue, c'est volupté ; lorsqu'elle est permanente, c'est le bonheur. Un bonheur causé par des impressions douces, flatteuses, que rien n'interrompt ni ne trouble, c'est félicité.