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Par Woland, le 17/03/2009
La Marche de Radetzky de
Joseph Roth
[...] ... Joseph Trotta, baron von Sipolje, reçut de mauvaise grâce, comme un affront, les faveurs impériales. Sans lui, on mena, et perdit, la campagne contre les Prussiens. Il était amer. Déjà, ses tempes devenaient d'argent, ses yeux ternes, son pas était lent, sa main lourde, sa bouche plus silencieuse qu'auparavant. Bien qu'il fût dans ses meilleures années, il paraissait vieillir vite. Il avait été chassé de ce paradis qu'était sa foi rudimentaire en l'Empereur, la vertu, la vérité et le droit. Prisonnier de la résignation et du mutisme, il découvrait que la ruse fonde la pérennité du monde, la force des lois et l'éclat des majestés. L'Empereur en ayant occasionnellement exprimé le désir, le texte n° 15 [le texte incriminé par Trotta et dont il voulait la révision ou le retrait] disparut des manuels de lecture de la monarchie. Le nom de Trotta subsista exclusivement dans les annales du régiment. ... [...]
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Par Woland, le 17/03/2009
La Marche de Radetzky de
Joseph Roth
[...] ... Trois jours plus tard, on mettait dans sa tombe le corps de M. von Trotta. Le maire de la ville de W* prononça un discours. Et comme tous les discours de ce temps, le sien aussi commença par la guerre. Puis le maire dit encore que le préfet avait donné à l'Empereur son fils unique et qu'il avait continué malgré tout à vivre et à servir. Cependant, la pluie arrivait, infatigable, sur les têtes nues des personnes rassemblées autour de la fosse. Un frémissement, un bruissement s'échappaient des buissons, des couronnes et des fleurs mouillées. Dans la tenue de médecin-chef de la territoriale, qui lui était inhabituelle, le Docteur Skowronnek [médecin et ami du disparu] essayait de garder la position martiale du garde-à-vous bien que, en sa qualité de civil, il ne la tînt aucunement pour l'expression d'une piété exemplaire. "La mort n'est pas un médecin d'état-major, après tout !" se disait le docteur. Puis il fut l'un des premiers à s'approcher de la fosse. (...)
Comme il quittait le cimetière, le maire l'invita à partager sa voiture. Le docteur y monta.
- "J'aurais bien dit encore," déclara le maire, "que Monsieur von Trotta ne pouvait pas survivre à l'Empereur. Ne croyez-vous pas, docteur ?
- Je ne sais pas," répondit Skowronnek. "Je crois qu'ils ne pouvaient, ni l'un, ni l'autre, survivre à l'Autriche." ... [...]
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Par Sachenka, le 04/05/2012
La Marche de Radetzky de
Joseph Roth
On dirait même que Dieu en personne ne veut plus porter la responsabilité du monde.
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Par Sachenka, le 29/04/2012
La Marche de Radetzky de
Joseph Roth
Cette région [à deux lieues, tout au plus, de la frontière russe] s'apparentait à la patrie des paysans ukrainiens, de leur accordéons mélancoliques, de leurs inoubliables chansons : c'était la soeur septentrionale de la Slovénie.
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Par Sachenka, le 29/04/2012
La Marche de Radetzky de
Joseph Roth
Maintenant, la mort fulgurait à ses yeux comme un éclair noir, frappait son inoffensif plaisir, réduisait sa jeunesse en cendres et leprécipitait au bord des profondeurs mystérieuses qui séparent les vivants des morts. Une vie pleine d'affliction s'ouvrait à lui. Il se prépara à la supporter, résolu et blême, comme il convient à un homme.
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Une heure avant la fin du monde de
Joseph Roth
Quel monde que celui où les imaginations les plus hardies de Balzac pâlissent, où les plus grandioses inventions de Shakespeare s'affadissent et où l'on se sent forcé de reconnaître que cette décennie, avec ce qu'elle contient d'intense perversité infernale, aurait de quoi déshonorer des siècles...
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Une heure avant la fin du monde de
Joseph Roth
Mauvaise excuse des cœurs paresseux qui ne veulent pas s'indigner ! Il y a des actions d'un seul qui ne caractérisent pas seulement leur auteur, mais tout le groupe auquel il appartient.
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Par Voltaire, le 21/04/2012
Le Poids de la grâce de
Joseph Roth
Voici déjà bien des années que vivait à Zuchnow un homme qui avait pour nom Mendel Singer. Il était pieux, il craignait Dieu et n'avait rien d'extraordinaire : c'était, en somme, un de ces Juifs tels que l'on en voit tous les jours. Il exerçait modestement le métier de maître d'école.
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Par Sachenka, le 29/04/2012
La Marche de Radetzky de
Joseph Roth
Le rayonnement du soleil des Habsbourg s'étendait vers l'Orient jusqu'aux confins de l'empire des tsars.
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La crypte des Capucins de
Joseph Roth
Toutefois, nous devions avoir bientôt la preuve que ces péchés, que mes amis et moi accumulions sur nos têtes, n’avaient rien de personnel, mais n’étaient que de légers symptômes, précurseurs d’un anéantissement déjà en voie de réalisation.