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Voyage au pays des Ze-Ka de
Jules Margoline
Chaque crime commis dans le monde doit être appelé par son nom, à haute voix. Sinon, la lutte contre lui est impossible
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Par Jdo, le 19/03/2012
Voyage au pays des Ze-Ka de
Jules Margoline
Chaque jour à l’aube, vers quatre heures en été, l’hiver à six, la sirène hurle l’appel au travail dans les milliers de camps soviétiques disséminés sur l’espace infini de l’océan Arctique à la frontière chinoise et de la mer Baltique à l’océan Pacifique. La multitude des corps humains est saisie d’un tremblement. A cette minute se réveillent des êtres qui me sont chers et proches et que je ne reverrai probablement jamais. Des millions d’hommes se lèvent, aussi détachés de notre monde que s’ils habitaient une autre planète.
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Voyage au pays des Ze-Ka de
Jules Margoline
Parmi toutes les choses que je ne pardonnerai jamais, ni au camp ni à ses sinistres créateurs, ce coup restera dans ma mémoire, car il fit de moi un instant, leur complice, leur élève, leur prosélyte
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Par Piling, le 29/06/2011
Voyage au pays des Ze-Ka de
Jules Margoline
Les colis n'étaient pas seulement précieux par leur valeur matérielle. Ils ne contenaient pas seulement des objets et des aliments. C'était souvent, provenant de plusieurs milliers de kilomètres, le salut de la maison natale, une preuve d'amour, un témoignage de fidélité. Chaque objet, soigneusement empaqueté, rayonnait de chaleur et de tendresse. Nous nous sentions de nouveau des hommes et nous découvrions en nous de nouvelles forces pour la résistance. Dans un colis, je trouvais une vieille boite de "thé anglais", en fer-blanc, qui, pendant vingt ans, était resté sur un rayon dans la cuisine de ma mère. La vue de cette boite rouge laquée, avec des geishas et des petits bateaux, me réjouit comme si j'avais retrouvé mon meilleur ami. Et la timbale en émail bleu ! Et mes chaussettes avec mes initiales ! Dans quelle atmosphère de serre, d'amour et de chaleur nous avions vécu jusqu'au jour où le hasard nous jeta sous le pouvoir d'hommes pour qui votre vie n'avait aucune valeur ! Était-ce vraiment le hasard, ou la vie dans les camps, au contraire, n'était-elle pas la véritable école des mœurs humaines tandis que le climat dans lequel nous avions vécu jusqu'alors n'était qu'une exception ?
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Par Piling, le 29/06/2011
Voyage au pays des Ze-Ka de
Jules Margoline
Dès mon arrivée, j'avais communiqué à ma mère l'adresse du camp et je lui avais demandé de m'écrire une fois tous les cinq jours. "Ne soyez pas ennuyée si vous n'avez rien à m'écrire – lui avais-je dit – ce n'est pas le contenu qui m'importe, mais un mot, un bout de papier venant de la maison." Ma mère fit plus que ce que je lui avais demandé ; elle m'écrivit tous les trois jours, et elle trouvait toujours de quoi m'entretenir.
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Voyage au pays des Ze-Ka de
Jules Margoline
Je n’étais plus capable de me représenter la liberté, mon imagination était aveuglée, comme par le soleil"
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Par Piling, le 29/06/2011
Voyage au pays des Ze-Ka de
Jules Margoline
La philanthropie au camp, c'est comme de l'eau de Cologne versée dans un abattoir.