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Par dreulma, le 15/09/2010
Marguerite Yourcenar : L'Invention d'une vie de
Josyane Savigneau
'' J'ai tenté d'accroître en maints endroits la part de réalisme, ailleurs, celle de la poésie, ce qui finalement est ou devrait être la même chose'' M.Y. Préface de ''Denier du rêve''
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Par dreulma, le 12/08/2010
Marguerite Yourcenar : L'Invention d'une vie de
Josyane Savigneau
Et si la mort la surprenait pendant ce périple ? Elle qui avait tant pensé, tant dit, tant écrit qu'il ne fallait pas mourir par inadvertance, mais au contraire ne rien manquer de cette expérience ultime, du dernier passage; elle qui voulait mourir les yeux ouverts, sentir la mort s'insinuer en elle, vivre cette mort en quelque sorte, éprouvait désormais une espèce d'indifférence. Comme elle l'avait dit, elle était prête. Qu'importaient la date, le lieu et les conditions. Pourvu qu'elle ne restât pas des mois entiers dépendante de tel ou tel qui devrait la soigner. La mort serait peut-être même, sinon plus douce, du moins plus sûre en voyage : on n'avait pas forcément à portée de main un de ces hôpitaux où l'on s'acharne à vous faire survivre.
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Par dreulma, le 01/10/2010
Marguerite Yourcenar : L'Invention d'une vie de
Josyane Savigneau
'' En ce qui concerne l'amour, je ne suis pas sure que la glorification du ''couple'' en tant que tel soit la meilleure manière de nous débarrasser de nos erreurs et de nos fautes; tant d'agressivité, tant d'égoïsme à deux, tant d'exclusion du reste du monde, tant d'insistance sur le droit de propriété exclusif d'un autre être sont entrés dans cette notion : peut-être avons-nous à la purifier avant de la resacraliser... C'est toute la chair, d'ailleurs que nous devrions tenir pour sacrée, ne serait-ce que pour la rapprocher d'avantage de l'esprit dont elle est soeur, et une telle attitude finirait peut-être par diminuer le mauvais usage et l'abus. Il y a des moments où, sociologiquement parlant, et sans paradoxe, je trouve regrettable que la prostitution ait cessé d'être sacrée depuis plus de deux milles ans. La servante des temples avait ses privilèges et ses vertus, que nous avons enlevés à la fille à la carte. ''
M.Y. Lettre à Suzanne Lilar, du 19 mai 1963, correspondance inédite
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Par petiteflo, le 18/05/2010
Carson McCullers. Un coeur de jeune fille de
Josyane Savigneau
Son premier roman, paru en 1940 elle avait vingt-trois ans -, la fit célébrer comme l'enfant prodige de la littérature américaine. Ses liens d'amitié avec Tennessee Williams ou Henry Miller, les rumeurs sur son homosexualité en firent la cible des ligues de vertu. Son mariage, son divorce, son remariage avec Reeves héros du Débarquement et écrivain raté - creusèrent dans sa vie un sillon de désespoir. Ses pièces triomphaient à Broadway tandis qu'elle s'enfonçait lentement dans la maladie et l'alcool... Au-delà d'une vie de légende, Carson McCullers apparaît aujourd'hui comme ce qu'elle est : une des voix les plus bouleversantes du roman américain, hantée par la solitude et l'enfance ; un grand écrivain souvent mal compris qui conserva jusqu'au bout son coeur de jeune fille.
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Par dreulma, le 15/09/2010
Marguerite Yourcenar : L'Invention d'une vie de
Josyane Savigneau
'' En général, je crois qu'il est extrêmement important que l'écrivain, tout en s'alignant le plus souvent possible sur la ligne de l'usage, garde la liberté de s'en écarter volontairement là où il croit indispensable de le faire. C'est ainsi que je tiens à garder ''après midi '' au féminin, (...) à retenir l'ancienne orthographe de ''payment, lys, frayer, essayer'' (...) Tout cela est très sérieux, parcequ'une des raisons d'être de l'écrivain est de lutter contre un certain conformisme superficiel du langage, qui, accepté comme un article de foi, va à l'encontre des lois plus subtiles ou plus complexes, et tend, sous prétexte d'uniformiser, à appauvrir finalement le français.''
lettre de M.Y. à Mme Horast, 17 janvier 1957, archives Plon
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Par dreulma, le 13/09/2010
Marguerite Yourcenar : L'Invention d'une vie de
Josyane Savigneau
Edmond Jaloux, 26 avril 1929, critique influent des Nouvelles Littéraires, ... : '' Je ne connaissais Mme M. Y. que par ... Diagnostic de l'Europe, étude assez pessimiste ... Mais Mme M. Y. , après avoir révélé la gravité de l'état de l'Europe, ne nous montrait pas moins le charme de cet état; ainsi, les Japonais, dit-on, mangent des poissons à peu près vivants, afin de voir leur agonie se parer devant eux des plus belles couleurs. L'Europe, pour Mme Y. , montre de même je ne sais quelle riche phosphorescence qui la charme et qui est déjà la parure de la décomposition. ''
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Par dreulma, le 01/11/2010
Marguerite Yourcenar : L'Invention d'une vie de
Josyane Savigneau
À Matthieu Galey : '' Je souffre de voir les villes polluées, le bord de mer inondé d'huile, de moins en moins d'espèces animales. (...) quand on remplace les arbres par des pylônes, on voit un monde qui meurt. Alors je tâche de lutter par toutes sortes de moyens légaux, en assistant les gens qui tentent de protester. (...) J'écris, j'envoie des télégrammes (...) Ce n'est pas simplement en affirmant ses opinions, c'est en montrant un certain angle de vue, une certaine image du monde qu'un écrivain peut se manifester. ''
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Par caro64, le 19/06/2010
Josyane Savigneau
Elle se promène à travers le monde pour voir si la réalité ressemble à ce qu’elle en a imaginé.
(Josyane Savigneau. Marguerite Yourcenar, l’invention d’une vie.)
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Par dreulma, le 01/11/2010
Marguerite Yourcenar : L'Invention d'une vie de
Josyane Savigneau
''Que nous soyons heureux ou non n'a au fond pas d' importance, et c'est l'immense victoire du bouddhisme que d'avoir senti que la libération elle-même n'en a pas, et que de ne pas en avoir est peut-être sa secrète condition pour être.''
Marguerite Yourcenar, Lettre à Gabriel Germain, du 13 juin 1969, correspondance inédite
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Par dreulma, le 14/09/2010
Marguerite Yourcenar : L'Invention d'une vie de
Josyane Savigneau
''je crois que la plupart des gens se font des idées erronées sur l'érudition'', disait-elle [ M.Y.] à Matthieu Galey . ''Ils s'imaginent qu'on va plonger dans les livres du matin au soir comme les rats de bibliothèque des romans d'Anatole France (...) Mais ce n'est pas comme ça que les choses se passent. Quand on aime la vie, je dirais sous toutes ses formes, celles du passé autant que celles du présent - pour la simple raison que le passé est majoritaire, comme dit je ne sais quel poète grec, étant plus long et plus vaste que le présent, il est normal qu'on lise beaucoup. (...) Je crois qu'il faut s'imprégner totalement d'un sujet jusqu'à ce qu'il sorte de terre, comme une plante soigneusement arrosée.''
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