-
Par Malise, le 24/05/2013
Redemption Falls de
Joseph O`Connor
Quand c'est qu'il avait bu, on rentrait point dans sa chamb'. Fallait fout' le camp. N'importe où. Pa'ce qu'y se foutait bien de ce qu'y faisait alors, dame... Les Irlandais, y boivent comme les Indiens. C'était rien qu'du poison pour lui. Ça faisait ressortir le pire en lui... Y pensait pu qu'à ses problèmes... Ça renforçait ses démons... Les Français, y savent boire un peu. Les Russes. Les Suédois. Les Allemands, y peuvent boire jusqu'à temps qui pousse de la barbe aux grenouilles... Mais l'Irlandais, y sait pas quand c'est qu'y faut s'arrêter.
> lire la suite
-
Par Malise, le 16/05/2013
Redemption Falls de
Joseph O`Connor
Pour l'homme qui se trouve enchaîné à la guerre - pour tous les hommes, en fait -, la véritable consolation ne réside pas dans une obstination indigne, mais dans les "lacrimae rerum" qu'autorise la lucidité ; la beauté froide du monde, racheté par le sacrement d'un regard dessillé.
-
Par Luniver, le 17/01/2013
L'Etoile des mers de
Joseph O`Connor
— Pas aujourd'hui, mon chaton, nous pouvons seulement nous embrasser.
Son sourire fondit comme neige au soleil.
— Est-ce que tu te sens bien, Mary ?
— À merveille, vraiment.
— Je ne t'ai pas offensée au moins ? Je ne voulais pas prendre de privautés.
— Mais non, gros bêta, fit-elle en lui donnant de nouveau un baiser. J'ai mes affaires.
Il sourit d'un air confus.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Sais-tu ce qui arrive tous les mois aux femmes ?
— Non.
— Réfléchis.
Il haussa les épaules.
— De l'argent de poche ?
> lire la suite
-
Par Carosand, le 19/03/2012
Muse de
Joseph O`Connor
Chère MIss O'Neill,
Un petit mot pour vous dire combien j'ai apprécié votre compagnie au fil des années ainsi que notre amitié. Je ne suis pas au mieux en ce moment. J'ai un peu peur de temps à autre, et bien sûr j'éprouve des regrets. Les chemins j'amais explorés, etc.
Je ne suis pas du genre à faire des scènes ni à dire ce que je ressens. Ma défunte épouse, qu'elle soit en paix, me gourmandait toujours parce que je ne parlais pas. Mais les hommes sont comme ça, j'imagine. Toutefois, je tiens à vous dire quelque chose qui, j'espère, ne vous bouleversera par trop : de bien des façons, je vous ai aimée comme la soeur que je n'ai jamais eue et même, pour être tout à fait honnête, comme une amie très spéciale. Ce fut un honneur de connaître une dame aussi belle, aussi gentille et pleine de vie. Sans oublier votre esprit enjoué et votre gaîté face à la vie. Tout ce que vous disiez était toujours si plein de bon sens, mais aussi de charité, de compassion envers les autres, de compréhension. A tel point que je me suis dit bien des fois : "Si tout le monde ici-bas était comme ma chère MIss O'Neill, nous ne serions pas dans la panade où nous sommes".
J'aimais particulièrement les jours où vous me rendiez visite dans ma petite boutique, nos longues conversations, nos petites plaisanteries. Les livres sont merveilleux, n'est-ce pas, qui rassemblent les gens. Je pense qu'il représente la meilleure part de nous-mêmes, les livres et la musique. Et le courage.
Hélas, je ne crois pas qu'il y ait grand-chose qui nous attende "de l'autre côté", comme on dit, cependant si c'était le cas, après tout, qui sait ? - je me suis trompé tant de fois ! -, j'ai pris l'engagement spirituel de vous accompagner tous les jours de votre vie, si je le puis.
Au revoir, ma chère MIss O'Neill;
Votre ami aimant
> lire la suite
-
Par Carosand, le 16/03/2012
Muse de
Joseph O`Connor
Il sait qu'une seule chose nous distingue des bêtes : le fait que chacun d'entre nous porte en lui un Eden, un royaume de silence intérieur, que certains nomment l'âme, faute d'autre nom. La difficulté consiste à permettre aux gens de l'atteindre, même un instant, de recevoir sa bénédiction, d'être sauvés du sous-murmure crasseux de la vie.
-
Par Luniver, le 14/01/2013
L'Etoile des mers de
Joseph O`Connor
Les premiers jours s'écoulèrent avec une lenteur désespérante. Les passagers stupéfaits apprirent à Liverpool que le bateau allait repasser par l'Irlande avant de partir affronter l'Atlantique. La déception causée par cette nouvelle poussa beaucoup d'hommes à se soûler, ce qui entraîna nombre de bagarres. La plupart des occupants de l'entrepont avaient vendu tout ce qu'ils possédaient pour payer la traversée jusqu'à Liverpool. Beaucoup d'entre eux s'étaient fait voler dans cette ville sinistre et violente ; ils avaient été escroqués ou dépouillés de leurs pauvres biens en échange de morceaux de rondelles d'étain grossièrement frappées qu'on leur avait présentées comme des dollars américains. Et voilà qu'on les ramenait à Dublin dont ils s'étaient enfuis tout juste quelques semaines auparavant, résignés, ou du moins s'efforçant de l'être, à ne plus jamais poser le regard sur leur terre natale.
Même cette maigre satisfaction leur fut refusée. Nous avions laborieusement progressé à travers une mer d'Irlande de bien mauvaise humeur et avions relâché à Kingstown pour y faire provision de vivres, puis nous avions longé la côte découpée du Sud-Est jusqu'à Queenstown (ou Cobh, comme on dit en gaélique) dans le comté de Cork. Passer au large de Wicklow ou de Wexford ou de Waterford fut pour beaucoup l'occasion d'un pincement amer, comme lorsqu'on arrache un pansement d'une blessure infectée. Un forgeron phtisique originaire de Bunclody enjamba le bastingage à la hauteur de Forlorn Point et ce fut la dernière chose qu'on vit de lui : un homme qui nageait à grand peine vers la côte et qui usait les derniers lambeaux de sa volonté pour revenir à l'endroit où l'attendait une mort certaine.
> lire la suite
-
Par Carosand, le 15/03/2012
Muse de
Joseph O`Connor
La poésie s'insinue partout. Il suffit de préter un peu attention.
-
Par carre, le 01/01/2012
Desperados de
Joseph O`Connor
On ne demande pas à quelqu'un qui se noie s'il a envie d'être secouru : on se jette à l'eau.
-
Par Luniver, le 26/01/2013
L'Etoile des mers de
Joseph O`Connor
— C'est une profession ben honorable, la vôtre, monsieur. On dit que la plume est plus puissante que l'épée.
— On le dit. Mais je ne suis pas certain que ce soit vrai.
— C'est une immense bénédiction qu'vous avez reçue, monsieur, tout d'même, monsieur. Et comment, qu'j'aimerais en avoir reçu autant ! Y sont nombreux, ceux qui la désirent, mais peu la reçoivent.
— De quelle bénédiction parlez-vous ?
— Le don que vous avez de met' une chose en anglais, monsieur. La langue des poètes et de Notre-Seigneur lui-même dans les Écritures.
— Je crois que le Seigneur en question parlait plutôt araméen.
— À votre Grâce, peut-êt'e, monsieur. À moi, il parlait anglais.
> lire la suite
-
Par philo15, le 19/05/2010
A l'irlandaise de
Joseph O`Connor
Toute existence connait ses périodes de bouleversement radical et essentiel, qui ne sont pas aussi évidentes que ça quand on les subit. En y repensant aujourd'hui, je crois que je suis devenu quelqu'un de différent, pendant ces mois-là, quelqu'un qui parlait interminablement de l'importance des bons moments et de l'amusement, et qui riait sans arrêt. La gaité n'est que le masque que revêt le malheur les bons jours, ceux où on n'a pas envie de hurler de souffrance.
> lire la suite