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Citations de Joyce Maynard (14)


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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 10/01/2012

    Et devant moi, le monde de Joyce Maynard

    Joyce Maynard se dévoile et se met à nue, sans fard, sans travestir la réalité :

    Plus de vingt ans durant, j’ai révéré un homme qui ne voulait plus rien avoir à faire avec moi. Ce que Salinger représentait à mes yeux est ce que j’ai connu de plus proche d’une religion. Ce qui s’est passé entre nous a façonné ma vie de multiples façons pour longtemps après qu’il en est sorti.

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  • Par InColdBlog, le 04/03/2010

    Long week-end de Joyce Maynard

    "Parfois je me demandais si le problème n’était pas qu’elle avait trop aimé mon père. J’avais entendu parler de cas de personnes qui ne se remettaient jamais de la mort ou du départ de quelqu’un qu’ils avaient trop aimé. On disait qu’ils avaient le cœur brisé. Un soir, pendant notre dîner de surgelés, au moment du troisième verre de vin, je faillis lui poser la question. Est-ce que pour haïr quelqu’un comme elle semblait haïr mon père, il ne fallait pas d’abord l’avoir beaucoup aimé ? Comme dans le jeu de bascule : plus bas descend l’un, plus haute monte l’autre."
    "J’ai fini par conclure que ce n’était pas d’avoir perdu mon père qui avait brisé le cœur de ma mère – si c’est bien ce qui lui était arrivé -, c’était d’avoir perdu l’amour tout court – voyager en vendant du pop-corn et des hot-dogs, traverser l’Amérique en dansant, vêtue d’une robe scintillante et d’une petite culotte rouge. Avoir quelqu’un qui vous dit tous les jours que vous êtes belle, ce que faisait mon père, racontait-elle."

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  • Par Zazette97, le 05/02/2011

    Et devant moi, le monde de Joyce Maynard

    Un jour, Joyce, il y aura une histoire que tu auras envie de raconter pour la seule raison qu'elle a plus d'importance pour toi que n'importe quelle autre. Tu laisseras tomber l'habitude de faire ce que tout le monde te dit de faire. Tu arrêteras de regarder derrière ton épaule pour vérifier que tu contentes tout le monde, et tu écriras simplement ce qui est réel et vrai. L'écriture sincère énerve toujours les gens, et ils trouveront toutes sortes de moyens de transformer ta vie en enfer. Un jour, dans très longtemps, tu cesseras de te soucier de savoir à qui tu plais ou ce qu'on dit de toi.
    C'est à ce moment-là que tu produiras enfin le travail dont tu es capable. p.185

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  • Par Zazette97, le 05/02/2011

    Et devant moi, le monde de Joyce Maynard

    Le problème avec toi, Joyce, c'est que...tu aimes le monde.

    - Oui, dis-je en souriant. Oui, c'est vrai, j'aime le monde. Et j'ai élevé trois enfants qui eux aussi aiment le monde.

    - Je savais que tu arriverais à ça. A rien.

    Lui, l'homme qui m'a dit que, s'il savait une chose, c'était que, quoiqu'il arrive, je serais un véritable écrivain. Personne, jamais, ne pourrait me retirer cela, m'avait-il dit un jour. N'oublie jamais ça. Ne laisse personne te dire ce que tu dois faire. Ne fais confiance qu'à la force de ta voix.

    " Je voulais te dire au revoir, Jerry.

    - Je n'entends pas bien. " Il dit ces mots avec moins de force. Je n'arrive plus à sourire. Je ne ressens qu'une bouffée de chagrin. Cet homme a été quelqu'un de merveilleux. Je l'ai aimé plus que tout au monde. Je n'ai aucune envie de le blesser. Juste de le laisser enfin partir.

    " Tu comptes exploiter ton histoire avec moi je suppose?

    - Il est sans doute vrai que quelqu'un sur le pas de cette porte a exploité quelqu'un d'autre en face de lui. Je te laisse méditer sur qui est qui. "

    Alors que je m'éloigne, il me lance encore une chose, les derniers mots que j'entendrai probablement du premier homme que j'ai aimé.
    " Je ne t'ai pas exploitée! crie-t-il. Je ne te connais même pas." p.423

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  • Par anyuka, le 25/10/2010

    Long week-end de Joyce Maynard

    Et dans ses yeux à elle, quand il l'avait touchée, il y avait eu cette expression que je ne lui connaissais pas. Celle d'une personne qui aurait marché longtemps dans le désert et qui, finalement, aperçoit l'eau.

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  • Par Mia, le 29/03/2010

    Long week-end de Joyce Maynard

    Je suis entré dans la cuisine, en faisant plein de boucan, tout en n'étant pas certain qu'ils s'en apercevraient, tant ils étaient plongés dans leur propre monde. Mais je n'ai pas eu le temps d'atteindre le frigo et d'y prendre un pichet de lait qu'ils avaient déjà changé de conversation. Il avait remarqué qu'un coin du linoléum de la salle de bains, à côté de la douche, commençait à pourrir pour cause d'infiltration d'eau. Il allait s'occuper du problème aujourd'hui même. Remplacer le vieux parquet qui était dessous.
    Nous ne resterons peut-être plus assez longtemps ici pour que ça vaille le coup, dit-elle.
    N'empêche. Ce genre de chose, il faut toujours le réparer. Je n'aimerais pas laisser faire ce truc moche à quelqu'un d'autre. Ton fils ou quiconque.
    Voilà la preuve. Ils allaient partir. Et moi, qu'étais-je censé devenir?

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  • Par Neigeline, le 23/02/2010

    Long week-end de Joyce Maynard

    Le fait est que la famille en question semblait si heureuse, si harmonieuse. De toutes celles figurant en Diorama de mon musée imaginaire, c'était chez elle que j'aurais voulu rentrer le soir. Evidemment, on n'entendait pas ce que ces gens se disaient, mais ce n'était pas utile pour savoir que tout allait bien dans cette cuisine. Une conversation sûrement pas fracassante (comment s'est passée ta journée, chéri ? Bien, et la tienne ?), mais quelque chose dans le tableau - la douce lumière jaune, les hochements de tête, la façon qu'avait la femme de toucher le bras du mari, leurs rires quand le petit garçon brandissait sa cuiller - donnait l'impression qu'ils n'auraient pour rien au monde souhaité être ailleurs, ou avec quelqu'un d'autre qu'eux-mêmes.

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  • Par anyuka, le 17/03/2011

    Et devant moi, le monde de Joyce Maynard

    Tant que sera remis en cause le droit d'une femme à raconter son histoire, on permettra que se reproduise le même schéma dangereux et dommageable vécu par les générations précédentes. L'outil le plus puissant que possèdent la plupart d'entre nous, c'est sa voix. Si on nous l'enlève, que nous reste-t-il ?

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  • Par mustango, le 21/02/2012

    Et devant moi, le monde de Joyce Maynard

    Découvrir que je ne peux pas faire l'amour renforce mon impression d'être en dehors du monde. A présent c'est confirmé : je ne vivrai jamais une vie normale. Qui a entendu parler d'un problème comme le mien? Qui a rencontré ce problème dans l'histoire du monde?

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  • Par Zazette97, le 11/02/2012

    Les Filles de l'ouragan de Joyce Maynard

    Elle avait bien saccagé ma vie et m'avait ramenée à la maison par la force effrayante de sa conviction et sa détermination.
    Mais une fois la chose accomplie, elle aussi paraissait abattue, épuisée.
    Elle ne dit rien quand je portai le carton avec toutes mes possessions dans la voiture de Josh.
    Je n'emportais presque rien à Boston. Je ne voulais rien qui pût me rappeler ce lieu.
    " Pas de débordement d'amour entre vous, je suppose ?" demanda Josh alors que je déposais ma valise sur le siège arrière avant de remonter dans ma chambre pour un dernier tour.
    " Si je ne la revois jamais, c'est OK pour moi", lui répondis-je.
    Je fis une ultime chose avant de quitter la ferme. Je tirai de sous mon lit le cahier de croquis de mon adolescence, avec tous les dessins coquins que je faisais à l'époque, tentatives fiévreuses d'une gamine de treize ans de figurer les combinaisons pécheresses des corps d'hommes et de femmes qu'elle imaginait. Mes frémissants premiers essais dans la pornographie.
    Pendant toutes ces années, ce cahier de croquis était resté sous mon lit, enfoui dans la pile de magazines du Club 4-H et de vieux exemplaires du National Geographic. Je le descendis.
    Je le posai sur la table de la cuisine, près de la Bible que ma mère lisait tous les matins en prenant son café.
    Inutile de laisser un mot. Elle reconnaîtrait l'artiste. p.194

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  • Par claracambry, le 10/03/2011

    Et devant moi, le monde de Joyce Maynard

    Pendant 18 ans j'ai vécu dans la terreur de quitter mes parents tout en rêvant de m'échapper.

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  • Par Theoma, le 04/05/2012

    Les Filles de l'ouragan de Joyce Maynard

    Mon père me disait que j'étais un bébé de l'ouragan. Cela ne signifiait pas que j'étais née au cours d'un ouragan. Le jour de ma naissance, le 4 juillet 1950, se situe bien avant la saison des ouragans.
    Il voulait dire que j'avais été conçue pendant un ouragan. Ou dans son sillage.
    «Arrête ça, Edwin», intervenait ma mère chaque fois qu'elle le surprenait à me raconter cette histoire. Pour ma mère, Connie, tout ce qui avait à voir avec le sexe ou ses conséquences (à savoir ma naissance, ou du moins le fait de relier ma naissance à l'acte sexuel) ne pouvait être un sujet de discussion.
    Mais quand elle n'était pas là, il me racontait cette nuit où il avait été appelé pour dégager la route d'un arbre abattu par la tempête, il me décrivait la pluie battante, le vent impétueux. «Je n'ai pas été comme mes frères faire la guerre en France, disait-il, mais j'ai eu l'impression de livrer une bataille, en luttant contre ces bourrasques qui soufflaient à cent cinquante kilomètres à l'heure. Et là il se passe une chose bizarre. Craint-on vraiment pour sa vie dans des moments pareils ? Mais c'est à de tels moments que l'on se sait vivant.»
    Il me racontait cette pluie qui s'abattait si violemment sur la cabine du camion qu'il n'y voyait plus rien, comme son coeur battait fort alors qu'il progressait dans l'obscurité, et ensuite - exposé au déluge, il coupait l'arbre et dégageait les grosses branches sur le bord de la route, ses bottes lourdes de pluie s'enfonçaient dans la boue, ses bras tremblaient.
    «Le bruit du vent avait quelque chose d'humain, se souvenait-il, comme le gémissement d'une femme.»
    Plus tard, me remémorant la façon dont mon père me racontait cette histoire, je me rendis compte que les mots qu'il utilisait pour décrire la tempête auraient aussi bien pu évoquer un couple faisant l'amour. Il imitait le bruit du vent, et je me jetais contre sa poitrine pour qu'il me protège de ses bras puissants. Je frémissais rien qu'à l'idée de ce qu'avait dû être cette nuit.
    Pour une raison que j'ignorais, mon père se plaisait à me la raconter - pas à mes soeurs ni à notre mère, mais à moi, son unique public. Bon, il y avait peut-être une raison. J'étais sa fille de l'ouragan. Sans la tempête, aimait-il à dire, je ne serais pas là.
    J'étais née neuf mois plus tard, au jour près, à la maternité du Bellersville Hospital, en pleine Fête nationale, juste après la fin des premières moissons et alors que les fraises étaient à leur apogée.

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  • Par Lunoelle3, le 25/03/2012

    Les Filles de l'ouragan de Joyce Maynard

    Pas aimé pcq on devine dés le début le "super gros" secret de ce livre.... hum. ça m'a coupé l'envie de le lire. Et je précise que je suis assez bon public en général, alors je me suis dit que là, c'est que c'était vraiment mal fait!

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  • Par Zazette97, le 05/02/2011

    Et devant moi, le monde de Joyce Maynard

    Un jour Jerry Salinger est le seul homme existant dans mon univers. Je m'en remets à lui pour me dire quoi écrire, quoi penser, quoi porter, quoi lire, quoi manger.
    Il me dit qui je suis, qui je devrais être. Et le jour suivant, il n'est plus là.
    Il m'avait décrit le chemin qui mène à l'illumination. Il eût fallu posséder un genre de discipline et d'abnégation que je n'avais pas, une capacité à s'oublier soi-même et à renoncer aux plaisirs matériels. Sur ce chemin, j'avais en permanence trébuché, sans jamais douter pourtant que c'était le bon. Sans Jerry pour me guider, je me sens abandonnée, perdue, pas simplement seule physiquement mais psychiquement bloquée.
    Toute ma vie j'ai su ce qu'était la sensation de solitude. Mais jamais à ce point. p.267

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