Par Marielino, le 26/08/2009
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Julie Jézéquel
De mon côté, je ne pouvais expliquer à personne ce qui m’avait poussée à me conduire ainsi. Pour le coup, on m’aurait vraiment prise pour une cinglée. Mieux valait, avais-je pensé, qu’on crût – et on le crût – que je m’étais révoltée par rigidité intellectuelle. Mais comme je me trouvais, à ce moment-là, plutôt au creux de la vague, le fait que j’aie été capable d’en venir aux mains pour imposer mon point de vue a été interprété comme le chant du cygne d’une has been. Redoutant par-dessus tout l’égo démesuré que l’on prête aux créateurs, les producteurs et les diffuseurs recherchaient plutôt souplesse et soumission qu’imagination et force de caractère. Où irait-on si les scénaristes se mettaient à faire valdinguer les meubles à la moindre critique ? Pour exercer le métier de scénariste, je me devais d’avoir la créativité d’un Picasso, la docilité d’un employé de banque, la rapidité d’exécution d’un TGV et l’égo d’une palourde. J’étais malheureusement bien loin de Picasso et ne me reconnaissais pas du tout dans une palourde.