Métaphysique du sexe de
Julius Evola
Plus spécifiée, la même idée figure chez Schopenhauer, qui dit que la condition d'une forte passion, c'est que deux personnes se neutralisent tour à tour, comme un acide et une base lorsqu'ils vont former un sel : ainsi, puisqu'il y a plusieurs degrés de sexualisation, cette situation se réalise quand un certain degré de virilité trouve son pendant dans un degré de féminité équivalent chez l'autre être.
Weininger, enfin, a proposé une véritable formule pour le fondement premier de l'attraction sexuelle. Partant précisément de l'idée que lorsqu'on prend comme critères l'homme absolu et la femme absolue, il y a en général de l'homme dans la femme et de la femme dans l'homme, il estime que l'attraction maximale s'éveille entre homme et une femme ainsi faits que si l'on additionne les parts de masculinité et de féminité présentes chez l'un et l'autre, on obtient comme total l'homme absolu et la femme absolue. Par exemple, un homme aux trois quarts masculin (yang) et féminin pour un quart (yin), trouvera son complément sexuel naturel, par lequel il se sentira irrésistiblement attiré et au contact duquel un magnétisme intense se développera, dans une femme masculine pour un quart (yang) et féminine aux trois quarts (yin) : précisément parce qu'on retrouverait, avec la somme des parties, l'homme absolu entier et la femme absolue entière.
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Chevaucher le tigre de
Julius Evola
Là où le sexe est mis en relief, il est naturel que la femme, sa dispensatrice et son objet, prenne le pas, et c'est ce que l'on constate, à bien des égards, aujourd'hui : à cette sorte de "démonie", d'intoxication sexuelle chtonique qui est le propre de l'époque actuelle et se manifeste de mille façons dans la vie publique et dans les moeurs, répond une gynocratie virtuelle, une tendance, sexuellement orientée, à la prééminence de la femme, prééminence qui, à son tour, est en relation directe avec l'involution matérialiste et utilitaire du sexe masculin ; il en résulte que le phénomène est surtout manifeste dans les pays où, comme aux Etats-Unis, cette involution est particulièrement poussée, grâce au "progrès". Ayant, à maintes reprises, traité de cette question, nous ne nous y arrêterons pas ici et nous bornerons à signaler le caractère collectif et, en un certain sens, abstrait, de l'érotisme et du genre de fascination qui se concentre aujourd'hui sur les idoles féminines les plus récentes, dans une atmosphère alimentée par mille moyens : cinéma, revues illustrées, télévision, spectacles, concours de beauté et ainsi de suite. Ici la personne réelle de la femme est souvent une sorte de support presque entièrement dépourvu d'âme, un centre de cristallisation de cette atmosphère de sexualité diffuse, si bien que la plupart des étoiles aux traits fascinants, "vamps" et femmes "fatales", ont, en pratique, en tant que personnes, des qualités sexuelles fort quelconques, leur fond existentiel étant plus ou moins celui de filles ordinaires et de mères de famille dévoyées. Quelqu'un s'est fort justement servi, à ce propos, de l'image des méduses, aux magnifiques couleurs irrisées, qui se réduisent à une masse gélatineuse et s'évaporent, si on les met au soleil, hors de l'eau. L'eau correspondrait ici à l'atmosphère de sexualité difuse et collective. [ C'est la contrepartie, chez la femme, de la virilité très primitive des nombreux hommes qui se distinguent aujourd'hui par leur force et leur masculinité purement athlétique ou sportive, comme des "durs", des "mecs", etc...]
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