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Par philo15, le 19/05/2010
A l'irlandaise de
Joseph O`Connor
Toute existence connait ses périodes de bouleversement radical et essentiel, qui ne sont pas aussi évidentes que ça quand on les subit. En y repensant aujourd'hui, je crois que je suis devenu quelqu'un de différent, pendant ces mois-là, quelqu'un qui parlait interminablement de l'importance des bons moments et de l'amusement, et qui riait sans arrêt. La gaité n'est que le masque que revêt le malheur les bons jours, ceux où on n'a pas envie de hurler de souffrance.
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Par carre, le 01/01/2012
Desperados de
Joseph O`Connor
On ne demande pas à quelqu'un qui se noie s'il a envie d'être secouru : on se jette à l'eau.
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Par kathel, le 21/09/2011
Muse de
Joseph O`Connor
Même après sa mort, sous le déluge du deuil, tu continuais d’imaginer votre terre promise. Lui, regardant le rugissement du Niagara, ou bien au marché aux oiseaux à Bâton Rouge, à bord du bateau voguant vers Great Falls, dans le Montana. Certains vont au paradis, d’autres au purgatoire, mais les meilleurs partent pour l’Ouest éternel. Au cours des années qui suivirent sa disparition, durant les saisons de ta gloire américaine, à chaque fois que tu saluais le public, tu songeais à lui.
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Par csapin, le 28/12/2011
Muse de
Joseph O`Connor
L'existence est pleine de bienfaits. Ne serait-ce qu'être en vie ! Car les obstacles qui pèsent sur elle sont innombrables, insurmontables ; le simple fait d'y songer fait froid dans le dos. Les disparus sont si nombreux. Sans compter les milliards qui ne sont jamais nés. Aucun de nous ne devrait se trouver ici-bas. Pourtant nous sommes bien là. Et tout ceci constitue une aventure si belle, si étrange ; qui refuserait de s'y lancer, à part les fous, les écorchés ?
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L'Etoile des mers de
Joseph O`Connor
Mulvey se mit à réfléchir à une évidence qui tourna bientôt à l'idée fixe. Tout le monde admirait les chanteurs ; ils étaient à la fois mémorialistes, chroniqueurs, garants de la tradition, biographes. Dans un pays où presque personne ne savait lire, ils étaient les hérauts du passé, de véritables livres ambulants. (...) Mulvey avait parfois l'impression que, s'ils n'avaient pas été là, personne ne se souviendrait de rien, et quelque chose dont on n'a pas le souvenir n'a pas vraiment eu lieu. Un chanteur faisait partie de la même famille que la guérisseur, le rebouteux, la sage-femme capable de soulager les douleurs à l'aide de potions secrètes, ou le bohémien qui domptait les chevaux rien qu'en leur parlant. Quant aux compositeurs, ils étaient vénérés. (...) Une nouvelle ballade était accueillie avec autant de joie qu'une bonne moisson. Et si la complainte était particulièrement bonne, elle était saluée à l'instar d'une naissance. (...) Insulter un compositeur portait malheur. On les craignait autant que des magiciens ; si vous les mettiez en colère, vous pouviez vous retrouver dans une chanson et l'on se moquerait de vous pour l'éternité même si l'on ne se souvenait plus de la raison.
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Par betty, le 01/08/2010
Inishowen de
Joseph O`Connor
Yeats, Joyce, Oscar Wilde... Quand Ellen parlait du pays des Lutins, on pouvait penser qu'aucun autre pays du monde n'avait donné le jour à un escroc capable d'accoler quelques adjectifs polysyllabiques à ses névroses et de baptiser le résultat littérature.
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Redemption Falls de
Joseph O`Connor
Extrait d'une lettre à son épouse : Je commence à me demander si cela n'était point une erreur de venir ici. […] Les animaux, les arbres : nul ne connaît leurs noms. Les oiseaux ont l'air préhistoriques. […] Il est possible de chevaucher trois jours durant sans rencontrer âme qui vive, ni même de preuve que l'être humain ait jamais existé. Cinq fois la surface de l'Irlande ; et pas même vingt mille âmes. […]Nous sommes arrivés ici de si fraîche date, nous les Blancs. Nous sentons le poids de notre non-appartenance. […]Les rares constructions qui surgissent hors des villes ne sont que cabanes et rondins & autres cambuses : nulle part de fondations ni d'édifices en pierre. […]Les pionniers sont de la pire engeance qu'on ait jamais vue, frustres, crasseux, d'une vulgarité irrémédiable ; d'une hideur parfaitement swiftienne. Pas un d'entre eux qui n'ait dans l'œil cette terne lueur de cruauté. Une brosse à dents serait considérée comme un buisson ardent par les Israélites ; toute forme de gentillesse comme une faiblesse. Il faut parcourir mille lieues sur cette terre désolée pour trouver le moindre acte de camaraderie ou de pitié. Un mineur couvert de poussière battant une mule couverte de poussière : ce devrait être l'emblème des Territoires. […]Les femmes d'ici vous brisent le cœur tant elles sont pauvres et misérables. Nul besoin de vous dire de quelle manière la plupart d'entre elles gagnent leur pitance. Je suppose qu'il en sera toujours ainsi dans une ville pleine d'hommes privés de l'influence civilisatrice d'une épouse. […]Quant aux Indiens, ils nous méprisent tous, même quand nous traitons avec eux. Ils scalperaient tous les Blancs d'ici jusqu'à Saint Louis, s'ils le pouvaient, & feraient des bols avec leurs crânes. Il est difficile de les condamner, car nous sommes étrangers sur leurs terres, incarnation de la dépossession.
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L'Etoile des mers de
Joseph O`Connor
We still tell each other than we are lucky to be alive, when our being alive has almost nothing to do with luck, but with geography, pigmentation and international exchange rates.
Tentative de traduction : « Nous nous disons toujours les uns les autres que nous sommes chanceux d’être en vie, alors que le fait d’être en vie n’a pas grand-chose à voir avec la chance, mais plutôt avec la géographie, la pigmentation et les taux de change internationaux. »
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L'Etoile des mers de
Joseph O`Connor
Il n'y a pas de mots pour décrire l'étrange aspect des enfants de la famine. Jamais je n'ai vu de regard aussi brillant, aussi bleu, aussi clair, fixer le vide avec une telle constance. Je n'étais pas loin d'imaginer que les anges de Dieu avaient été envoyés pour dessiller les yeux de ces petites créatures patientes qui se mourraient et leur révéler les béatitudes d'un autre monde. Elihu Burritt, Journal d'une visite de trois jours à Skibbereen, 1847.
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Par Cath36, le 15/10/2011
Muse de
Joseph O`Connor
Monsieur,
Il est grand temps d'entreprendre quelque chose au sujet du nombre d'indigents qui errent à travers Londres. Récemment... je dus traverser Trafalgar Square...en compagnie de mon épouse et de notre fille. Nous fûmes assaillis par la vision d'une femme d'un certain âge, endormie au pied de la colonne Nelson. Elle tenait à la main une bouteille bien visible... En tant que contribuable et patriote, fier d'avoir servi notre Royaume en tant de guerre, je me sentis insulté et mû par une juste colère de devoir subventionner la paresse chez ce type de personnes, qui devraient savoir que de jeunes gens impressionnables peuvent avoir à passer par là, sans oublier l'effet produit sur les visiteurs non londoniens....Vous comprendrez, Monsieur, que la Guinness, si je puis dire, me soit montée au nez.
Salutations, et caetera,
Un contribuable inquiet du Berkshire
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