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Par Malaura, le 19/04/2012
Supervielle : Oeuvres poétiques complètes de
Jules Supervielle
Saisir, saisir le soir la pomme et la statue,
Saisir l’ombre et le mur et le bout de la rue.
Saisir le pied, le cou de la femme couchée
Et puis ouvrir les mains. Combien d’oiseaux lâchés
Combien d’oiseaux perdus qui deviennent la rue,
L’ombre, le mur, le soir, la pomme et la statue.
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Par Malaura, le 26/02/2012
Supervielle : Oeuvres poétiques complètes de
Jules Supervielle
J'aurai rêvé ma vie à l'instar des rivières
Vivant en même temps la source et l'océan
Sans pouvoir me fixer même un mince moment
Entre le mont, la plaine et les plages dernières.
Suis-je ici, suis-je là ? Mes rives coutumières
Changent de part et d'autre et me laissent errant.
Suis-je l'eau qui s'en va, le nageur descendant
Plein de trouble pour ce qu'il laissa derrière ?
Ou serais-je plutôt sans même le savoir
Celui qui dans la nuit n'a plus que la ressource
De chercher l'océan du côté de la source
Puisqu'est derrière lui le meilleur de l'espoir ?
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Par Malaura, le 22/04/2012
Supervielle : Oeuvres poétiques complètes de
Jules Supervielle
Derrière un éventail de fraîche mousseline,
Ton rire ruisselait en source près de moi ;
Je vois encore mes fleurs s’ouvrir sur ta poitrine ;
J’entends le rythme clair et le chant de ta voix !
Cherchant au loin ta forme exquise et mon bonheur,
Sur une barque blanche a fui mon rêve aride,
Et je vois revenir là-bas ma barque vide,
Et ton noir éventail se ferme sur mon cœur…
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Par Malaura, le 24/04/2012
Supervielle : Oeuvres poétiques complètes de
Jules Supervielle
La lune dans l’étang
Se souvient d’elle-même,
Veut se donner pour thème
A son enchantement,
Mais sa candeur précise
Au frais toucher de l’eau,
De délices se brise,
Et flotte la surprise
Des lunaires morceaux
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Par Nelja, le 16/05/2012
Le Forçat innocent - Les Amis inconnus de
Jules Supervielle
Il vous naît un ami, et voilà qu'il vous cherche
Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux
Mais il faudra qu'il soit touché comme les autres
Et loge dans son coeur d'étranges battements
Qui lui viennent de jours qu'il n'aura pas vécus.
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Par Malaura, le 13/02/2012
Supervielle : Oeuvres poétiques complètes de
Jules Supervielle
Arbre
Avec un peu de feuillage et de tronc
Tu dis si bien ce que je ne sais dire
Qu’à tout jamais je cesserais d’écrire
S’il me restait tant soit peu de raison.
Et tout ce que je voudrais ne pas taire
Pour ce qu’il a de perdu et d’obscur
Me semble peu digne que je l’éclaire
Lorsque je mets une racine à nu
Dans son mutisme et ses larmes de terre.
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Par Nelja, le 16/05/2012
Le Forçat innocent - Les Amis inconnus de
Jules Supervielle
Ecoutez : c'est mon nom que j'entends, qu'elle crie
Je ne suis que silence et je baisse les yeux
Seigneurs de l'altitude et des ravins poudreux,
Vous qui me regardez, vous qui me connaissez,
Ai-je perdu la vie ?
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Le Forçat innocent - Les Amis inconnus de
Jules Supervielle
Les chevaux du temps.
Quand les chevaux du Temps s’arrêtent à ma porte
J’hésite un peu toujours à les regarder boire
Puisque c’est de mon sang qu’ils étanchent leur soif.
Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant
Pendant que leurs longs traits m’emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant
Qu’une nuit passagère envahit mes paupières
Et qu’il me faut soudain refaire en moi des forces
Pour qu’un jour où viendrait l’attelage assoiffé
Je puisse encore vivre et les désaltérer.
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Le Forçat innocent - Les Amis inconnus de
Jules Supervielle
Le monde en nous
Chaque objet séparé de son bruit, de son poids,
Toujours dans sa couleur, sa raison et sa race,
Et juste ce qu’il faut de lumière, d’espace
Pour que tout soit agile et content de son sort.
Et cela vit, respire et chante avec moi-même
- Les objets inhumains comme les familiers -
Et nourri de mon sang s’abrite à la chaleur.
La montagne voisine un jour avec la lampe,
Laquelle luit, laquelle en moi est la plus grande ?
Ah ! je ne sais plus rien si je rouvre les yeux,
Ma science gît en moi derrière mes paupières
Et je n’en sais pas plus que mon sang ténébreux.
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Le voleur d'enfants de
Jules Supervielle
" Antoine Charnelet, mon petit, dit l'étranger avec beaucoup d'émotion dans la voix, tu as donc perdu ta bonne ? N'aie pas peur, je suis déjà ton ami et tu vas voir que tu me connais. "
Ce grand monsieur a un léger accent.
" Veux-tu monter dan ma voiture ? "
C'est une magnifique limousine si neuve qu'elle semble se trouver encore à la devanture d'un magasin des Champs-Élysées.