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Par Sharon, le 21/11/2011
Petite soeur, mon amour
de
Joyce Carol Oates
Joyce Carol Oates ne montre pas l'envers du rêve américain, elle le fait littéralement voler en éclats. Pour atteindre son but, elle détourne une forme convenue : le livre-confession autobiographique. Ce genre littéraire commercial fleurit aux Etats-Unis mais aussi en France (je n'ai pas de titres en tête, je ne lis pas ce genre de prose, je sais simplement qu'elle existe. Joyce Carol Oates donne l'illusion du réel en concentrant tous les codes du genre sur sept cents pages, en écrivant avec une maestria, une ironie douloureuse, une lucidité sans faille ce récit sordide.
Elle s'est inspirée d'un fait divers tristement célèbre : l'assassinat non résolu d'une mini-miss JonBennet Ramsey. Des reportages, et même un téléfilm ont été consacrés à ce meurtre, montrant la manière dont les parents exploitaient leur fille, mais aussi insufflant l'idée que le frère aîné n'était pas étranger à sa mort. Un pédophile est passé aux aveux en 2006, mais les enquêteurs ont montré les incohérences de son témoignage. Le dossier a été rouvert fin 2010. Voilà pour les faits "réels". Retournons maintenant au roman.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dans la famille Rampike. Le père a un excellent travail, qui lui a permis d'acheter une maison dans un quartier chic. Sa femme ne travaille pas, comme il se doit, elle se consacre à l'éducation de son fils, Skyler, le "petit homme" de maman, puis d'Edna Louise, sa fille, un bébé qui passe son temps à pleurer. Leur but ultime, déjà ? Paraître, à tout prix. Personne ne fait attention à madame Rampike, qui essaie d'initier son fils au patinage artistique. Elle peine à entrer en relation avec les familles en vue, celles qui habitent dans des quartiers encore plus chic que le sien. Le drame survient. Non, je ne parle pas du meurtre - pas déjà - je parle de la chute qui laissera Skyler handicapé, à la suite d'un accident à l'entraînement de gymnastique. Skyler perd dès lors presque tout intérêt aux yeux de son père, qui n'en fera jamais le grand champion dont il rêvait. Par contre, il pourra intenter un procès à son entraîneur et d'obtenir une somme d'argent substantielle - première dénonciation du système judiciaire américain - et reporter la responsabilité sur lui, et non sur sa volonté de paraître - déjà.
L'image est ce qui compte plus que tout. Paraître, toujours. Le jugement moral n'est pas écrit noir sur blanc, non, il est là, dans le ton employé par Skyler, dans ses remarques persiflantes. Bientôt, Edna Louise ne sera plus, elle sera Bliss, et tant pis si ce choix déplaît à madame Rampike mère dont elle porte le prénom, ce choix ne l'avait pas amadoué, pourquoi le conserver ? Bliss entre sur cette scène qu'est la patinoire, et tous les regards convergent vers cette enfant de quatre ans qui patine si bien. Cette enfant aura très vite les mêmes costumes qu'une patineuse adulte (les descriptions, précises, sont autant d'invites pour un certain public masculin), elle sera maquillée, non pour aguicher, non parce qu'elle n'est pas très jolie mais parce que c'est nécessaire, ses cheveux seront teints, bref, Edna Louise est complètement dépossédée de son identité première, afin de plaire, pas seulement au jury, mais surtout à ses propres parents, passés maître, surtout la mère, dans le chantage affectif et religieux.
Bigote, madame Rampike ? Sans doute, elle qui prie si souvent, et se reproche de ne pas avoir prié assez en cas de défaite. Elle s'est forgée une foi à son image, je l'imagine fort bien en championne de la casuistique, elle qui déforme chaque précepte pour l'utiliser à son avantage. Le pire, bien sûr, est qu'elle n'en a aucunement conscience, tout comme son mari n'a aucunement conscience que sa culture n'est que de la cuistrerie, qui en serait presque risible n'étaient son attachement viscérale à ses principes, aussi déformés qu'un reflet dans un palais des glaces.
Risibles, oui, ils le seraient si la tragédie n'était au milieu du chemin. Ils le seraient par le décalage flagrant entre leurs paroles et leurs actes. Ils sont surtout abjects, et tout une industrie avec eux. Pas besoin de dénoncer, il suffit juste pour Skyler d'annoncer le nombre de maladies mentales qui lui ont été diagnostiquées, le nombre de médicaments que lui et sa soeur ont été contraints de prendre, pour soigner les sus-dites maladies ou pour augmenter les performances sportives, pour rendre plus dociles aussi. La moindre rébellion est aussitôt étiquetée et soignée, à la plus grande joie des industries pharmaceutiques. Il lui suffit aussi de révéler ce qui a été fait des images de sa soeur, et des batailles autour de ce "droit à l'image", chèrement remportée par la famille éplorée. Il suffit de montrer sa mère, devenue écrivain (!) afin de raconter la véritable histoire de sa fille puis de montrer comment elle avait surmonté sa douleur.
Pour jouer le jeu de la vérité, Joyce Carol Oates montre Skyler en train de s'interroger. Sur la justesse de ses souvenirs ou de sa reconstitution. Sur son droit à raconter tel ou tel fait. Etre multiple, le Skyler lecteur sourit presque du Skyler écrivain, encore sous le coup de ses névroses, tout comme celui-ci se détache du Skyler souffrant qui est pourtant le personnage de base de ce récit - lui et Bliss, indéfectiblement liés. Paradoxe ultime ou pirouette finale, Skyler choisit de ne pas révéler la vérité sur le meurtre de sa soeur, tout en le montrant à lire dans le récit. Skyler ne peut pas dire quelque chose qu'il n'a pas fait.
Tous les sujets peuvent être traités en littérature. Il faut juste avoir la puissante écriture de Joyce Carol Oates pour en tirer un ouvrage destabilisant, dérangeant, et parfaitement réussi.
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Par LiliGalipette, le 09/01/2012
Délicieuses pourritures
de
Joyce Carol Oates
Gillian se remémore ses années étudiantes, au sein du Catamount College. « Ceci n’est pas une confession. Comme vous le verrez, je n’ai rien à confesser. » (p. 8) Est-elle innocente ou sans remords ? Que faut-il penser de la vague d’incendies criminels qui éclatent un peu partout à Catamount ?
En 1975, Gillian a presque vingt ans et elle est furieusement éprise de son professeur, Andre Harrow. Mais « lorsqu’on aime un homme marié, on existe dans une relation non déclarée, secrète et singulière, avec son épouse. » (p. 13) Dorcas, la femme d’Andre, est une sculptrice au talent certain mais aux productions controversées. Le couple est superbe et fait l’objet de toutes les envies. Gillian et ses jeunes camarades espèrent toutes attirer son attention et partager son intimité. Prêtes à tout pour s’illustrer, les jeunes filles dévoilent leurs journaux intimes. « La tenue de notre journal se mit à nous obséder. » (p. 67) Ce qui n’était au début qu’un exercice universitaire devient une scène terrible où chacune exhibe ses blessures, quitte à en créer de nouvelles pour nourrir la curiosité vorace d’un professeur au comportement trouble.
Si Gillian doute d’obtenir la faveur de son professeur, elle nourrit à l’envi des fantasmes plus ou moins chastes. « Je rêverais de l’homme au visage lumineux et bon, dont la caresse, quoique légère, quoique nullement sensuelle ni avide, me pénétrerait de joie. » (p. 43) Mais quand le fantasme s’incarne enfin, l’euphorie devient perverse et vénéneuse. Désir ou amour, la relation qui se noue entre Gillian, Andre et Dorcas n’est pas de celles qui s’achèvent en happy end.
Il s’en passe de belles dans cette université pour filles ! Joyce Carol Oates nous montre un microcosme étouffant et écœurant et écrit avec brio la violation d’intimité et le dévoilement forcé. Bien que très court, ce roman n’est pas simple à lire : les mots prennent à la gorge et l’histoire met mal à l’aise. Poussant à l’extrême certaines légendes des collèges de jeunes filles, l’auteure nous fait pousser la porte d’un monde où la vilenie et la perversion sont proposées comme moteur de la création. À manipuler avec précaution !
De la même auteure, je ne peux que vous conseiller l’imposant et superbe Mon cœur mis à nu.
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Par Aela, le 30/11/2011
Délicieuses pourritures
de
Joyce Carol Oates
Un sujet délicat, très délicat: les agissements pervers d'un couple "en vue" formé d'un intellectuel professeur d'Université aux Etats-Unis et de sa femme, sculpteur reconnue.. sujet délicat donc mais traité avec beaucoup de pudeur par cet écrivain américaine de grand talent qu'est Joyce Carol Oates.
Un roman court, certains diront trop court... mais remarquablement maîtrisé où l'on voit Gillian Brauer, jeune étudiante de 20 ans, tomber progressivement sous la coupe de son professeur de littérature et de sa femme.
A travers les activités de l'atelier d'écriture qu'il dirige, Andre Harrow va exercer des pressions répétées auprès de ses jeunes étudiantes pour qu'elles dévoilent les moindres faits de leur vie privée.. Une surenchère malsaine dans l'étalage de leur vécu va naître chez les étudiantes de même qu'une rivalité sans bornes pour obtenir les bonnes grâces du Professeur..
C'est ce que va vivre la jeune héroïne jusqu'à ce qu'elle découvre...jusqu'à quel point va la perversité de ce couple "branché".. mais je vous laisse le soin de le découvrir!!
Un roman brutal, court et incisif qui nous dépeint un monde cruel où des jeunes étudiantes sont abusées dans leur naïveté par des personnes abusant de leur situation d'autorité..
Un sujet grave donc, mais remarquablement traité..
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Par PerdreUnePlume, le 04/01/2012
Délicieuses pourritures
de
Joyce Carol Oates
Un des romans les plus ambigus et à l'ambiance la plus lourde qu'il m'ait été donné de lire !
Éminemment bien réussie que cette plongée dans l'univers universitaire féminin sous la coupe d'un professeur pervers et dominateur ; effrayant.
L'ambiance "pensionnat de jeunes filles" parfaitement décrite en début de roman vire peu à peu et avec virtuosité vers celle plus étouffante du trio Gillian / Harrow / sa femme qui donne froid dans le dos jusqu'au coup d'éclat final.
Une nouvelle fois Oates n'est pas là où on l'attend, son style comme son fond étonnent et surprennent. Je crois que le pire dans tout çà c'est qu'elle a véritablement l'art de décrire et d'imaginer le pire (délit, perversité, tension sexuelle ambigüe, fantasmes malsains...) sans jamais tomber dans l'obscénité ou le montage façon fait divers ; pourtant l'ensemble reste peu suggéré et assez explicite, Oates ne se cache pas derrière les mots !
Ça reste juste, neutre, presque chirurgical. Définitivement une grande plume.
Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2012/01/04/D%C3%A9licieuses-pour...
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Par mariech, le 24/10/2011
Je vous emmène
de
Joyce Carol Oates
Roman ardu , qui demande un effort de lecture mais à la fin du livre , l'impression positive d'avoir passé un bon moment dans ma vie de lectrice .
L'héroïne nous emmène dans l' Amérique du début des années 60 , au temps où on ne parlait pas encore de révolution sexuelle ( la pilule n'existait pas ) , où on appelait un noir un nègre ...
On sent que ce roman est en grande partie autobiographique , l'auteur fait une critique au vitriol de la société de l'époque . La jeune fille est douée d'une intelligence exceptionnelle , ce qui ne l'empêche pas de faire parfois exactement le contraire de ce qu'elle doit faire , elle est pleine de paradoxes , de contradictions , elle se laisse accuser de choses qu'elle n'a pas faites puis finit par se rebeller , comme seules les timides en sont capables . Elle qui enfant à toujours pensé que son père ne l'aimait pas , sera étonnée de le voir arriver à la remise des diplômes où elle est première , pour la première fois , il va l'a comparer de façon positive à sa mère , décédée lorsqu'elle avait 18 mois ; il est fier d'elle ; elle retrouvera d'ailleurs son père à la fin de sa vie . Elle nous raconte sa passion sans avenir avec un étudiant noir beaucoup plus âgé qu'elle , qui se rend compte , lui aussi de son intelligence supérieure , mais qui aime plus que tout souligner ses failles .
Cet auteur me fait penser à Philip Roth pour sa critique sans concession de l'époque et les différents thèmes abordés , ils sont d'ailleurs à quelques années près de la même génération.
En résumé , je conseille ce roman aux fans de Joyce Carol Oates car malgré quelques digressions parfois difficiles à suivre , ce livre contient des pépites d'or qui font notre bonheur de lecteurs .
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Par Sand94, le 02/03/2011
Blonde
de
Joyce Carol Oates
Avant d’être une biographie de Marilyn Monroe, il s’agit surtout d’un roman dans sa définition la plus classique : une belle héroïne quasi orpheline, des obstacles, des amoureux, des scènes comiques, d’autres tragiques, des rebondissements…. et c’est bien là tout l’art de Oates dans ce roman. Prendre pour sujet une femme célèbres et en faire une héroïne de roman, la montrer non pas comme tout le monde la voit de l’extérieur, mais comme elle devait être, certainement, dans son âme, dans sa tête.
Lien : http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2011/02/28/blonde-joyce-carol...
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Par iarsenea, le 08/01/2011
Les Chutes
de
Joyce Carol Oates
Première réflexion en fermant ce roman après l'avoir terminé : je ne verrai plus jamais les Chutes du Niagara du même oeil ! Ces chutes, si puissantes et si belles, admirées par des touristes du monde entier, sont aussi un endroit privilégié où des personnes désespérées mettent fin à leurs jours. Leurs corps sont emportés par le fleuve, et se prennent parfois dans les tourbillons au bas des chutes. Puis, le pourissement de leurs corps les fait ramener à la surface, défigurés et d'apparence presque inhumaine.
Jamais en me rendant à Niagara Falls en 2009 je n'aurais cru que cet endroit si impressionnant était également si funeste. Mais c'est normal : on se garde bien de dévoiler ce côté sinistre aux touristes qui viennent en masse admirer les chutes.
Les Chutes de Joyce Carol Oates a été si marquant pour moi que je ne doute pas un seul instant que désormais, lorsque je me rendrai à Niagara Falls, j'aurai une petite pensée pour ce roman.
L'histoire, se déroulant sur près de trente ans, est si riche qu'il est inutile de vouloir en faire un résumé. Celui de la quatrième de couverture est amplement suffisant.
L'écriture, elle, m'a hypnotisée, sans que je puisse dire pourquoi. D'habitude, les romans où les dialogues sont presque complètement absents m'agacent, et je les trouve plus que souvent pénibles. Cette fois-ci, c'est à peine si je me suis aperçu qu'il n'y avait pas de dialogues, tellement l'histoire coulait, me fascinait. C'est avec peine que je fermais la lumière, le soir, avant de me coucher. Et ce, sans que je me demande de quelle façon cela allait se terminer, ce qui est un exploit. Je tournais simplement les pages du livre une à une, captivée.
Et que dire des personnages ! Je n'en ai rarement vus d'aussi travaillés, d'aussi complexes et d'aussi insaisissables ! Ariah a été pour moi un mystère du début à la fin. Je suis incapable de mettre des mots sur les sentiments qu'elle suscitait en moi. Je ne suis même pas capable de dire si, grosso modo, je l'ai aimée ou non.
Les Chutes n'est certainement pas le dernier livre que je lirai de Joyce Carol Oates !
Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.com/2011/01/les-chutes.html
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Par carre, le 06/02/2012
Délicieuses pourritures
de
Joyce Carol Oates
Gillian jeune et brillante étudiante universitaire est follement éprise de son charismatique professeur de poésie André Harrow. Avec son épouse, sculptrice, il forme un couple très en vue. Le professeur pour faire entrer ces étudiantes dans son cercle intime (en vérité un stage avec son épouse)demande à ces élèves d'écrire le journal intime qui sera lu en cours. Gillian osera t'elle se découvrir ?
Joyce Carol Oates nous entraine dans un jeu pervers qui installe une sorte de malaise pour le lecteur, mais le tout est fait de façon subtile, sans provocation, formidablement bien rendue. On espère de tout coeur que tout cela vient seulement de l'imagination de l'auteur. Mais qui sait ?
En tout cas, j'ai hâte de découvrir un peu plus l'univers de Oates.
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Par Melisende, le 03/12/2011
Les Chutes
de
Joyce Carol Oates
Il y a quelques semaines, Libfly appelait les lecteurs pour une opération autour de titres édités chez Points et Point2. Après un rapide coup d’œil, rien ne me tentait vraiment mais je me suis quand même laissée tenter par les deux livres de Joyce Carol Oates proposés. De cette auteure, je n’avais qu’une vague idée, me la représentant comme une de ces auteures contemporaines américaines qui ont du succès ici et outre-Atlantique mais qui restent très floues pour moi. Je n’avais jamais eu l’occasion de tester la plume de la Dame, c’était le moment où jamais de réduire mon inculture !
En recevant Petite sœur, mon amour et Les Chutes, je me suis tout de suite tournée vers le premier titre, plus inspirée par le résumé. Malheureusement, après plus de 200 pages, la pause s’est révélée indispensable. J’ai donc commencé ce « petit » Point2 et, contre toute attente, contrairement à Petite sœur, mon amour, Les Chutes a eu l’effet escompté puisqu’il m’a mené au bout de ses 992 pages.
Difficile de mettre des mots sur cette expérience de lecture. Ai-je aimé ? Sincèrement, je n’en sais rien. Je reconnais à Joyce Carol Oates un talent certain pour créer des atmosphères particulières et pour traiter ses personnages dans le détail mais finalement, après 992 pages, qu’ai-je retenu ?
Ariah, vieille fille trentenaire (oui, dans les années 50, pas mariée à 30 ans c’était plutôt mauvais…), a enfin trouvé, à l’aube de la seconde moitié du XXème siècle, un homme qui veut d’elle et qui satisfait ses parents. Alors que les deux jeunes mariés ont échangé leurs vœux moins de 20 heures plus tôt, l’époux est porté disparu. La mariée passe les sept jours suivants de sa lune de miel, seule, dans un état second, refusant d’accepter l’inévitable : après sa nuit de noces, le mari dégoûté s’est jeté du haut des chutes du Niagara. Le corps repêché, Ariah capitule, elle est « la Veuve blanche des Chutes ».
Quelques semaines plus tard, elle se lance corps et âme dans une relation avec Dirk Burnaby, avocat rencontré lors de la tragédie. Ce second mariage la transforme et l’épanouit, mais l’angoisse persiste : elle est damnée. Pour s’attacher cet époux qu’elle est persuadée perdre tôt ou tard, elle fait tout pour avoir des enfants…
Avec Les Chutes, point d’intrigue policière, de suspense insoutenable, d’actions à toutes les pages,… non. Juste l’histoire d’une femme et de sa famille, étendue sur 28 années (1950 - 1978). Ce « manque » plapable de fil conducteur peut déstabiliser et je suis la première à m’être demandée en tournant la 992ème page : « Oui, et alors ? Tout ça pour ça ?! ». En prenant un peu de recul et en réfléchissant un peu à cette lecture, je me suis rendue compte que la force du texte de Joyce Carol Oates n’est pas dans l’intrigue mais dans sa façon de traiter ses personnages. C’est un texte très contemplatif, j’imagine qu’on pourrait le classer du côté des « romans psychologiques » (si une telle dénomination existe). On pourrait craindre l’ennui mais l’auteure amène si bien les choses que ce n’est pas le cas et on se surprend à atteindre la 992ème page sans vraiment s’en être rendu compte.
La figure principale des Chutes est donc Ariah, cette « Veuve blanche » étrange, silencieuse, un peu comme une apparition fantomatique dont tout part. Sous ses airs de petite femme rousse fragile, elle cache une part d’ombre qui impressionne et effraie son entourage. Si je n’ai jamais compris sa façon d’être et d’agir, ce besoin de se complaire dans sa fatalité et donc, si je n’ai jamais réussi à m’attacher à elle, je félicite tout de même Joyce Carol Oates pour ce portrait marquant ; nul doute qu’Ariah la pianiste damnée restera dans mes pensées.
Dirk Burnaby, le second époux, m’a fait l’effet d’un auto-stoppeur. Entrant dans l’histoire à un moment donné, faisant un bout de chemin avec l’héroïne - sans jamais vraiment être bien présent -, repartant dans le paysage quelques centaines de pages plus loin. Si son existence est indispensable pour le bien fondé de certains éléments (à commencer par les trois enfants et leur apprentissage de la vie), il m’a semblé n’être qu’un maillon de la chaîne : indispensable mais bien vite oublié.
Les trois enfants que l’on apprend à connaître plus longuement dans le dernier tiers du texte, tentent tant bien que mal de se construire entre un père disparu et une mère distante. Chandler l’aîné mal-aimé, Royall le magnifique et Juliet la cadette sur laquelle reposait tous les espoirs d’Ariah. Trois enfants, trois destinées marquées par les Chutes du Niagara.
Les chutes, parlons-en. Elles donnent son titre à ce livre et son atmosphère lourde, oppressante. Même si l’auteure ne rappelle pas constamment leur présence, elles sont bel et bien là, dans notre esprit, tourbillonnantes, impressionna antes, fascinantes, dérangeantes… Autant dire que si un jour, par le plus grand des hasards, je me retrouve près des Chutes du Niagara (pas à l’occasion de ma lune de miel, hors de question après cette lecture !), je ne manquerai pas de me souvenir de l’écrit de Joyce Carol Oates…
Dernier point, positif qui plus est : la plume (ou la traduction, puisque je me base sur celle-ci). Difficile de décrire cet aspect du livre avec des mots simples. Le style de Joyce Carol Oates est particulier. Etouffant, oppressant, poignant. On s’imprègne facilement de l’atmosphère, des personnages et de leur destinée, d’autant plus que l’auteure décide de multiplier les points de vue et de les alterner. On glisse progressivement de la vision d’Ariah à celle de sa fille Juliet en passant par tous les protagonistes qui se sont trouvés entre elles : le premier époux suicidé, le second tué, les deux autres enfants,… L’histoire est la même mais grâce au changement de point de vue, certains éléments se trouvent éclairés d’un jour nouveau. Ainsi, pendant les 28 ans qui s’écoulent dans ces 992 pages, le lecteur est témoin de la vie de cette famille bien particulière, fondée sur un suicide au sommet des Chutes du Niagara…
Je termine la rédaction de cet avis et la question persiste : ai-je aimé cette lecture oui ou non ? Et bien, je n’ai toujours pas la réponse mais suis persuadée que cette découverte de Joyce Carol Oates marquera ma vie de lectrice. Merci donc à Libfly et à Point2 pour cette expérience hors du commun !
Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/les-chutes-de-joyce-carol-oates-315...
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Par spleen, le 27/11/2011
Nous étions les Mulvaney
de
Joyce Carol Oates
Gros pavé à l'écriture dense et pour moi heureuse découverte, de cet écrivain.
L'histoire est racontée par le plus jeune fils de la famille, Judd; vie insouciante et heureuse d'une famille unie dans une petite ville de l'état de New York .
Le père a une entreprise florissante et accéde enfin à une certaine notoriété en temps que membre du Club local...
La mère, Corinne, fantasque, s'occupant de la ferme et antiquaire du dimanche .
Les 3 fils et la fille Mariane sont epanouis,entourés de chiens, chats et chevaux ...
Toute cette harmonie éclate après le premier bal de Mariane qui finit en drame. Et plutot que de faire front, la famille se disloque, le père ne supporte pas le deshonneur de sa fille, celle ci bien qu'étant victime se comporte en coupable et l'opprobe d'une société de province fait le reste, trop contente de voir s'effondrer l'orgueil du "clan Mulvaney".
Chaque membre de la famille va finalement se battre seul chacun à sa façon, et en particulier Mariane la préférée du père qu'il rejette et renie ,declenchant de ce fait la chute inexorable de la famille,c'est sans doute cela qui m'a le plus marqué, le poids du regard des autres et des prejugés dans cette société si puritaine, tout éclate et c'est terrible. cela ne peut finir qu'avec la mort du père ...
C'est intense, bien écrit, les personnages sont attachants et on ne lache le bouquin qu'à regret.
La fin peut paraitre un peu à l'eau de rose, mais on peut aussi en conclure qu' on peut finalement se reconstruire , recréer les liens familiaux et croire au bonheur.
Lien : http://lejournaldelouloune.over-blog.com/article-nous-etions-les-mulvaney-par...
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Par soukee, le 22/09/2011
Blonde
de
Joyce Carol Oates
Blonde est un roman de l'auteure américaine Joyce Carol Oates publié en 2000.
Tout en se fondant sur des éléments de la vie de Marilyn, Joyce Carol Oates a pris le parti, avec Blonde, d'en faire un roman. Elle l'annonce dès le prologue : « Blonde est une "vie" radicalement distillée sous forme de fiction et, en dépit de sa longueur, la synecdoque en est le principe. » (p.9)
Tout au long de ces 1100 pages, la vie de la belle actrice se déploie sous les yeux du lecteur, non pas comme une biographie, mais comme un mythe. Et c'est ce qui est intéressant. Loin de vouloir savoir à tout prix ce qui s'est passé durant les trente-six années de l'Actrice Blonde, comme elle la surnomme souvent, Joyce Carol Oates présente une femme, dans toute la complexité de ses doutes et de ses failles.
Si j'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman - la partie consacrée à l'enfance de Marilyn est souvent pesante - je me suis par la suite complètement immergée dans cette fiction, ne sachant pas réellement ce qui était de l'ordre de la biographie et ce qui était du fantasme. L'alternance de narrateurs brouille les pistes et participe de cette impression de flou quant à la vie de Marilyn tout en faisant écho à ses tumultes intérieurs.
Blonde s'adresse, selon moi, à un lecteur qui connaît déjà en détail la vie de Marilyn, ses films, ses mariages, ses coups d'éclat comme ses passages à vide. Car Joyce Carol Oates refuse de se faire biographe et de s'attarder sur toute la vie de la belle. Elle picore ça et là des épisodes qu'elle a estimé importants dans son parcours personnel et professionnel et nous les distille de façon parfois codée. Joe Dimmagio devient ainsi l'Ex-Sportif, Arthur Miller, le Dramaturge, et tous les réalisateurs ne sont évoqués que par l'initiale de leur nom de famille. Autant donc savoir ce qu'il en est avant d'ouvrir ce roman.
Blonde est une lecture très forte, qui m'a émue et conquise. Quatrième livre que je lisais consacré au parcours de celle qui fut, un temps, la blonde d'Hollywood, Blonde a su me séduire par sa longueur (j'étais pendant de longues heures au plus près de sa vie), son originalité de traitement - loin des biographies plus ou moins élogieuses consacrée à Marilyn - et son ton. Joyce Carol Oates, par sa plume poétique, plonge dans cette vie parfois minuscule pour en faire émerger la quintessence et casser l'image publique rêvée de Norma Jeane. Où s'arrêtent les souvenirs ? Où commence le mythe ? Et dans quelle mesure cette vie connue de tous est fictionnalisée ici ? Je reste sans réponse, mais là n'est pas l'essentiel.
Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2011/09/22/22108449.html
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Par Woland, le 15/02/2011
Petite soeur, mon amour
de
Joyce Carol Oates
II - Les années ont passé mais les soupçons sont toujours là. Décédée en juin 2006, officiellement d'un cancer des ovaires, Patsy Ramsey a emporté ce qu'elle savait dans la tombe. La fortune et les relations de son mari avaient permis, dès le début, d'empêcher toute implication officielle du couple dans le meurtre de l'enfant. Désir de conserver la face, bien légitime de la part d'innocents ? ou bien volonté de se préserver, en dépit de l'acte accompli ? Au-delà des interrogations de la police et des pressions qu'elle semble avoir subie, ne chose est certaine : si les Ramsey n'ont pas assassiné leur fille, ils ont cherché en tous cas à dissimuler des faits, indices ou autres, et à retarder la découverte du petit cadavre. Pour quelles raisons ?
Aux USA, l'Affaire JonBenét Ramsey est considérée par une bonne part de l'opinion publique et par certains intellectuels comme similaire à l'Affaire O. J. Simpson, de triste mémoire. Ce qui revient à dire que, aux USA, la justice est à deux vitesses : une justice pour le commun des mortels, en général privé d'argent et de relations, une autre pour ceux qui possèdent argent et entregent. Joyce Carol Oates ne l'envoie pas dire dans nombre de ses interviews sur son nouveau livre, "Petite Soeur Mon Amour", dans lequel, avec le prodigieux talent qu'on lui connaît et qu'on a déjà vu si souvent à l'oeuvre, elle reprend l'Affaire JonBenét Ramsey en tentant d'en donner une explication vraisemblable.
Avec Oates, la critique sociale et culturelle n'est jamais loin. La romancière déchire ici à belles dents la manie américaine du "paraître à tous prix" et cette volonté de compétition et de réussite à tous crins qui, plus encore à notre époque, est devenue le leitmotiv de nos amis d'Outre-Atlantique. Qu'elle ait transposé le drame de la petite JonBenét (Bliss dans le roman) de l'univers des Mini-miss à celui du patinage artistique, ne change rien à son côté sordide et glauque. Parents fortunés et avides de réussite, Bix et Betsey Rampike cherchent en fait à revivre, par l'intermédiaire de Skyler (leur fils aîné) et de sa petite soeur, Edna-Louise, rebaptisée Bliss par sa mère dès qu'elle commence à se faire remarquer sur la glace, ce qu'eux-mêmes n'ont pu, voulu ou su accomplir : l'un rêve d'une carrière de champion olympique pour son fils, puis, quand celui-ci se blesse - uniquement par la faute de son géniteur d'ailleurs - se détourne de l'enfant et le laisse tomber, comme on le ferait d'une chaussette trouée ; pendant ce temps, l'autre s'aperçoit qu'Edna-Louise ne patine pas trop mal et, du coup, déploie son propre rêve de gloire ...
Dans son réquisitoire, Oates réserve également une place de choix aux laboratoires pharmaceutiques, aux psychologues et aux psychiatres qui, aux USA, se spécialisent dans le traitement des angoisses enfantines. Elle en dresse un portrait tout bonnement hallucinant. Pas une seule fatigue, pas un seul désir enfantin qui ne soit immédiatement taxé de névrose, de TOC, de TED, etc, etc ... et traité à grand renfort d'anti-dépresseurs et d'anxyolitiques. Quand on sait que l'Europe - pourquoi ? on se le demande - a tendance à imiter les Etats-Unis en matière d'éducation, on ne peut que frémir et cauchemarder devant cette avalanche de drogues imposées, dans la plus stricte légalité, à des êtres si jeunes. Si les parents américains obéissent vraiment les yeux fermés au premier psy venu qui leur assure que leur enfant souffre de névrose, il ne faut plus s'étonner de voir le pays parcouru de tragédies comme la tuerie de Columbine ...
La ferveur religieuse très particulière des Américains - Betsey Rampike est présentée comme une fanatique qui assaisonne Jésus à toutes les sauces - et le comportement des medias sont tout aussi implacablement mis sur la sellette dans ce qui restera, selon nous, l'un des meilleurs livres de son auteur.
Oui, "Petite Soeur Mon Amour" est un roman à lire absolument, une réussite d'une rare maîtrise, aussi puissant et détonant que "Blonde" - et c'est de plus une très belle chanson funèbre, dédiée aux mânes perdus d'une petite fille à qui le désir des adultes déroba sa courte vie avant de la détruire définitivement. Délibérément, froidement - avec autant d'indifférence que si l'on écrasait une mouche.
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Par Woland, le 05/05/2010
Zombi
de
Joyce Carol Oates
Zombie
Traduction : Claude Seban
Roman relativement court puisqu'il ne dépasse pas les cent-quatre-vingt-quatre pages en édition du Livre de Poche, "Zombi" possède le froid et l'impitoyable tranchant d'un couteau de boucher. Je ne dirai pas "scalpel" puisque Oates limite son intrigue au premier meurtre, demeuré impuni parce que non découvert, de son anti-héros, Q ... P ..., et que celui-ci, en dépit d'une préméditation que le lecteur découvre avec une horreur croissante, en est encore à tâtonner pas mal sur la voie du crime en série.
C'est donc un serial killer non pas néophyte mais encore en phase de "formation" que nous décrit la romancière. Les brouillards de son esprit et de son âme sont d'autant plus impénétrables que Q ... P ... est et restera notre seule "voix" de référence. Tient-il un journal ou ne s'agit-il que de ses pensées auxquelles Oates, par l'autorité de l'écrivain, nous donne accès sans autre forme de procès ? On ne le sait pas mais le résultat fascine autant qu'il angoisse.
Non sur l'instant - enfin, certainement pas pour celles et ceux qui s'intéressent au phénomène des tueurs en série et ont déjà lu des ouvrages, documentaires ou pas, sur le sujet - mais une fois le livre refermé et rangé. En effet, "Zombi" ne connaît pas l'espoir.
Q ... P ... n'est pas mauvais, au sens où l'entendent la plupart des religions et le commun des mortels, non, il est simplement fait comme ça : tel un enfant de six ans qui souhaite désespérément qu'on lui offre un jouet bien précis, notre anti-héros veut se procurer une sorte d'esclave lobotomisé qui lui obéirait sans états d'âme. Viscéralement incapable de songer à la douleur infligée par son délire aux uns et aux autres, il ne songe qu'au meilleur moyen d'obtenir ce qu'il désire. Non, répétons-le, il n'est pas mauvais : il n'a aucune notion du Bien, ni du Mal, c'est tout, et à peine celle de l'Interdit, un interdit qu'il ne comprend pas du tout et qu'il cherche simplement à contourner.
Pourtant, il est loin d'être idiot et sait très bien calculer et prévoir, mais toujours en fonction de ce que ces prévisions peuvent lui rapporter - ou lui éviter de fâcheux. Sinon, c'est le néant. Claquemuré dans un monde que les psys peinent à saisir, il avoue lui-même, avec une innocence étrange, ne pas avoir de rêves.
Sur son passé, Oates nous donne le minimum de détails : un père à la carrière de chercheur et d'universitaire exemplaire, une mère attentionnée, une soeur aînée brillante et une grand-mère aimante. "Un peu trop de femmes," entonnera certainement le choeur des psys. Sans aucun doute mais cela n'explique en rien l'abîme qui dort en Q ... P ...
Raffinement suprême, Oates pousse le sadisme envers son lecteur jusqu'à lui instiller goutte à goutte la certitude que, au-delà l'apaisement de ses désirs sexuels, Q ... P ... recherche en l'acte de tuer quelque chose qui nous dépasse tous, lui y compris, et dont il nous est impossible de nous faire une idée claire.
C'est en cela que "Zombi" est terrifiant, d'autant qu'il se termine sur la vision d'un Q ... P ... pour qui le meurtre va devenir une routine. En d'autres termes, le pire est à venir et Joyce Carol Oates vous laisse l'imaginer à loisir.
Du grand art. ;o)
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Par Giwago, le 28/04/2008
Blonde
de
Joyce Carol Oates
Monumental !!! J’étais relativement sceptique en entamant la lecture de ce roman et sa taille – 1 100 pages – me faisait très peur. Je me suis très rapidement laissé prendre au piège. Si on ne connaît pas la vie de Marilyn – tel fut mon cas – on est totalement incapable de séparer fiction et réalité dans ce livre. On a affaire à un personnage d’une réelle sensibilité, torturé au plus haut point, influençable et fragile. Si l’on se fie au texte de Joyce Carol Oates, Marilyn n’était pas la « potiche » que l’on peut s’imaginer. Pour ne rien gâcher, le style est simple, fluide, beau. Au final, il s’agit d’une très belle rencontre, ou plutôt devrai-je dire de deux belles rencontres : Marilyn et Joyce Carol Oates. Un vrai coup de cœur.
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Par mariech, le 28/10/2011
Souvenez-vous de ces années-là
de
Joyce Carol Oates
Un roman ardu de Joyce Carol Oates , j'ai eu beaucoup de mal pour arriver au bout . Ici aussi l'auteur nous montre les travers de la société américaine des années 50 , elle nous entraîne dans la chasse aux sorcières qui a eu lieu sous le sénateur Mac Carthy , gare à celui qui était soupçonné de communisme , le héros du livre en fera l'expérience désagréable et gardera longtemps une rancoeur , une méfiance vis à vis des autorités , lui qui est un citoyen honorable se rend compte qu'une vie peut basculer pour une broutille , il sera sauvé en signalant que son fils a combattu en Corée .
L'histoire principale concerne l'amour passionnel qui unit Enid Maria à son oncle qui est un peu voyou , un ancien boxeur qui vit dans le luxe .
Joyce Carol Oates nous décrit la passion ravageuse entre ses deux personnes que tout sépare avec un beaucoup de talent . Ce livre ne fait pas partie de mes livres préférés de l'auteur , j'ai eu trop de mal à accrocher , peut -être parce que j'ai enchaîné deux livres de l'auteur ?
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Par Readingintherain, le 22/06/2011
Les Chutes
de
Joyce Carol Oates
(...)C’est une espèce de roman choral avant l’heure, où l’on voit une même histoire vue par les yeux de six personnages. Je dis « une même » et pas « la même » puisque les évènements racontés sont différents, dans la continuité les uns des autres mais revenant rarement sur une période déjà décrite par ailleurs. La « Veuve Blanche des Chutes », ses deux maris, ses trois enfants, tous ces personnages plus ou moins tragiques s’entremêlent dans un récit très structuré où l’on ne se perd jamais, et dans lequel on plonge avec un plaisir renouvelé. (...)
Lien : http://www.readingintherain.com/2011/06/les-chutes-j-c-oates/
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Par Nymphette, le 16/09/2010
Hudson River
de
Joyce Carol Oates
La vision de la société américaine ne sort jamais indemne des romans de J C OATES. Dans Viol, histoire d’amour elle condamnait le règne des préjugés et la violence extrême. Dans Eux, elle nous présentait la misère des « petites gens » et l’indifférence, voire la cruauté, de toute la société à leur égard. Ici, elle décrypte pour nous les belles images de papier glacé des banlieues chic américaines.
Il en résulte une description bien plus acerbe que ce que donne avoir une série grand public comme Desesperate Housewives. Evidemment, il ne s’agit pas de télévision, donc, nettement moins de meurtres sauvages et de cadavres dans les « dressing » -car oui, les individus fortunés ont des « dressing » et non des placards messieurs, dames !-. En revanche, la peinture des personnages est bien plus nette.
Suite à la mort d'un artiste habitant leur village, toute une galerie de personnage prend la parole donnant ainsi son avis sur le petit monde de Salthill On Hudson mais aussi sur ces voisins. Et l’on peut s’étonner de voir comment certaines situations apparaissent très différentes dans le regard d’autrui : la femme abandonnée qui semble dépressive aux yeux de ses « amies » trouve en fait une voie nouvelle -certes atypique- d’épanouissement dans l’engagement associatif. Et peu à peu, chaque personnage se révèle à lui-même, au-delà du conformisme et des apparences grâce au traumatisme de la mort de cet homme énigmatique.
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Par Alcapone, le 24/10/2011
Folles nuits
de
Joyce Carol Oates
L'imagination, voilà un des talents indéniables de Joyce Carol Oates : la lecture de ces cinq nouvelles m'a certainement évoqué les rédactions que nous avions à rendre à l'école et elle m'a rappelé avec nostalgie mes propres travaux. Souvenez-vous de ces devoirs dont l'intitulé précisait : imaginez la fin de cette histoire. Oates adapte son écriture avec verve et inventivité au style littéraire de chaque auteur évoqué. Edgar Allan Poe, Emilie Dickinson, Mark Twain, Henri James et Ernest Hemingway, sont ainsi analysés sous la plume inquisitrice de l'américaine. Les destins imaginés de ces cinq grandes figures de la littérature américaine dégagent tous un parfum de mystère et de détresse qui m'a captivée. N'ayant jamais rien lu de Carol Oates, je me suis lancée dans cette lecture sans à priori et j'ai été prise au dépourvu : ne connaissant que partiellement les auteurs disséqués, j'ai tout de même retrouvé dans chaque récit, la spécificité qui fait l'identité littéraire de chacun. On y trouve beaucoup de désespoir et d'ironie du destin. Démence, solitude, frustration sexuelle, détresse, maladie, dépression, Joyce Carol Oates dresse des portraits innattendus à la fois émouvants et repoussants.
L'on assiste dans Poe, Posthume ; Ou le phare à la fin d'un Edgar Allan Poe souffrant d'une extrême solitude et sombrant dans une démence peuplée d'étranges animaux. Ou nous découvrons dans EDincksonRepliLuxe, une étrange réplique androïde d'Emilie Dickinson acquis par un couple en mal d'amour et dont la présence fantomatique est des plus troublantes. Que dire encore de ce sosie septuagénaire sexuellement dérangé de Mark Twain, dans Papa Clemens et Poisson-Ange 1906 ? Ou de ce vieux Henry James amoureux des jeunes soldats de guerre qu'il soigne dans Le Maître à l'Hôpital Saint-Bartholomew 1914-1918 ? Que penser enfin de cet Hemingway ressassant sans cesse les scenari de son suicide dans Papa à Ketchum 1961 ? Au travers de ces courts récits, Joyce Carol Oates nous dévoile cette part d'humanité qui a fait la particularité de chacun de ces 5 auteurs. Tantôt basant ses textes sur la biographie des auteurs, tantôt construisant ses histoires autour de leurs oeuvres, l'écrivain américain met en scène habilement les secrets de chaque écrivain avec de ces détails troublants qui font de ce recueil de nouvelles, une oeuvre à la fois riche et sombre.
Avant de lire Folles Nuits (titre inspiré d'un poème d'Emilie Dickinson), je conseille à tous de se pencher sur les biographies et bibliographies de chaque auteur pour mieux appréhender le talent Joyce Carol Oates.
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Par Stemilou, le 07/05/2011
Folles nuits
de
Joyce Carol Oates
Une quatrième de couverture qui annonce quelques surprises, et la première fut celle figurant Poe en gardien de phare d’abord tout content de sa nouvelle place dans le monde puis complètement fou et désemparé auprès d’un animal hybride. Terribles effets de l’isolement extrême. Ou encore Emily Dickinson ressuscité sous la forme d’une poupée androïde pour un couple dont la femme est une passionnée de poésie. Un Mark Twain entretenant une correspondance avec une jeune fille avec laquelle il coupera tout rapport en apprenant qu’elle a seize ans et non quatorze, un club de « poisson-anges » très inhabituel.
Que dire d’un Henry James se portant bénévole dans un hôpital pendant la guerre et qui commence à fantasmer sur ces jeunes hommes mutilés. Pire, cette nouvelle où Hemingway fantasme sur son suicide.
Recueil de nouvelles publiées dans différentes revues, Folles nuits est donc la fin imaginée des derniers jours de géants de la littérature américaine : Poe, Dickinson, Twain, James et Hemingway.
Il est évident que c’est loin d’être une sorte de biographie mais bien une fin imaginaire, voire tragique empreinte de folie, de ces vies pourtant réellement brisées.
Un pari osé qui a tout pour plaire !
Lien : http://www.stemilou-books.com/article-folles-nuits-joyce-carol-oates-73321569...
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Par 270778, le 27/04/2010
Blonde
de
Joyce Carol Oates
La vie de Marilyn telle que Oates la réinvente. Un des meilleurs livres de Oates à coup sûr. Pas besoin de s'intéresser spécialement à Marilyn pour aimer ce livre : il suffit d'aimer la bonne littérature.